La lettre volée

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Quand Mélenchon fait le jeu des carnassiers de l'Union européenne, ou défendons les agences de notation

Jean-Luc Mélenchon est allé manifester contre les agences de notation, dans un grand happening festif et largement démagogique.

L'idée est de protester contre la méchante Moody's qui en veut au AAA français.

Il est certes vrai que si Moody's dégradait la note française, nous paierions encore plus d'intérêts.

Mais peut-on demander à Moody's de trouver raisonnable la position d'un pays qui s'enfonce dans la crise sans réagir ? J'ai mon idée sur la réaction qui serait nécessaire : quitter l'euro. Les agences ont probablement une vue plus classique : tailler dans les dépenses publiques.

Peu importe. Le fait est que la politique économique de la zone euro est absurde, et que les agences de notation sont d'ailleurs à la traîne pour acter cet état de fait plutôt qu'à l'avant-garde...

En réalité, Mélenchon va exactement dans le sens de la Commission,  qui songe à faire interdire la notation des états "bénéficiaires" de programme d'assistance. Un blog du Wall Street Journal note que si les marchés  ne peuvent se référer aux agences, ils prendront d'autres indicateurs (écarts de taux d'intérêt ou autres).

On ne peut pas longtemps dissimuler aux marchés qu'une politique économique imbécile mène un pays - ou même 17 - dans le mur

De fait, le camarade Mélenchon devrait être à Bruxelles pour protester contre le redressement expéditif qu'on inflige aux grecs, en attendant d'autres. Au lieu de cela, il fait le jeu de la Commission européenne, qui doit bien rigoler...

 

Au sens propre, c'est un démagogue. Il ne l'est pas toujours, son blog est souvent argumenté. Là, ça ne vole pas haut du tout.

 

 

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Edgar

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Je n'avaiGérard Couvert 01/11/2011 16:08



Par curiosité je me suis hasardé à tenter d'écrire un commentaire dans divers sites de média pour souligner que la démocratie dérangeait les "marchés" et que cela montrait bien l'origne du
pouvoir de l'U.E. : censuré.


Instructif non ?



Descartes 01/11/2011 15:53



@sav


Mais je ne vois pas pourquoi un rachat voire une garantie des dettes publiques européennes par la BCE est incompatible à leur remise sur le marché plus tard lorsque la situation se sera
améliorée.


Rien ne l'empêche, en effet... mais dans un système de monnaie commune, l'achat par la BCE (ou la garantie, c'est la même chose) de la dette d'un pays donné équivaut à un transfert de richesse
vers ce pays payé par tous les autres (où à minima par ceux qui ont le moins de capacités de production inutilisées) par le biais de "l'impôt inflationnaire". Avec quel critère la BCE doit
choisir les pays qui pourront ou non bénéficier de cette largesse ?


Tu vois bien que si n'importe quel pays peut avoir recours à volonté à cette manne, ce sera la queue au guichet pour aller retirer de l'argent gratuit. Il faudrait donc que la BCE choisisse les
pays et impose des conditions en échange... et on se trouve ramené au problème actuel. Imagine toi la situation dans laquelle on serait si chaque région française pouvait émettre des obligations
et les présenter à l'escompte de la Banque de France...


Quelque soit la solution proposée, on est ramené au problème de responsabilité: lorsque les banques centrales étaient nationales, l'autorité politique qui faisait tourner la planche à billets
était la même que celle qui devait rendre compte aux citoyens de l'inflation. Sur ce point, les eurobéats ont raison: si l'on veut une monnaie unique, il faut une autorité politique unique. Ou
pour renverser les termes, si l'on veut des autorités politiques nationales, on ne peut faire une monnaie unique.



Je n'avaiGérard Couvert 31/10/2011 23:30



Je ne pense pas que la France soit en situation de faillite, mais on veux faire croire qu'elle l'est.


