La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Quand le Trésor nous plaçait sous la dépendance des marchés

La menace sur le triple A français est maintenant l'obsession numéro 1 du gouvernement.

La perte du triple A renchérirait considérablement le financement de la dette publique. Et le financement de la dette publique nous fragilise d'autant plus que la dette est portée par des fonds étrangers, plus enclins à vendre des titres français que la légendaire veuve de Carpentras ou le pharmacien de Tulle.

Il est amusant de noter que "l'internationalisation de la dette française" est une politique volontaire menée par le Trésor depuis  plus d'une dizaine d'années.

De façon délibérée, le Trésor Public a cherché à accroître la part de la dette détenue par des investisseurs étrangers.

Comme l'explique une note du Ministère des Finances de 2000,  l'Agence de la dette, devenue depuis Agence France Trésor, s'est vue fixer pour 2001 l'objectif de "contribuer à la poursuite de l'internationalisation de la dette française (actuellement 28 % de la dette française est détenue par des non-résidents) par une politique active de promotion de la dette".

 

Ce n'est qu'en dix années plus tard que le Trésor s'aperçoit du caractère un peu dangereux de cette politique. Comme le note l'Agefi en mars 2011 :

"La part de la dette française aux mains des non résidents est repartie à la hausse au deuxième trimestre, après trois trimestres de repli. Elle atteignait 66,2% à fin juin contre 65,2% trois mois auparavant, selon le dernier bulletin mensuel de l' Agence France Trésor. Une trop grande dépendance à l'égard des non-résidents est désormais considérée comme un facteur de fragilité en cas de tensions. La part des non résidents a atteint un pic de 71,1% en juin 2010 après une décennie passée à internationaliser la dette de la France."

 

En 1996, ce taux était de 13%...

 

Avant de crier au scandale, on peut admettre que, la dette augmentant en volume, il était nécessaire d'en chercher une partie croissante à l'étranger, pour ne pas absorber l'intégralité de l'épargne domestique. Néanmoins, l'épargne des français est abondante et pourrait suffire à absorber la plupart de la dette nationale : 5 000 milliards d'euros en mars 2011 pour 1 600 milliards de dettes - lire ce papier des Echos qui se demande si l'on ne pourrait pas utiliser plus utilement l'épargne des français ; lire également les commentaires qui expliquent que toute cette épargne n'est pas immédiatement disponible, une note de la Banque de France indique 3 600 milliards d'euros de placements financiers au 1er trimestre 2011.

 

 Faut-il crier à la trahison ? Oui et non.

 

Si l'on est très mesquin, on peut prendre en compte le fait que, pour placer les obligations de l'Etat à l'étranger, les cadres de l'Agence France Trésor se promènent à travers la planète, en des road shows qui les mettent en contact avec les banques de toute la planète - pas mal pour pantoufler.

 

 Plus généralement, il faut incriminer l'angélisme ambiant, la volonté de se reposer sur les bienveillants "marchés", plutôt que de dépendre du bas peuple. Quand on répète toute la journée que la France est bien trop petite pour... (ajouter le membre de phrase adéquat, de toute façon pour l'élite technico-administrative de notre beau pays, la France est trop petite pour tout !), il est difficile d'admettre que la France serait bien assez grande pour se financer seule !

 

Descartes, le blogueur, a écrit un superbe billet sur ce thème du défaitisme permanent de nos élites. Un extrait : "Dans les années 1930 déjà, nos élites ne juraient que par l'Allemagne. Ah, tous ces jeunes fiers, sportifs, bien élevés ! Ah, toutes ces usines, ces trains, ces autouroutes ! Même les pires travers étaient justifiées. Hitler ? C'était notre faute à nous français, qui avions imposé le "diktat" de Versailles (1). Dans les années 1960, la fascination s'était transportée vers les Etats-Unis, et le Minc du temps, qui s'appelait Servan-Schreiber, nos expliquait qu'il fallait de toute urgence devenir comme les américains, vibrants, modernes et sans histoire. A la fin des années 1980, ce n'était plus les USA qui fascinaient nos dirigeants, mais le Japon. On a décrété que l'avenir était au Toyotisme et qu'il était urgent de faire chanter "merci patron" dans les usines parce que le XXIème siècle serait certainement japonais." Sur le même thème, on pourra écouter avec intérêt la conférence de François Asselineau, président de l'UPR, sur l'histoire de France.

