La lettre volée

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De la servitude volontaire (chez les dirigeants)

Paul Krugman publie un extrait d'article de Matt Yglesias.

Ce chroniqueur américain se demandait en 2011, pourquoi les dirigeants de petits pays, notamment ceux qui sont victimes de "l'eu-ification", acceptent de maltraiter leurs populations au point de perdre toute perspective de réelection.

Il apporte une réponse immédiate : parce que les postes de chefs d'état de petits pays sont en réalité des marchepieds pour des postes internationaux (commission européenne, FMI etc.)

Krugman, en 2013, se demande ensuite jusqu'à quel niveau placer la barre du petit pays.

Avec le cas de Nicolas Sarkozy, explicitement cité, il suggère que la barre du petit pays peut s'élever assez haut...

Dans la perspective de décrocher ce genre de postes, les dirigeants doivent avoir avant tout comme objectif de respecter toutes les disciplines conventionnelles, fussent-elles stupides et propres à les faire détester. La satisfaction des populations ne doit pas, elle, être un critère.

J'aime bien qu'émerge aux Etats-Unis le terme "eu-ification", qu'on peut rendre en français par européisation. Enfin les libéraux américains se rendent compte que le projet européen n'est pas le geste sublime et désintéressé qu'ils imaginent.

La conclusion d'Yglesias en 2011 est assez juste : "Le bizarre modèle de gouvernance européenne reflète une situation où les classes européennes dirigeantes s'identifent les unes aux autres plus qu'elles ne s'iodentifient à leurs populations".



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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Gérard Couvert 03/04/2013 18:45


Denis, cela se nomme "aristocratie" sauf que celle-ci est sans racines et sans noblesse, c'est-à-dire amorale. Pour en fréquenter quelques-uns, genre hobereaux, et d'autres barons je peux dire
qu'il s'y passe la même chose que sous l'ancien régime, la noblesse (toujours avec ses subdivisions robe, épée, etc.) locales cherche à imiter et à s'allier avec celle de régions, laquelle rêve
de Paris (ou de Rome, de Madrid ...) et à peine arrivée lorgne vers Bruxelles, Washington, etc.


Cela peut prendre deux générations, mais ils peuvent compter sur l'aide de toute la chaine (les sélections d'entrée dans les écoles de "journalisme" sont à cet égard terrifiantes)mais gara aux
déviants l'ostracisme sera sans appel.


Erasmus comble les trous dans les carnets d’adresses et évite la consanguinité.

alexandre clément 30/03/2013 11:35


Ceci dit le grand défaut de l'UE c'est que c'est bien moins organisé que l'Empire romain. Sa politique tire à hue et à dia, sans perspective même à moyen terme. Les européistes gouvernent au jour
le jour. C'est probablement le malheur d'Hollande qui ne sait qu'inscrire ses pas dans ceux de son prédécesseur. Même l'allemagne qui a tant profité de l'euro ne sait pas où elle va. Ce pays est
en train de rentrer en récession et n'a aucun plan sérieux pour palier ses difficultés à venir quand ses marchés extérieurs de l'Europe vont s'effondrer. 


c'est me semble-t-il un élément qu'on ne prend que rarement en compte. A mon sens c'est ce pays qui est le talon d'Achille de l'imbécile projet européen. Mais les allemands comprennent vite, à
condition qu'on leur explique longtemps. C'est un pays de vieux qui ne conserve une prospérité apparente que parce qu'il pille le reste de l'Europe. Mais ces choses là ont une fin. Ils ne
pourront plus évoquer la peur des bolchéviques pour que l'Amérique les subventionne comme elle le fit en 1945. 

J.Payen 30/03/2013 09:58


40 ans de vie publique m'ont appris essentiellement ceci : que la lâcheté est, dans les sphères de pouvoir, la chose du monde la mieux partagée. Couplée au carriérisme (à la vénalité), nous avons
le ressort profond qui meut le plus grand nombre.


S'il avait la lucidité et l'audace de remettre en question les Traités (on entrevoit ce que cette perspective peut avoir de vertigineux s'agissant du toujours véritable 1er secrétaire du PS)
Hollande ne trouverait pratiquement aucun relai politique ou administratif.


Nous ne pouvons guère compter que sur un craquement. Hélas.


 

alexandre clément 30/03/2013 08:59


A mon avis la corruption va bien plus loin que ça. 90% des économistes européens ont été achetés par l'UE à coup de contrats qui ne servent à rien. Mais la corruption n'est pas seulement
matérielle, elle est aussi intellectuelle. Pourquoi Hollande continue-t-il dans une voie qui est sans avenir ? Parce qu'il n'a pas ni le courage, ni l'idée de dire non. Et qu'il se sentirait
isolé au milieu d'un concert de semi-idiots qui font semblant de croire à l'euro.


Parmi les dirigeants européens, il y a les franches canailles - Merkel, Sarko - qui travaillent directement pour les banques. Et puis il y a les idiots utiles qui ne se rappellent pas qu'elles
ont été les personnes à l'origine de l'UE et de ses turpitudes.

Denis Griesmar 30/03/2013 00:45


C'est un phénomène qui s'observe dans tous les domaines. Le directeur de l'INPI ne rêve que de diriger l'Office Européen des Brevets, et suit donc servilement la stratégie des multinationales :
adoption du Protocole de Londres, élimination du français et affaiblissement du Droit français. Les militaires haut gradés ne rêvent que d'une affectation à l'Etat-Major de l'OTAN, et n'agissent
plus que comme supplétifs de l'Empire ... Le peuple sent bien que l'idéologie du dépassement des Nations n'est qu'un prétexte aux zélites pour l'écarter de toute décision sérieuse. Et lorsque des
protestataires se manifestent, ils se voient qualifier de "populistes". Pour le constater, il suffit de lire l' "Immonde", ... ce dont je me passe désormais.