La lettre volée

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Leonarda, la loi et le pont de l'Île de Ré

Chez Descartes le blogueur, ou chez Laurent Pinsolle, des billets sur Leonarda qui sont en sens exactement opposé de ce que j'avais défendu.

Il y a un petit changement intervenu entre mes billets et les leurs : l'affaire est devenue une grande cause nationale, lors que lundi dernier il n'y avait en tout et pour tout que deux ou trois articles parus sur le sujet (qui montait en revanche sur twitter), même mardi, le sujet n'avait pas explosé.

Une bonne partie de leurs arguments est assez juste, lorsqu'ils déplorent l'indignation un peu tartuffe de notables qui semblent saisir une occasion de se redécouvrir de gauche, après avoir soutenu mesures d'austérité sur mesure d'austérité.

Il reste que nombre des arguments de ceux qui sont favorables à l'exclusion me paraissent bien faibles, ou en tout cas caricaturent trop rapidement les réactions qu'on peut baptiser, pour faire vite, "pro-leonarda".

Un peu en vrac :

- s'il est exact qu'il y a probablement quelques opposants à Valls pas malheureux de le secouer, le mouvement n'est pas facilement soupçonnable d'être manipulé. On l'a vu monter en direct lundi sur les réseaux sociaux, et pas de la part de professionnels de l'agit-prop. Certes, le billet initial signalant l'affaire est publié sur Mediapart. Mais Mediapart est un peu à l'intersection du monde des réseaux sociaux et des médias traditionnels, comme l'émission de Taddei ou d'autres, et joue son rôle habituel après avoir sorti l'affaire Cahuzac ou  d'autres ;

- cette affaire ne tombe pas du ciel. Elle survient trois semaines après des déclarations de Valls plus qu'ambigues sur les Roms, et après une campagne présidentielle et des réactions au discours de Grenoble de Sarkozy qui laissaient entendre que la gauche allait proposer une politique différente de celle de Sarkzoy. On ne doitpeut-être pas s'étonner que la gauche finisse par réclamer que quelques promesses soient tenues ;

- l'argument qui tue : "il faut que force reste à la loi", ou en version latine, "dura lex sed lex". C'est aller très vite et méconnaître la pratique du droit que d'avancer ainsi, c'est prêter au Droit une unité qu'il n'a pas (ou procéder comme BHL pourchassant le Mal au nom du Bien). Par exemple, le droit administratif sait fort bien tolérer des irrégularités et la non-application de la loi quand il y a risque de trouble à l'ordre public - aucun préfet n'ira s'agacer de dommages mineurs causés par des agriculteurs en colère ou des grévistes un peu échauffés. Autre cas, les permis de construire du pont de l'Ile de Ré ont été annulés plusieurs fois, mais pas suffisamment, ni suffisamment vite pour empêcher que ce bel ouvrage soit maintenant une réalité fort tangible, une sorte de pied de nez permanent à "la Loi".

 

pont.jpg


Invoquer "la Loi", dans une affaire où tant de principes sont en jeu, c'est, en réalité, supposer que le problème est déjà réglé avant même que d'être évoqué. Et si les manifestants, défendaient aussi la Fraternité, ce troisième terme de notre devise républicaine, le plus complexe à définir ?

Dura lex sed lex, c'est aussi ignorer qu'il n'y a pas plus inique que d'appliquer partout l'ensemble des lois, et que la grève du zèle aboutit à la paralysie ("summum jus, summa injuria" ai-je lu récemment) ;

- Il me semble, mais je ne retrouve pas l'article, que la gauche avait rédigé des circulaires pour interdire de se saisir d'irréguliers en milieu scolaire, circulaires abrogées par Sarkozy et pas rétablies (sauf depuis hier). Le principe n'est pas illégitime : si l'on veut que l'école soit un lieu de réflexion coupé un minimum de l'agitation du monde extérieur, on peut éviter d'y faire entrer la police ou la gendarmerie quand ce n'est pas strictement nécessaire. C'est peut être hypocrite, mais pas plus que de souhaiter bonjour à un collègue dont on souhaite qu'il aille au contraire le moins bien possible. L'hypocrisie est nécessaire à la civilisation ;

