La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Souveraineté

La figure cartésienne de l'individu libre de toute attache n'a pu se développer que sous l'égide d'un état souverain (le cogito de Descartes vient quarante ans après que Bodin a fait la théorie de la souveraineté). Elle ne peut prospérer en effet que si la condition des personnes relève de lois générales et abstraites, uniformément applicables à tous. Dès lors que la condition de chacun se met à dépendre de sa position dans un réseau plus ou moins dense de liens contractuels, l'autonomie de la volonté individuelle ne peut que décliner. Là où l'Etat disparaît ou se corrompt, l'illusion de la souveraineté individuelle se dissipe : il faut faire allégeance à plus puissant que soi pour accéder à un minimum de sécurité ou de liberté. Réapparaît alors une situation bien connue des sociétés traditionnelles, dans laquelle l'importance de chacun se mesure au nombre de ceux sur qui il peut compter.

 

Alain Supiot, L'Esprit de Philadelphie

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 15/07/2010 22:36



Merci pour la coquille !


Content de savoir que les festivalers vont se pencher sur la condition des pauvres avec l'aide de la Commission européenne. Les pauvres se sentent déjà réconfortés...


 



gilles 13/07/2010 13:43




Bonjour Edgar, je pense qu'il y a une erreur d'orthographe à cet endroit : «Là où l'Etat disparaît où se corrompt… », pour le deuxième ou je verrais mieux un ou sans
accent puisqu'il s'agit d'une alternative. Supiot analyse bien cet espèce de retour aux allégeances traditionnelles du fait du recul du bien commun et de la chose publique ( Res publica ).





Je signale que la Commission européenne se lance elle aussi dans le KulturKampf, le combat culturel :








Jeudi 15 juillet à 14H30 au gymnase du lycée Saint Joseph en Avignon





Extrait de la présentation officielle couleur marron : 


Débat : « Culture : De quel droit ? »


 


Dans le cadre de l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.


 


Les festivals d’Aix-en-Provence et d’Avignon s’associent cette année aux Rencontres d’Arles pour un rendez-vous thématique qui s’inscrira dans le cadre de l’année européenne de lutte contre la
pauvreté et l’exclusion sociale. Les mécanismes de l’exclusion sont intimement liés aux notions d’accès à la connaissance ou à la culture, d’acceptation de l’autre et de la différence, à celle de
bien commun et de droits fondamentaux. ( Ce n'est pas faux, mais qui a oeuvré de manière constante en faveur de la disparition du bien commun ?
)


 


Nombre d’artistes, de projets artistiques et d’opérateurs culturels (Bel exemple d'eurolangue ) sont directement concernés par ces
questions et tentent de trouver des réponses concrètes, d’ouvrir des portes, de créer du lien et du sens. Ces exemples interrogent la société au moment où l’Union européenne fait de la lutte
contre la pauvreté et l’exclusion l’un des piliers de sa politique pour les dix prochaines années.


Culture : de quel droit ? Les droits culturels font partie des droits fondamentaux ; mais avoir des droits ne suffit pas, encore faut-il vouloir et pouvoir les exercer.
D’innombrables initiatives existent, souvent à la marge, souvent du fait d’individus. Peut-on les encadrer sans les étouffer, les soutenir sans les dévoyer ? Quelles ambitions politiques et
culturelles doit-on se donner, quels instruments mettre en place et quel rôle donner aux créateurs pour permettre à l’Europe d’atteindre les objectifs ambitieux qu’elle vient de se fixer pour
combattre la pauvreté et l’exclusion ? avec notamment Martin Hirsch ancien haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Bernard Latarjet directeur de Marseille-Provence 2013,
Patrice Meyer-Bisch coordinateur de l’Institut interdisciplinaire d’éthique et des droits de l’homme à l’Université de Fribourg.


 


 


Débats modérés par Arnaud Laporte de France Culture


Proposé par le Festival d’Avignon, le Festival d’Aix-en-Provence et les Rencontres d’Arles, avec le soutien du Programme Culture de la Commission européenne en partenariat avec France Culture et
Courrier international.


 


Comme si l'Union Européenne voulait vraiment lutter contre la source de l'exclusion et de la pauvreté ici en "Europe" et ailleurs avec les traités de libre-échange
généralisé qu'elle a signé à l'Organisation Mondiale du Commerce et qu'elle a fait signer aux pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique…


Comme si l'Union Européenne voulait vraiment lutter contre la source de la non-acceptation de l’autre en promulguant partout et toujours la lutte de tous contre tous
avec la concurrence libre et non-faussée.


Rappelez-moi l'histoire du pompier-pyromane …