La lettre volée

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Patrick Artus aimerait bien sortir de l'euro, mais chut...

Dans un article pour la Tribune, Patrick Artus affirme (rappelle plutôt), que " il y a trente ans, la France aurait dévalué sans hésiter".

Son argumentaire est propre à inviter au suicide, sauf à envisager une sortie de l'euro.

Que dit-il en effet ?

D'abord que les entreprises françaises sont plombées par des marges insuffisantes, qu'il leur manque 110 milliards d'euros. Une dévaluation de 20% suffirait cependant à rétablir la rentabilité pour la ramener au niveau des concurrents internationaux.

Ensuite, il indique que comme la dévaluation est impossible, c'est une baisse des salaires qui serait nécessaire. Elle est impossible en France dit-il, et il ne suggère même pas que l'on fasse un pas en ce sens (la déflation menace suffisamment comme cela, ça ne lui a probablement pas échappé).

Les salaires ne pouvant baisser, il évoque donc la TVA sociale. Mais passer de 20% à 25% de TVA ne redonnerait aux entreprises qu'un tiers des marges perdues d'après ses calculs.

Enfon, en désespoir de cause, il prône une baisse des dépenses publiques pour réduire les charges des entreprises : c'est exactement ce que vient d'annoncer le gouvernement, ce qui devrait éviter à Patrick Artus une excommunication immédiate.

Artus ne fait cependant pas le calcul que tout un chacun peut réaliser : le gouvernement vient de s'engager à 50 milliards d'euros d'économies sans avoir la moindre idée de leur nature. Comment pourrait-il doubler cette somme pour arriver à 110 milliards d'euros ?

Je crois que son unique but est d'inviter chacun à la conclusion qu'une dévaluation s'impose, qu'elle passe ou pas par une sortie de l'euro.



 

 


 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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odp 17/02/2014 22:21


Salut Edgar, 


 


Je reconnais bien là ta magnanimité de ne pas t'être offusqué de mes emportements. 


 


Merci à toi. 


 


OdP


 


PS: je répondrai, sur un mode, plus urbain qu'aujourd'hui à ton point 2. 

edgar 17/02/2014 21:04


ODP : sur l'histoire de la lex monetae, j'avais cité l'étude d'eric dor, que visiblement tu ne connais pas : http://my.ieseg.fr/bienvenue/DownloadDoc.asp?Fich=620942001_2011-ECO-04_Dor.pdf


 


http://www.lalettrevolee.net/article-la-conversion-de-la-dette-en-euros-mensonge-ou-explosion-80349426.html

edgar 17/02/2014 20:56


j'avoue que j'étais plus intéressé par ta réponse sur le deuxième point que sur le premier.

odp 17/02/2014 15:53


@ Edgar


 


Tu es sérieux? C'est tout ce que tu as dans ta besace? Deux pauvres arguments de voleur de poule en culotte courte? Franchement, c'est faible, très faible. Limite insultant. Mais bon, à la guerre
comme à la guerre, je vais y répondre. De toute façon, après mes échanges avec cette baltringue d'Alexandre Clément, je suis vacciné. 


 


Pour le premier de tes arguments (une baisse de l'euro de 10% par rapport au dollar n'est pas équivalente à une dépréciation d'un "nouveau franc" de 10% par rapport au même dollar), si tu avais
pris la peine de lire mon commentaire dans son intégralité, tu aurais remarqué que j'ai abordé ce point. C'est par flemme, et en comptant un peu sur ton esprit d'analyse, que je ne l'avais pas
développé, mais, puisqu'il faut te tenir par la main sur tout le chemin du raisonnement, allons-y. 


 


Or donc, tu penses qu'entre une baisse de 20% de l'euro et une dissolution de la celui-ci accompagné d'une baisse de 20% du "nouveau franc" contre le dollar, l'effet sur la croissance française
serait d'un facteur 3? 6% (modèle Tapir) contre 2% (modèle Mésange)? Implicitement, cela veut dire que, pour la France, les rééquilibrages intra zone euro auraient un impact 2 fois supérieurs à
ceux extra zone euro.


 


Intuitivement, cela paraît compliqué.


 


En effet, il est de notoriété publique, pour ceux qui s'intéressent un peu à l'économie (mais peut-être faut-il cesser de te compter parmi ces gens), qu'en ce qui concerne les grands paramètres,
la France se situe à la moyenne de la zone euro. Il y a en effet, pour nombre de paramètre, quasi identité entre les données aggrégées de la zone euro et celles de la France. Concrètement, cela
veut dire qu'entre le club Med et celui de la Baltique, la France fait la jonction. Dans ces conditions, on a comme la légère impression, que, dans une dissolution de l'euro, ce qu'on gagnerait
contre l'Allemagne, on risquerait bien de le perdre contre l'Italie et l'Espagne, nos vrais rivaux sur le plan industriel et agricole.     