 

 

 

 

*

 Donc le Trésor n'est pas particulièrement coupable d'avoir mené une politique imbécile depuis plus d'une dizaine d'années, il n'est que le reflet de l'aristocratisme foncier des élites françaises, qui ne font bien souvent que tolérer la République, et sont ravies d'édifier une Europe dégagée des pesanteurs du débat politique (comme vient de le dire Van Rompuy en Italie, le pays "a besoin de réformes, pas d'élections". Ils vont être servis).

 

 *

 

 Inutile de dire qu'entre un Hollande conseillé par un Jouyet qui est la quintessence de la pensée du Trésor dans toute son arrogance, et un Sarkozy s'appuyant sur un Guaino bien plus républicain, la bataille n'est pas gagnée. Ce clivage est probablement, en ce moment, bien plus structurant que le clivage droite/gauche.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Pour debon 29/11/2011 00:05


@nationalistejacobin : "Oui, mais c’est votre point de vue, aujourd’hui. Pour les
Allemands, durant la Seconde Guerre Mondiale, refuser de se battre pour le III° Reich passait souvent pour une absence de patriotisme"


Effecivement, je donne mon avis, comme tout le monde ici !


Votre relativisme culturel m'effraie d'un seul coup.

nationalistejacobin 24/11/2011 23:23


@Pour debon


« Là, je ne suis pas d'accord, car un Allemand
refusant de mourir pour l'Allemagne nazie ne me paraît pas ipso facto frappé d'indignité, ni mauvais patriote. »


Oui, mais c’est votre point de vue, aujourd’hui. Pour
les Allemands, durant la Seconde Guerre Mondiale, refuser de se battre pour le III° Reich passait souvent pour une absence de patriotisme, y compris aux yeux de ceux qui étaient sceptiques sur le
régime (bien sûr, les opposants déclarés étaient dans les camps). D’ailleurs, j’attire votre attention sur le fait que la majorité des Allemands, y compris ceux qui étaient peu enthousiastes pour
le régime, ont fait leur devoir sous l’uniforme feldgrau. Par patriotisme justement… Autrement dit, le patriotisme allemand l’a amplement emporté sur l’antinazisme.


 


« Pour ma part, je suis beaucoup plus inquiet de
voir certains Français (et seulement Français) fascinés, en fonction de l'actualité, par le modèle japonais, ou américain, ou allemand... »


Inquiétude légitime, que je partage.


 


@Jean Luigné


Votre argument ne me convainc pas : pourquoi y
aurait-il un seul débat important ? Pourquoi « les banques » seraient-elles le seul et unique ennemi, le Grand Satan ? Je refuse l’idée, assez répandue il est vrai, que parler
d’autre chose que de la finance mondialisée, c’est faire le jeu de cette dernière. Je crois qu’on peut quand même débattre de divers sujets, tous importants pour l’avenir de notre nation. Les
questions de nationalité et d’identité nationale sont elles aussi fondamentales. J’ajoute qu’ici, nous ne faisons que discuter. Et parler de Goldman Sachs, même en mal, ne doit pas beaucoup gêner
son Conseil d’administration…


 


Je pense également que personne aujourd’hui en France
ne peut se comparer aux résistants de la Seconde Guerre Mondiale. Beaucoup brandissent ce terme : « Résistant au nouvel ordre mondial », « Résistant à la finance apatride
mondialisée », « Résistant à l’islamofascisme », etc. J’avoue mon scepticisme. Le jour où ces gens feront sauter des convois de militaires à la solde de Goldman Sachs ou même de
l’UE, ils seront des résistants. Mais soyons honnête, pour le moment, nous sommes tous assis tranquillement derrière un clavier et nous ne risquons pas nos vies. La cyber-résistance, c’est quand
même assez confortable…

Pour debon 23/11/2011 20:04



@nationalistejacobin 


 "N’est-il pas abusif de comparer le choix d’une patrie au choix entre son
père et sa mère ?"


Certes. Dans mon esprit, il s'agissait plutôt d'une métaphore qui, j'en conviens, à ces limites.


