La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Le dernier poste de François Asselineau

Wikileaks a permis de prendre connaissance de nombre de télégrammes diplomatiques américains.

Certains sites permettent de rechercher des mots clés dans le contenu de ces documents, comme cablegate.

En y cherchant le nom de François Asselineau (en revanche toujours absent de wikipedia), on y trouve un télégramme consacré au patriotisme économique

A l'époque, le gouvernement Villepin entendait contrôler les investissements étrangers dans l'économie, suite à l'affaire Danone.

L'introduction du télégramme se terminait ainsi : "il est dans l'intérêt du gouvernement US de prier instamment les français d'apprendre de notre expérience, bonne ou mauvaise, avec Exon-Florio et le CFIUS, et de souligner l'importance primordiale des droits de l'actionnaire et du rôle du marché."

En gros, nous, américains, pouvons nous défendre, mais les français doivent laisser-faire "le marché" (rétrospectivement, on peut sourire au décalage entre le sérieux avec lequel l'ambassade américaine prenait cette affaire et le masochisme de nombreux commentateurs français - lire Gattegno dans le Point, jugeant le patriotisme éco "ringard et inefficace").

*

Une partie du dispositif qui avait été imaginé reposait sur une Délégation à l'Intelligence économique, confiée à François Asselineau, à Bercy. On lit dans le télégramme que ce service "a déjà joué un rôle moteur dans le projet d'une prochaine législation de contrôle des investissements". Par ailleurs, à ce poste, Asselineau avait rédigé un rapport remis en juin 2004 qui concluait à la fragilité de l'euro -cf. cette vidéo.

*

Tout cela n'allait pas bien, et l'ambassade concluait son télégramme ainsi : "notre défi en France sera de nous assurer d'une bonne compréhension des pratiques et politiques américaines et de leur portée [en matière de contrôle des investissements]".

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François Asselineau fut donc mis au placard peu après, assurant ainsi une meilleure compréhension des pratiques américaines. Il est depuis candidat à l'élection présidentielle pour 2012. Le site de son parti, l'UPR, est le cinquième site politique français en termes de fréquentation, devant celui du Front de gauche - l'honnêteté commande de préciser que le blog de Mélenchon est le deuxième site politique, si on l'introduit dans le classement, derrière celui du FN et devant celui du PS. Le score du site de l'UPR reste exceptionnel compte tenu du fait que François Asselineau n'a jamais été invité sur un grand média national. L'UPR est véritablement un parti qui naît d'internet. Son leader ne sort pas d'internet, mais de l'Inspection générale des finances, et avait bien été repéré par l'ambassade américaine à Paris dès 2004. 

 



 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Pchout 27/01/2012 11:22


@Gérard Couvert : le problème c'est que DLR est trop "RPR", pas assez ouverte sur la gauche. Et DLR devrait abandonner l'étiquette gaulliste pour être rassembleuse. Abandonner la xénophobie
aussi.

edgar 26/01/2012 21:20


je te rassure zorba, c'est peu fréquent.

zorba 26/01/2012 15:30


plus de 200 "like" pour un post sur ce blog c'est couillu, tout le micocosme des antieuropéens parisiens est sur ce blog

Gérard Couvert 25/01/2012 00:30


J'ai volontairement, par gout de la saine provocation, utilisé les termes de "politique politicienne" sachant qu'ils seraient lus avec un sens bien au-delà de leur signification réelle.


Cela fait 20 ans que l'on pronostique la fin des partis de masse et l'inutilité du travail militant de terrain ; la folie de la virtualisation frappe aussi ici, pourtant tous les commentateurs on
insisté sur les 20000 (sans doute moins de 16000) participants à la réunion de Hollande !


Je ne sais si vous êtes militant politique, je ne le pense pas, en  revanche vous semblez être de ceux qui sont à gauche par volonté de valorisation, en gros on peu condescendre à considérer
certains de droites comme de braves gens, ou comme des égarés, mais susurrement pas des égaux : la gauche à raison, la gauche c'est l'intelligence, la gauche c'est la justice et le progrès, les
autres ... des cons ou des salauds.


Je crois que vous n'avez jamais du beaucoup parler avec le peuple de droite, et encore moins avec des militants, du FN par exemple. Voyez-vous, sur un marché où tractent divers partis, je vous
assure que les plus intolérants, les plus physiquement antidémocratiques ce sont les gens de Mélanchon.


Autre remarque, la droite possédante et la gauche laborieuse, vous y croyez vraiment ? ou c'est manière de vous rassurez sur votre morale ? Faut-il que je vous rappelle qui a le plus nationalisé
(et comment sur le plan de l’indemnisation) et qui à le plus privatisé ; qui a signé et préparé les traités européens les plus spoliateurs de la richesse nationale et les plus rétrogrades ?


Je n'ai pas très bien saisi le sens de votre pensée, vous jugez DLR trop petit, et justifiez l'UPR 15 fois plus petit. Monsieur Asselinau et les militants qu'il rassemble seraient bien inspiré de
venir nous rejoindre à DLR, ils y seraient les bienvenus, n'auraient que peu de dépaysement idéologique, pourraient peser sur le contenu programmatique de DLR, et surtout, ils contribueraient à
faire, pour de vrai, avancer la reconquête souverainiste (autant admettre ce mot qu'on nous colle comme une insulte).

