La lettre volée

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La démission de Brice Hortefeux

Philippe Bilger a signé un billet dans lequel il se trouve vieux jeu. Au passage, il réclame qu'en attendant jugement en appel de Brice Hortefeux, après sa condamnation en première instance, l'opposition se taise.

Contrairement à ce qu'il laisse entendre, Philippe Bilger est authentiquement moderne.

Il considère qu'un jugement de tribunal correctionnel n'est qu'un zakouski et reproche à Benoit Hamon d'avoir demandé la démission de Brice Hortefeux ("Quel besoin avait [Hamon] de lancer une polémique en réclamant la démission du ministre alors que l'avenir judiciaire est imprévisible et ignoré ?").

L'avenir judiciaire est tout de même assez peu lumineux et une condamnation, même en première instance, pour "injures raciales", pour un ministre de l'Intérieur, ministre des Cultes, ça devrait conduire automatiquement quiconque est un peu vieux jeu à demander tranquillement une démission.

Philippe Bilger est donc furieusement moderne et n'entend pas déranger le ministre tant que la Cour de Cassation n'aura pas rendu son jugement - d'ici là quelques gouvernements auront passé, on peut même ajouter une QPC pour rire, plus la CEDH.

Philippe Bilger est rejoint dans son raisonnement par des "hommes de gauche", l'illustre Julien Dray en tête, qui défendent le droit inaliénable de l'homme politique aux propos débridés.

Pour ma part je suis authentiquement vieux jeu : un ministre, de l'Intérieur en plus, condamné pour injures raciales, fût-ce en première instance, ça ferme sa gueule ET ça démissionne.

 

 

 

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Laurent K 09/06/2010 17:08



Pas d'accord, c'es très vieux jeu de soutenir un criminel à la tête de la police. Cela s'est en effet déjà vu. Sous Napoléon.


Avec une différence toutefois: il avait été condamné avant d'être en fonction, pas pendant.