- j'ai suggéré, et lu que d'autres faisaient cette proposition, que les parents d'enfants scolarisés puissent être régularisés. J'ai lu également qu'il s'agissait d'un appel d'air, et d'une ouverture des frontières toute libérale. Régulariser au cas par cas des gens qui de fait se sont installés et, parmi leurs premières décisions, ont envoyé leurs enfants à l'école est assez différent d'une ouverture totale des frontières. Il n'est pas si facile que cela d'entrer en France et de s'y installer (cf. un billet ancien de la Ligue des Droits de l'Homme sur le mythe de l'appel d'air) ;

- j'ai lu que la foule qui défend Léonarda ne se soucierait pas du reste de la famille et se serait éprise d'un fétiche, un peu comme l'on cherche un sac Vuitton, pour avoir un truc à la mode. Je ne crois pas que la foule soit si mauvaise, même s'il est évident qu'il y a une sorte de rituel de la manifestation lycéenne auquel certains peuvent céder sans parfois avoir parfaitement connaissance de toutes les données du problème. La réaction à la proposition assez hallucinante de cynisme de Hollande est d'ailleurs assez parlante : accepter Léonarda mais pas sa famille ne satisfait personne (Schneiderman : "A force de ne pas savoir trancher, le voilà, tout tranquille, qui tranche dans la chair d'une famille. Et qui réussit cet exploit : faire passer Valls, le Valls droit dans les bottes de la loi, le Valls qui incarne sans complexe la lepénisation des esprits, faire passer Valls pour, au fond, plus humain que lui ! Ce "et elle seule" est un marqueur. Quiconque, en entendant ces mots, aura ressenti autre chose que de l'incrédulité et du dégoût, quiconque aura seulement imaginé d'analyser ce "et elle seule", comme une parole politique digne d'une analyse normale, nous restera étrangement étranger.")

Hollande a imaginé que ceux qui ont rejeté l'exclusion d'une lycéenne étaient assez stupides pour ne pas relier un cas individuel à des valeurs qu'ils entendent soutenir, certes à l'occasion d'un cas devenu symbolique, mais dont ils aimeraient probablement une application plus générale ;

- on me glisse enfin dans l'oreillette que Chevènement aurait dit de fortes choses à ce sujet. Je rétorque à l'ami qui m'explique cela que Chevènement ferait mieux de s'occuper de l'euro. Réplique de l'ami : tu fais une fixette. Non, je ne fais pas une fixette. Mais la politique c'est dégager les priorités du moment. Et la priorité du moment c'est d'en finir avec l'asphyxie financière de l'état et des salariés, par manque de croissance. Jouer des peurs d'un danger rom ou musulman, c'est véritablement faire montre d'un manque total de discernement. Je reprends d'ailleurs un point exemplaire du discours de Chevènement samedi : "si l'immigration est libre, naturellement, on le voit bien dans le secteur des services, dans l'agro-alimentaire breton, tout cela a des conséquences".  C'est assez fumeux de la part du Ché. L'agroalimentaire breton souffre de la libéralisation européenne : les cochons bretons partent en Allemagne pour être abattus parce que là-bas les salariés des abattoirs sont des immigrés est-européens certes, mais aussi sans salaire minimum. Je ne sais pas si le Ché entend réguler les politiques migratoire et salariale allemandes, mais si c'est le cas il devrait le dire. Et ce n'est pas ce qui est en jeu dans l'affaire Leonarda. Il a également avancé que l'école ne pouvait être un sanctuaire car la police devait pouvoir intervenir en cas d'agression d'un enseignant. Personne n'a défendu l'idée que la police devait rester à l'extérieur d'une école envahie par des malfrats. Je note cependant une bonne idée de Chevènement que Hollande aurait pu faire valoir moins bêtement : faire accueillir Leonarda dans une école française du kosovo. Dans le genre solution de compromis, c'est plus malin.

