La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

"L'Espagne n'a commis qu'une seule grave erreur : rejoindre l'euro"

C'est l'avis de Martin Wolf, l'un des chroniqueurs économiques du Financial Times les plus réputés.

Dans un papier récent, il envisage toutes les causes possibles de la crise espagnole. Il lui paraît qu'en aucun cas le gouvernement espagnol, qui a mené une politique budgétaire louée par le FMI, jusqu'à très récemment, n'aurait pu éviter la crise actuelle.

L'adhésion à l'euro est selon lui la seule erreur grave qui empêche l'Espagne de se redresser. Avec l'euro, l'Espagne ne peut bénéficier, en temps de crise, d'un taux de change et de taux d'intérets moins élevés.

*

Les alter européens attachés à l'euro ou les européens grand teint comme Jean Quatremer verront là l'opposition éternelles des zanglosaxons à l'envol de la déesse Europe.

Sauf qu'un autre article récent du Financial Times montre également que le président de la cinquième banque britannique a vu lundi David Cameron, le Premier ministre, pour l'avertir des risques d'une sortie britannique de l'Union européenne. L'information n'est sortie que parce que Peter Sands, le banquier en question, est sorti ses notes de réunion à la main, glissées dans une pochette transparente que les photogaphes se sont fait un plaisir d'immortaliser.

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La City n'est pas si opposée à la construction européenne que ce que l'on veut bien laisser croire quand ça va mal.


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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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L.L 29/06/2012 15:07


@Zebulon


Votre message est intéressant mais si vous allé au bout de votre logique, quel intérêt de garder la France ? Des régions indépendantes peuvent faire l'affaire vu que c'est pas grave et qu'on ne
risque rien des plus gros ? Non ?


C'est itnéressant de voir sur se blog les idée des eurosceptiques mm si c'est souvent un peu théorie du complot.


L.L

Zebulon Whateley 29/06/2012 09:26


Vous nous faites la totale des arguments alter-euro stereotypiques:


1 - Premièrement, je trouve qu'il est assez ironique de vouloir attribuer les failles de "l'Europe" aux "souverainistes", surtout quand le pouvoir et les grands médias ont été dans la main des
européistes depuis plus de 30 ans. C'est une particularité des dogmes religieux: si on n'atteint pas le "paradis terrestre" (Europe fédérale), c'est la faute du "diable" (souverainistes)!


Cette incapacité à se remettre en question est, par ailleurs, ce qui entrainera la chute du "projet".


 


2 - "Les Français comprennent que la seule solution c'est plus d'Europe" -- c'est la seule solution selon les médias de masse contrôlés par les puissances d'argent, et c'est celle qu'ils veulent
imposer aux français. Or, la retrospective nous montre que l'idée selon laquelle céder des "tranches de salami" chaque fois que les européistes nous disent que la "seule solution c'est plus
d'Europe" ne fait qu'entraîner plus de crises, lesquelles, selon les européistes, doivent se résoudre... avec encore plus d'Europe.


 


3 - "Qui peut croire 1 sec qu'on va revenir en arrière de tout ce qu'on a fait depuis la guerre?" Dans la vie d'une personne comme dans celle d'un état, il n'est jamais trop tard pour revenir en
arrière et réparer nos erreurs. Si nous faisons le bilan de la soi-disant "construction européenne" depuis ses origines, nous verrons bien que le bilan est celui d'un désastre économique et
démocratique. Si on s'interroge au sujet des origines de la construction européenne, on trouve des résultats très intéressants... http://www2.warwick.ac.uk/fac/soc/pais/people/aldrich/publications/oss_cia_united_europe_eec_eu.pdf


 


4 - "Face au Brésil, la Chine, LOL"... votre commentaire me rappelle un poster de propagande pro-Maastricht qui montrait un gros superhéros et un gros lutter de sumo (les états-unis et le Japon)
qui étaient les croquemitaines de service des eurobéats dans les années 90. Maintenant, c'est le Brésil et la Chine, mais le principe est le même: les européistes veulent nous faire avoir peur de
"l'autre" pour qu'on se réfugie dans un bloc d'apartheid blanc et "pur". Je ne vois pas en quoi la Chine et le Brésil vont nous "bouffer" à moins que vous vous placiez dans une logique racialiste
d'affrontement. Je vois, au contraire, des opportunités dans l'émergence de ces pays avec lesquels je ne souhaite nullement m'opposer. J'imagine que vous avez adoré le dernier spot racialiste de
la Commission Européenne: http://www.youtube.com/watch?v=dkGtQ6khnaA


 


Quand à Quatremer et l'institut Montaigne, c'est à moi de dire LOL. Si vous croyez qu'un think-tank libéral, financé par les puissances d'argent, est une source fiable... les think-tanks font
justement des sondages pour obtenir les résultats qu'ils veulent, et Quatremer, quand à lui, ne veut entendre que ce qu'il aime entendre.


 


"Je connaissais
déjà de réputation l’Institut Montaigne, ce think-tank très libéral dirigé par le “ patron du capitalisme français ” (dixit Libé) Claude Bébéar, PDG d’AXA."


Source: http://www.acrimed.org/article2519.html

L.L 29/06/2012 08:58


@Zebulon


Eh oui ! Si on a pas pu aller plus loin c'est à cause de ses souverainistes qui ont empêché un saut fédéral !! Il faut rétablir ça alors que les Français comprennent que la seule solution c'est
plus d'Europe ! Qui peut croire 1 sec qu'on va revenir en arrière de tout ce qu'on a fait depuis la guerre ? Face au Brésil, la Chine, LOL vous voulez vous faire bouffer ? Dans qqs années on se
fait dépasser par les pays émergents...


