La lettre volée

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Des nouvelles du garde-champêtre

Je republie cet article d'octobre 2007, l'actualité remettant sur le devant ce sympathique havre fiscal qu'est le Luxembourg...

 

Jean-Claude Juncker est Premier ministre d'un paradis fiscal installé au coeur de l'Union européenne, le Luxembourg. Il n'a donc guère de problèmes de politique économique - le PIB par habitant du Luxembourg est le premier mondial, à près de 88 000 $/habitant.

Pour l'occuper, on lui a donc trouvé un emploi comme président de l'Eurogroupe. Là, il peut s'intéresser à de vraies économies grandeur réelle, et donner son avis sur la gestion des autres.

Le 9 octobre, le Monde titrait donc sur l'opinion de M. Juncker sur le budget français : "Pour ce qui concerne le projet de budget... nous avons le sentiment qu'il n'est pas entièrement conforme à nos attentes".

Pour faire ainsi la leçon à un pays de plus de 60 millions d'habitants quand on est garde-champêtre Premier ministre d'un pays de 0,5 millions d'ahbitants, il faut tout le poids de fonctions européennes.

En s'exprimant ainsi, nul doute que M. Juncker renvoie la balle à Sarko, coupable d'avoir critiqué la politique économique de la BCE et l'inaction de l'eurogroupe.

Pour balayer les critiques françaises d'un revers de main, dans ce qu'elles peuvent avoir de fondé (l'euro est trop fort), Juncker avançait, après avoir tancé notre budget : "Nous avons noté avec une grande attention que les autorités américaines ont réaffirmé qu'un dollar fort était dans l'intérêt de l'économie américaine" (yet another poodle).

9 jours plus tard, force est de constater que les USA, eux, savent estimer M. Juncker à son vrai poids : l'euro ne cesse de grimper et le dollar de baisser...


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Actualisation (article de Business Week, lundi 22) :

Euro hits all-time high against dollar



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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 24/10/2007 15:39

Tu as raison Olivier, dans le cadre d'un débat normal, équilibré : mes arguments sont biaisés, hors de propos.Mais je suis las de lire partout des éloges de Juncker ce héros, alors que, certes, ses fonctions dans le cadre des traités lui confèrent un rôle dans l'économie de la zone euro, mais que ses traités n'ont pas forcément été initiés avec l'idée que 50 après, le Luxembourg resterait un paradis fiscal au coeur de l'Europe (dans des proportions sans commune mesure avec la Suisse si l'on en croit les montants de collecte bancaire).Le PIB par habitant du Luxembourg est de 80 000 dollars annuels, celui de la France est de 35 000. je ne suis pas sûr que ce soit à cause de la mauvaise gestion sarkozyste.Donc, oui, la taille n'est pas un bon argument (sinon l'UE serait une excellente chose), oui les déficits ne sont pas une solution miracle, mais merde à la fin de s'entendre donner des leçons par ce que de plus mauvais esprits que moi pourrait traiter de blanchisseurs.Peut-être sommes-nous parvenus au point où nos partenaires doivent se rendre compte que les traités ne sont que rarement conclus pour l'éternité.

olivier 24/10/2007 14:44

JMF : Tout l'enjeu est là, pourtant. Ne pas être, à notre tour, des bénits-non-non.

Jean-Michel Fayard 24/10/2007 14:35

je ne vois pas trop comment nous pourrions nous aussi, souverainistes, avoir une religion révélée.Excellente blague ;-)

olivier 24/10/2007 14:32

Pas d'accord.Avec Juncker et ce qu'il représente, nous avons signé des traités. Sauf à les dénoncer, nous sommes donc tenus de les respecter, et je ne vois rien d'étonnant à ce qu'il s'estime en droit de nous demander des comptes. Que la leçon vienne d'un petit pays, où est le mal ? Et en quoi aurions-nous raison parce que nous sommes centaine de fois plus nombreux ? A ce compte-là, les allemands auraient toujours raison (puis les russes, les chinois, etc).Je suis d'autant plus en désaccord avec ton argumentation que sur les deux aspects évoqués, je ne vois pas trop comment nous pourrions nous aussi, souverainistes, avoir une religion révélée.Sur les déficits : on ne peut pas dire qu'il n'y ait rien à faire uniquement parce que la conjoncture n'est pas au rendez-vous (le keynésianisme n'ignore pas forcément la nuance et l'analyse).Sur l'Euro fort : il protège en même temps qu'il étrangle, et on peut s'abstenir d'avoir sur le sujet les certitudes présidentielles. Du miracle de l'Euro de nos amis euro-enthousiastes (j'ai un petit Delors mécanique qui fait euro-youpppppi quand on le caresse) à la damnation de l'Euro toujours mal géré, il me semble qu'il y a place pour un dailytelegraphisme - perplexe, prudent, attentif.Enfin, et c'est là mon vrai point : j'ai plus de respect pour les gardes-champêtres que pour les Premiers ministres.