 

Je m'arrête là. Malheureusement on risque d'entendre parler beaucoup de cette affaire. On trouve des défenseurs de l'expulsion chez des gens très bien (cf. Jean-Pierre Rosenczveig), et des critiques fines de cette mesure (Bouillaud : "A mon avis, cette intervention s’inscrit donc dans un contexte politique plus large, où la gauche de gauche (y compris une partie du PS) est en train de découvrir avec consternation la réalité des politiques publiques suivies par F. Hollande, et où ce dernier essaye de leur donner l’occasion de ne pas comprendre en leur offrant des satisfactions morales et symboliques.")

Il serait bon que les arguments échangés d'un côté ou de l'autre ne tournent pas trop à la caricature.

 


 

 


 


 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 26/10/2013 20:51


je ne sais pas pourquoi le commentaire de descarte ne me parvient qu'avec trois jours de décalage. il me semble que sous couvert d'anticonformisme et de rompre avec le politiquement correct, vous
ne rechignez pas à simplifier à l'excès.


je ne pense pas que l'on puisse simplifier la situation des roms et des tziganes en france juste en disant qu'ils ne veulent pas s'intégrer. je trouve que rester quatre années au lycée pour
quelqu'un qui ne veut pas s'intégrer c'est beaucoup. à faire des surenchères dans le simplisme on en vient maintenant à vouloir rompre avec le droit du sol.


je n'aime pas beaucoup les associations de protestataires permanents et je trouve qu'il y a souvent à travers diverses ONG des façons de faire de la politique sans en faire qui me gênent - de
prendre de spositions sans prendre les responsabilités qui vont avec. mais je pense que la protestation dans l'affaire léonarda à gauche dépassait la simple manipulation (évidente quand on
regarde le cas bartolone, qui a visiblement envie de se payer valls).


pour ce qui est du pont de l'ile de ré, c'est pour une fois vous qui me semblez un peu naïf. que bouygues ait été constructeur du pont en fait un acteur du débat très peu désintéressé...


 

Descartes 23/10/2013 23:05


@edgar


Je me permets de répondre à quelques unes des objections que vous présentez aux arguments que j’ai pu exposer
sur mon blog, et qui d’une certaine manière répondaient  à votre article :


- s'il est exact qu'il y a probablement quelques opposants à Valls pas malheureux de le secouer, le
mouvement n'est pas facilement soupçonnable d'être manipulé.


Ah… vraiment ? Il suffit de lire Le Monde pour se convaincre du contraire. Dans son édition de
jeudi dernier, le vénérable quotidien bobo enterrait déjà le ministre de l’Intérieur en racontant comment ses ennemis se regroupaient pour faire de l’affaire Léonarda un casus belli. Il faut dire
qu’une semaine plus tôt les cannons de « l’autre gauche » avaient commencé à mettre l’affaire en exergue, après l’apparition chez Médiapart du brûlot initial. C’est peut-être une
coïncidence, mais on trouve beaucoup d’anciens trostkystes dans cette histoire…


- cette affaire ne tombe pas du ciel. Elle survient trois semaines après des déclarations de Valls plus
qu'ambigues sur les Roms,


Je ne vois pas où est « l’ambiguïté » dans les déclarations de Valls. En fait, il a énoncé une réalité
que tout le monde connaît mais que personne ne veut reconnaître – du moins en public. A savoir, qu’il y a des gens qui viennent chez nous tout simplement pur améliorer leur niveau de vie, et qui
n’ont aucun désir particulier de s’intégrer à notre société. En quoi est-ce ambigu ou scandaleux ou pire, « raciste » ? Si nous reconnaissons aux hommes la liberté de faire des
choix, il faut bien leur reconnaître la possibilité de choisir de ne pas s’intégrer tout en profitant au mieux des possibilités que notre société leur offre. A la collectivité
nationale de tirer la conclusion – pour moi évidente – de ce choix individuel.