"Une nation, c’est une communauté de langue, de culture, de valeur".


" Mais on peut dissocier culture et nationalité" :  Là il me semble qu'il y
une contradiction dans votre propos. Sur le fond, je pense qu'ont peut avoir plusieurs influences culturelles. Aimer la France pour sa littérature, mais avoir un rapport de "Suédois" à ses
fromages... 


 "la nationalité est liée de manière indissociable à la citoyenneté". Je suis
assez d'accord sur l'idée, mais précisément, là, il ya bien nationalité et citoyenneté. On ne parle pas ici de vote des étrangers, par exemple, puisque les binatioanux ne sont pas
étrangers.


Sur le cas de la Moldavie, je suis bien incapable de vous répondre, mais il est possible que ce soit plutôt les différences ethniques qui sont à l'origine du nombre important de bi-nationaux ET
de la fragilité du pays.


"J’ajoute que la finalité du choix de la nationalité est le suivant : en
définitive, pour quel pays suis-je prêt à me battre et à mourir ?" 


Là, je ne suis pas d'accord, car un Allemand refusant de mourir pour l'Allemagne nazie ne me paraît pas ipso facto frappé d'indignité, ni mauvais patriote.


"Enfin, je signale que nombre de binationaux en France ont la nationalité d’un pays
qui a un contentieux avec la France : l’Algérie par exemple. Ce problème n’est pas simple. Certains se considèrent Algériens vivant en France. Mais d’un autre côté, que connaissent-ils de
l’Algérie ? Ils ne parlent pas vraiment l’arabe, sont nés en France, ne vont là-bas que de temps en temps pour les vacances. Ils gardent pourtant une image fantasmée de ce pays d’origine
dans lequel peu d’entre eux songent réellement à bâtir leur vie (d’ailleurs l’Algérie ne veut que des diplômés, les autres, elles préfèrent qu’ils restent en France). Jusqu’à quel point cette
double appartenance n’est pas un frein à l’intégration ?"

Ici l'argument n'est plus de principe, mais pragmatique. Dans le cas que vous évoquez,c'est possible. Mais est-ce un argument pour interdire les franco-anglais, franco-italiens,
franco-allemands (à supposer que nous n'ayons pas de contentieux avec tous ces pays...)

Pour ma part, je suis beaucoup plus inquiet de voir certains Français (et seulement Français) fascinés, en fonction de l'actualité, par le modèle japonais, ou américain, ou allemand..., et
n'ayant aucune conscience qu'ils ont le leur à défendre. Pas sûr d'ailleurs qu'ils aient la même définition de la nationalité que vous et soint prêts à mourir pour leur pays.

Jean Luigné 23/11/2011 13:31


vos débats malgré l'échauffement d'esprit n'est pas sans intérêt mais quelqu'un peut-il me dire ce que fait exactement "Goldman Sachs" et Cie, pendant votre discussion? ne marquerait-il pas des
points, n'avancerait-il pas des pions? encore une fois je n'ai rien contre l'idée d'un tel débat mais je ne vois pas en quoi l'ennemi s'en trouve freiné dans son avancée. Au Conseil National de
la Résistance, il devait bien y avoir de temps à autres des débats sur des questions similaires, mais le CNR s'occupait avant tout de libérer le territoire et de construire un programme ambitieux
de redressement économique et sociale.

nationalistejacobin 23/11/2011 09:15


@abruti


« la palme de la cuistrerie sans profondeur
humaine » : pouvez-vous donner quelque argument recevable pour étayer votre affirmation, Votre Grandeur ?


 


« je pourrais appeler ça d'un nom plus vulgaire
mais bon »


Oui, il est vrai que Monseigneur paraît s’y connaître
en vulgarité…


 


« je suis bien content de n'avoir aucune chance de
vous croiser dans la vie réelle »


Belle culture du débat. Mais ce n’est pas
réciproque : j’aime bien causer avec des gens ayant des opinions différentes. La contradiction permet d’affiner ses propres convictions.


