La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Retraites : non à la réforme Sarkozy-Jospin

Je n'ai rien écrit sur les retraites. Pour plein de raisons mais principalement parce que c'est un sujet compliqué...

 

Quelques écueils à éviter à mon sens, ou quelques préalables que je n'ai pas remplis :

 

- trouver des chiffres de référence. Je ne sais pas ce que valent ceux du COR, mais j'ai tendance à suivre Gérard Filoche qui trouve la situation pas réellement dramatique à long terme ;

-  comme il y a tout de même quelques déficits, j'ai l'impression que l'on pourrait trouver des solutions plus intelligentes que celles que propose Sarkozy, comme d'allonger la durée de cotisations sans toucher à la limite d'âge, ou étaler le départ à la retraite par un mi-temps. Mais tout cela est une mécanique compliquée dont je ne maîtrise pas le détail et je n'ai pas le goût de me plonger dans un sujet aussi complexe.

 

Par ailleurs, il me semble également que la situation ne serait pas aussi dramatique si notre appartenance à l'Union européenne n'avait pas cassé notre industrie et notre croissance - euro fort aidant.

 

Enfin, je sens confusément que derrière cette réforme on trouve encore une politique européenne.

Il me manquait des références. Je les ai trouvées par hasard.

 

On peut donc partir de cette décision du Conseil européen de Barcelone de mars 2002, point 25 :

 

" Soucieux de relever le défi que constitue le vieillissement de la population, le Conseil
européen demande que la réforme des régimes de retraite soit accélérée en vue de garantir tant
leur viabilité financière que la réalisation de leurs objectifs au niveau social; dans cette
optique, il souligne l'importance du rapport conjoint de la Commission et du Conseil sur les
pensions qui sera présenté au Conseil européen du printemps 2003 et qui sera établi sur la
base des rapports sur les stratégies nationales prévus pour septembre 2002."

 

Le rapport conjoint mentionné en 2002 (Rapport conjoint de la Commission et du Conseil, du 6 mars 2003, sur des pensions viables et adéquates) est encore en  ligne sur le site de l'Union européenne. On peut valablement penser que les grandes lignes en étaient déjà connues un an avant.

On trouve notamment ce passage clé :

"Prolonger la vie active — À l’heure actuelle, la plupart des Européens prennent leur
retraite avant d’avoir atteint l’âge légal de départ. S’il était possible de relever d’un
an l’âge effectif du départ à la retraite sans augmenter les droits à pension,
l’accroissement prévu des dépenses de pension baisserait de 0,6 à 1 point de
pourcentage du PIB en 2050. Ainsi, un relèvement d’un an de l’âge effectif de la
retraite permettrait d’absorber environ 20 % de l’augmentation moyenne prévue des
dépenses de pension en 2050. Les États membres se sont engagés à retarder les
départs en préretraite et réforment actuellement les régimes de préretraite et les
politiques en matière de marché du travail et favorisent le vieillissement actif (23).
Dans de nombreux cas, cependant, le rythme des réformes est trop lent pour atteindre
les objectifs de Stockholm et de Barcelone en ce qui concerne le taux d’emploi des
travailleurs âgés (50 % en 2010 contre 38,5 % aujourd’hui) et pour permettre de
relever de cinq ans l’âge effectif de départ à la retraite d’ici à 2010."

 

Dès 2002, Jospin présent, l'Union européenne préparait l'allongement de cinq années de la durée du travail, dans toute l'Europe. C'est beau de voir que Sarkozy essaie de faire passer cette réforme pile à la date imposée par Bruxelles sept années auparavant. Ce n'est sans doute pas un complet hasard.

 

On trouve toute la mécanique européenne dans cet enchaînement :

 

1. la décision initiale vient du Conseil européen. Les partisans de l'Europe expliquent toujours que, puisque les chefs d'Etat ont signé, c'est démocratique. Sauf que le texte initial est vague, et qu'ensuite c'est un rapport préparé par la Commission qui vient fixer les choses. In fine, la Commission fait à peu près ce qu'elle veut, sachant qu'en fixant en 2003 des objectifs pour 2010 elle sait que plus personne ne sera là pour contester.