Déja le calcul - comme l'exige la comptabilité anglo-saxone- se fait sur les flux et non sur le patrimoine, ensuite le mécanisme d'emprunt aux banques et clairement une escroquerie mnstrueuse,
enfin, et c'est là la clef des attaques qui seront menées contre notre pays avant Mai 2012, c'est le bas de laine des français, cette épargne privée encore quaisment inviolée par les salopards de
financiers transnationaux.



FrédéricLN 30/10/2011 07:49



@ Gérard Couvert "il faut faire vite parce que je crois que Berlusconi à compris le truc."


Je vous rassure, M. Sarkozy et M. Fillon l'avaient compris dès le départ : la France étant "en
situation de faillite", ils ont décidé de charger la cale comme jamais depuis 1950 (début de la série)
: http://www.debateco.fr/content/111010-lefebvre-nare-deficit-dette-comparatif-gouvernements



Vic 29/10/2011 13:53



Protester contre les agences de notation, les dénoncer en faisant semblant d'ignorer que les accords de Bâle II et Bâle III, qui ont fait l'objet de directives européennes, confèrent aux
agences de notation le rôle d'évaluation et d'appréciation des Etats, des entreprises et des étabissements publics via les fameuses notes, lesquelles conditionnent les taux d'intérêt à
'emprunt...  


Mélenchon n'est qu'un imposteur. 



Je n'avaiGérard Couvert 29/10/2011 01:52



J'ai un moyen de rester dans l'euro -en attendant qu'il implose- tout en diminuant notre dette par 2 (1/3 en vérité) : faire comme les Grecs ! il faut augmenter notre déficit commercial,
embaucher des fonctionnaires, être généreux avec tout le monde, quand les lautres en aurons assez de payer, il enveront une troika, feront les gros yeux, et nous feront cadeaux de 600 milliards
.. aprés tout si il faut sauver la Grece pour ne pas faire désordre, alors il faudra sauver la France. Maisil faut faire vite parce que je crois que Berlusconi à compris le truc.



FrédéricLN 28/10/2011 13:30



"Au sens propre, c'est un démagogue. Il ne l'est pas toujours, son blog est souvent argumenté. Là,
ça ne vole pas haut du tout."


 


J'ai exactement cette impression mitigée, et attristée. Le bon côté est que Jean-Luc Mélenchon ne
tue pas le débat et ne dissuade pas la réflexion, comme le montre le niveau des commentaires sur ce billet ;-)



sav 26/10/2011 09:59



Descartes


Dans ton premier paragraphe, tu confonds capacités de production et niveau de production. Si par l'émission de nouvelle monnaie, on parvient à rapprocher le niveau de production des capacités
maximales de productions, il y aura eu de nouvelles créations de richesses et des créations d'emploi. Sans inflation.


Pour le reste, tout à fait d'accord en ce qui concerne la necessité d'une politique économique contracyclique. Mais je ne vois pas pourquoi un rachat voire une garantie des dettes publiques
européennes par la BCE est incompatible à leur remise sur le marché plus tard lorsque la situation se sera améliorée.



Descartes 26/10/2011 00:03



@sav


On peut créer de la monnaie ex nihilo. Or, période de déflation ou quasi déflation, de capacité de production largement excédetaires comme c'est le cas aujourd'hui, la monnaie est aisément
transformable en richesse, il suffit, par exemple de lancer une politique de grands travaux.



Tu ne crées pas de la richesse ex-nihilo pour autant. Si l'on est en période de déflation ou quasi déflation, si l'on a des capacités de production largement excédentaires, cela implique que la
richesse est déjà là: ce ne sont pas les produits qui manquent, c'est la demande solvable pour les acheter. En distribuant de la monnaie, tu crées la demande, mais tu ne crées pas de la richesse
ex-nihilo.



Ce dont tu parles, c'est une relance keynésienne. Mais même Keynes l'avait bien compris: la monnaie que tu crées ex-nihilo et que tu injectes lorsque la demande est déficitaire, il faut ensuite
la rétirer de circulation lorsque la demande devient excédentaire, pour éviter la surchauffe de l'économie et donc l'inflation.