 


Il me semble, Monsieur, qu’au lieu de monter sur vos
grands chevaux, vous auriez pu répondre avec un peu d’esprit et même d’humour (mais savez-vous ce que c’est ?). Nous expliquer, par exemple, pourquoi vous pensez que la binationalité est une
bonne chose, car c’est votre droit de le penser. Vous me semblez faire partie de tous ces gens qui jurent, la main sur le cœur, qu’ils mourraient pour la démocratie et la liberté. Mais leur degré
de tolérance à l’égard d’opinion contradictoire est étrangement bas. Et on lâche vite le suprême anathème : « vilain xénophobe ! Méchant ! ». C’est un peu puéril,
non ?


 


Mais si Monseigneur juge que nous ne sommes pas digne
de débattre avec lui « parce qu’il a fait Sciences Po, et l’ENA, et tout et tout… » et pas nous, eh bien, laissons Monseigneur en bonne compagnie, discuter avec des gens de son milieu
d’accord en tout point avec lui. Moi, je ne suis qu’un modeste citoyen français, avec ses lacunes, ses préjugés, ses idées contestables sans doute, mais je ne considère pas (comme certains) que
mon niveau d’étude me met à l’abri de toute critique…

nationalistejacobin 23/11/2011 08:54


Euh… pourquoi mon commentaire apparaît quatre
fois ?! Pourtant je croyais qu’il n’était pas validé…


 


@Pour debon :


« Je ne vois pas ce que ça a de
ridicule » : De Gaulle entre dans la résistance par patriotisme, par amour d’un pays qu’il connaît et dont il admire le passé ; Vercingétorix résiste à César parce qu’il escompte
devenir roi (en fait tyran dans la tradition antique si l’on en juge par le soutien que lui apporte le bas peuple), il joue son avenir politique et voit surtout son intérêt, ce qui n’enlève rien
à son courage. Le mot « résistance » est très connoté, peut-être trop, depuis la guerre. Mais Vercingétorix sans doute est courageux, même si la domination arverne n’aurait pas
forcément été plus tendre que la domination romaine pour les autres tribus gauloises…


 


 « "jamais de la vie un Gaulois, un Arverne,
pardon, ne se serait senti le moins du monde Français". C'est certain. Mais un Flamand d'Hazebrouck ne se serait jamais senti Français avant l'annexion définitive du Nord par Louis
XIV. »


La différence, c’est qu’au temps de Louis XIV, la
France existe. Au temps de Vercingétorix, c’est de la science-fiction… Tenez, vous, seriez-vous plutôt Alliance Rebelle ou Empire Galactique ? Blague à part : un Gaulois ne peut pas se
sentir Français, parce que ça n’avait aucun sens pour lui. Mais apparemment, certains Français se sentent Gaulois…


 


« Pourtant, vous enseignez bien à vos élèves que
l'invasion du territoire français en 39-45 s'est faite, notamment, par le passage des armées allemandes à la frontière franco-belge. Et personne ne songe à vous dire que cette historiographie est
simpliste. »


J’ai envie de vous dire que malheureusement, je
n’enseigne plus grand-chose… Mais ne cédons pas au découragement même si l’histoire « nationale » a de plus en plus la part congrue, et je le regrette. Là où je conteste l’analyse de M.
Asselineau, c’est de comparer les Gaules du Ier siècle av. J.-C. avec la France du XX° siècle. Mais à partir des IX°-X° siècles, il y a un royaume de France, dont la langue romane est l’ancêtre
du français, et le terme même de « Français » (distinct de « Franc ») apparaît. Avant, ce n’est pas la France.


Je vais vous donner un exemple : Clovis triomphe
des Alamans à Tolbiac et se convertit, dit-on, à cette occasion. L’historiographie simpliste consiste à dire : Clovis le Français a battu les Allemands. Sauf que Clovis parle un dialecte
germanique comme les Alamans, que ces derniers ne sont pas les Allemands, et que, parmi les descendants de ces Alamans, il y a les Alsaciens français et les Suisses alémaniques. Conclusion :
Clovis est franc, mais pas français. Parce que français n’a aucun sens à ce moment.


