La lettre volée

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Je dis ça je dis rien bis - Keynes et la crise

"Il y a aujourd'hui beaucoup de gens qui, voulant du bien à leurs pays, s'imaginent qu'épargner plus qu'à l'ordinaire est la meilleure chose que leur prochain et eux-mêmes puissent faire pour améliorer la situation générale. S'ils s'abstiennent de dépenser une proportion de leurs revenus plus forte que d'habitude, ils auront aidé les chômeurs croient-ils. Et s'ils sont membres de conseils municipaux ou de county councils, ils croient que la ligne de conduite à adopter à l'époque présente, c'est de s'opposer à toute dépense qui irait à de nouveaux chantiers de travaux publics ou à l'amélioration du confort collectif.

Or, en certaines circonstances, tout cela serait parfaitement juste, mais dans la situation actuelle c'est malheureusement faux de point en point. [...] Si un surplus important de chômeurs est déjà disponible pour des emplois de ce genre, le fait d'épargner aura seulement pour conséquence d'ajouter à ce surplus et donc d'accroître le nombre des chômeurs."

 

Keynes, La grande crise de 1930, in Sur la monnaie et l'économie, Payot.

 

Le Conseil général du Bas-Rhin n'a pas lu ce livre à 7,50 €, et donc :

 

bas-rhin.png

 

La seule excuse du Conseil général est qu'il n'est pas seul à manquer de culture économique :

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 24/03/2013 14:22


Axel : je reconnais bien volontiers que, à la relcture, votre premier commentaire ne méritait pas l'agacement avec lequel je l'ai balayé (hormis le fait qu'il s'agit d'une accumulation de
nouvelles idées reçues que l'on en tend partout : la france ne sait pas se réformer etc.)


sur le fond, il y a un point que vous ne saisissez pas, à mon sens : "L'argument de Keynes consiste à demander à l'agent qui a encore
accès à l'endettement lorsque les autres sont contraints d'assumer lui même le recyclage de l'épargne des autres agents."


l'argument de keynes est en réalité qu'en investissant aujourd'hui l'état crée
l'épargne de demain.


peut-être aussi que ce qui m'a fait sauter au plafond est votre affimration
"Or en Europe il n'y a pas de tel acteur de référence que
Keynes appellait l'Etat."


votre deuxième commentaire est lié, en réalité à cepoint. vous considérez comme un
fait acquis que l'union euroépenne existe et s'est substituée aux états nationaux. je m'y refuse, j'estime que ce système est soit non viable soit ne se maintiendra que par la
tyrannie.


que le gvt français ait choisi de ne pas baisser les impôts au lieu de les augmenter est peut être un bon choix. mais en réalité je me contrefiche de constater que sur un point précis hollande
gère un peu mieux le naufrage que sarkozy. l'un comme l'autre acceptent le naufrage que constituent les politiques européennes.


ce que vous appelez "faire de mieux ici et maintenant" c'est juste ça : une invitation à considérer que le système de maastriche est là pour toujours, et à gérer les soins palliatifs. ça ne
m'intéresse en rien.


ce qu m'intéresse est justement de recréer des états européens capables de mener leurs propores politiques, c'est à dire aussi bien de réussir que de se tromper mais en évitant autant que
possible d'engager un continent entier dans la récession.


pour votre dernière phrase, elle mériterait un peu d'agacement de ma part "faire des principes macro-économiques de première année de fac
l'horizon de tout choix économique est une façon de se payer de mots et de masquer l'inaction"


bien sûr que quand un gouvernement et le système européen prétendent fouler aux pieds
les bases de l'économie il convient de souligner leur erreur. je ne vois pas au nom de quel élargissement de notre horizon intellectuel il faudrait constater que le gouvernement mène des
politiques économiques dérangées et trouver ça anecdotique en faignant de s'intéresser à mieux. vous réagissez comme si un prof de maths affirmait que 2+2=5 mais que c'est acceptable parce qu'il
vous dit des choses intéressantes sur les équations différentielles ou autre chapitre plus avancé. par ailleurs je ne vois même pas dans quel domaine de l'économie autre que la macro le
gouvernement français ou les structures européennes font ou feraient des choses intéressantes.


au final, je ne comprends pas bien votre position, si ce n'est que vous pronez un
renoncement volontaire : les politiques actuelles sont absurdes, mais c'est comme ça, il faut faire avec. je dirais, lisant cela, que vous êtes jeune et ambitieux, et que vous rechignez à vous
engager dans la vie en adoptant une position d'opposition. mais c'est juste une intuition.