Pas necessairement : l'inflation n'a pas de rapport direct avec la quantité de monnaie : il s'agit de la confrontation  offre globale - demande globale.


Même si le rapport entre inflation et quantité de monnaie n'est pas aussi mécanique que les montétaristes le pensent, il y a quand même un "rapport direct" entre les deux. Si je décrête demain
que pour chaque euro que chaque français a dans la poche je lui en donne un euro supplémentaire (c'est à dire, je multiplie la masse monétaire par deux), les prix doubleront rapidement.
Autrement, je pourrais enrichir continument le pays par la simple magie de la création monétaire...


Comme je l'ai dit, les capacités de productions (offre) sont exédentaires. Un supplément de demande ne ferait qu'équilibrer la situation. Et l'émission de monnaie en période de recession et
de credit crunch ne fait que compenser la rétractation de la masse monétaire due au resserrement du crédit. Il s'agit donc en quelque sorte d'un free lunch.


Plutôt un "avanced lunch": en injectant de la monnaie lorsque la capacité de production est excédentaire, je relance la demande. Mais lorsque l'économie est relancée, je suis obligé de détruire
de la monnaie si je ne veux pas que l'inflation reparte. Je peux donc "enrichir" les gens aujourd'hui par la création monétaire à condition de les "appauvrir" demain...


Et pourquoi voulez vous que la note soit "payée par la suite" ? S'il y a accroissement de la masse monétaire pendant l'année n, il n'y a aucune raison pour que cela provoque une inflation
pendant l'année n+2.


Prenons un exemple, si vous le voulez bien. Considérons une économie à un seul produit A. Supposons que j'aie des capacités de production excédentaires de 20%. J'injecte alors de la monnaie,
que je distribue aux citoyens. Les citoyens se précipitent à acheter le produit A. La production repart à 100% pour satisfaire cette demande. Mais l'argent que j'ai ainsi injecté se retrouve
alors dans les mains des ouvriers qui fabriquent le produit A. Qui vont se précipiter eux aussi en acheter. Et là, les capacités de production excédentaires n'existent plus... et les prix
augmentent donc jusqu'à rééquilibrer le système.


C'est porquoi Keynes défendait une politique qui n'était pas la relance permanente, mais une politique contre-cyclique: lorsque les capacités excédentaires existent, j'injecte de la monnaie
sans produire de l'inflation. Mais dès que les capacités excédentaires disparaissent, il faut que j'enlève de la monnaie pour éviter la surchauffe.




sav 25/10/2011 20:34



Descartes,


"On ne peut pas créér de la richesse ex-nihilo"


On peut créer de la monnaie ex nihilo. Or, période de déflation ou quasi déflation, de capacité de production largement excédetaires comme c'est le cas aujourd'hui, la monnaie est aisément
transformable en richesse, il suffit, par exemple de lancer une politique de grands travaux.


"Et ils le payeront, en directe ou en différé, sous forme d'inflation - Krugman a raison de dire que l'impression de monnaie ne provoque pas nécessairement de l'inflation dans une économie
déprimée... mais ce n'est que partie remise: lorsque l'économie sort de la dépression, l'inflation passe la note."


Pas necessairement : l'inflation n'a pas de rapport direct avec la quantité de monnaie : il s'agit de la confrontation  offre globale - demande globale. Comme je l'ai dit, les capacités de
productions (offre) sont exédentaires. Un supplément de demande ne ferait qu'équilibrer la situation. Et l'émission de monnaie en période de recession et de credit crunch ne fait que compenser la
rétractation de la masse monétaire due au resserrement du crédit. Il s'agit donc en quelque sorte d'un free lunch.


Et pourquoi voulez vous que la note soit "payée par la suite" ? S'il y a accroissement de la masse monétaire pendant l'année n, il n'y a aucune raison pour que cela provoque une
inflation pendant l'année n+2.