 


L'intuition ne vaut cependant rien si elle n'est pas "validée" par des faits et des chiffres. Et c'est là qu'on s'amuse vraiment. Le commerce français avec la zone euro représente un peu moins de
50% du commerce français total. Par conséquent, si l'on veut avoir un facteur multiplicatif d'ordre 3, il faut que la dévaluation relative de la France soit 2 fois plus importante au sein de la
zone euro que vis à vis du dollar.


 


Or, pour les raisons sus-décrites, c'est impossible.


 


Utilisons les travaux de Tapir himself: http://russeurope.hypotheses.org/414. Comme tu vois, les estimations de parités post break up
montrent que la France n'aurait que peu à y gagner intra zone, puisqu'à une réévalution du mark de l'ordre de 18% répondrait une dévaluation de la lire de plus de 10% et de la pesetas de 20%.


 


Suivons toujours Tapir dans ses démarches. Voici le travail qu'il a emprunté (sans le citer bien évidemment en bon escroc qu'il est) pour aboutir à son bullshit sur la Lex Monetae:
http://www.policyexchange.org.uk/images/WolfsonPrize/wep%20shortlist%20essay%20-%20jens%20nordvig.pdf. Il s'agit d'une étude de la Banque Nomura publiée en janvier 2012 (si tu veux plus de détail
sur l'appropriation Tapiresque du travail de Nomura, tu en trouveras là: http://www.liberation.fr/politiques/2014/01/16/prise-de-dette-sur-la-sortie-de-l-euro_973376).


 


Or que dit également cette étude? Qu'une dissolution de l'euro aurait en réalité, à long terme, un impact négatif sur la compétitivité intra zone euro de la France puisque si la France
bénéficierait d'une dépréciation de 10% du Franc par rapport à l'Allemagne, elle souffrirait en revanche d'une appréciation de 20% par rapport à l'Italie et la Belgique et de 30% par rapport à
l'Espagne. 


 


Conclusion: les chiffres de Tapir, c'est du pipeau, un enfant pourrait s'en apercevoir (mais pas un enfant capricieux c'est vrai). S'il y a à espérer un regain de croissance potentielle post
dissolution de l'euro via un rééquilibrage interne, il est mineur et certainement pas de facteur 3. 


 


Ton second argument (du fait de la lex monetae une sortie de la zone euro ne se traduirait pas par un défaut) est franchement encore plus ridicule mais n'ayant pas non plus que ça à faire j'y
répondrai dans un autre commentaire.  

edgar 15/02/2014 01:28


non. une baisse de l'euro ça veut dire que la parité france/allemagne ne change pas. une baisse du france ça veut dire qu'elle change et là c'est très différent. tu compares des choux et des
carottes.


par ailleurs la conversion de la dette française de l'euro en franc ne serait pas un défaut : 1. c'est prévu par le droit des contrats
internationaux http://my.ieseg.fr/bienvenue/DownloadDoc.asp?Fich=620942001_2011-ECO-04_Dor.pdf


2. comme l'a dit draghi, dans les spreads sur les dettes nationales il y a une prime de change.


je ne comprends ton exécration de sapir que comme une admiration cachée.

odp 14/02/2014 19:08


Conclusion: Tapir est un escroc. 

odp 14/02/2014 19:05


Je suis d'accord, je plaisantais. Par ailleurs, ce genre de choses ne se mesurent évidemment pas d'un trimestre sur l'autre. D'ailleurs, ce n'est pas moi qui ait "commencé" à placer le débat sur
ces termes... 


 


Quant à une critique "posée" de Tapir, dans l'esprit ça ne me dérange pas, mais franchement, c'est tellement "évident" que ça me laisse entendre que tu n'as pas vraiment lu ledit papier, ce qui
est encore le meilleur moyen de ne pas avoir à le remettre en question. Je me dis donc que c'est me demander beaucoup d'efforts quand soi-même on n'est pas prêt à en faire le moindre. Un peu
comme ce cher Alexandre Clément qui pleurniche beaucoup mais ne met aucune bille sur la table.


 


Mais bon, je vais quand même me lancer pour le bien du "débat public". 


 


Tout d'abord, les hypotèses économétriques de sensibilité de l'économie française aux mouvement de change de Tapir sont grossièrement surestimées. Je te présente le modèle Mésange qu'utilise
l'INSEE (http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES451K.pdf). Mignon n'est-il pas? Or, ce modèle "prédit" une sensibilité du PIB français à une baisse de l'Euro de 10% de 0.6% la première année et de
1.0% les années suivantes. Tapir, de son côté, estime qu'une baisse du Franc par rapport au dollar de 20% augmenterait de PIB français de 4.6% la première année et de 5.75% les 3 suivantes. Ceci
correspond à une déviation avec le modèle Mésange de l'ordre d'un facteur 3. Je sais que faire baisser l'euro de 10% et dévaluer le franc de 10% ce n'est pas tout à fait la même chose; mais cela
ne justifie clairement pas un facteur 3.  