 


 


 

Axel 23/03/2013 22:16


@edgar: mon commentaire est sans doute trop long, et j'aurais du lire plus votre blog également pour mieux comprendre ce qui motive vos interventions. Je m'en était naivement tenu à l'invitation
à commenter dans la présentation ('nourriture du blogger' dites vous). Votre réaction bien méprisante et non argumentée montre qu'il s'agissait d'une facilité de politesse.


Je vais essayer de clarifier mon opinion.


1 - l'austérité en période de récession (globale ou disons occidentale) aura pour effet d'accentuer la crise. on est complètement d'accord là dessus, et au-delà des débats théoriques, nous vivons
un 'moment' keynésien sur le plan économique. NB. cela ne se limite pas à l'Europe.


2 - moin point de départ était justement de rappeler les contraintes auxquelles notre politique est soumise et bruxelles comme vous dites en fait partie (je cite l'allemagne plutôt que bruxelles
dans mon commentaire) vous me faites donc un procès d'intention bien étrange. Ces contraintes, toute regrettables quelles soient, existent (ne pas avoir voté oui en 2005 - c'est également mon cas
- n'y change rien)


3 - dans ce contexte le gouvernement a plutôt choisi un budget assez intelligent (taxer plus en ciblant l'épargne plutôt que réduire d'abord les dépense publiques). L'hypothèse initial de 0.8% de
croissance montre que les 3% étaient conditionnés au fait que l'activité ne ralentisse pas. Ce choix n'est pas une soumission mais il est contraint: il va à l'encontre de la doxa économique
européenne comme allemande et fait suite à une gestion des finances publiques calamiteuse qui a affablit notre capacité d'emprunt (vous préférez la loi TEPA de 2007 pour soutenir le PIB peut être
?).


4 - le point de désaccord: je ne comprends comment on peut d'un côté répéter à l'envi que l'Europe impose son diktat et de l'autre reprocher au gouvernement français de subir les contraintes
précitées. c'est incohérent. Toute politique part d'un point initial: la question que faudrait il faire (de mieux) ici et maintenant reste sans réponse de votre part.


5 - à propos de stratégie économique: faire des principes macro-économiques de première année de fac l'horizon de tout choix économique est une façon de se payer de mots et de masquer l'inaction.
Ceci étant dit je comprends à votre réponse que votre sujet n'était pas l'économie, mais la souveraineté.


J'espère que le message est plus compréhensible.


 

edgar 20/03/2013 00:20


JM : recommence sans smartphone !


 


Alex : il ne s'agit psa de recettes providentielles, il s'agit d'économie. Et cela dépendrait de nous si nous n'avions confié à la BCE et à l'eurogroupe notre monnaie d'un côté et notre budget de
l'autre. votre rhétorique filandreuse ne sert qu'a faire oublier ce point.


Dael : oui, et oui ausi à votre autre commentaire (sur les salaires)

DAELIII 19/03/2013 20:44


Une fois que l'on s'est lié les mains en refusant d'envisager toutes les voies possibles, par idéologie en général comme en l'espèce, il ne reste plus effectivement qu'à se débattre avec des
apories !

JMFAYARD 19/03/2013 19:25


Edgar, quand la question (qu'elle est la recette magique pour faire revenir la croissance salvatrice ?) il faut avoir le courage de répondre 42


Il faut remettre à l'endroit la hiérarchie entre les moyens et les fins comme disait Supiot que tu m'as as fait lire. 


Se fixer comme seul objectif de faire revenir la croissance,  c'est ce qui a j'imagine convaincu Schroeder d'essayer les vieilles recettes libérales  tout comme l'aurait pu tester les
vieilles recettes keynésienne si un autre crane en oeuf. Économiste lui avait paru plus convaincant 


Je commence juste le bouquin de Gadrey je suis sur un smartphone pardon si c'est est décousu 

Axel 19/03/2013 18:27


Merci pour ce rappel du paradoxe de l'épargne de Keynes qui a occuppé les débats économiques depuis une bonne cinquantaine d'années.


Malheureusement, les livres à 7,5E ne suffisent pas à boucler les budgets de nos collectivités locales ou nationales. Les décisions de nos gouvernants sont prises sous contraintes, parmi
lesquelles la bonne volonté des preteurs, la limite à l'acroissement des impôts et des engagements de dépense difficiles à révoquer. 


L'argument de Keynes consiste à demander à l'agent qui a encore accès à l'endettement lorsque les autres sont contraints d'assumer lui même le recyclage de l'épargne des autres agents. Or en
Europe il n'y a pas de tel acteur de référence que Keynes appellait l'Etat. La BCE n'en a pas le droit, la commission n'en a pas les ressources, l'Allemagne n'y voit pas son
intérêt, etc etc etc.