 

2. Jospin a signé en 2002 et en 2003 il n'était plus là, mais peu importe. S'il avait été élu, il aurait signé pareil, discuté un ou deux détails mais de toute façon le texte serait passé tel que la Commission l'avait conçu.

 

3. A aucun moment Sarkozy n'a expliqué que la réforme des retraites est voulue par Bruxelles. Comme l'a relevé Bernard Cassen dans l'article qui m'a permis de remonter l'enchaînement des décisions , le poids des décisions européennes dans la vie quotidienne des français est le secret le mieux gardé par la classe politique, qui ne voudrait pas que l'on découvre le roi nu. Cassen cite Michel Barnier, pas un eurosceptique : "Ce grand secret [de la présidentielle, à l'époque], c’est d’abord et avant tout que la plupart des décisions que les candidats vont s’engager à prendre avec la confiance du peuple ne relèvent plus d’eux seuls. (...) Si nous voulons un débat honnête, il faut le dire : dans beaucoup de domaines, il faudra aux futurs élus passer d’abord par Bruxelles et Strasbourg". La réalité est pire, ce n'est pas qu'il faille passer par Bruxelles, c'est que Bruxelles vous passe dessus.

 

4. Je ne peux m'empêcher de penser, mais j'ai mauvais esprit, que la moitié de ceux qui appellent à manifester contre les retraites savent parfaitement que Sarkozy ou pas les réformes imposées par Bruxelles passeront - je pense au PS et aux fédérations syndicales.

 

Voilà pourquoi, le débat étant à la fois technique et biaisé, je n'avais jusqu'ici rien écrit sur les retraites. J'en pense que la réforme de Sarkozy est brutale, plate, sans doute parce qu'il l'a faite pour complaire à Bruxelles. J'en pense aussi que sans rompre avec l'Union européenne, on s'expose à ce qu'une victoire dans la rue qui serait acquise cette semaine soit rendue très vite inutile, parce que Bruxelles réimposera aux successeurs l'objectif de cinq années supplémentaires de vie active.

 

J'aimerais, pour conclure, terminer par une citation extraordinaire de justesse de Pierre Manent, un philosophe politique libéral, plus lu et discuté aux Etats-Unis qu'en France. Il écrit en 2006 à propos des raisons du non français de 2005 : "no one in his or her right mind would be willing to live in a smorgasbord of nations whose "common" policy is bound to be the haphazard result of processes nobody understands and which in truth "represent" nobody. Voters rightly felt that now was the time to stop the process of dispossession".

Je traduis à peu près : "aucune personne saine d'esprit n'accepterait de vivre dans un capharnaum de nations dont la politique soi-disant commune résulte de procédures aléatoires que par ailleurs personne ne comprend et qui ne sont représentatives de rien ni de personne. Les électeurs ont justement ressenti [en 2005] qu'il était temps d'interrompre le processus de dépossession [du gouvernement représentatif]."

 

Peut-être qu'en réalité c'est en 2010 que vient le temps du refus. Il est grand temps d'en finir avec Bruxelles.

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

Commenter cet article

gilles 16/11/2010 16:33



vu sur Flickr,


http://www.flickr.com/photos/26043481@N08/5179385409/in/set-72157625274076799/


 


 


Papandérou, Aubry, Royal à l'Internationale Socialiste, l'austérité, les délocalisations, les licenciements, cela les fait marrer.



barbara 15/10/2010 22:32



Une fois encore, je précise que je me moque bien du PS et de ses intérets. Le mouvement actuel, s'il gagne, ce que je souhaite, fera reculer le gouvernement.
Et je trouve bien naif d'espérer que la solution viendra d'un gouvernement précis, ou d'élites éclairées qui sauront un jour sortir de l'union européenne.
Oui, je souhaite que l'union actuelle explose, mais si elle le fait, ca ne sera pas par le fait des contributeurs de ce blog, avec tout le respect que j'ai pour son auteur (que je salue!), mais
du peuple qui imposera cela.