 


Deuxièmement, et c'est le plus important, une dissolution de la zone euro provoquerait un tel choc financier (cela se traduirait quand même ipso facto par la faillite de la France, de l'Italie,
de l'Espagne, du Portugal, de la Grèce, de l'Irlande et probablement de la Belgique) que la destruction de richesse qui en découlerait déclencherait quasi certainement une récession mondiale.


 


Il me semble en effet que, depuis 1873, 1929 et plus récemment Lehman Brothers, on "sait" que des chocs financiers se propagent à l'économie "réelle". Par ailleurs, il n'y a pas d'exemple dans
l'histoire de défauts souverains qui ne se soit d'abord traduit par un effondrement des valeurs d'acitfs puis une récession avant, quand le défaut a été "réussi", de permettre à l'économie en
question de repartir sur des bases plus saines et de retrouver la croissance. Récemment, le cas de l'Islande et de l'Argentine ont illustré de mécanisme.


 


Par conséquent, envisager une hausse moyenne du PIB réel de 5.25% dans les 4 années qui suivrait une explosion de la zone euro est du simple foutage de gueule et je pèse mes mots. Pour info, la
croissance moyenne du PIB réel de l'Islande au cours des 4 années qui ont suivi son défaut a été de -1.64% quand pour l'Argentien le même calcul donne +0.75%. A ce titre, on voit que faire défaut
dans un environnement de forte croissance mondiale (Argentine) et de faible croissance mondiale (Islande), n'est pas la même et se traduit par des chemins de recovery qui n'ont rien à voir.


 


Par ailleurs, c'est un chose que d'envisager le defaut d'un Etat représentant 0.7% (Argentine) ou 0.001% (Islande) de l'économie mondiale que d'un groupe d'état représentant près de 8% de
l'économie mondiale et plus de 20% des marchés obligataires mondiaux.


 


De même qu'à côté d'une explosionde la zone euro, Lehman Brothers n'aura été qu'une promenade de santé, je peux te dire que les -1.6% de croissance économique moyenne sur 4 ans de l'Islande post
défaut ce sera le paradis avec ce que l'on se taperait en cas d'explosion monétaire.


 


Ravi d'entendre tes arguments ainsi que ceux de Joe Liqueur qui m'avait aussi interpellé sur ce point.    

edgar 14/02/2014 15:03


ODP (ouvroir de pataphysique ?) : la demande de l'année n conditionne l'offre de l'année n+x. c'est idiot de dire qu'on a un problème de demande ou d'offre de but en blanc. on peut très bien
admettre que l'euro fort a créé chez nous un problème d'offre (cassé nos exports) et que la dégrindolade industrielle qui s'en suit entraîne un problème de demande (notamment de demande publique
du fait de l'absence de rentrées fiscales).


cf. par exemple : http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/01/27/la-france-a-besoin-d-une-politique-de-la-demande_4355088_3234.html


j'attends toujours une critique posée de sapir...

odp 14/02/2014 13:15


La zone euro en pleine renaissance: +0.5% sur Q4 soit +2.0% annualisé grâce notamment à une croissance française, italienne, espagnole et portugaise meilleure qu'attendue! Allez la ZONE EURO!!!!
En France c'est la CONSO qui a tiré la croissance, alors que les marges des entreprises ont continué à se détériorer. Crise de la demande qu'il dit... Clownesque. 

odp 13/02/2014 16:29


@ Alexandre Clément


 


Je suis confus de vous avoir fait sortir de vos gonds au point de m'intenter un aussi grotesque procès en légitimité. 


 


Je ne sais pas ce qui vous permet de penser que je fais une confusion entre Marx, Trotsky et Mao. Mais, quand bien même cela aurait été le cas, je ne vois pas en quoi ne pas être un expert dans
les différentes chapelles et sous-chapelles marxistes devrait interdire la participation au "débat public".


 


Quant à Sapir, vous me reprochez de l'insulter. Pauvre chou. Mais n'avez pas vous-même insulté, et bien plus gravement, Artus. Après tout, vous avez pointé chez Artus son goût pour la déchéance
quand que je n'ai moqué chez Tapir que son haleine de fourmi... Assez badin vous en conviendrez. Bref, une caricature du double standard et de la malhonnêteté intellectuelle dont les gens de
votre obédience ce sont fait une spécialité. Pathétique.