DAELIII 24/01/2012 23:55


Promis juré je n'avais pas regardé le site de Mme Delaume avant de répondre le petit mot ci-dessus. Mais, Dieu !, quel éclatante approbation !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

DAELIII 24/01/2012 23:34


Non M. Couvert, non. Justement ! La "soumission à la politique politicienne" est pour l'essentiel ce qui a mené la France où elle est, amené la "gauche" dans l'état où elle se trouve et réduit
les citoyens de base, dont je suis, au stade de "déboussolement" où ils ne voient plus d'autre solution que de "casser la machine", et pour certains, sans doute dans ce but, de voter FN.
La force de l'UPR et de son fondateur est précisément de viser uniquement me semble-t-il, au moins à ce jour, l'intelligence de ses auditeurs, par la profondeur de l'analyse, par la rectitude et
la clarté de ses propositions argumentées, donnant ainsi " une direction générale", en quelque sorte, et solide, que ne viendra pas brouiller le moins du monde une tactique louvoyante dont on
découvre hélas souvent, quelques années après, quelle a couvert une stratégie personnelle efficace ou, pire, un lâche renoncement. Français de sensibilité très à gauche, j'ai été amené à
contribuer par mon vote à amener Miterrand au pouvoir, et ce par la caution de nombre d'hommes que je considérais comme des politiques sincères et habiles, comme M. Chevènement par exemple.
Sincères peut-être l'étaient-ils, au moins à l'époque, habiles, la suite a montré ce qu'il convenait d'en penser. Je ne suis pas le seul à jurer que l'on ne m'y reprendra plus.
M. Lacouture à dit de Mendès-France, qu'il était celui qui lui avait montré que "la politique n'est pas toujours sale". Je ferai le parallèle avec ce que dit De Gaulle, que la voie droite est la
seule suceptible de convaincre et de vaincre. Devant la gravité de notre situation, ces comparaisons ne sont pas déraisons.
Sur la tactique, laissez-moi vous rappeler une évidence, que j'ai déjà je crois souligné ici. Les
 "gaullistes de gauche", dont on peut penser que M. Dupont-Aignan est peu ou prou un continuateur, ont toujours été fort sympathiques, et sincères je crois. Mais il étaient, et sont
toujours, et toujours pour la même raison, les champions d'une aporie politique. Celle-la même qui a sonné le glas de l'échec final de De Gaulle :  prôner une vision qui, ontologiquement,
n'a pas de soutien parmis les électeurs auquels elle est adressée. La droite française est sans doute la seule à  ne pas être nationaliste, même à être anti nationale, le FN étant de ce
point de vue un superbe exemple, si on veut bien y réfléchir sérieusement. Elle regroupe pour l'essentiel les classes possédantes alors que celles-ci ont toujours, et depuis des siècles, préféré
"leur portefeuille" à leur patrie, ou ce que leur courte vue leur faisait croire être leur intérêt matériel. Elles ont donc toujours choisi l'appui sur l'étranger pour contrer les mouvements
d'émancipation des travailleurs de notre pays et leurs revendications, travailleurs qui sont, on le sait, diablement moins dociles que chez nos voisins, proches ou lointains. Où diable irez-vous
trouver une majorité pour M. Dupont-Aignan ? Réussira-t-il là où De Gaulle même, dont celui-là se réclame, n'a précisément pas pu percer ? Par la "soumission" dont vous parliez ?
La majorité que vous cherchez ne peut se trouver que chez ceux qui, bien éclairés et sans démagogie, "n'ont d'autre bien que leur patrie" pour citer approximativement Jaurès. Et M. Dupont-Aignan
en sera, s'il est sincère, et je suis bien volontier disposé à le croire, un appoint efficace  et respecté.
Pas l'inverse.

Gérard Couvert 23/01/2012 10:31


Il n'a aucune chance d'avoir 500 signatures, et il le sait pertinemment, donc il faut s’interroger sur la raison de "sa" collecte.


Fonder un parti politique est une action de longue haleine, ou bien portée par un mouvement populaire sous-tendu par des ferments dans la conscience collective (par exemple le poujadisme) ; un
peu de soumission à la "politique politicienne" est aussi une obligation : le preux chevalier blanc parcourant les campagnes est un spectacle édifiant mais stérile.


L'intelligence des analyses et les meilleures intentions ne suffisent pas, et certaines compromissions, au moins de façade se révèlent utiles, voir indispensables, c'est sans doute regrettable,
et pénible à vivre -je vous l'assure- mais c'est ainsi.


Nous sommes presque 13000 à D.L.R. Dupont-Aignan à une petite visibilité médiatique (à part sur TF1 :11 secondes en 2011 !) qui va croitre dés lors qu'il aura ses signatures (puisées à la même
source que celles de l'U.P.F.).


L'opposition à l'Euro est maintenant l'étiquette médiatique de Dupont-Aignan, son patriotisme économique est raillé depuis des années, le parallélisme entre son programme et les solutions prônées
par Asselineau est flagrant, les électeurs régleront le problème d'égo à leur façon, ce serait sans doute préférable que le principal intéressé s'en rende compte.


Ou alors je crains une certaine dérive sectaire, du genre "Parti des Travailleurs", et ce serai dommage, d'une part pour la cause commune et d'autre part pour l'énergie dépensée par des militants
qui seraient accueillis ailleurs avec joie.


Pour finir permettez-moi une histoire personnelle, dans ma jeunesse je faisais de la moto, sur des machines anglaises, brillantes, vibrantes, mais sujettes à quelques faiblesses ; lorsque je
partais avec des amis nous avions pris l'habitude de dire, non pas, "nous allons à ..." mais  "nous allons vers ...", le militantisme politique c'est la même chose : une direction générale.

edgar 22/01/2012 20:45


non. faut dire que les médias n'aident pas !

Laurent K 22/01/2012 01:35


Il a ses 500 signatures ?