La lettre volée

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Un anglais défend l'Irlande

Barroso est en train de raconter au monde que l'Irlande ayant pêché économiquement, il convient maintenant de laisser place à l'Europe pour rétablir l'ordre (sur l'air bien connu, il ne nous faut pas moins d'Europe, mais plus d'Europe).

Sauf que le journaliste britannique Ambrose Evans-Pritchard, du Daily Telegraph, rappelle quelques vérités :

 

1. Les problèmes de l'Irlande viennent de son appartenance à l'euro. Face à un taux d'intérêt unique pour toute la zone, maintenu plutôt bas en début de période pour convenir à l'Allemagne, l'Irlande s'est retrouvée avec un taux d'intérêt réel, sur la période 1998-2007, de  -1%. Ce qui veut dire que les empruteurs étaient subventionnés grâce à la BCE ! De quoi gonfler pas mal de bulles dans les pays les plus vertueux !

 

2.  L'Irlande a été si peu cigale que jusqu'en 2007 inclus elle a reçu des satisfceits pour sa gestion, tant de la Commission que du FMI. Ainsi en septembre 2007, le FMI la créditait de "performances économiques solides dues à des politiques économiques saines [...] qui devraient se maintenir à moyen terme..."

 

3. Face donc à un contexte économique euphorisant parce les taux d'intérêts ne peuvent être homogènes dans une zone euro qui n'est pas une zone monétaire optimale, les irlandais se retrouvent maintenant devoir emprunter à 6% auprès d'un fonds de stabilité européen qui, lui, emprunte à 3%. Drôle de conception de la solidarité...

 

  Sans cette conception carcérale de l'Union européenne qu'il faut bâtir à tout prix, les irlandais dévalueraient et répudieraient une partie de leur dette, assistés par le FMI. Il faut aussi garder en tête que sans l'euro et cette politique de taux d'intérêts centralisés pour toute la zone, la crise irlandaise n'aurait jamais eu lieu ! 

Au lieu de cela, ils resteront englués de longues années supplémentaires pour payer leur dette à l'euro-moloch.

 

Face à la propagande, remettons le réel à l'endroit : c'est l'Union européenne qui nous a plongés dans la crise, c'est l'Union européenne qui nous y maintiendra. Plus d'Union nous y maintiendra plus longtemps.

 

 

 

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Edgar

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Zebulon Whateley 25/01/2011 14:38



@Fabien


Vous me ressortez le vieil argument fédéraliste qui consiste à comparer l'Europe à des états-nation fédéraux comme les Etats-Unis ou l'Allemagne (vous auriez encore pu rajouter l'Australie...)
dont les identités locales sont très faibles, voire éxtrêmement faibles, vis à vis de l'identité nationale. Par éxemple, la plupart des états Etatsuniens ont été creés ex novo, les
habitants, par éxemple, de l'Arizona étant "américains" avant d'être arizoniens.


Ces fédérations répondent de réalités culturelles souvent bien plus anciennes que leurs structures politiques, notamment dans les cas oú une même "nation culturelle" se trouvait dispersée sur
plusieurs états (c'est notamment le cas de l'Allemagne). De plus, ils se comportent souvent, dans la pratique, comme des états-nation.


Il ne faut qu'un minimum d'honnêtteté intellectuelle pour voir que ce n'est pas le cas au niveau du continent européen, et plutôt que de comparer l'Europe à la Suisse, aux Etats-Unis, à
l'Allemagne ou à l'Australie, il faudrait la comparer aux empires.


Par contre, tous les états multinationaux ont été violents, dictatoriaux, dysfonctionnels, sclérosés et éphémères. Il suffit de regarder les résultats de l'Autriche-Hongrie, de la Yougoslavie, de
l'Union Soviétique ou de la Tchécoslovaquie.


Evidemment, c'est moins flatteur de comparer les Etats-Unis d'Europe à la Yougoslavie qu'aux Etats-Unis d'Amérique, mais c'est tout de même infiniment plus proche de la réalité.



edgar 25/01/2011 12:15



Fabien : quand tu invoques un citoyen européen à qui on ne peut imposer le respect de traités existants, tu es au coeur de toutes les impasses du débat européen.


 


1. Tu supposes qu'il existe un "citoyen européen". Tout montre qu'il n'y a guère de désir d'Europe en réalité, et pas de peuple ni de citoyen européen.


