La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Keynes : la globalisation c'est la guerre

"Les idées, la connaissance, l'art, l'hospitalité, les voyages : ce sont là des choses qui, par nature, doivent être internationales. Mais produisons les marchandises chez nous chaque fois que c'est raisonnablement et pratiquement possible ; et, surtout, faisons en sorte que la finance soit en priorité nationale [...] je suis enclin à croire qu'une fois accomplie la transition que nous vivons, un degré plus élevé d'autosuffisance nationale et un isolement économique entre les pays plus grand qu'en 1914 pourront servir la cause de la paix, plutôt que l'inverse."

 

J.M. Keynes, L'autosuffisance nationale, The New Statesman, juillet 1933 ; in La pauvreté dans l'abondance, recueil de textes de Keynes, Gallimard, collection TEL 2002

 

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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sav 07/01/2011 09:58



fd,


Ce que je vous ai dit "devant un petit écran d'ordi", je pourrais vous le dire en face si vous le voulez. En outre, si j'use parfois d’arguments un peu trop catégoriques et je m'en
excuse. Je ne pense cependant pas dépasser les bornes : je n'utilise pas d'arguments ad hominem et je critique vos idées, pas vous. Si vous avez du mal à l'encaisser, je n'y peux rien.


Votre vision de Keynes est tellement caricaturale que vos propos n'ont pas pu faire autrement que me faire réagir au quart de tour. Sa pensée est beaucoup trop subtile pour être réduite
au raccourci que vous faites. Pour Keynes, tout dépendait du contexte et de l'évolution de la situation :"When the facts change, I change my mind. What do you do, sir?". Avant de vous
livrer à une critique aveugle d'une représentation erronée du keynésianisme, je vous conseille de faire comme Edgar et de parcourir ses écrits pour savoir de quoi vous parlez ; je
vous assure que vous ne perdrez pas votre temps.


Sinon, concernant la situation au Royaume Uni : avant Thatcher, la politique économique n'avait rien de keynésienne : il s'agissait d'une politique de stop and go (surtout du stop
en l’occurrence) conduite assez aveuglément et stupidement. Sous Thatcher, l'analyse du taux de de croissance britannique est biaisée : n'oubliez pas qu'à partir de la fin des années 1970,
de nombreux gisements pétroliers ont été mis en exploitation en mer du Nord, ce qui a significativement augmenté le PIB du pays lors des années 1980, sans que cela ne puisse aucunement être
imputé à la politique économique de Thatcher. Hors pétrole, le bilan de Thatcher est nettement moins reluisant. Sans compter le massacre perpétré par ses politiques dans le tissu social et
éducatif anglais. Mais ceci est un autre débat.



edgar 06/01/2011 23:53



Je crois que SAV a raison. Pour avoir lu récemment pauvrété et abondance, un bon recueil de ses textes, on voit bien que Keynes est parfaitement conscient du fait que toute politique de relance
doit être strictement limitée à ce qui est nécessaire pour amener au plein emploi.


Ce que l'on a appelé keynésianisme est l'idée un peu simplette que dès que le chômage monte il faut baisser le taux d'intérêt et accroître la dépense publique...


C'est une caricature.



fd 06/01/2011 21:23



Ils sont musclés les débatteurs sur ce blog. C'est tellement facile,il est vrai, devant son petit écran d'ordi, faut dire. Mais bon un peu de courtoisie dans les débats n'a jamais fait de mal. Si
j'enlève les invectives, je retiens du propos de sav qu'une conception "hydraulique" (sic) du keynésianisme (c est à dire je suppose les politiques de relance). Sauf que la macroéconomie
keynésienne c'était surtout ça non ? des thérapies pour surmonter les crises. Et l'argument selon lequel le keynésianisme a tué le Royaume Uni du temps des travaillistes, est-il faux (la
croissance de ce pays ne fut-elle pas très inférieure avant Thatcher à celle de la France). Dans ces débats je n'entends jamais que des points de vue unilatéraux. On m'explique que le
néolibéralisme a tué l'Argentine dans les années 1990. On ne dit pas qu'il a sauvé le Chili dans les années 70. Alors y a t il des économistes honnêtes qui pourraient nous expliquer calmement les
choses avec des arguments pour et contre, et des démonstrations claires, sur les réussites et échecs du keynésianismes, les réussites et échecs du néolibéralisme ?



sav 06/01/2011 18:07



fd,


Le seul problème de vos propos, c'est qu'ils sont totalement faux :


- les années 1970 ne signent absolument pas l'échec du Keynésianisme, tout au plus celui d'un certain type de keynesianisme dit hydraulique, simplifié au maximum par l'école de la synthèse.


