La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Non à une wallonie française...

Quelques idées en vrac derrière cette attaque spectaculaire.

 

L'éclatement de la Belgique est une conséquence logique de l'affirmation de l'Union européenne. Puisque les wallons et les flamands n'ont plus à défendre une monnaie commune, que leur défense et leur diplomatie ont vocation à être reprises par le futur service diplomatique de la dictature européenne, que feraient-ils ensemble ?

 

Pourquoi ne pas s'offrir le frisson de l'indépendance quand on est bardé de filets de sécurité ?

 

J'avais affirmé il y a longtemps chez Jean Quatremer que la montée de l'Union et les séparatismes régioanaux allaient de pair. Il n'a jamais reconnu cette évidence, que quelques photos congrès du parti séparatiste flamand, le N-VA, et de son leader, suffisent à démontrer :

 

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La N-VA est parfaitement européenne.

 

D'ailleurs les bretons indépendantistes aussi :

 

 

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Certains, dans un élan certes généreux, se disent que si des francophones - wallons - souhaitent demander leur rattachement à la France, autant les accueillir.

 

Il faut se demander cependant quel est le schéma d'ensemble d'une telle opération.

 

Il y a tout à parier qu'un rattachement de la wallonie à la France pourrait être accordé par l'Union si la Flandre récupérait la place de la Belgique en acceptant, comme concession, de lâcher Bruxelles transformé en "district fédéral" (c'est une décision que Bernard Guetta, mouillant sa culotte de joie - je sais c'est la deuxième grossièreté de ce billet - annonçait benoitement comme une évidence sur Europe Inter ce matin. Il a même failli engueuler un député PS belge qui vait l'outrecuidance de penser que la Belgique n'est pas encore morte. Allons donc, l'eurobéat veut son district fédéral, il ne faut pas lui casser son joujou).

 

Ainsi dotée d'un territoire, aussi petit soit-il, Bruxelles pourrait demander un siège à l'ONU (celui de la France par exemple) et s'imposer définitivement comme  un Etat, ou plus exactement une dictature bienveillante - voilà quelques accents tocquevilliens pour compenser les excès précédents). L'idée est longuement développée par Christian Darlot, sur le site de l'Observatoire de l'Europe.

 

 Comme je ne tiens absolument pas à offrir une capitale à ce régime tyrannique, je souhaite, malgré toute la sympathie que j'ai pour leur cause, que nos amis wallons restent belges encore longtemps. Une fois.

 

 

 Lire aussi, dans les archives :

l'Europe des régions ethniques

 

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 20/06/2010 16:19



mon point est bien qu'il faut éviter de prendre parti sur ce sujet. j'ai écrit ce billet en réaction à d'autres. certes, je contribue ainsi à faire monter la mayonnaise...



Sybille 20/06/2010 11:04



@Edgar,


Je ne sais pas s'il faut prendre parti, comme tu sembles le faire, dans un tel débat que je vois comme un piège:


Voilà une partie du commentaire que j'ai laissé chez Malakine.


"Pourquoi faudrait-il prendre son parti entre ces 2 options: Séparatisme vs Rattachisme?


La question de fond n'est-elle pas plutôt celle de la balkanisation de l'Europe, voire de tout l'occident?


Jusqu'à quel point, aujourd'hui, l'Europe a besoin de cette balkanisation pour pouvoir exister?


Jusqu'à quel point de l'autre côté de l'Atlantique, les tensions sécessionnistes vont-elles peser sur l'intégrité de la maison "Amérique"?


Et jusqu'à quel point laissera t'on ces problèmes de voisinage occulter des tensions qui sont toutes exacerbées par un système néolibéral, mondialisé impitoyable et prétendument sans alternative?


A méditer..."



br 17/06/2010 21:57



Je ne suis pas d'accord avec denis Griesmar , car la Flandre, le Luxembourg et la Hollande, d'abord du Sud, firent aussi partie de la France révolutionnaire, après la défaite des Autrichiens,
dans la même foulée. C'est-à-dire sans avoir connu ses débuts, et son bouillonement initial.
Et les Wallons, comme tous les Belges, ont une culture politique commune héritée d'avant les Pays Bas espagnols : rôle fondamental des communes libres, méfiance envers les grands Etats,
Etat-parti avec un réseau de partis, syndicats, mutuelles, clubs culturels, clubs artistiques, etc, autour du parti socialiste et du parti social-chrétien qui faisait que l'on pouvait de la
naissance à la mort être entièrement dans le réseau d'un des deux partis de base de la société.

Cela peut plaire ou pas, mais c'est une culture politique radicalement différente de celle de la France. Et je ne crois en conséquence pas que les Belges, comme les Suisses, soient des Français.
C'est d'ailleurs pour la même raison que les Flamands ne sont pas des Hollandais ou les Suisses alémaniques des Allemands.

