La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

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Une minute de défoulement

Parmi les hommes politiques entendus ce matin à France Inter, Jean-Marie Colombani, sarkozyste subtilement militant, ravi de ce retour à l'ordre.

Laurent Joffrin, au bord de l'orgasme, signe un éditorial conclu par un slogan (pauvre).

On y trouve, après un éloge du clivage droite/gauche, un truc censé expliquer ce qu'est la nouvelle gauche qui a su garder un lien avec l'ancienne : "Il faut réduire ­ vraiment cette fois ­ la fracture sociale, réconcilier une France fragmentée, mettre le service public au service du public, relancer l'entreprise pour relancer l'embauche, rassurer les faibles et intimider les forts, bref, au-delà d'une posture démocratique et d'une sensibilité à l'opinion, avoir une vision."

Ca décoiffe non ?

Cette victoire des étiquettes, des labels insurmontables (La Droite, La Gauche) derrière lesquels les pratiques se rejoignent tant, me désespère.

Tant de proches et de blogueurs intelligents, un moment tentés Bayrou, qui ont eu peur de sortir des sentiers battus et ont préféré voter Royal au dernier moment. On verra le 6 mai quelle était la pertinence de ce choix.

D'ici là, comme le souligne dans un billet excellent, Pierre Assouline, c'est Jaurès qui a gagné. Sarko a su, bien plus que Royal, tenir à la fois le coeur de son électorat, et étendre son espace à l'extrême-droite et à gauche.

Ségo n'a que mollement, et sur la fin, défendu son camp. Il ne faut pas s'étonner de constater que le rapport droite/gauche soit mauvais. J'entendais même Krivine ce matin expliquer qu'une partie de l'électorat de Besancenot avait voté Bayrou au premier tour !

Dans cette optique, si l'on calcule le rapport droite/gauche en enlevant les voix du centre, on obtient une gauche à 45%, une droite à 55%, ce qui laisse un espoir à la gauche.

Ainsi, ce n'est qu'en rendant justice à Bayrou qu'il a emporté son pari que Ségolène Royal pourra l'emporter...
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O
Non, le déménagement, ce n'est pas très drôle.
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V
Je ne parlais pas de la nation mais de l'Etat-nation, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. <br /> <br /> En effet l'Union européenne manque de séparation des pouvoirs et c'est pour cela que je souhaite la création d'une véritable démocratie parlementaire européenne à la place du système batard actuel que je combat.<br /> <br /> Un pouvoir européen voire une gouvernance mondiale est indispensable aujourd'hui et ne peux exister que démocratiquement. On accepte les dirigeants parce que l'on sait que leur existance est un mal nécessaire et aussi parceque l'on participe à leur désignation et à leur contrôle. C'est précisément pourquoi il faut une constitution européenne qui rende transparent ce contrôle et définisse les modalités de leur désignation sur un mode démocratique. Le statu quo est inacceptable et la régression une perspective terrifiante pour les Européens.<br /> <br /> Ce qui fait que je rejette le système politique français est que justement le pouvoir n'y est pas contrôlé (au contraire du niveau européen où les contre-pouvoir sont légions voire trop nombreux vu la difficulté à y prendre des décisions), qu'il n'est pas transparent, qu'il est de moins en moins démocratique. Espérons que la 6e République ségolénienne s'avérera moins bidon que ce que j'ai cru percevoir jusqu'ici...
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E
Comme un enfant : plutôt que de réparer ce qui ne va pas, tu dis que tu vas reconstruire aileurs, mais en 27 fois plus grand. Quand à la 6ème république ségolénienne, rassure-toi, il n'est pas certain que tu aies l'occasion de voir si c'est bidon ou pas...
O
Je suis allé au cinéma hier après les premiers résultats : Direktøren. <br /> Toujours ça de pris à Colombani et autres Joffrin qui vont s'en donner à coeur joie pendant 5 ans (sur le mode seyant de l'indignation vertueuse de la Gauche).
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E
welcome back ! bien passé le déménagement ?
V
Joffrin est pathétique : il confond un artefact dû au mode de scrutin et une réalité politique. La droite et la gauche existent bien ais avec des frontières très floues et poreuses et surtout changeante. Faire ce ce phénomène vaguer une vérité intemporelle et absolue est ridicule. Un peu comme les gens qui croient que l'Etat-nation, invention du 18e-19e siècle en déclin depusi la fin du 20e siècle, est une forme parfaite et incontournable d'organisation du genre humain.
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E
Ce n'est pas tant la nation qui m'importe, que l'idée de séparation des pouvoirs, totalement absente de la construction européenne où l'exécutif national devient législatif communautaire.Il faut une certaine légitimité, un consensus fondamental, pour qu'une communauté humaine accepte ses dirigeants. On ne peut pas passer de l'échelon national à 27 états membres (and counting) par un coup de baquette magique, encore moins en le faisant sans le dire.