La lettre volée

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Le PDG de l'Occitane contre la BCE

Un bon témoignage cette semaine dans les Echos. Sous le titre "Guerre des monnaies, le vrai-faux débat des européens", Reinold Geiger, PDG de l'Occitane, rappelle à quel point l'euro nous coûte des emplois.

"depuis des années, la BCE ne veut pas comprendre que le véritable problème pour les européens est la surévaluation de l'euro face au dollar américain... Les commentaires de la BCE ont toujours été très efficaces, mais en faveur du dollar américain".

Le pari formidable qu'était la création de l'euro avait un seul intérêt (qui contrebalançait les inconvénients qui sont la seule chose qui nous reste) : en finir avec l'utilisation du dollar comme arme de guerre commerciale par les Etats-Unis. Dès qu'ils ont besoin de se relancer, les Etats-Unis affaiblissent leur monnaie pour vendre moins cher. Comme leur monnaie est utilisée pour les paiements internationaux, elle reste recherchée même s'ils connaissent des déficits - ce n'est jamais pour eux un problème. Ce que rappelle Eiger c'est que la sous-évaluation du yuan chinois vient de ce que les chinois ont dit "assez", et ont décidé de lier leur devise au dollar ("Si l'euro baissait de 30% par rapport au dollar, ce qui constituerait un taux de change logique, nous baisserions aussi par rapport au yuan chinois.").

La BCE n'a jamais fait la même chose, et n'a jamais suggéré aux Etats-Unis de cesser de jouer avec leur monnaie. Pire, la BCE a remballé les chinois lorsqu'ils ont suggéré la création d'une monnaie de réserve internationale.

Bref, personne ne fait rien quand l'euro sert de variable d'ajustement pour toutes les économies qui ont besoin de se refaire sur le dos de la zone euro.

Conséquence concrète pour cet industriel, patron de l'Occitane : plutôt que de se développer avec des sociétés européennes ou de développer sa société avec des produits Made in France (Made in zone euro), il va acheter une ou plusieurs sociétés hors-Europe - et créer là-bas des emplois plutôt qu'ici.

J'ajoute que personne n'ira comptabiliser cela comme délocalisation. Pourtant, ce sont bien des délocalisations en réalité : des éléments extérieurs conduisent une société qui aurait préféré ne pas procéder ainsi à choisir d'autres lieux de production.

Comme l'écrit Geiger "une société saine ne peut supporter un taux de change défavorable plus d'un an. La surévaluation d'une monnaie pendant des années consécutives a tout naturellement pour conséquence de faire fuir les projets industriels en dehors de la zone euro et appauvrit nos pays à long terme."

Face au comportement guerrier américain "notre monnaie, votre problème", l'Europe accuse les chinois, qui ne font que se défendre intelligemment, eux...

L'Europe, chaque jour, nous rend plus faibles et favorise les explosions sociales. Assez de rafistolages, sortons-en !

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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RDO 01/11/2010 19:34



Excelente info merci