Les Belges sont sans doute bien plus Belges que les Est-Allemands ne sont "ossies", et pourtant l'unification de l'Allemagne est dors et déjà un échec au niveau du mental et des sentiments.

La Belgique pourrait éclater certes, mais ca ne fera pas des Wallons des Français (si tant est que la france existe encore ...)

Même chose d'ailleurs pour les Luxembourgeois. Les Alsaciens pour les mêmes raisons historiques sont des Français en revanche.



Denis Griesmar 17/06/2010 20:52



Mais si la crainte de cet automatisme imaginaire empêche d'agir, pis encore, conduit à fermer la porte au nez des Wallons - et des Bruxellois - il y a maldonne ! Par chance, la crise belge arrive
en même temps que celle de l' "Europe" (et la "Belgique" n'est qu'un premier avatar de l' "Europe"). L' "Europe" comme refuge et fuite en avant devant le politique est donc beaucoup moins
crédible, heureusement. Reste à convaincre les Bruxellois qu'ils se feront mieux entendre au sein de la République qu' "administrés" (il faudrait voir comme) par un machin non démocratique. Et
que leurs anciennes réticences "bourguignonnes" devant la France ne sont plus de saison. C'est en bonne voie, mais il reste à craindre un lâchage des Francophones de la périphérie par un Di Rupo,
par exemple. C'est là-dessus qu'il faut alerter, et non sur un soi-disant automatisme surtout alimenté par des gens qui se disent gaullistes ou souverainistes, ce qui est un comble.



edgar 15/06/2010 20:12



Il y a des tas d'arguments pour rattacher la wallonie à la France, et même Bruxelles à la France.


Aucun ne tient si le prix à payer pour le rattachement de la wallonie est la création d'un état européen. Aucun. C'est le seul point que j'entendais souligner.


 



Francis CHOISEL 15/06/2010 14:29



Que diable, au lieu de s'accrocher au passé (la Belgique), regardons l'avenir et faisons en sorte qu'il soit ce que nous voulons qu'il soit!


S'accrocher au passé (et c'est un historien qui vous le dit), n'aboutit jamais à rien. Au mieux à retarder sa disparition, à la subir dans les plus mauvaises conditions.


La bonne méthode, qui – soit dit en passant –  est la méthode gaullienne, est de déterminer l'orientation profonde et inéluctable des choses à long terme (par exemple, le 18 juin 1940, la
défaite inéluctable de l'Allemagne), et ensuite de tout faire pour infléchir (je dis bien infléchir et non pas contrarier) les événements dans le sens que l'on souhaite. Bref, il faut jouer un
(ou plujsieurs) coup(s) d'avance au lieu de réagir au jour le jour. Avec pour objectif de vider l'inéluctable du maximum de ce que l'on ne désire pas.


Ici, l'inéluctable, c'est l'éclatement de la Belgique. L'indésirable, c'est Bruxelles district fédéral et une Wallonie devenue région-Etat d'une Europe des régions.


L'inéluctable n'est pas contraire à nos principes: c'est l'éclatement d'un des derniers Etats multinationaux d'Europe. L'éclatement de la Belgique, c'est la démonstration que les Etats
multinationaux ne sont pas viables. Et que la démocratie n'y est pas viable. Or, l'Union européenne, c'est la construction d'un super-Etat multinational et par conséquent antidémocratique.


L'indésirable est indésirable parce que, comme l'ont dit d'autres commentaires, Bruxelles-district fédéral, c'est un pas vers le super-Etat, voire son couronnement, et parce que l'indépendance
wallone, une région francophone donc logiquement française, peut constitutuer un fâcheux précédent pour les séparatisme de tout poil en Europe en général et en France en particulier.


Alors quel est le souhaitable pour éviter l'indésirable dans le cadre de l'inéluctable? C'est que Bruxelles soit française, que la Wallonie soit française.


Cela non seulement écarterait la solution que nous redoutons tous, mais cela renforcerait une nation, la France, ce qui irait donc dans le sens de l'Europe des Nations et en outre équilibrerait
mieux le couple franco-allemand en terme de population, de poids économique, etc. Cela irait dans le sens d'une "autre Europe". Cela rendrait même plus viable une "France seule".


De plus, le rattachement d'une région nouvelle à la France serait un contre-exemple pour les séparatistes. Ce serait le signe que le sens de l'Histoire aujourd'hui et demain comme depuis 1500
ans, c'est la construction de la France (le reconstitution des Gaules?...) et non pas sa dislocation.


