La lettre volée

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Zone euro : attachez vos ceintures

Quelques infos façon impressionniste, rassemblées sous un titre qui a le mérite d'être parlant - à défaut d'être fin.

1. Les italiens organiseront probablement, d'ici quelques mois, un référendum demandant le retour à la lire. C'est Ambrose Evans-Pritchard qui raconte cela dans le Telegraph ;

 

2. le modèle allemand n'est pas si reluisant. Le même Ambrose raconte cela dans un article où il montre que la politique de déflation compétitive à l'allemande est mauvaise y compris, à moyen terme, pour l'Allemagne. L'Allemagne elle-même commence à s'en rendre compte, Olaf Gersemann, éconmiste en chef de Die Welt, vient de publier "La bulle allemande : le dernier houra d'une grande puissance économique" ;

 

3. côté indicateurs économiques ça craque de partout. Le Telegraph encore montre que l'inflation dans cinq ans, telle qu'elle est anticipée par les marchés, décroche dangereusement. Et ce qu'anticipent les marchés oriente fortement les décisions d'investissement d'aujourd'hui ;

 

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4. Notre bon prix Nobel d'économie, Jean Tirole, n'a rien à dire sur la crise de l'eurozone, à part qu'il nous faut des réformes structurelles.  Je ne voulais rien dire sur Tirole, étant bien incapable de citer un seul de ses articles, ni de comprendre les raisonnements mathématiques qui fondent ses conclusions. Je suis intimement persuadé que les approches microéconomiques passent à côté de phénomènes complexes, et ne permettent guère de conclusions macroéconomiques. Ne pouvant pas prouver grnad chose en ce sens, je pensais me taire. Et puis un lecteur m'envoie un article d'Olivier Berruyer qui compile des entretiens avec Tirole. Force est de constater que, sur la crise de l'eurozone, Tirole ou Madame Soleil c'est un peu la même chose.

Une seule phrase de Tirole montre l'ampleur du problème, et celle-là est parfaitement compréhensible : "Je suis convaincu que l’Europe a davantage besoin de discipline à long terme que d’austérité à court terme."

C'est un syncrétisme qui laisse perplexe : c'est bien au nom de la "discipline" que les mesures d'austérité sont prises aujourd'hui. Tirole n'est d'aucun secours dans la crise de l'euro (je n'exclus pas qu'il ait des choses plus intéressantes à dire, dans des études sectorielles, et les articles à la Laurent Mauduit rejetant tout ce que Tirole a pu écrire, au nom de la financiarisation de la "Toulouse school of economics", me paraissent fort réducteurs) ;


5. Patrick Artus est bien plus clair dans son appréciation de ce qui peut sauver la croissance en zone euro : rien.

"Aucune politique économique ne peut redresser la croissance de la zone euro" est le titre de la note du jour de Natixis. Je ne suis pas d'accord avec le détail de son raisonnement, mais sa conclusion me plaît puisque c'est celle à laquelle je suis arrivé depuis un moment : "Au total, il faut être pessimiste quant à la croissance de la zone euro, et en particulier de la France et de l’Italie, dans les prochaines années.[...] L’impuissance, ou la lenteur des effets des politiques économiquedans la zone euro est effectivement déprimante."

 

Il est grand temps que ce système européen soit défait.

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Gérard Couvert 15/10/2014 09:33


Bien que Toulousain et ayant un fils en prépa TSE je ne me réjouis pas de ce Nobel ; l'homme est sympathique, semble simple et ayant conservé de son humanité, mais il est aussi le représentant
d'une pensée qui croie à la pertinence de la modélisation -forcement partielle- d'un part de l'activité humaine pour en tirer des certitudes sur l'avenir. Cete dérive se constate dans un plan
parrallèle dans mon propre métier -l'informatique- ou l'on prétend numériser un environnement et des évènements pour permettre à des machines de prendre des "décisions", certes elles le font mais
avec quel recul ? avec  quelles capacités à percevoir des macro-changements ?


Replacer l'Homme au centre.