La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Supprimons l'ISF !

Pitoyable course au PS...


Peillon, puis Valls, puis Hamon, puis Sapin se sont prononcés pour expliquer que le PS ne tient pas tant que cela à l'impôt sur la fortune. Voilà un timing invraisemblable pour ce genre de propositions inutiles. Manquerait plus que Sarko prenne ces imb... au mot et supprime l'ISF avec l'appui du PS !


Certes, dans le détail, on a l'impression d'un flou assez peu artistique, puisque Sapin explique qu'on peut supprimer l'ISF mais qu'il faut un impôt sur la fortune. Comprenne qui pourra.


Plutôt que d'essayer de déminer les initiatives extravagantes d'individualités en mal de micros (Valls atteint le summum de la bêtise : "Il faut être capable de s'adapter, intégrer le fait que nous sommes en fin de crise" le lecteur sera rassuré de voir que Valls voit la fin de crise), le PS devrait se fixer une doctrine fiscale. En a-t-il simplement encore l'énergie ?


Relisant de vieux articles mis de côté pour discussion sur ce blog (j'en ai quatre à cinq cent qui attendent au frais - en format électronique), je tombe sur celui-ci, de Didier Eribon : "La dérive droitière du PS a même atteint la gauche radicale". C'était en 2007, et trois ans après, la dérive droitière du PS continue.


Il posait une bonne question, qui est toujours celle du PS : "qui a droit à la parole dans la production des idées politiques ? Ce ne sont donc pas uniquement les solutions avancées qu'il faut entièrement revisiter et repenser, mais d'abord et surtout les processus à travers lesquels les réponses et les solutions, mais aussi les questions et les problèmes eux-mêmes, sont définis et discutés."


Tant que le PS n'aura pas engagé une réflexion collective sur son projet, il sera à la traîne derrière les plus impatients (et pas toujours les meilleurs) de ses représentants. Je ne crois malheureusement pas qu'il soit capable de réflexion (puisque l'Europe, avec son programme unique - 2% d'inflation, a clos définitivement toute possibilité de réflexion, surtout à gauche. La droite, pour serrer la vis aux pauvres, peut très bien fonctionner à 2% d'inflation voire moins).

   

 

Lire aussi : ma note sur le livre de Didier Eribon, "D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française"

 

 

 

 

 

 

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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fd 08/04/2010 10:06



Veuillez m'excuser Joe. Voilà en effet le symptôme d'une peur profonde devant les idées de droite. Notre époque est si marquée par cela dans toutes ses composantes (jusqu'à LO), qu'on a du mal à
comprendre que la société française, en 1848, en 1936, en 1945 et dans les années 60 ait pu connaître de grandes poussées des idées gauche. Cela paraît aussi surnaturel aujourd'hui que
l'arrivée des extraterrestres...



Joe Liqueur 08/04/2010 00:36



@ fd


(Ce n'est pas Léo, c'est Joe, mais ça n'a pas grande importance…). Là je dois dire que sur ce coup-là, vous m'avez calmé… Le cas de LO est donc bien plus grave que ce que je croyais… Toujours pas
de droit au travail, ni d'impôt sur le capital, ni de monopoles d'Etat. La démonstration est éclatante !



fd 07/04/2010 23:55



@Léo - Mon cher léo, fd ne force jamais le trait et n'écrit jamais à la légère et sans référence


Pour ce qui concerne Laguiller et Giscard je te renvoie à cette déclaration :


"Il faut augmenter l'impôt sur les bénéfices des sociétés. À l'heure actuelle, il est de 33 % des bénéfices alors qu'il y a trente ans, sous Giscard d'Estaing, il était de 50 %. À l'époque,
aucune société n'en est morte, tout au plus y en a-t-il qui ont été rachetées et existent sous un autre nom. Il n'y a aucune raison sociale d'avoir diminué cet impôt, diminution qui n'a fait que
contribuer à l'explosion des bénéfices et à diminuer les ressources de l'État au détriment de tous les services publics indispensables à la population. Donc, le premier geste d'une présidence
vraiment au service de la population serait de rétablir cet impôt sur les bénéfices de toutes les sociétés (industrielles, commerciales, financières, quelle que soit leur taille) à ce qu'il était
auparavant, c'est-à-dire à 50 % de leurs profits."