Si nous n'orientons pas l'histoire belge dans ce sens, dans le sens de la réunion (quelle autre solution en dehors de celles que je viens d'évoquer?), la scission belge se fera tout de même, et
elle se fera de la manière que nous ne voulons pas.


Alors, concrètement, relevons premièrement que, dans le cas d'un éclatement de la Belgique (je dis bien "dans le cas"), une majorité de Wallons est prête à s'unir à la France (plusieurs sondages
concordants le montrent), deuxièmement que dès aujourd'hui un parti Wallon, le RWF prône depuis longtemps cette solution. Il ne s'agit pas d'une annexion mais d'une union. Il ne s'agit pas de
"prendre" la Wallonie, mais de lui ouvrir les bras.


Et deuxièmement, sachons que les francophones sont aujourd'hui opprimés en Flandre par les gouvernements Flamands, et que dans l'arrondissement de Bruxelles ("BHV", pas la région de Bruxelles),
ils sont opprimés plus qu'on ne peut l'imaginer (on ne se croirait pas en Europe au XXIème siècle: c'est plutôt l'équivalent de la situation polonaise au dix-neuvième), et qu'il faut, de toutes
nos forces, les soutenir, au nom de la simple défense des Droits de l'Homme. 


Que tous les Français, que la France, que son gouvernement soutiennent les francophones de Belgique,ceux de la périphérie de Bruxelles, ceux de Gand et d'Anvers, etc., c'est ce qu'il faut faire
plutôt que de tenter vainement de sauver la Belgique devenue un carcan pour la Wallonie elle-même.


Et n'ayons qu'une seule exigence, une exigence démocratique: que l'avenir des Wallons et des Bruxellois ne soit pas décidé sans eux (car les partis et les politiciens en place n'ont pas forcément
des intérêts exactement semblables à ceux de leurs électeurs...). Demandons la consultation du suffrage universel wallon, bruxellois et flamand, autrement dit la consultation du peuple,
l'autodétermination, le référendum (car les élections législatives posent d'autres enjeux que celui-là, qui doit être tranché en toute clarté) bref il faut mettre en oeuvre ici comme ailleurs le
droit des peules à disposer d'eux-mêmes.



Denis Griesmar 15/06/2010 12:23



... Non ! Justement pas ! C'est au contraire si l'on se résignait à voir apparaître une "Belgique résiduelle" que l'on pourrait en tirer argument pour dire : Et pourquoi pas une Savoie, une
Corse, indépendantes ? Si la Wallonie REdevient française, car elle le fut sous la Révolution, car les Wallons participèrent à la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, ce sera parce que les
Wallons l'auront voulu. La France n'est demandeuse de rien, sauf du respect de la volonté des populations (laquelle évolue très vite, en ce qui concerne les Wallons, qui s'éveillent à peine de la
narcose belgicaine). Cette conception est celle d'Ernest Renan, puis de De Gaulle, et n'a rien à voir avec le placage sur une population d'une identité ethnique supposée déterministe. La
probabilité est qu'après un temps de transition, de cristallisation de la conscience d'une situation, les Wallons demandent à redevenir Français. Mais encore une fois, ceci ne peut être envisagé,
et acté, qu'à la suite d'un référendum (qui doit également pouvoir se tenir dans toutes les zones contestées, comme c'est la jurisprudence internationale).



fd 15/06/2010 12:10



la wallonie française, ça n'a de sens que pour ceux qui ont une conception ethnique de la nation



Denis Griesmar 15/06/2010 10:24



Ce sont des choses qui n'ont pas, entre elles, le lien de causalité que croient les ignorants et que cherchent à affirmer les commentateurs eurolâtres. Les raisons du "belgicanisme" apparent des
Francophones sont assez simples à comprendre si l'on connaît l'Histoire, mais elles reposent sur le vide. Cela dit, c'est aux Wallons, et aux Bruxellois, de faire le chemin nécessaire pour
recouvrir leur identité, dont la "Belgique les a privés. L'important, en attendant, est de ne pas laisser faire le "nettoyage ethnique" anti-francophone à la périphérie de Bruxelles. Car c'est le
devenir d'une des grandes métropoles francophones du monde qui est en jeu.


Note : l'immobilisme politique apparent de la Wallonie se comprend facilement, dans un pays où nombre de postes de fonctionnaires et apparentés sont pourvus, non pas au concours, comme en France,
mais à la tête du client ... Le PS est ainsi un distributeur de prébendes ... alimentées par des transferts financiers venant de Flandre. Cherchez l'erreur ... 



Malakine 15/06/2010 10:20



Je suis d'accord sur tout sauf le titre ! Tu aurais tu dire "non à un district fédéral" pas "non à la wallonie française" car il y a d'autres solutions pour Bruxelles que de devenir un district
fédéral.