La lettre volée

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Une appréciation de l'efficacité de la politique européenne par Philippe Delmas

Philippe Delmas (je suppute qu'il s'agit de l'ancien vice-président d'Airbus) écrit dans le Nouvel économiste tout le bien qu'il pense de la politique industrielle et commerciale de la Commission Européenne.

Les curieux liront l'intégralité de l'article, mais je souligne quelques bons morceaux :


"les grands Etats industriels de l’Union sont [...] réduits au statut de contrebandier pour continuer vaille que vaille à soutenir leur industrie dans le monde étriqué de l’économie réelle."


"La question n’est pas de savoir si la Commission est capable de faire la police mais si elle capable de faire la guerre. Tout indique que non. Ainsi voit-on la commissaire à la Concurrence exiger que le bénéfice de 50 ans d’investissement d’EdF dans le nucléaire devienne accessible à tous ses concurrents au nom du libre accès aux marchés. Ainsi voit-on la commissaire au Commerce et son directeur général traiter le contentieux entre Airbus et Boeing comme une querelle de voisinage qui se réglera par les bons sentiments – nous sommes amis n’est-ce pas ? – et surtout en ne s’en occupant pas. L’OMC est là pour ça et c’est, elle aussi, une organisation idéale à l’abri de toute influence. Que les conclusions de Boeing accablant Airbus aient été déposées juste avant le début du marché du siècle pour le renouvellement des avions ravitailleurs américains et que celles d’Airbus contre Boeing soient repoussées juste après la conclusion de cet appel d’offre n’est que coïncidence."


"Que les banques régionales allemandes, la caisse italienne de l’industrie ou le fonds souverain français se mettent à vouloir parier sur le très long terme, que leurs critères s’éloignent de ceux d’un fonds d’investissement ou d’une banque – tous acteurs dont l’intérêt pour l’industrie et le long terme est notoire – et les voilà cloués au pilori en attendant d’être condamné pour le plus effroyable péché : l’aide d’Etat. Le mot seul fait frémir. Un Etat qui aide son industrie ! Abomination de la désolation ! Nulle caricature. Tous les industriels européens savent que telle est la réalité. Bruxelles vit dans le monde imaginaire des livres d’économie et nos concurrents dans le monde réel des parts de marché grignotées une à une."


Heureusement qu'unis dans l'Union européenne nous sommes plus forts...


Sont-il idiots à Bruxelles ? Certainement pas. Mais ils sont comme tous les fonctionnaires ou stratèges politiques : occupés à avancer leur pouvoir. Et le principal pouvoir que les traités leur donne c'est la politique de la concurrence et du règne du marché. Je ne doute pas que si l'Europe avait été fondée sur des bases sociales, ils se battraient tous les jours pour faire avancer la place de l'état.


Mais ce n'est pas le cas. Bruxelles s'acharne donc tous les jours à défaire ce que les politiques publiques ont bâti depuis l'après-guerre. On ne peut refaire l'histoire et ce qui constitue encore aujourd'hui le coeur inamovible des traités européens, c'est la libre concurrence.

Voilà pourquoi, tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux, l'Union européenne, nous devrons en sortir...


 




 

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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des pas perdus 05/02/2010 13:51


Bruxelles a peut-être l'intention de liquider Airbus, vu qu'aujourd'hui ce serait impossible de concevoir une telle entreprise dans l'UE du traité de Lisbonne.