Bien sur, Valls a donné un coup de pied dans une de nos vaches sacrées nationales. Il a piétiné ce dogme qui
veut que tout étranger qui met le pied sur notre territoire n’ait de désir plus cher que de respecter nos lois et de s’intégrer à notre société… c’est cela qu’on ne lui pardonne pas. D’avoir
brisé les illusions de la bienpensance…


et après une campagne présidentielle et des réactions au discours de Grenoble de Sarkozy qui laissaient
entendre que la gauche allait proposer une politique différente de celle de Sarkzoy. On ne doit peut-être pas s'étonner que la gauche finisse par réclamer que quelques promesses soient tenues
;


Ah bon ? C’est « la gauche » qui réclame ? Allons… cette « gauche » a gardé un
silence prudent lorsque des promesses bien plus consistantes ont été piétinées. Où en est la rénégociation du TSCG ? Où en est la réforme fiscale « juste » ? Où en est la
politique de croissance ?


- l'argument qui tue : "il faut que force reste à la loi", ou en version latine, "dura lex sed lex". C'est
aller très vite et méconnaître la pratique du droit que d'avancer ainsi, c'est prêter au Droit une unité qu'il n'a pas (ou procéder comme BHL pourchassant le Mal au nom du Bien). Par exemple, le
droit administratif sait fort bien tolérer des irrégularités et la non-application de la loi quand il y a risque de trouble à l'ordre public


Je crois que vous confondez plusieurs choses. Le maintien de l’ordre public est l’une des fonctions essentielles
de l’Etat. Et c’est pourquoi le droit donne à l’autorité publique une marge d’appréciation lorsque celui-ci est menacé. Ainsi, un préfet peut – et le fait quotidiennement – différer l’exécution
du jugement, un procureur renoncer à poursuivre une infraction constatée pour des raisons d’ordre public. Il faut souligner d’ailleurs que lorsque l’Etat renonce à appliquer la loi pour ce motif,
il est tenu de dédommager ceux a qui la non-application de la loi porte préjudice. Il ne s’agit donc pas de « tolérer les irrégularités et la non-application de la loi », mais d’une
question de hiérarchie des objectifs que l’autorité publique apprécie sous contrôle du juge.


Dans l’affaire Léonarda, il n’y a pas de menace de trouble à l’ordre public, que je sache, ni a aucun autre
objectif supérieur qui justifierait qu’on n’applique pas la loi.


- aucun préfet n'ira s'agacer de dommages mineurs causés par des agriculteurs en colère ou des grévistes un
peu échauffés.


Ca dépend. Lorsque les « Conti » ont saccagé la sous-préfecture de Pithiviers, il y a eu des
condamnations prononcées. Il n’y a pas de règle générale. Lorsque les dégâts dépassent ce qui est considéré faire partie du droit de manifestation, des condamnations sont prononcées.


Autre cas, les permis de construire du pont de l'Ile de Ré ont été annulés plusieurs fois, mais pas suffisamment, ni suffisamment vite pour empêcher que ce bel ouvrage soit maintenant une
réalité fort tangible, une sorte de pied de nez permanent à "la Loi".


Là encore, il ne faut pas tout mélanger. Un principe de notre droit dit que « l’ouvrage public mal planté
ne se détruit pas ». Ce principe a une histoire : contrairement à l’acteur privé qui construit pour son profit, l’ouvrage public ne rapporte rien personnellement à celui qui l’ordonne.
Le juge applique donc une présomption de bonne foi dans le cas de l’ouvrage public. Il ne s’agit donc pas de prendre des libertés avec la loi, mais d’en faire une ap

odp 23/10/2013 21:06


@ trubli 


 


"Et si les enfants décident de squatter l'école on fait quoi? Qui les en fait sortir? On attend qu'ils attendent d'eux-même de sortir?? C'est le directeur ou les enseignants qui vont les
contraindre à sortir??? 


 


Dans ce cas comme dans n'importe quelle autre cas d'occupation ou de blocage d'école, le préfet a vocation, à un moment ou à un autre, à faire intervenir les forces de l'ordre pour dégager
l'établissement. 


