La lettre volée

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L'Europe agricole en perdition

Un bon papier d'Henri Nallet, dans Le Monde du... 13 avril dernier. Sous ce titre fort explicite, il explique comment, dans les négociations menées dans le cadre de l'OMC, l'Europe se comporte de façon inacceptable.

En gros, nous nous engageons, depuis quelques mois, à démanteler complètement, à moyen terme (2013), nos aides à l'agriculture, dans l'espoir que les USA feront de même. Non seulement ils n'en font rien, mais nous n'en tirons même pas avantage dans d'autres secteurs industriels puisque l'OMC n'avance pas sur d'autres sujets. Et en plus, nous validons les aides que les USA amènent à leurs agriculteurs (dénommées blue box), type d'aides auxquelles nous n'avons pas recours.

J'imagine que Mandelson conduit les négociations, sachant qu'il vient du monde de la com, au Royaume-Uni où l'agriculture n'intéresse pas grand monde, il ne faut pas s'attendre à mieux. Tant pis pour nous si l'agriculture est notre premier poste d'exportations.

Sur un sujet agricole aussi, Mandelson a annoncé  avant-hier que l'Europe lèverait ses taxes à l'importation de biocarburants. Rappelons que dans ce secteur agricole en plein développement, l'Allemagne et la France sont les deux premiers producteurs européens. Et même si cette activité commence à être critiquée, c'est un domaine prometteur, en terme d'équilibre des ressources énergétiques et en termes d'emplois.

L'un des reproches faits aux biocarburants, c'est qu'ils encouragent la monoculture et la déforestation. Croit-on que c'est en libéralisant ainsi un secteur à peine émergent, que l'on va inciter les pays en développement à réguler leur production ? Au contraire, le libre échange en la matière va les pousser encore plus à produire n'importe comment, quel que soit le coût écologique.

Officiellement, unis-nous-sommes-plus-forts. Je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression que dans des discussions à l'OMC, la France se débrouillerait mieux seule, pour faire respecter ses intérêts, qu'en étant représentée par Peter Mandelson.

(cf. ce billet antérieur)

Post scriptum : Au temps pour Emmanuel Todd et son appel à voter oui pour instaurer un protectionnisme communautaire. Quelle blague !


Post scriptum II :
Au passage, je note qu'Henri Nallet relevait incidemment que les théories  de l'échange gagnant-gagnant sont fort libérales, je ne sais si c'était une pique contre la candidate du moment, mais ça y ressemblait. Nallet m'a l'air de quelqu'un de carré.

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E
à Malakine : oui, je me souviens. il disait qu'il avait voté non à maastricht pour de bonnes raisons, qu'il vaiat appelé à voter oui pour de bonnes raisons aussi, car entre-temps Bush avait été élu et qu'il fallait faire contrepoids.Disons que l'argument de l'Europe contrepoids est assez vieux et ne marche pas, tout démontre que l'Europe est parfaitement alignée, et puis quand Bush s'en va et est remplacé par un mec bien on fait quoi ? On dés-adhère ?
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M
Je ne laisserais pas ridiculiser mon maitre ! :-) Emmanuel Todd a appelé à voter oui pour sauvegarder la possibilité de faire émerger une europe politique contre l'empire décadent des Etats-Unis. Aujourd'hui Todd s'exprime effectivement surtout sur le protectionnisme européen, mais à l'époque, son propos c'était surtout que l'europe puisse s'exprimer d'une voix forte pour équilibre le pouvoir de nuisance de l'amérique en décomposition.
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A
De mon coté, je suis plutôt attaché à la souveraineté et à l'identité des nations mais - dans mon esprit - cela est intrinséquement lié à la défense de la démocratie. Il n'y a aucune contradiction ni dialectique, entre ces 2 aspects. C'est une différence d'accent mais tout est totalement lié. Pierre Manent nous l'a bien montré. L'actualité de l'UE, sa construction et les modalités de cette construction avec la peur panique de la décision des peuples et au refus de toute transparence ou référundum le prouve.Je suis très sensible à cette identité prodonde des positions structurantes anti- UE (ce qui ne veut pas dire antieuropéenne, au contraire) malgré les différences d'accent. J'espère que face au mattraquage médiatique, à ce qu'il faut bien aussi appeler la propagande de UE avec ses moyens considérables, aux manipulations anti-démocratiques du traité simplifié, le camp du NON saura faire front commun. Quelle que soit l'origine politique et sans exclusive car c'est la seule façon de nous sauver d'un monde technocratique et uniformisé.Je vous redis mes félicitations pour votre combat courageux et à contre courant (pourtant de tellement bon sens et rationnel).
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E
Merci Antoine. Je dois dire que je me soucie de la démocratie plutôt que de la souveraineté, mais l'un ne va pas sans l'autre : pas de décision majoritaire si l'espace d'exercice de la souveraineté n'est pas défini.
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A
Je découvre votre blog avec beaucoup d'intérêt. Bravo pour cette lutte pour un espace de liberté démocratique intimement liée à la souveraineté des états.Alors que l'Union Soviétique a disparu, il est étonnant de voir cette volonté fédéraliste se transposer par le biais du monstre institionnel et uniformisant qu'est UE (et par quels moyens : manipulation et mensonges).
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