La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

L'Amérique sombre

L'ambiguïté du terme va bien à cette traduction approchée du titre d'un article récent de Paul Krugman - America goes Dark.

Il revient sur les coupes budgétaires annoncées en Amérique (un tiers de l'éclairage de Colorado Springs éteint, des routes détruites faute d'argent pour les entretenir, les horaires des classes réduits...)

Tout cela parce qu'Obama n'arrive même pas à faire passer des lois abolissant les cadeaux fiscaux faits aux très riches par Bush.

Comme dans l'Union européenne, on a ainsi l'impression d'une impossible alternance.

Pour des raisons très différentes, l'alternance droite gauche n'a qu'un impact limité en France, dans l'Union européenne et aux Etats-Unis.

Aux USA, parce que le Congrès est peuplé en grande partie d'élus sans cesse réélus et financés par divers lobbyes. Dans l'Union européenne parce que les équilibres du pouvoir sont biaisés en faveur d'une Commission non élue et que, de toute façon, les politiques néolibérales sont inscrites dans la constitution même de l'Union. En France, parce que quelle que soit la couleur du gouvernement c'est Bruxelles qui décide des grands équilibres. Il y a fort à parier qu'un PS revenu au pouvoir (ou n'importe quel mouvement de gauche ou de droite qui ne rejetterait pas l'Union européenne, ce qui inclut le NPA aussi bien que le FN ou le Parti de gauche...) se heurterait immédiatement aux mêmes oukazes budgétaires de la part de la Commission que Nicolas Sarkozy.

Rien de réjouissant à ce constat. Krugman conclut : America is now on the unlit, unpaved road to nowhere ; l'Amérique est sur une route défoncée et assombrie, en direction de nulle part...

 

 

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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des pas perdus 03/09/2010 08:24



Merci pour le lien et les suivants très intéressants. J'avoue ne pas avoir lu le livre qui est chroniqué. Même si je ne suis pas d'accord, a priori, avec son analyse, je ne retire pas mon
précédent commentaire.



edgar 03/09/2010 01:26



je sais bien, j'en suis membre !



blog politique 02/09/2010 20:18



Bonjour,


Il n'y a qu'un seul parti disant clairement qu'il faut sortir de l'Europe : L'UPR de François Asselineau.


Tous les autres (partis) disent qu'il faut une autre Europe, mais changer l'Europe est impossible tant qu'elle sera régit par les USA.


En espérant qu'Asselineau perce d'ici là ;-)



Herodote 30/08/2010 13:28










edgar 29/08/2010 23:24



Pas perdus : il se trouve que le dernier bouquin de todd est quand même complètement à côté de la plaque. voir par exemple : http://www.lalettrevolee.net/article-26420762.html



des pas perdus 29/08/2010 20:56



Hérodote, on ne peut réduire les pensée d'Emmanuel Todd à de l'antisarkozisme primaire. Démographe d'origine, il a écrit des livres très intéressants pour expliquer, pourquoi deviner, des
phénomènes politiques et économiques en se fondant sur des statistiques telles que l'espérance de vie, le taux de mortalité infantile, la composition des familes. La


 


 



Joe Liqueur 29/08/2010 14:34



@ Hérodote


Voici la position explicite du FN à ce sujet.


Extrait : "Organiser une tournée des capitales européennes pour proposer à nos partenaires européens une renégociation radicale des traités dans le sens d’une Europe d’États souverains coopérant
sur des sujets d’intérêt commun. Leur laisser un délai court pour répondre tout en mettant en route des réformes que nous jugeons urgentes dans des domaines non encore communautarisés, comme la
fiscalité ou l’immigration. En cas de réponses négatives ou de non-réponse dans le délai fixé, organiser un référendum sur le thème : « La France doit-elle reprendre son indépendance vis-à-vis de
l’Europe de Bruxelles ? »"


(Ce texte n'a pas été mis à jour depuis un moment, semble-t-il, n'empêche que c'est en tout état de cause la véritable position officielle de ce parti)


Et voici ce que j'en pense.


1/ Cette sorte d'ultimatum adressé aux 26 autres Etats n'est pas judicieux. On ne s'adresse pas de la sorte à des pays avec lesquels on est en paix.


2/ Le referendum est sans objet. On ne fait pas de referendums pour demander aux citoyens s'ils veulent vivre en démocratie. On suppose qu'ils le veulent.


3/ Pour restaurer la démocratie en France tout en respectant la souveraineté des autres pays de l'UE, une seule option est envisageable, à savoir une sortie unilatérale de l'UE via un recours à
l'article 50 du traité de Lisbonne.