2. Tu supposes en plus que ce "citoyen européen" existe avec suffisamment d'affectio societatis pour que son désir d'unité prévale sur les citoyennetés des états existants. Or chacun des états
membres est à un niveau plus ou moins important d'affectio societatis interne, par exemple les belges sont un peu incertains en ce moment, nul ne le contestera ; mais globalement, les
citoyennetés nationales sont bien plus réelles, solides, que l'esprit européen que vantent les jeunes fédéralistes, le mouvement Robert Shuman et autres organismes subventionnés par la
Commission.


3. A partir de là, quand les partisans d'un état fédéral européen invoquent une citoyenneté européenne toc pour expliquer qu'il faut dépasser les traités existants, ils sont dans une position de
hold-up légal, ou de coup d'état. Et depuis 1957, l'Union européenne progresse ainsi par une succession de micro coups d'état.


4. A force d'arracher des compétences aux états membres, l'Union est maintenant très proche des pouvoirs d'un état.  elle trépigne d'obtenir la matérialisation de ses forfaits : un siège à
l'ONU et autres hochets (que d'ailleurs les partisans de l'Union raillent quand ils sont nationaux). Sauf qu'on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre : quand chaque avancée de l'Union
européenne s'est faite dans le dos des peuples - à tel point que toi, qui m'a l'air d'un type honnête, vienne soutenir quelques lignes plus haut, que Lisbonne n'ajoute aucune compétence dans le
domaine diplomatique à l'Union -, cette matérialisation devient problématique. Difficile d'annoncer à des peuples qu'on a tenus soigneusement sous-informés qu'on leur a volé leur état sous leurs
yeux, morceau par morceau, pendant 50 ans...


 



Fabien 25/01/2011 11:57



@Archibald : vous avez raison sur la question des traités existants. D'un point de vue diplomatique, c'est tout à fait respectueux de la démocratire. D'un point de vue citoyen, cela ne l'est pas,
c'est une question de perspective.

La logique confédérale n'est pas anti-démocratique au niveau national, elle ne permet pas de réaliser pleinement une démocratie à un niveau supranationale. C'est le choix qu'il faut clairement
proposer. On ne peut pas demander à écouter les citoyens européens et leur imposer une voie diplomatique derrière, non ?

@Zébulon: la notion de peuple européen compliquée car il faut se demander de quel angle on prend la question. C'est un peu comme pour les Allemands ou les Américains qui ont de vrais identitées
au niveau des entités fédérées et qui ont pourtant bien une souveraineté du peuple exprimée en commun. Par exemple, sur la sécularisation, nous avons de profondes divergences sur le niveau de
laïcisation d'un Etat, mais pour autant le rapport à la sécularisation en Europe est bien spécifique par rapport au reste du monde.



Zebulon Whateley 24/01/2011 18:00



@ Edgar : Je vous remercie pour votre généreuse invitation; si jamais j'écris quelque chose de digne, je vous l'enverrai.


 


@Fabien : Pour qu'il y ait des campagnes européennes, encore faut-il qu'il y ait un débat européen. Or, ceci pose plusieurs problèmes:


 


Premièrement, la question du peuple: un référendum est un vote populaire, il éxprimerait donc la volonté d'un peuple. Il est donc nécéssaire de se poser la question de si un peuple européen
éxiste (je suppose que vous croyez qu'il éxiste un peuple européen; mon expérience me mène à penser autrement). Sans un peuple à consulter, le référendum n'a pa beaucoup de sens.


 


Deuxièmement, il y a la question du débat: pour qu'il y ait des campagnes, il faut qu'il y ait du débat; or, nous observons que les barrières culturelles empêcheraient sans doute le débat d'aller
au dela des frontières nationales à cause de plusieurs facteurs: la communication, les intérêts nationaux divergents et les sensibilités culturelles rendent un débat fluide et spontané quasiment
impossible. De plus, le besoin de le faire à l'échelle d'un continent mettrait la plupart de la capacité de propagande entre les mains des grands médias, qui sont, dans leur grande majorité, très
européistes (48% peuple vs. 91% leaders médiatiques dans la catégorie "support for EU membership", EOS Gallup Europe,The European Union: A View from the Top, Special Study, 1996).