 


« il puisse exister une historiographie
rétrospectivement finaliste, qui n' a pas moins de valeur scientifique. »


Bien sûr. Mais plus l’historiographie finaliste sera
proche du détail et prendra en compte les avancées de la recherche, plus elle sera crédible. Schématiquement, la trame qui me paraît la plus pertinente est la suivante : au tournant des IX°
et X° siècles, apparaît un « royaume des Francs », appelé « royaume de France » à partir du XIII° siècle. Les monarques assument les héritages romain et franc (gaulois assez
peu). C’est le cadre territorial et étatique. Dans ce cadre, une communauté humaine, la nation, entame sa lente genèse qui dure du Moyen Âge à l’époque moderne. La Révolution accouche
véritablement de la nation comme acteur politique souverain. Voilà ce qui me paraît être le plus fidèle à ce que l’on sait de la réalité. Ne spéculons pas sur Vercingétorix. Je répète
qu’Asselineau oublie d’ailleurs qu’Arioviste, le Germain, l’ « Allemand » donc, était en train de se tailler un royaume en Gaule.


 


« N'en déplaise aux historiens, l'histoire n'est
pas leur monopole »


C’est très vrai : tout citoyen doit s’emparer et
s’approprier l’histoire nationale. Mais l’historien doit mettre en garde contre la tentation des raccourcis et des mensonges… Il est tout de même l’un des mieux placés pour cela. Je ne pense pas
accumuler les détails « privés de sens ». Je propose une vision modernisée du « Roman national », éclairée par les progrès de la discipline (considérables depuis le XIX°
siècle, ce qui a permis d’ailleurs de défaire les Gaulois de leur réputation caricaturale pour envisager toute la richesse de leur civilisation, originale, mais qui ne nous a quasiment rien
léguer, c’est ainsi).

Pour debon 23/11/2011 00:18


Si ce petit clown a fait l'ENA, je veux bien me couper un bras.


Non pas que je déborde d'admiration pour nos glorieux énarques, mais ils ont  au moins appris à ne pas exposer leur fragilité avec tant de candeur. 

Pour debon 23/11/2011 00:00


Tu n'as rien d'autre à faire que d'insulter gratuitement les gens sur les blogs des autres, abruti ?

Abruti 22/11/2011 23:48


Et la palme de la cuistrerie sans profondeur humaine revient à Debon et Nationalistejacobin (je pourrais appeler ça d'un nom plus vulgaire mais bon...). Bravo les gars, je suis bien content
de n'avoir aucune chance de vous croiser dans la vie réelle. Heureusement quand même qu'il y avait Olyvier pour apporter un peu de finesse aux commentaires de ce blog. Allez, je vous laisse
dans votre cave. Bye !

Pour debon 22/11/2011 21:16


@nationalistejacobin :  "Par contre, je suis d’accord sur
« l'historiographie simpliste et mythologique du 19e siècle ». Je n’ai regardé que la première vidéo (celle qu’Edgar a mise ci-dessus), j’avoue que le courage me manque pour la suite.
Mais comparer Vercingétorix à De Gaulle, puis à Jean Moulin, franchement, c’est ridicule".


Je ne vois pas ce que ça a de ridicule : on peut bien comprendre tout cela sous le
terme de "résistance", non ?


Evidemment, il est toujours loisible de raffiner sur le thème : "jamais de la vie un Gaulois, un Arverne, pardon, ne se serait senti le moins du monde Français".


C'est certain.


Mais un Flamand d'Hazebrouck ne se serait jamais senti Français avant l'annexion définitive du Nord par Louis XIV.

Pourtant, vous enseignez bien à vos élèves que l'invasion du territoire français en 39-45 s'est faite, notamment, par le passage des armées allemandes à la frontière franco-belge. Et personne ne
songe à vous dire que cette historiographie est simpliste.


Il faut vous résoudre au fait qu'à côté d'une historiographie soucieuse des détails, qui cherche à restituer autant que faire se peut l'actualité de l'époque, il puisse exister une
historiographie rétrospectivement finaliste, qui n' a pas moins de valeur scientifique.


"N'en déplaise aux historiens, l'histoire n'est pas leur monopole [...] Aux reproches prévisibles des historiens patentés, [Bainville] oppose dans son avant-propos la critique classique qu'un
Péguy adressait déjà aux Sorbonnards d'accumuler des détails privés de sens. C'est la raison pour laquelle - dit-il - il n'aimait pas beaucoup l'histoire au lycée" (Antoine Prost)