La source "Un programme de défense des travailleurs par Arlette Laguiller" avril 2007
http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2018&id=38


C'esy donc bien Arlette elle même et son parti qui se vantaient de se fixer pour objectif de réaliser ce que faisait Giscard dans les années 1970 !



Joe Liqueur 07/04/2010 23:40



@ fd


La convergence entre Laguiller et VGE, je dois dire que ça m'avait un peu échappé… Je me demande si vous ne forcez pas un peu le trait. Je n'ai moi-même aucune affinité avec les trotskystes, mais
de là à les accuser de faire du Giscard, il y a là un pas que personnellement j'éviterais de franchir.


Au passage, en relisant les commentaires du billet d'Edgar
cité ce jour par Laurent Pinsolle, je suis tombé sur ceux de Gilles évoquant le POI. Du coup je suis allé voir. J'ai noté qu'il y avait là-dedans un courant trostkyste, un courant communiste, un
courant socialiste et un courant anarcho-syndicaliste. J'ai beau être un fieffé gauchiste, je n'accroche pas trop. J'ai vu les envolées habituelles sur le thème de la fraternité des peuples et
des travailleurs, mais rien sur le droit au travail ni sur l'économie mixte. En même temps, on ne peut pas reprocher à des trostkystes de ne pas défendre l'économie mixte. En bref : c'est sans
doute trop gauchiste pour moi, ou pas assez, ou un peu des deux. Quant à Schivardi lui-même, je ne peux pas me prononcer avant d'avoir creusé un peu le sujet. Il semble qu'il ait eu le mérite de
quitter le P"S" 5 ans avant Mélenchon… et 20 ans après Chevènement.


Pour que les choses soient plus claires, je me définis volontiers comme un socialiste modéré, partisan de l'économie mixte planifiée à répartition sectorielle, et partisan du droit au travail.
Donc, a priori, je ne m'intéresse pas de très près aux travaux des trotskystes, communistes orthodoxes, ou socialistes orthodoxes, ou anarcho-syndicalistes, qui poursuivent tous un autre combat
(tout à fait honorable au demeurant). Du coup, si je suis évidemment partisan de la sortie de l'UE (ce qui manifestement rejoint la position du POI), je préfère encore le discours d'Asselineau,
ex-pasquaïen (aïe) sorti du bois, peu ambigu sur ses positions vis-à-vis de l'UE, évitant soigneusement tout dérapage grossier, et tout à fait clair sur le fait qu'il entend constituer une
alliance transpartisane mais PROVISOIRE en vue de faire sortir la France de l'UE. La proposition me semble intéressante et honnête : les gauchistes sont invités à participer, mais invités aussi à
reprendre leur indépendance dès lors que la France aura recouvré la sienne. En bref, c'est du gaullisme comme je l'aime (un vieux travers atavique, vous me pardonnerez… ou pas).



fd 07/04/2010 18:26



Archi d'accord avec Joe Liqueur. Arlette Laguiller dans sa campagne électorale de 2007avançait à peu près les propositions de Valéry Giscard d'Estaing en 1974



Joe Liqueur 07/04/2010 00:57



Si les "socialistes" du P"S" étaient un tant soit peu socialistes, non seulement ils ne songeraient pas à supprimer l'ISF, mais ils songeraient à le généraliser. Même le grand libéral Allais y a
pensé (il pensait à un impôt proportionnel et non pas progressif, mais après tout, à ce que je sache, il n'a jamais pris sa carte à la SFIO ni chez Mitterrand). Je suis toujours surpris (le mot
est faible) par l'attachement dogmatique, et très hypocrite (le mot est faible encore), que les "socialistes" manifestent vis-à-vis de l'IRPP progressif, lequel est une invention pas si radicale
que ça, et en tout cas, tout sauf socialiste (Caillaux n'était pas socialiste ; il était bien plus radical, au sens ancien du terme, que socialiste).