La politique reste l'art du possible, et aujourd'hui je doute fortement que l'Etat français ait beacoup plus de marges de manoeuvres budgétaires que celles qu'il utilise: sous couvert d'un
discours de sérieux, il est probable que le déficit reste autour de 4% en 2013: est ce vraiment un budget d'austérité scandaleux ? on peut en douter et votre assaut critique à cette aune est
disproportionné.


Mais après tout, tout discours n'est il pas un peu poussé vers l'hyperbole, afin de mieux convaincre ou tout simplement remarqué? L'emportement de la critique n'est pas à elle seule
suffisante pour justifier une réaction ou un commentaire. Le véritable problème que pose le type de discours critique que vous proposez, qui reste très 'macro-économique', est d'occulter la
spécificité de notre histoire récente. Les problèmes français, spécifiquement français, dont collectivement nous ne parvenons pas à nous saisir depuis une vingtaine d'années. Ces problèmes
peuvent se résumer à notre incapacité à modifier nos politiques publiques lorsqu'elles sont en echec ou simplement pour les améliorer. Ce quel que soit le domaine: l'éducation nationale est
de moins en moins performante depuis plus de dix ans, notre chômage est bien supérieur à celui de pays ayant des trajectoire de croissance ou de rishesse similaire, notre commerce extérieur est
en chute libre depuis 10 ans. Je passe sur les nouveaux défis (écologique énergétique, nouvelles technologies) que nous préférons ignorer dans le débat public.


En matière d'éducation les seules initiatives menées ont consisté à maîtriser les coûts et créer une instabilité  pédagogique sans aucun résultat à l'arrivée. On sait depuis près de 10 ans
que les ZEP sont un saupoudrage inefficace d'une aide mal ciblée et insuffisante. Mais pour autant, rien ne change. En matière de chômage on a une des pires performances relativement à la
trajectoire de croissance des pays développés. Qu'avons nous tenté à part la subvention à l'emploi (parfois déguisée sous forme de 35 heures ou de pré-retraites, contrats aidés, emploi public
etc)? Aucune expérimentation de flexibilité à la scandinave. etc etc


Le changement serait il tabou? Je crois plutôt que nous avons collectivement perdu toute foi en notre capacit à agir sur le monde et préférons nous lamenter de le voir agir sur nous. Votre petit
commentaire anti austérié est ainsi une plainte consolante qui trouve en une élite supposément ignorante de Keynes (alors qu'à la manière du 'bon sens' cher à Descartes c'est sans doute la
théorie économique la mieux partagée en France) le bouc-émissaire de nos malheurs. Je le crois honnête et à ce titre il vaut mieux que le charlatanisme agressif mélenchonien.
Mais s'accrocher à des recettes providentielles (ici la relance keynésienne) qui ne dépendent pas de nous n'est en aucun cas une voie de sortie de notre névrose collective.

edgar 19/03/2013 09:46


c'est très joli mais c'est limite indécent dans le contexte actuel. par ailleurs les machines ne sont pas forcément non-renouvelables, ni l'énergie non plus.


Le ni-ni ça ne mène nulle part, et Gadrey introduit de la confusion dans les débats de l'heure.

jmfayard 19/03/2013 00:33


Non quand tu passes d'un modèle productiviste à un modèle plus sobre, moins intensif
en intrants (en matière première et en énergie), et donc plus intensif en travail, particulièrement en travail qualifié, tu crées de l'emploi sans forcément créer de la "croissance"... la
croissance de quoi d'ailleurs ? du pib j'imagine. Gadrey m'a convaincu d'être ni pour ni contre bien au contraire. C'est un outil statistique qui ne mérite pas d'être notre obsession
monomaniaque.

edgar 18/03/2013 23:12


gadrey est confus. quand il écrit "on a besoin d’environ 30% d’emplois en plus dans l’agriculture biologique pour produire les mêmes quantités".


Produit à 30% d'emplois en plus et tu vendras 30% plus cher. Si tu y arrives tu verras que tu auras... créé de la croissance.


Oui, la réduction du temps de travail est nécessaire sur le long terme. A court terme la priorité c'est de renouer avec une croissance minimum. Le contenu de cette croissance c'est plus tard.


 

jmfayard 18/03/2013 22:48


C'est pas forcément ce qu'il faut retenir aujourd'hui de Keynes


http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2013/01/18/keynes-reviens-ils-ont-oublie-l%E2%80%99essentiel-de-ton-message/