La lettre volée

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L'amende BNP-Paribas : 40% du plan Marshall

L'amende infligée par les Etats-Unis à BNP Paribas est grotesque.

A un point tel que les officiels français commencent à froncer un demi-sourcil : que coule l'industrie du pays passe encore (que PSA soit interdit de vendre des véhicules en Iran juste au moment où GM y remet les pieds), mais si l'Inspection des finances est accrochée, là c'est grave.

 

Réactions donc :

Christophe de Margerie (qui n'est pas un officiel mais à ce niveau chez Total on n'est pas non plus un quidam) suggère que le pétrole pourrait être payé en euros.

Sapin s'inquiète du rôle illégitime que confère au dollar cette décision (lire un article de solidarité et progrès auquel renvoie mon moteur de recherche préféré, en réponse à une requête sur "la réaction française amende BNP Paribas". Merci de ne pas penser qu'il s'agit d'une suggestion d'adhésion. Les infos originales sont parues dans le FT de toute façon, ce ne sont pas des élucubrations). 

Si l'Union européenne voulait avoir l'air d'un truc utile, elle pourrait donc décider de payer son pétrole en euros. Elle a refusé le principe de voir l'euro jouer un rôle plus important, en une demi-journée, en 2009.

Et Michel Barnier a expliqué que ces sanctions sont très bien.

Il y aurait pourtant de quoi réagir.

Quelques calculs simples montrent en effet que :

1. l'aide du plan Marshall à la France était de 2 488 MUSD de dons en 1950 (1948-1952).

2. Une conversion en valeur du dollar 2013 donne un montant de 24 100 MUSD (24 milliards), soit 17,7 milliards d'euros.

3. L'amende BNP Paribas représente 40% de cette somme.

C'est donc 40% du plan Marshall que les USA s'apprêtent à réclamer à BNP Paribas, pour des infractions dont les juges américains eux-mêmes peinent à démontrer la gravité.

*

Je crains que malgré tout, la formule de Claude Cheysson ne s'impose, appliquée à un pays occidental cette fois-ci : "comme d'habitude, nous ne ferons rien".

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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call girl 19/08/2014 10:26


les entreprises étrangères sont pour les USA comme un client pour une call girl : l'occasion de ramasser de l'argent ! Les amendes sont les cousines des taxes, mais rapportent davantage !

EDN 10/08/2014 21:29


Je n'avais pas pensé au plan Marshall. J'avais juste dit à un ami : avec l'argent qu'ils piquent à Paribas, ils se paient Alstom.


J'adore le commentaire de ce JMFayard, cette espèce de gourmandise masochiste qui consiste à parfaitement comprendre les exigences de l'occupant. Vichy était-il un concours de
circonstances ou un désir ?

Vénérable 26/07/2014 02:21


Quelques bibliothèques en ligne :

http://www.freepdf.info
http://www.balderexlibris.com
http://www.histoireebook.com
http://www.aryanalibris.com
http://www.pdfarchive.info
http://www.the-savoisien.com

ND 24/07/2014 18:34


Je cite Francois Mitterand : La condamnation de la BNPP montre que "nous sommes dans une guerre invisible, sans morts apparemment, mais une guerre cruelle; les américains
veulent tout sans  partage."



Je résume l´explication de Jacques Attali "Washington entend réduire le pouvoir des banques non américaines sur le dollar hors des Etats-Unis par une administration: Office of Foreign
Assets Control.

  L’OFAC défend par des sanctions économiquement mortelles les intérêts de politique étrangère ou de sécurité nationale des
Etats-Unis, contre les gouvernements étrangers, même alliés.

L’arbitrage, qui remplace de plus en plus les tribunaux comme appel ultime, obéit aux principes de la « common law » anglo-saxonne, dont le libéralisme est illimité, et qui ne fait jamais
confiance à la loi pour régler les rapports entre les parties".


Ma conclusion: Cette guerre bien comprise par Mitterand est La guerre du droit.

jmfayard 10/07/2014 09:39


"Comme d'habitude nous ne ferons rien"


Euh et bien, ce qu'il faudrait commencer par faire, c'est arrêter d'être stupide.


Payer un client qui est en froid glacial avec les états-unis dans une monnaie sur laquelle les états-unis ont par définition un monopole, et sont fondés à pouvoir imposer leurs exigences (comme
passer par une chambre de compensation US), ne rien faire quand on vous prévient de cette incongruité, ... que dire ?


La vraie question que soulève cette affaire, c'est quand est-ce qu'on démantèle nos chères banques systémiques BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et
BPCE, qui sont un peu à l'économie ce que l'arme atomique est à la paix dans le monde, et dont les grands pontes ne cessent de nous démontrer qu'ils n'ont pas l'intelligence
collective supérieure qui ferait qu'elles n'exploseraient pas.


Evidemment, comme c'est Bercy qui dirige la France,
ça n'arrivera pas.