Quant aux sans-papiers c'était juste un exemple pour illustrer combien l'humanisme et le progressisme ne PEUVENT PAS se satisfaire du gouvernement actuel. Evidemment que la plupart d'entre eux
préféreraient surement pouvoir vivre et élever leurs momes dignement chez eux. Mais c'est un autre débat. 


Et je vous assure que je souhaite de tout mon coeur, comme les millions de gens qui descendent dans la rue, que la réforme ne passe pas. Pas cette fois.Plus maintenant.


Dans toute l'Europe, les mouvements sociaux de grande ampleur s'enchainent ces dernières semaines. C'est là qu'il faut voir l'espoir de disparition de l'union européenne, et de la dictature
croissante à laquelle elle nous soumet. Ce n'est pas sur internet! Ni dans la politique du pire consistant à soutenir Sarkozy quelques années encore. Je vous souhaite d'en prendre conscience.


 



Ovide de Sens 15/10/2010 15:54



Je suis assez d'accord avec l'analyse de Gérard Couvert. Le parti socialiste a cette formidable capacité à faire des pauvres en ayant l'air de faire le bien. Même Serge July s'en rend compte
aujourd'hui : les socialistes ne touchent pas à l'âge légal de la retraite, mais ils font en sorte qu'il devienne impossible de partir à 60 ans à taux plein. Ségolène Royal, dans ses lettres
d'information, parle sans cesse de République, de démocratie participative (donnez votre avis, mais on s'en fout), de fraternité, mais deux paragraphes plus loin elle parle des Etats-unis
d'Europe... Sarkozy est plus franc.


Quant aux sans-papiers, je suis d'accord aussi. C'est un problème très révélateur quand on l'aborde avec un peu de hauteur et pas seulement dans le cadre franco-français ou pour se donner bonne
conscience en manifestant.


D'où viennent les sans-papiers ? Les politiques de l'Union européenne sont en grande partie le fruit de socialistes comme Pascal Lamy, maintenant il est à l'OMC, Jacques Delors avant lui, et
Strauss Kahn est à la Banque mondiale. On peut croire au hasard, on a aussi le droit de croire au Père noël.


Or, l'ouverture violente des frontières qu'ils imposent aux pays du Tiers-monde et notamment à l'Afrique est la première des causes de non-développement de ces pays et donc de l'afflux de
sans-papiers. Il faut rappeler que les sans-papiers ne sont pas de gentils touristes mal aimés parce qu'ils sont noirs ou bronzés. Ce sont des travailleurs et des citoyens de pays et de nations,
de culture et de paysage, qu'ils sont obligés de quitter pour vivre et faire vivre leur famille. On ne devient pas sans papiers par plaisir. On ne traverse pas Gibraltar à la nage "pour le fun".


L'exemple de l'Algérie est assez flagrant. Ce pays est riche. Il a du pétrole. Mais le gouvernement fait construire des HLM, par exemple, par des entreprises chinoises avec des travailleurs
chinois qui mangent de la nourriture chinoise qui vient de Chine. Idemne au Mali. Les rizières en construction par la société Malybia, qui comme sont nom l'indique est lybienne, sont construites
par des chinois. Que font donc les jeunes algériens et maliens. Que font donc les paysans maliens et africains, chasser de leurs terres par les politiques énergétiques de l'Union européenne
(biocarburants).  Ils se cassent de chez eux alors qu'ils devraient être les premiers à bénéficier du développement de leur marché intérieur. Mais non, il y a l'OMC et la commission
européenne.


Dans la même logique, lors de la vache folle, des milliers de poulets européens destinés à être transformé en farine animal, ont été déversé sur le continent africain, ruinant d'office tous les
producteurs locaux incapables de suivre sur les prix. Et zou, encore des sans-papiers...


