La lettre volée

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Les eurobonds : vers un état européen ?

On lit partout que l'émission d'obligations européennes serait LA solution à la crise financière européenne.

C'est faux.

La solution à la crise financière européenne c'est de ranimer la croissance avec de vrais instruments macroéconomiques, pas en invoquant l'innovation et la flexibilité. De vrais instruments économiques c'est-à-dire un change flexible et une politique monétaire définie au niveau national.

Par ailleurs, à supposer même que la crise actuelle soit une crise de la dette, les euro-obligations seraient inutiles.

Deux billets récents à ce sujet : le premier de Daniel Gros, du CEPR (en anglais), le second lu sur blogizmo (en français).

Leur conclusion est identique : émettre des obligations européennes, des eurobonds, c'est créer un état européen. La solidarité fiscale entre les émetteurs de d'euro-obligations deviendrait si forte qu'elle ne peut qu'être traduite par la création d'un état.

Par ailleurs, les arguments techniques montrent que le système ainsi créé ne résoudrait pas forcément la cirse financière :

- l'état européen naîtrait avec un taux d'endettement déjà élevé au départ (je trouve 95% du PIB chez un banquier suisse, je croyais avoir lu 70%. Dans tous les cas c'est élevé) ;

- le taux d'intérêt des euro-obligations ne serait donc pas forcément beaucoup plus bas, même pour les pays mal notés, notamment compte tenu des doutes sur la gouvernance du système ;

- les pays membres aux notations faibles auraient beaucoup de mal à se financer au delà du montant des euro-obligations...

  Les doutes et inconvénients sont donc nombreux, à supposer même que les citoyens des états membres de la zone euro acceptent de devenir des sujets européens par la grâce d'eurobonds.

*

 Deux remarques :

 

On note d'une part avec intérêt que loin d'être une solution à quoi que ce soit, l'Union européenne exige des sacrifices toujours croissants au nom d'un avenir promis comme radieux.  D'autre part, on peut soupçonner les partisans des euro-obligations d'être parfaitement conscients des défauts de leur système. En réalité ce qui les intéresse c'est d'avancer vers l'état européen encore un peu plus. Quitte à demander ensuite un ministre des finances européens, un impôt européen, une TVA européenne et que sais-je encore.

  Si ces gens étaient des démocrates, ils poseraient le problème à l'endroit : "sachant que nous (nb : eux, pas moi) voulons un état européen, il faut un impôt européen, un gouvernement européen, un parlement européen qui ne soit pas une parodie de soviet suprême etc".

Loin de cela, ils tentent d'expliquer par des raisons purement techniques - qui en réalité aggravent les problèmes -, les nouvelles contraintes qu'ils veulent nous infliger.

Post scriptum : il est bien évident que pour ma part je ne crois pas à un état européen, faute d'espace public européen. c'est pour cela que l'UE est en déficit démocratique depuis sa création et le restera.

 

 

 

 

 

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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ºC 31/08/2011 23:00



Désolé, mais je trouve ce billet un peu à l'emporte pièce. J'ai développé une argumentation dans mon (nouveau) blog dans le billet du même nom (Euro-obligations). Vous m'en direz, j'espère, des
nouvelles.



edgar 26/08/2011 13:43



riton : fatigue. je corrigerai cela la semaine prochaine, je m'éloigne d'un ordi pour quelques jours !



riton 26/08/2011 12:46



Pourquoi "acceptassent" à l'imparfait du subjonctif alors qu'il s'agit d'une hypothèse présente ? Pourquoi toujours inverser le "y" et le "i" de Libye ?



edgar 26/08/2011 11:00



ce n'est pas moi qui souhaite un état européen, ce sont la plupart des partisans des euro-obligations - sans le dire la plupart du temps. j'ai ajouté un PS pour lever toute ambiguïté !



Jardidi 26/08/2011 09:47



Wouaw!


Pouvez-vous expliquer ce fanatisme européiste?



Hieronymus 26/08/2011 02:21



   Tout à fait d'accord... mais alors
pourquoi cette affirmation « sachant que nous voulons un état européen... » ?


 


   Qui ça « nous » ? La notion d'
« État européen » au sein duquel nos nations seraient invitées à se dissoudre n'a pas de sens : pour qu'il y ait un État, il faut qu'il existe un sentiment national ce qui n'est
évidemment pas le cas, quoi qu'en bêlent ou tonnent les eurolâtres de tout poil. En tant que Français, l'Europe – dont je parle ou comprends 5 langues -- représente évidemment une part non
négligeable de mon identité mais elle ne saurait me faire oublier que je suis, tout aussi intensément, un Latin, un Méditerranéen, un Francophone, etc., tous éléments de mon identité dont ne
soucient logiquement peu ou pas du tout d'autres pays européens ; or, il n'est pas question que la France sacrifie tous ces aspects de son identité au profit d'une seule – l'européenne – qui
serait de surcroît plus que jamais incarnée par un pouvoir lointain et hautain formulant ses oukases en anglo-étasunien et faisant tout pour se soustraire au contrôle populaire (cf. la manière
dont on a bafoué le vote du peuple français en 2005 qui rejetait la soi-disant "constitution européenne").


 


   La seule coopération qui vaille entre
États est celle portant sur des projets communs clairement définis et réunissant à chaque fois des partenaires motivés : Airbus et Ariane en restent les meilleurs exemples. Pour le reste, que
l'on enterre une fois pour toutes les rêves déments des Monnet, Schumann & Cie : 65 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, il est temps de cesser de vouloir éradiquer nos nations
pour les punir de leurs erreurs des années 1930 ! Comme le remarque à juste titre un autre lecteur, on ne ferait jamais avaler de pareilles monstruosités à des Coréens ou des Chinois... ni à des
Suisses d'ailleurs.


 


   Une fois pour toutes, non à tout État
européen : combien de temps va-t-on trembler devant le terrorisme intellectuel des supranationalistes qui traitent ceux qui ne sont pas de leur avis d' "anti-européens" (mais de quel droit ces
gens-là prétendent-ils monopoliser les termes "Europe" ou "européen" et prétendre que seule leur conception est légitime ?) quand ce n'est pas pire : rappelons-nous les puissantes campagnes
d'intimidations des eurolâtres assorties d'insultes lors des referendums de 1992 et 2005. Maintenant, ça suffit !


 



Trubli 26/08/2011 01:50



Bonjour,


j'ai découvert votre blog au début de l'été.


Je suis aux anges car vous ne ratez jamais une occasion d'envyer un uppercut à l'Union européenne.


Viendrait-il à un sud-coréen l'idée de fusionner avec la Chine parce qu'il sont citoyens d'un petit état ? Surement pas.


Le Canada ne veut pas se fondre dans une union politique nord-américaine avec les USA quinze fois plus peuplés. 


Qu'est ce qui nous fait croire qu'en dehors du grand marché commun nous ayons des intérêts convergeants ?