Allez regarder l'article de Quatremer, il cite le sondage de l'institut Montaigne, il n'invente rien. Les Français réalisent qu'ils ne peuvent pas garder souveraineté et profiter de l'Europe.


L.L

Zebulon Whateley 28/06/2012 21:39


La doctrine de la "crise bénéfique" a été mise en place et utilisée par Monnet ainsi que ses successeurs spirituels depuis l'origine de la "construction européenne" -- comme le dit très bien le
dernier commentaire d'edgar, elle prospère des crises qu'elle engendre. Il est clair que ceux qui avaient voulu l'euro savaient que cette crise aurait lieu, et qu'ils en profiteraient au moment
venu, comme avec toutes les crises précédentes; il suffit de lire les commentaires de Prodi ou Delors à l'époque. Cependant, je crois que cette fois-ci, c'est une crise de trop: on assiste à
l'impuissance des eurobéats face à la fureur de la crise qu'ils ont déclenché et qu'ils sont incapables de résoudre.


 


@L.L Quatremer est une source au sujet de ce que "veulent les français"? Comme quand il disait que ces "abrutis de français" avaient "mal" voté en 2005? Quatremer prend ses désirs pour des
réalités.


À part ça, vous nous ressortez les bobards alter-euro habituels: "certes, l'Europe ne marche pas, mais il faut plus d'Europe!".


C'est ce qu'on nous disait en 2005 pour justifier le TCE/Lisbonne: si l'Europe ne marchait pas, c'est qu'il fallait "plus d'Europe" -- c'est, par ailleurs, ce que disaient les partisans de
Maastricht. Toujours "plus d'Europe", et l'Europe marche de pire en pire...

L.L 28/06/2012 18:41


Article intéressant mais vous en tirez des conclusions erronnées ! Il faut justement plus d'intégration européenne, Edgar et Descartes vous avez tort !


La construction actuelle est imparfaite personne ne le nie ! Mais si on fait un saut dans un système fédéraliste, on pourra faire une politique pour toute la zone euro et faire des transferts
budgétaires ! Ensuite, à chaque pays de les gérer comme il faut grâce à une règle d'or. Et les Français y son favorables (cf dernier article de Quatremer).


L.L

edgar 28/06/2012 15:50


descartes : oui. et il ne nous reste plus qu'à regarder, impuissants, avancer le char majestueux de la construction européenne, qui prospère des crises qu'elle engendre.

Descartes 28/06/2012 15:04


Bonjour Edgar,


Comme souvent, l'article de Wolf est excellent. C'est d'ailleurs l'un des rares commentateurs économiques qui semble avoir compris que l'essentiel n'est pas dans l'équilibre budgétaire, mais dans
la balance des échanges courants. Il montre d'ailleurs dans son article que tous les indicateurs budgétaires étaient au vert jusqu'à 2008 (excédent primaire et même excédent budgétaire pour les
trois dernières années avant la crise) ce qui avait valu à l'Espagne un satisfecit du FMI et des instances européennes, mais qu'un coup d'oeil à la balance des échanges montrait clairement que
quelque chose était pourri dans le royaume...


L'article met bien les points sur les I: non seulement l'Espagne allait à la catastrophe, mais les instruments que la mal nommée "construction européenne" avait laissé au gouvernement espagnol
n'auraient pas été suffisants pour éviter la crise. La politique monétaire de la BCE, adaptée à l'économie allemande, était totallement contre-productive dans une économie espagnole en
surchauffe. La "libre circulation des capitaux" ne permet pas à un Etat de freiner le crédit et donc le gonflement de la "bulle" immobilière.


Mais la remarque peut-être la plus importante est que le "pacte budgétaire" proposé par l'Allemagne n'aurait absolument rien changé. La crise espagnole n'est pas le résultat d'imprudences
budgétaires, mais a des raisons structurelles. Et cela m'amène a souligner combien le discours que nous tiennent les médias habituellement eurolâtres sur le thème "il faut un saut fédéral" ou "il
faut plus d'intégration". En fait, on essaye de nous faire le coup habituel: chaque fois que la construction européenne montre ses vices, on nous raconte que "ce n'est pas parce qu'il y a trop
d'Europe, mais parce qu'il n'y a pas assez", et on essaye de nous persuader de tansférer encore un paquet de pouvoirs à Bruxelles.


La présente crise a démontré que ceux qui avaient dénoncé le traité de Maastricht avaient raison. L'Europe de Maastricht est celle du "nivellement par le bas" des économies européennes et leur
asservissement à l'Allemagne par le biais d'une politique monétaire malthusianiste.

Craig Willy 27/06/2012 12:10


Bien dit. J'ajouterais que le Financial Times - contrairement au fantasmes français sur les Anglo-Saxons - est un journal très, très europhile. Il a même milité pour l'adhérence du Royaume-Uni à
l'euro, s'attirant les insultes de beaucoup de commentateurs anglais.

edgar 27/06/2012 10:22


nous sommes bien d'accord, les avis du FMI ne sont pas parole d'évangile. mais du point de vue néoclassique, qui est celui que défend presque systématiquement le FMI, on ne peut rien reprocher à
l'espagne. 


 

Thomas 27/06/2012 10:12


Et si c'était justement parce qu'elle "a
mené une politique budgétaire louée par le FMI" que l'Espagne était en crise ? Si je me souviens bien l'Argentique était le "meilleur élève du FMI en amérique latine", juste avant de sombrer dans
sa crise...


Est-ce que le FMI ne recommandait pas la dérèglementation financière et la rigueur budgétaire ?