Herodote 28/08/2010 15:42



Au sujet de l'impossible alternance et du "modèle démocratique" américain, auriez-vous des références bibliographiques qui examineraient la "corruption" des régimes démocratiques dont les
institutions et mécanismes dits démocratiques semblent largement dépassés, voués de plus en plus à être un faux-semblant plaqué sur une réalité du pouvoir qui lui est devenu bien étrangère. Des
bouquins qui analyseraient ce processus seraient les bienvenues.


Le livre de Todd, Après la démocratie me vient à l'esprit, mais je ne l'ai pas lu et j'ai un peu peur qu'il donne dans l'antisarkozysme bébête (pour moi le système Sarko c'est essentiellement de
la clownerie, il n'y a pas de vrai politique qui en sort ) et néglige les atteintes de grande ampleur portées par l'UE à la démocratie.


 


Cordialement, Herodote (content de découvrir votre blog eurocritique).



Herodote 28/08/2010 15:23



Le FN ne rejetterait pas l'Union Européenne ?


Je ne sais pas quelle est leur position explicite à ce sujet, mais il me semble que le programme du FN va nécessairement à l'encontre de l'Union Européenne. Sur la question des frontières par
exemple, de la préférence nationale, de la politique fiscale etc.


De manière générale, je trouve leurs idées incompatibles et incohérentes avec une France qui resterait dans l'Union européenne.


Il est vrai qu'à gauche les idées sont également incompatibles avec l'UE mais on y entretient encore l'illusion (par hypocrisie ou bêtise) qu'on peut changer l'UE et faire triompher une politique
sociale de gauche à ce niveau (ce qui montre qu'on y fait largement jou-jou).


 



gilles 26/08/2010 14:06



Merci Edgar d'être revenu, cela m'a paru long, à croire que la lettre était définitivement volée ! Justement aux sujet des États-Unis d'Amérique, je lis souvent le site dedefensa et c'est
peut-être une remarque que j'aurais du faire sur le site-même, mais je suis déjà inscrit à tant de sites que j'ai préféré m'abstenir, ce site parle inlassablement du démantèlement des ÉUA, mais
n'évoque jamais de signes concrets allant une quelconque dévolution des pouvoirs vers les États ou vers des groupes d'États. Je suis très ignorant en ces matières, existe-t-il des signes
avant-coureurs de dévolution comme des gouverneurs ou groupes de gouverneurs qui prennent des initiatives dont on pourrait considérer qu'elles sont autonomistes ? Si ces initiatives existent,
comment sont-elles contrées, quelles sont les forces, les champs de forces en présences ? Il me semble que les simples citoyens sont très remontés contre ce qu'il appellent Washington, et donc
qu'il y a des courants d'opinion pour une dévolution plus ou moins complète des pouvoirs vers les États, ou vers des groupes d'États ou soit vers un confédéralisme strict, voire un autonomisme,
jusqu'ici ces courants ont été contrés ou récupérés, comme a été plutôt récupéré le mouvement anti-Washington  « Tea Party ». Ces mouvements pour un pouvoir proche des citoyens, opposés à la
main-mise des lobbies, contre l'Empire sont finalement proches de nous. 


J'avais lu un avis d'un américain qui disait que le plus grand malheur qui était arrivé aux États-Unis était que le Nord ait gagné la guerre de Sécession et il continuait son argumentation en
disant que si au lieu d'avoir abouti à la situation actuelle, cinq ou six États avaient surgi, ces États auraient moins pesé sur le Monde de manière impérialiste et auraient été plus démocratique
à l'intérieur. 


 


Cette question m'intéresse premièrement parce que certains européistes nous disent :  « Il existe un Empire États-Unien qui a été à l'impulsion de la construction européenne, ils ne le nient
pas, mais retournons l'outil contre celui qui l'a créé et transformons cela en Empire Européen pour contrer l'Empire États-Unien. »


 


Par exemple le site Pour une Europe Puissante et Solidaire. ( Il a changé
de nom, il ont rajouté intelligente ! ) Si la partition des États-Unis a lieu, cela leur enlèvera leur argument principal.


 


Deuxièmement, il serait temps que cesse ce mauvais exemple qui fait trop école à mon goût, d'une démocratie dévoyée, grignotée par les lobbies. Ce qui serait souhaitable, cela serait plus de
joie, de liberté, de fierté de pouvoir contribuer à la vie politique aux habitants des futurs États à taille plus humaine.    


 


 


Je parodierai ton exergue en disant : « J'aime tellement les États-Unis que je préfère qu'il y en ait plusieurs. »