La lettre volée

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Le travailleur passé au Caterpillar

Un billet de Robert Reich fort intéressant sur la déconnexion entre la bourse, qui repart, et l'économie, qui s'enfonce.


Pour résumer : avant en phase de crise les entreprises licenciaient, puis réembauchaient qaund ça repartait. Maintenant c'est fini. Les emplois perdus le sont pour longtemps.


Les causes selon lui :


1. les délocalisations, notamment en Chine ;

2. l'externalisation des tâches (à des entreprises qui paient moins bien) ;

3. la mécanisation et l'automatisation.


Tout cela est facilité par l'argent pas cher, qui rend l'achat de machines plus facile, pour remplacer les salariés et rend aussi moins couteux l'investissement en Chine en empruntant aux USA (ceci ne vaut que pour les sociétés américaines).


Un bel exemple selon lui, l'action Caterpillar, qui vient de prendre 165% de hausse en six mois. Sans vendre un bulldozer de plus. En licenciant 37 000 salariés.


Il commence à s'inquiéter d'une économie qui voudrait tourner sans salariés...


La même semaine, Paul Krugman explique que pour retrouver les 8 millions d'emplois qu'elle vient de perdre et embaucher les nouveaux arrivants sur le marché du travail, l'Amérique (les USA), devra créer 18 millions d'emplois dans les 5 ans, 300 000 par mois. Le mois dernier, les marchés ont crié victoire après une perte limitée à 11 000 emplois...


Ca sent la peur...

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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David78 13/12/2009 13:59


"Concrètement, ça renchérit les produits (locaux et importés) et ça rend donc le consommateur plus pauvre."

Sauf si la fiscalité sur les revenus changent en basculant la CSG et CRDS... vers une TVA sociale.

Mais effectivement il y a beaucoup de pirates au Danemark...


edgar 13/12/2009 11:27



C'est à dire que pour vous toutes les taxes se valent.


Taxons l'import à hauteur de la sous-évaluation des devises dans lesquelles sont libellées ces imports c'est assez original. Et la supériorité du libre échange absolu n'a jamais été établie.


Pourquoi ne pas interdire ? Parce qu'on a besoin du commerce international. Taxer n'est pas interdire, ça frappe différemment les produits selon leur élasticité-prix etc...


Le travailleur US est deplus en plus pauvre parce qu'il produit de moins en moins, et qu'on ne peut pas bâtir une économie sur la R&D et sur l'espoir que les chinois seront toujours des
esclaves. Il n'a pas eu besoin de taxes à l'importation pour s'appauvrir.


Visiblement vous semblez ignorer la nuance en économie.



h16 13/12/2009 10:21


... si une taxe avait déjà permis de créer de l'emploi en France, nous n'aurions pas un seul chômeur, voyons.

Quant au sophisme du "taxons l'import pour favoriser les produits nationaux", il a été démonté tant de fois que je ne comprends pas qu'on puisse encore y avoir recours. En outre, si une taxe
de N% fonctionnait un peu, pourquoi ne pas  tout simplement interdire les produits concernés ?

Concrètement, ça renchérit les produits (locaux et importés) et ça rend donc le consommateur plus pauvre. Ça accroit la fraude et la contrebande, aussi. Bref : ce n'est même pas un début
de solution, même de loin.




edgar 12/12/2009 16:48



Il n'y a pas besoin d'investissement pour créer du service à la personne (ou quasiment pas).


 


je crois que la focalisation sur la haute valeur ajoutée est une lubie. on ne recréera pas à hauteur de ce qui a été perdu dans ces domaines, même avec la plus grande agilité.


Il importe à mon sens bien au contraire de metre du sable dans les rouages. Puisque le jeu des taux de change international est pipé (par le couple USA/Chine), intervenons à notre tour : en
taxant les monnaies dévaluées.


Sachons aussi défendre l'idée qu'un produit fabriqué qui inclut le coût de la retraite de celui qui l'a produit n'est pas le même qu'un produit fabriqué sans garanties sociales pour le
travailleur. en conséquence, on doit savoir aussi taxer les produits venant de pays où les minimas sociaux ne sont pas assurés.


c'est donc en introduisant la rigidité dans un système international biaisé, pour en corriger les défauts, que l'on s'en sortira...



h16 12/12/2009 16:41


Le constat fait qu'un job perdu maintenant dans les pays occidentaux ne sera pas recréé est malheureusement exact ; les états, en ayant nourri puis laissé gonfler les bulles (télécom d'abord puis
immobilière ensuite, et maintenant écolo) ont massivement retardé les investissements des entreprises dans des domaines (le service de proximité ou à la personne, p. ex) où les jobs ne manquent
pas. 

Bilan : les industries du secondaire, massivement délocalisables, se sont délocalisées, les emplois correspondants ne seront pas recréés, et ... il n'y a rien (encore) pour remplacer. La crise
ouverte en 2008 n'est pas prêt de s'arrêter et les années qui arrivent ne se présentent pas du tout sous le meilleur jour. 

Seuls les pays les plus agiles, aptes à recréer de l'emploi dans des domaines d'excellence (hautes technologies, services non délocalisables), s'en sortiront... Je ne parierai pas sur la France, en
l'état actuel.