Lisez Raoul Marce Jennar et regarder l'action de Pascal Lamy lors des négociations sur
les médicaments génériques destinés à soigner le sida. Il a tout fait pour les laboratoires pharmaceutiques européens contre les entreprises génériques brésiliennes ou indiennes qui souhaitaient
pouvoir soigner leur population à moindre coût. Bel humanisme pour un socialiste !


Il est évident que les militants socialistes de base, les élus locaux, sont pour la plupart des gens bien. J'en connais des tas. Regarder le documentaire "Pas assez de volume, notes sur l'OMC" et vous verrez
la différence entre Pascal Lamy - commisssaire européen socialiste - et Harlem Désir - député européen socialiste. Entre leurs deux aspirations, il y a déjà un gouffre. L'un est démocrate,
l'autre est cryptofasciste. Sauf que le premier a du pouvoir, le second est un pantin. Mais, il y a aussi des militants sincères à l'UMP. Le problème n'est pas là.


Le problème, ce sont les cadres du parti socialiste, ceux qui ont des responsabilités nationales et internationales, et qui sont devenus les fers de lance du néolibéralisme depuis 40 ans. Ce sont
eux, les premiers, à berner complètement les militants sincères de base en France et accessoirement les africains et les citoyens d'ailleurs.


Posez-vous aussi la question : pourquoi les verts (Cochet et Bendit) lorsqu'ils parlent de faire baisser la population européenne parlent de décourager la natalité, mais ne parlent jamais de
faire baisser l'immigration ? C'est même l'inverse, puisque Cohn-Bendit est capable de demander plus d'immigration en citant les rapports de l'OCDE, un organisme "neutre" ! Or, si l'on veut faire
baisser la population européenne, pour des questions de pressions environnementales, l'Europe est un petit territoire, il faut jouer sur les deux facteurs de croissance ou de décroissance d'une
population. Surtout dans les nations européennes, où la natalité n'est plus si élevée.


Pourquoi, en outre, faut-il toujours plus d'immigration dans des pays désindustrialisés et où les taux de chômage sont si hauts? Parce que, l'immigration en général et les sans papiers en
particulier jouent un rôle fondamental dans l'économie néolibérale mise en place par l'union européenne. Il font baisser les salaires. Tout le monde est duper, travailleurs français - qu'il se
nomme Mohamed, Aisha, Bernadette ou Pierre-George - ou travailleurs immigrés. Dans le film sus-cité, Pascal Lamy est capable de dire que : "La mondialisation est une bonne chose, y compris pour
celui qui a perdu son emploi" Edifiant !


Je ne sais pas si la logique du pire est la meilleure, mais je sais maintenant que voter socialiste en fait partie.


 


ps : Ctrl+A et Ctrl+C pour sauvegarder les commentaires vite fait.



Gérard Couvert 15/10/2010 09:40




Madame,
Il n'est pas besoin de rejeter dans le camp de la légèreté l'argument que l'on ne veux voir, mais je vous le pardonne bien volontier, j'approche d'un age ou il y a  quelque chose de
réconfortant à etre affublé du sobriquet de naïf ; hélas je ne le suis pas.
Je note que le CPE n'était pas l'horreur absolue et que les atteintes au droit du travail n'ont pas faiblis malgré 2006, au contraire même, mais  plus hypocritement, à la manière du PS.
Cette belle mobilisation "des forces de gauche" à surtout permis à Sarkozy de se débarasser de Villepin, tout comme 1995 fut fatal à Juppé, hors ces deux derniers n'ont pas l'adoubement de
Bilderberg.
Vous devriez éviter d'utiliser des arguments genre "ma femme de ménage", nous savons tous que chacun à ses pauvres et en 45 chacun avait son juif (version porteur de valise : chacun avait son
bicot, c'est à la mode cinématographique), d'une part la compassion du fort au faible est en soi désagréable de plus elle est l'inverse de la politque, l'humanitaire n'est pas l'humanisme, mais
son contraire !
Cette reforme est obligatoire dans le cadre policito-économique actuel, pensez-vous que le PS (seul bénéficiaire du mouvement présent) veuille sortir de ce cadre ? Les Grecs ont-ils obenus
quelque chose, à part les Chinois ?.
La vraie naïveté c'est sans doute de ne pas percevoir que nous sommes sous un régime de démocratie totalitaire, vous savez la vielle blague : la dictature c'est "ferme ta gueule !" la démocratie
c'est "cause toujours tu m'interesses !".
Voilà à peu prés la réponse que je vous aurais fait s'il n'y avait ensuite le couplet tiers-mondiste, je ne connais rien de plus ridicule sur le plan intellectuel, ni de plus pitoyable sur le
plan politique que l'idéologie "sans-papiers" : le degré "0" de la conscience historique.
Je ne crois pas qu'aider quelqu'un se soit de l'aculturer, de le séparer de son environnement, de le préparer à être celui qui tierera -parce que lui les retraites il s'en fou ! - vers le bas
les
salaires et les avantages pris au capital, je ne crois pas que cela soit aider l'Afrique que de lui prendre ses forces vives, l'esclavage ne vous à rien appris ?