 


Comme je l'ai dit précémment, le sujet n'est pas d'interdire la présence des forces de l'ordre dans les établissements scolaires mais de préciser les conditions d'application de la loi sur les
expulsions de mineurs scolarisés. Et d'éviter que celle-ci se fasse "pendant le temps scolaire".


 


D'ailleurs, comme vous l'avez probablement deviné, s'il y a squat ou occupation d'un établissement, c'est par définition "en dehors du temps scolaire". 


 

edgar 23/10/2013 01:28


hum... les "mioches" de la famille Dibrani c'est mal, et "l'idiot du village" ça ne va pas non plus.


pour finir sur ce débat : je suis pour l'application de la loi, dans les formes jusqu'au bout. mais la saisie de lycéennes pendant des sorties me paraît relever de la même nervosité publique qui
aboutit à casser des côtes à JB Eyraud.


odp : merci

Trubli 22/10/2013 22:11


à l'idiot du village dénommé ODP :


"Ce qu'il demande, c'est que la justice sursoit à
l'exécution de la peine le temps de la présence des enfants au sein des établissements scolaires"


Et si les enfants décident de squatter l'école on
fait quoi ? Qui les en fait sortir ? On attend qu'ils décident d'eux-même de sortir ?? C'est le directeur ou les enseignants qui vont les contraindre à sortir de l'établissement ???


Je vous ferai remarquer que vu le temps que les
enfants passent en milieu scolaire ou péri-scolaire il ne resterait plus beaucoup de temps pour appliquer les décisions de justice.


Vous réfléchissez avec votre sphincter c'est
pourquoi vous êtes le niveau zéro de la réflexion. Alors vos leçons de moral sur le bon comportement à tenir vous pouvez vous en faire un suppositoire.

odp 22/10/2013 18:21


@ CVT


 


Merci d'avoir reconnu que c'est vous qui le premier avez amené l'affaire du "mariage pour tous" dans le débat et d'avoir également précisé, alors que votre formulation initiale pouvait laisser
place au doute, que vous êtes pour l'application de la loi aussi bien dans le cas de l'expulsion des Dibrani que dans celui du mariage de personne de même sexe. 


 


Quant au caractère acrimonieux de nos échanges, je concède y avoir une très large responsabilité; mais c'est parce que j'estime que ce type de forum ne doit pas servir de défouloir mais plutôt
d'échange d'opinions argumentées et, si possible, étayées par des faits. Ainsi, vous me reprochez invectives et insultes; mais que faite-vous quand vous qualifiez l'ensemble de la famille Dibrani
de "racailles" à part insulter gratuitement ces gens qui, je le répète, au moins pour la mère et les enfants, n'en méritent pas tant? D'une certaine façon, je ne fais que me mettre au diapason:
vous choisissez d'hystériser le débat; je vous réponds sur le même ton outrancier. Oeil pour oeil dent pour dent en quelque sorte.  


 


Evidemment tout cela n'est pas très malin et encore moins "productif"; mais mon caractère est ainsi fait qu'il m'est très difficile de rester de marbre face à ce qui me semble être de la pure
provocation et, à moins que le maître de ces lieux ne me demande explicitement d'en rabattre, je ne vois pas pourquoi je le ferais. Cependant, puisqu'en concédant votre méprise au sujet de
l'introduction du "mariage pour tous" dans le débat, vous avez, en quelque sorte, fait un premier pas, je vous propose d'oublier nos querelles et d'essayer de fonctionner sur un mode moins
conflictuel. J'y suis parvenu avec Nationaliste Jacobin et Gérard Couvert malgré des débuts particulièrement tendus; il n'y a pas de raison pour que cela ne soit pas possible avec vous.


 


Toutefois, cela suppose que vous soyez prêt au dialogue, c'est à dire à la contradiction. Et il celle-ci est d'autant plus facile à mener que la logique des commentaires est lâche et que ceux-ci
manquent de nuances. Pour illustrer mon propos, je prendrai l'exemple du commentaire de "trubli" sur la sanctuarisation de l'école, où celui-ci indique que "sanctuariser" l'école équivaudrait à
créer une zone de "non-droit". Je passe sur le fait que son propos est exprimé de manière particulièrement hargneuse, voire incorrecte, à l'égard de notre hôte pour me concentrer sur le fond: ce
qu'il dit n'a aucun sens, car une zone de non-droit est une zone où règne la loi du plus fort et où le "crime" reste impuni.