 


Troisièmement, il y a une impasse démocratique: les intérêts nationaux étant des réalités, un référendum européen impliquerait que les pays avec des populations importantes puissent imposer leur
volonté aux pays avec des faibles populations. Imaginez un concours de l'eurovision oú un pays disposerait de 10000 points et l'autre de 10...


 


Enfin, nous sommes d'accord sur le principe de la démocratie. Si seulement les institutions européennes le réspectaient...



Archibald 24/01/2011 17:48



@ Fabien


 


Je trouvais Edgar un peu sévère avec vous lorsqu'il vous disait que vous étiez en faveur d'une tyrannie. Or voilà que vous tentez de le confirmer en nous expliquant qu'il est idiot qu'un pays
"bloque" les autres. Le pire, c'est que vous croyez tellement avoir raison que vous vous dispensez de produire le moindre argument.


Dans la mesure où l'UNANIMITE DES ETATS EST, EN VERTU DES TRAITES EXISTANT, OBLIGATOIRE POUR RATIFIER UN TEL TRAITE, votre remarque n'a pas de sens. Certains fédéralistes, montrant que
l'insignifiance va très bien avec le fait de donner des leçons, affirment même qu'il n'est pas démocratique qu'un pays bloque tous les autres.



Fabien 24/01/2011 15:30



@Zébulon: je suis d'accord avec vous qu'un référendum partout en Europe, on aurait pas eu seulement 1% de "non" mais beaucoup plus. Et c'est d'ailleurs le principe de la démocratie: qu'on écoute
ce que dit la majorité.



Il aurait été beaucoup plus intéressant pour le traité de Lisbonne, de Maastricht ou le TCE d'avoir un référendum européen (et non pas 27 referenda nationaux).


 


Et pas sûr dans ce cas-là que le Oui l'aurait emporté... mais c'est la même chose pour le non car nous aurions eu des campagnes beaucoup moins centrées sur les aspects purement nationaux du
débat.



edgar 23/01/2011 21:10



Zebulon, si vous voulez publier des articles ici de temps en temps, you're very welcome !



Zébulon Whateley 23/01/2011 18:15



La question n'est pas de se retrancher derrière nos frontières, mais de nous ouvrir au monde. C'est se retrancher derrière les frontières de Festung Europa qui serait absurde.


Vous dites que le fait que quelques pays n'aient pas accepté le TCE est de la "tyrannie nationale" -- n'est-ce pas de la tyrannie de vouloir faire accepter à un pays des politiques qu'il rejette?
Or, c'est tout à fait ce que vous proposez: la tyrannie d'un certain groupe de pays sur d'autres.


Et quand au cas de l'Irlande, c'est tout de même assez amusant -- c'est le seul pays oú un référendum était (hélas, disent les européistes) inévitable. Si un vote populaire avait eu lieu au lieu
de faire passer un vote par des institutions soi-disant représentatives, ce ne serait sans doute pas le 1% que vous nommez, mais un pourcentage significatif qui se serait opposé au TCE 1.1
(Lisbonne). 


Je vous remets au livre de Roland Vaubel, "The European Institutions as an Interest Group", Institute of Economic Affairs, 2009, au sujet de la divergence entre le peuple et les députés au sujet
de l'Europe.



edgar 23/01/2011 18:14



Tu connais Frontex, le défenseur des frontières européennes ?


Depuis quand l'Union européenne prime sur les états-membres ? A quel moment l'UE a-t-elle été acceptée par les français et par les peuples des 26 comme étant supérieure à leur état ?


Au nom de quoi t'ériges-tu en juge d'une volonté générale européenne qui n'existe pas ?


 



Fabien 23/01/2011 17:33



la tyrannie nationale, c'est toi qui veut la rétablir : en 2005, on aeu 2 pays qui ont voté non au TCE et 18 ont voté pour. In fine, on a arrêté le processus sous prétexte que la France avait
voté non et qu'il fallait l'unanimité. C'est idiot comme manière de procéder. Il faut accepter la démocratie européenne, celles des citoyens.



Pareil avec les Irlandais : ils votent non et ils bloquent tout le monde alors qu'ils sont moins de 1% des peuples européens. C'est bien la tyrannie nationale.


 


Tu veux qu'on se retranche derrière nos frontières ? La peur de l'autre ne mène à rien.