Le fond de votre commisération est raciste, mais vous ne le voyez pas parce que vous êtes engluée dans une propagande continue depuis 30 ans. René Dumont s'est trompé, ou plutôt en homme de
culture du XIXeme, il n'a pas imaginé les prolongements que notre siècle donnerait à son analyse.
Le calcul libéral est simple : tant que vous vous occupez des "sans-papiers" (en fait ils en ont, les leurs, de leur pays), vous ne vous occupez pas de vous, hors c'est à vous que l'on prend, pas
à ces pauvres hères que l'on jette sur les mers !
L'immigration est un moyen sur d'importer la misère et le moins disant social, vous qui semblez vouloir la fin de l'U.E. (au moins nous avons un point commun !) donc le rétablissement des
souverainetés nationales, à quoi cela servirait-il si les nations n'en sont plus ?


Monsieur "Gille", vous semblez avoir la fibre militante, bienvenu ; sachez vous prémunir contre la désillusion, vous en aurez besoin.



gilles 14/10/2010 23:38



Je suis d'accord deux fois avec Barbara 


 


 


1] Sur le refus de la politique du pire, le refus de la continuation du système Sarkosy et ses conséquences sociales. 


 


2] Pour sortir des traités de la « construction » européenne, à l'U-P-R, organisons-nous par villes et tractons, informons, faisons du porte à porte.


 


J'ai envoyé un message à François Asselineau pour lui demander un tract de l'U-P-R faisant le lien entre les décisions de l'UE et la réforme des retraites, un peu comme dans les informations
tirées des «
grandes orientations des politiques économiques » GOPE  ainsi que la liste des adhérents de ma ville afin que l'on puisse s'organiser pour tracter lors des manifestations, pour informer
que c'est bien la « construction » européenne qui veut saboter nos retraites, Sarkosy n'étant qu'un exécutant des basses oeuvres. Je trouve regrettable que rien n'ait été encore fait à ce sujet,
tout ne peut pas passer par Internet.



barbara 14/10/2010 22:35



Je réagis au commentaire ci-dessus.

Monsieur, vous avez une vision très naive du role des politiques, et des penseurs éclairés. Si la réforme des retraites ne passe pas, comme en 1995, nul besoin de Mmes Royal et Aubry ou de DSK
pour la suite.
Si la réforme des retraites ne passe pas, comme en 1995, comme le CPE en 2006, eh bien... elle ne sera pas passée, et ce sera toujours cela de gagné pour les salariés.


Une petite pensée pour ma femme de ménage, pour qui c'est crucial d'avoir quelques années de gagnées sur la réforme. Course contre la montre pour les cohortes de gens proches de 60 ans, pour
avoir le droit de partir en retraite avant d'etre malades et trop usés.


La politique du pire, de Sarko encore quelques années, et de son cynisme sans frein, ca ne peut pas etre mieux qu'un frein à la réforme des retraites.