 


Or, en l'occurrence, quand Edgar propose de "sanctuariser" l'école, il ne veut pas évidemment pas dire qu'assassins et voleurs pourront y perpétrer leurs crimes sans être inquiétés ni même que
les enfants de familles soumises à Ordre de Quitter le Territoire Français soient soustraits indéfiniment à cette obligation. Ce qu'il demande, c'est que la justice sursoit à l'exécution de la
peine le temps de la présence des enfants au sein des établissements scolaires. A ce titre, "sanctuariser l'école" n'est pas plus instaurer des zones de non-droit que surseoir aux exécutions
capitales les jours de noël et de la fête nationale n'est instaurer des plages calendaires de non-droit. Cela s'appelle tout simplement faire acte de décence, ni plus ni moins.


 


Apparemment ce genre de raisonnement est hors de portée de ce "trubli". Apparemment seulement; car bien évidemment, au fond de lui, "trubli" sait très bien que, quand il dit ce genre de choses,
il dit n'importe quoi. Simplement, il veut se défouler et régler son compte à Edgar qui, selon lui, a rejoint le camp des hérétiques en reprenant une demande du Parti Socialiste. Mon opinion est
que trubli se comporte comme un imbécile et qu'il ferait mieux de réfléchir un peu plus avant de faire ses commentaires sinon, il trouvera toujours des gens pour lui faire remarquer qu'en effet
il s'est comporté comme un imbécile et il se couchera plus énervé qu'il ne s'est réveillé.   


 


Pour finir, puisque vous m'avez demandé mon opinion sur cette lamentable affaire, sachez que, contrairement à ce que vous pensez, elle ne diffère pas de celle de la plupart des commentateurs qui
se sont exprimés sur ce blog. Etat actuel de la règlementation, cette famille avait toute les raisons du monde d'être expulsée et aucune d'être rappelée. En cette affaire, François Hollande s'est
ridiculisé à un point qui est probablement sans retour; et la Gauche au sens large (avec une palme pour les écologistes) plus encore. Le discours de Grenoble avait été pour moi la goutte qui
avait fait déborder le vase sarkoziste; celui de Léonarda est parti pour être celui qui aura fait déborder le vase hollandiste. A ce titre, puisque vous vous revendiquez Républicain, je serai
intéressé de connaître votre opinion sur ce fameux discours de Grenoble et si vous y avez vu le même scandale que celui de l'affaire Léonarda.   

nationalistejacobin 22/10/2013 16:20


@Edgar,


 


Je n'ai aucun "amour" pour la loi. Je pense que le système judiciaire français offre de nombreux recours qui sont autant de garde-fou. La famille Dibrani a eu sa chance, et elle a épuisé tous les
recours. C'est aussi simple.


 


Je ne comprends pas comment vous pouvez opposer la loi à une circulaire: la loi est générale et abstraite, la circulaire est là pour définir les modalités concrètes de l'application de la loi,
les deux sont parfaitement complémentaires. En gros, vous acceptez la loi, mais finalement vous souhaitez à demi-mot que les circulaires en limitent grandement l'application... Désolé, je ne
crois pas qu'une circulaire ait pour fonction de vider la loi de son sens. Et il serait dangereux qu'il en soit ainsi. Quelle justice digne de ce nom peut prononcer la reconduction à la frontière
de la famille Dibrani (qui répétons-le a épuisé tous les recours légaux) et ensuite ne pas appliquer la décision parce qu'une circulaire l'empêche? Il faut quand même se rendre compte qu'il y va
de la crédibilité de notre Etat et de la République! On ne peut pas décemment agir ainsi. A quoi bon faire des lois, si on ne peut pas les appliquer? Sinon, encore une fois, changeons la loi.