Alors comme ça on est "socialiste" et on préfère taxer le travail plutôt que le capital ? Mais enfin par quel miracle ?


Que "la dérive droitière du PS même atteint la gauche radicale", c'est précisément la réflexion, ou plutôt la constatation qui me taraude, moi, en tant que "gauchiste".


Il est vrai que dans le genre "summum de la bêtise", Valls est une sorte d'artiste. Et pour espérer voir un jour une "doctrine fiscale du P"S"", mieux vaut brûler des cierges. L'impôt sur le
capital ne fait pas non plus partie du vocabulaire du sieur Mélenchon, qui préfère vomir sur les étudiants de Sciences-Po, ou sur "les banques, ces parasites", ou encore, quand il est à court
d'inspiration, sur "la burqa". Ou sur les médecins libéraux, ou sur tout ce qui passe par sa petite cervelle. Le droit au travail, c'est pareil. Le droit au travail, connaît pas. Pourtant, si
l'on tient vraiment à ré-équilibrer le rapport de force entre le capital et le travail, on comprend très vite que L'IRPP progressif est une mesure a posteriori, alors le droit au travail est une
mesure a priori, infiniment plus pertinente, plus logique et plus efficace. L'impôt progressif sur le capital des personnes physiques (inconnu au bataillon au sein de la gauche "radicale", tiens
c'est bizarre) serait certes une mesure a posteriori, mais quand il s'agit de capital il ne peut y avoir que des mesures a posteriori, à moins d'opter pour le capitalisme d'Etat intégral façon
URSS (or à ce que je sache, personne au sein de la "gauche radicale" ne prône l'adoption du système soviétique, même pas les communistes orthodoxes). L'impôt progressif sur le capital des
personnes physiques serait tout à fait efficace, à condition bien sûr d'imposer un contrôle étatique des transactions financières. Ce qui passe par un monopole d'Etat sur les services bancaires.
Mais ça non plus, ça ne fait pas partie du vocabulaire de la "gauche radicale". Monopole d'Etat, connaît pas. Mais enfin, de qui se moque-t-on ?


Quand j'entends la gauche "radicale" parler d'"anticapitalisme", je suis outré. Non seulement leur "anticapitalisme" se résume à une simple posture (et vazy que je te chante l'Internationale
entre la poire et le fromage, ça fait plus vrai), mais ils ne sont même pas capables de défendre cette économie mixte qu'une majorité d'électeurs appellent probablement de leur vœux. La gauche
"radicale" n'est radicale qu'au sens de Joseph Caillaux. C'est dire à quel point elle a régressé, à quel point elle s'est reniée, à quel point point elle s'est vautrée dans le stupre et la
putréfaction de la vénalité financière. A quel point elle n'a plus rien de socialiste.



Archibald 07/04/2010 00:39



Une question: qu'attendre d'hommes politiques ou d'éditocrates pour lesquels les mots "réforme", "modernité", "adaptation" sont nécessairement incriticables parce qu'ils sont à eux-mêmes leur
propre contenu?


Quand on est parvenu à un degré si raffiné de civilisation que l'on croit être dans "la société de la connaissance" parce qu'on utilise un iphone, "surfe sur le web"(laissons de côté quelques
secondes la profonde connaissance de la société de ceux qui se savent "in" parce qu'ils utilisent des expressions qu'ils croient nouvelles) et entend laisser les élèves dans une saine ignorance
de ce que peut être le plaisir du loisir studieux (la société de loisirs étant beaucoup plus "moderne" et "de gauche", ou "libérale", c'est selon), alors on est aussi mûr pour demander à voir
plus de "blancos", de "whites" sur une photo destinée à la promotion de sa ville "qui bouge".


 



AB 06/04/2010 22:53



Au même moment qu'Eribon y a un type qui a écrit pour une gauche décomplexée (y avait "gauche décomplexée" dans le titre du livre je crois)