- En revanche, la période contemporaine, et c'est particulièrement visible depuis 1988, signe la victoire en rase campagne à l'épreuve des faits des thèses néo ou post keynesiennes : le rôle de
la demande en économie, c'est important, les nouvelles théories types "cycles économiques  réels" n'ont pas résisté à l'assaut de la réalité.


La déréglementation, le démantèlement de l'Etat providence, cela nous a ramené à une croissance économique morne, entrecoupée de bulles spéculatives, comme avant la 2eme guerre mondiale. Le
problème, c'est que beaucoup (dont vous même) s'accrochent à des thèses économiques zombies totalement invalidées par les faits (en référence à Krugman).



fd 06/01/2011 13:24



Comme je l'ai  indiqué dans un commmentaire récent sur ce blog (qui a été traité avec mépris et condescendance), il manque en effet une explication claire de l'échec du keynésianisme et de
la socialdémocratie dans le monde à la fin des années 1970. La thèse bourdieusienen développée par Denord et vulgarisée par le Monde Diplo d'un complot universitaire monétariste ne me satisfait
pas.



edgar 04/01/2011 23:09



Ben oui Toto, c'est plus facile d'agir sur le niveau de la demande quand on dispose de tous les leviers... C'est même... une totologie !


Si vous voulez crier au loup, il y a d'autres citations de Keynes propres à faire trembler les enfants dans les chaumières. Par exemple "tout compte fait, combien je préfèrerais, si j'étais
russe, mettre mon activité au service de la Russie des soviets plutôt qu'à celui de la Russie des tsars ! Je ne saurais davantage souscrire à la nouvelle religion officielle qu'à l'ancienne. Je
détesterais autant les actions des nouveaux tyrans que celles des anciens."...


Je vous laisse trouver la suite, qui comblera peut être votre soif de pensées épouvantables.



Toto 04/01/2011 22:39



Il va sans dire que la théorie de la production dans son ensemble, que ce livre cherche à présenter, s'adapte beaucoup mieux aux conditions d'un État
totalitaire, que ne le fait la théorie de la production et de la répartition d'une production donnée, lorsqu'elle est réalisée dans les conditions de la libre concurrence, avec une large
dose de laissez-faire ", Keynes, édition allemande de la Théorie générale.



oncle sam 04/01/2011 15:55



merci pour les conseils de lecture. Je vais me procurer le Beaud et Dostaler.



oncle sam 04/01/2011 15:54




Petite réflexion de béotien : il est vrai que le taux d'intérêt rémunère le capital et il est bon qu'il reflète la productivité de l'économie.

 Mais, par ailleurs, des taux bas favorisent les banques qui empruntent pas cher à la banque centrale..Comme l'argent qu'elles prètent est en grande partie une création de monnaie dont elles
sont, in fine, propriétaires, elles ont intérêt à préter le plus possible...même à perte. Et, comme en période de crise les risques sont plus élevés, cela donne un prétexte aux banques pour
préter cher de l'argent que la banque centrale leur a donné gratos...Gagnantes sur tous les tableaux..ou cercle vicieux ?



yann 03/01/2011 23:13



@Oncle Sam


Sinon vous pouvez lire les textes de Keynes gratuitement, ils sont librement  téléchargeable en PDF sur le site de l'université Chicoutimi à Quebec:


http://classiques.uqac.ca/classiques/keynes_john_maynard/keynes_jm.html 


D'ailleurs on trouve plein d'oeuvres d'auteurs classique une vrai mine d'or.