 


Non, la famille Dibrani n'a jamais payé de TVA, elle n'a jamais rien payé du tout d'ailleurs, puisqu'elle achetait avec de l'argent issu des allocations. Il est de plus probable que sa nourriture
lui était fournie par une banque alimentaire ou une association. Les gens qui vont chercher leur alimentation aux Restos du Coeur paient-ils la TVA? Cela m'étonnerait fort... 


 


Mais vous avez raison, les Dibrani nous ont coûté très cher. Et comme le rapport remis au Ministre de l'Intérieur souligne le peu d'entrain du père à s'intégrer en France, ces braves gens nous
auraient coûté encore plus cher s'ils étaient restés. D'autant que derrière Leonarda, il y avait quatre ou cinq mioches que la société aurait dû élever à la place de ces pauvres gens en butte aux
discriminations. Vu l'absentéisme de Leonarda et son langage, qu'on ne vienne pas me dire qu'on s'est privé d'un futur Nobel de physique. Vivre au crochet de la société, cela s'appelle du
parasitisme, et non de la fraternité. Pour moi, dans la fraternité, il y a un principe de réciprocité. Qu'est-ce que les Dibrani ont apporté à la France, sinon des dépenses inutiles?


 


"ce blog est aussi un défouloir. mais ouvert!"


Et c'est ce qu'il rend fort intéressant.

CVT 22/10/2013 06:39


@ODP,


au temps pour pour moi: c'est moi qui est introduit l'argument du mariage "pour tous"...


Pour le reste, ça n'enlève rien à ce qui j'ai dit sur cette question: je suis pour l'application stricte du droit, que ce soit pour l'expulsion des clandestins ou le mariage des personnes de même
sexe.

CVT 22/10/2013 06:31


@Edgar,


[pour ce qui est de céder à l'émotion, ce
genre de jeux entre le pouvoir et les bisounours émus se termine souvent dans la rue, et se règle au nombre de manifestants. et l'amour effrené de la Loi est aussi une émotion.]


Désolé de ne pas être d'accord avec cette affirmation: l'amour de la loi, comme vous dites, c'est par définition l'amour de la Raision, et le contraire de l'émotion, qui est par essence l'ennemie
de la raison en matière politique et judiciaire. Si dans la sphère privée, l'émotion a toute sa place, dans la sphère publique, elle conduit à la démagogie et aux pires dérives. Pire, si on n'y
prend garde, elle instaure le royaume de l'arbitraire...


Je ne dis pas qu'il faut évacuer l'humanité dans la sphère publique, et appliquer de façon stricte le droit. Des gens sont payés pour apprécier les situations individuelles avant d'appliquer la
Loi. Mais une fois la décision prise, elle doit être exécutée, puisqu'on estime que tous les élements OBJECTIFS ont été pris en compte...

CVT 22/10/2013 06:23


@ODP,


comme d'habitude, vous êtes incapable de discuter sans invectives ni insultes! C'est VOUS QUI N'ETES PAS CREDIBLE, vous êtes malhônnete, et un minable petit dictateur!


Oui, je maintiens que les Dibrani sont des racailles, et des parasites, mais apprenez d'abord à lire avant de me critiquer: j'ai ajouté également que je n'en faisais pas une question morale, et
que même si les Dibrani avaient des gens corrects, la loi doit s'appliquer quand même... Dans cette affaire, pensez-vous comme C.Barthelone qui affirme, qu'au delà des lois, il y a des valeurs?
Si vous êtes d'accord avec lui, vous êtes un anti-républicain, et un adepte de l'arbitraire... 


Enfin, à propos du mariage "pour tous", vous utilisez vos procédés habituels de diversion: vos êtes hors sujet!!! Maintenant, si vous voulez tout savoir, j'ai applaudi la décision du Conseil
Constitutionnel à propos d'une soi-disant clause de conscience des maires. Si celle-ci avait pu s'appliquer à un officier d'état civil, on peut parier qu'elle pourra être étendue à n'importe
quelle conviction philosophique, politique ou religieuse: autant dire que l'Etat de droit serait à terre...