Le contenu de la grève est clair, pas besoin ni du NPA, ni du FN ni du PS ni de vous et moi: RETRAIT de la réforme Sarkozy-Fillon-Woerth de nos retraites. Les grevistes n'ont pas besoin d'aide
pour conceptualiser cela, les croyez-vous stupides?


Etre progressiste, ce serait voter pour le pire, pour que soit révélé le pire à la face du monde? Non, ce n'est pas sérieux ? Pas pour les milliers de sans papiers en grève depuis un an  ?
Pour les jeunes profs qui débutent sans formation, les élèves sans enseignants, les villes sans médecins, les vieux qui ne pourront plus prendre leurs retraites, etc.


Vous voulez révéler à la face du monde qu'il faut sortir des traités européens. Alors tractez, militez, informez, faites du porte à porte comme le LKP, mais ne votez pas Sarkozy!


Je dis cela sans aucune sympathie envers le PS, ni aucune haine personnelle contre M Sarkozy, soit dit en passant. Mais tout de meme, malgré Strauss Kahn, malgré Aubry et Royal, dans les villes
et régions socialistes, on soutient plus les sans papiers, les hopitaux publics, les enseignants,  qu'au niveau national.


Vouloir Sarkozy quelques années de plus pour sortir de l'Europe, c'est la stratégie de LO, du NPA, qui refusent éternellement de s'allier à d'autres, légèrement différents, pour faire front
commun.



Gérard Couvert 14/10/2010 22:23



La haine de "Sarko" n'est pas tout, en tout cas ce n'est pas un programme.


Insurection, pourquoi faire ensuite, qui structurera, qui donnera un contenu politique ? le NPA ? ... ou le FN ?


Mitterand était déjà pitoyable à Charlety, imaginez l'affolée du Poitou ou ka tordue même pas duchesse de Lille ; et qui engrangera : le matou du FMI.


Belle réussite.


C'est terrible à dire mais l'interet des progressites - les vrais, ceux qui veulent casser leur machin de Bruxelles - c'est que Sarko soit réélu, ce qu'il fait se voit alors que le PS ferait la
même chose avec un emballage inodore. La dégradation est trop lente pour être assez perçue il faut donc attendre que les conséquences ne puissent plus êtres dissimulées. En attendant organisons
l'alternative, sur un plan doctrinaire et structurel.



barbara 14/10/2010 21:23



Salut


Tu écris


>


Mais c'est sans compter sur le peuple.

Si la situation devient insurrectionnelle, la reforme aura beau avoir été prévue et préparée dès 2002 dans d'obscurs bureaux de fonctionnaires bruxellois surpayés, elle volera en éclats.


Comme diraient les gamins dans les rues, "Sarko t'es foutu, la jeunesse est dans la rue".
Il ne tient qu'a nous que ca devienne vrai!


Amicalement



Gérard Couvert 14/10/2010 15:42



Vous avez mille fois raison, mais ce métier est déjà assez dénaturant comme cela pour que de temps en temps on s'échappe de la soumission aux procédures ... avec les consquences.


Delenda es Bruxellum



gilles 14/10/2010 14:53



M. Gérard COUVERT, je suis d'accord avec vous, en défaisant la corde ( la
« construction » européenne ) qui nous lie, nous et les autres peuples du sous-continent, à des politiques de plus en plus contraires à nos intérêts, ceci en négociant la sortie de
cette politique que ce soit par l'application de l'article 50 de la version consolidée du 9 mai 2008 du traité sur l'union européenne, soit sur le fondement de la Convention de Vienne, soit sur
la Charte de l'ONU, nous retrouverons les marges de manœuvres qui nous manquent.


 


En ce qui concerne vos mésaventures, il m'a semblé que l'on devait toujours
sauvegarder son travail de manière appropriée en ce qui concerne les travaux réalisés par les moyens informatiques. Ceci en s'imposant l'effort de travailler ses réponses et ses commentaires aux
blogs dans un fichier texte ou html que l'on sauvegarde et que l'on dépose par copier-coller dans les fenêtres appropriées afin de ne plus subir les caprices des réseaux.


 


Cordialement