La lettre volée

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Jacques Sapir ne signera pas l'appel à refuser le TSCG

Il s'agit d'un appel signé par des proches du Front de Gauche. 

Sapir explique fort bien en quoi la position du front de Gauche par rapport à l'euro est incohérente : pour faire vite, la rigueur actuelle, insensée, est inéluctable si l'on maintient la monnaie unique.

Le mieux est de lire l'article très clair de Jacques Sapir, tous ses arguments sont excellents.

Je n'ai jamais lu Sapir plus près de dire clairement : "l'euro, ya basta !"

Sa conclusion est sans équivoque :

"Ce texte [l'appel du front de Gauche à refuser le TSCG] repose sur un constat très incomplet de la situation actuelle. Il ne va pas à la racine du mal et ne permet pas à ses lecteurs d’avoir une réelle intelligence de la question qui est réellement posée. Je puis partager certaines des affirmations avec les auteurs de ce texte, et en particulier leur refus du TSCG; mais là où nous divergeons radicalement c’est sur les propositions. Le TSCG est le produit d’une stratégie qui vise à la survie coûte que coûte de la zone Euro. Soit on accepte cette stratégie, et on ne mégotera pas sur ses conséquences (comme le dit sans fard Jean-Marc Ayrault), soit on la refuse. Si l’on veut RÉELLEMENT refuser le TSCG il faut alors en tirer TOUTES les conséquences et appeler à la dissolution rapide de la zone Euro."

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Descartes 28/09/2012 14:26


Sapir n'est pas saint de ma dévotion, mais là il met dans le mille. Et avec un courage certain, parce que dans le gauchisme français on ne pardonne pas à ceux qui refusent de signr certaines
pétitions.


L'appel contre le TSCG porté par le Front de Gauche est bourré des ambiguités caractéristiques des classes moyennes: on veut l'Euro "fort" (qui permet de passer ses vacances à l'étranger et
d'acheter des iPhone et des chemisettes made in China bon marché) mais pas les disciplines qui en sont la contrepartie. Sapir montre bien que cette position est rationnellement intenable.


@oncle sam


Pas d'accord avec ce Jacques Sapir : il fait partie de ces nombreux qui refusent de voir - et critiquer- ce que lui-même appelle la "racine du mal" , pour mieux ne pas le voir... Car
ce que dit le front de gauche -et Mélenchon - c'est que le fond du problème n'est pas l'Europe, mais  " l'Europe libérale" ,


On peut toujours rêver à toutes sortes d'Europes... mais un peu de réflexion conduit au fait que l'Europe ne peut être que libérale. L'idée qu'on puisse soumettre un espace aussi divers, avec des
traditions aussi différentes à une règle organisatrice commune est une chimère. Les seules règles que cet espace peut partager... c'est la négation de la règle, c'est à dire, la liberté: liberté
de circulation, liberté du commerce et de l'industrie, liberté du marché. Et cela nous conduit nécessairement au libéralisme.


L'Europe ne sera jamais - ou du moins pas dans un avenir prévisible - une république, tout simplement parce qu'elle ne peut porter d'autre projet commun que celui de laisser chacun à ses propres
projets. L'Etat européen qui serait une extension dans l'espace de l'Etat national est un rêve.

Alexandre 27/09/2012 20:39


Je partage le constat de Jacques Sapir, Jacques Delors lui-même à l'époque avait répondu à ceux qui le mettaient en garde contre un lancement prématuré de l'euro que si crises il y avait elles
forceraient les états à abandonner leurs pouvoirs à la commission européenne. Et c'est exactement ce qui est en train de se passer avec le MES, le "six-pack" et maintenant le "two-pack"...

Ce que l'on est en train d'assister avec la crise de l'euro c'est l'abandon de la liberté des peuples à voter leurs impôts (un retour au règne monarchique mais cette fois sous un régime
technocratique) et l'ajustement par le bas du niveau de vie des populations de la zone UE. Plusieurs études dont une dernièrement de la banque Meryll Lynch montrent que contrairement à ce que
nous affirme les "experts des plateaux TV" les états ont beaucoup à gagner de la sortie concertée de l'euro mais en France la chape de plomb des médias empêche tout vrai débat.

J. Sapir a bien raison de se désolidariser de J-L Mélenchon et de son obsession vis à vis de l'euro. Loin de nous apporter "l'Europe sociale", l'€uro est en train de transformer l'euroland en
tiers-monde (voir à ce titre le rapport de la CNUCED paru récemment qui tire la sonnette d'alarme).

Comme il est dit également, manifester contre le TSCG ne sert à rien puisque le TSCG n'est qu'une conséquence de la construction européenne. A supposer qu'il soit abrogé il faudra combien de
temps avant d'avoir un TSCG remanié (je pense au coup qu'ils nous ont fait avec le TCE) ? En appelant à manifester contre le TSCG on ne fait que divertir, au sens de "faire diversion", le peuple
sans s'attaquer à la racine du mal.

Gérard Couvert 27/09/2012 10:50


L’Europe diverse (blanche et chrétienne - ajout pour agacer Edgar, bien que ce ne soit qu'un constat) à non seulement dominé le monde mais en à inventé la
modernité.


Il y a dans les cultures européennes un certain nombre de facteurs de rapprochements, mais le fond n'est pas commun, les évolutions non plus malgré de temps à autres des liens forts
(christianisme par exemple) ; la culture européenne est un mur recouvert de lierres provenant de plusieurs pieds, dont les tiges s’entremêlent  ...


L’Europe est stable depuis des décennies en quoi cela a-t-il entrainé le monde dans la stabilité ? Lorsque chaque pays décidait de sa politique monétaire, les marchés avaient à faire face à une
bande de chacals incontrôlables, voilà pourquoi ils avaient tant besoin de l'euro, qui soit dit en passant ne représente pas 10 ans plus tard, en terme de détention hors-zone, la somme antérieure
des monnaies nationales.


Les guerres civiles romaines ont-elles empêchées la romanité de s'étendre à tout le bassin méditerranéen ? non, pas plus que les guerres intra-européennes n'ont pas entravé la marche de
l’européanisation du monde ; affaire de pulsion vitale sans doute, de conjonction d'éléments intellectuels favorables, oserais-je de supériorité d'un corpus d'idées et d'idéaux.


A l'inverse le monde va-t-il mieux depuis le reflux des Europes et l'arrivée de l'artificielle Europe ?


Le libéralisme individualiste anglo-saxon et l'archaïsme humanophobe musulman sont-ils des avenirs mirobolants ?


Retour aux états-nations, réédification de modèles nationaux, réduction drastique de la mondialisation économique(*), retour des populations inassimilables (quelque qu'en soit la raison) dans
leurs lieux culturels d'origine, aide massive au développement avec des conditions claires en terme démographiques.


Allez au fond des choses, poursuivez douloureusement vos options, dépassez vos refus sentimentaux ou dogmatique et vous verrez que nous n'avons qu'une alternative :


Faire cela ou disparaitre.


Il nous reste 15 ans.


 


(*) non je n'acheterai jamais les citrons argentins que l'on me propose alors que d'autres pourrissent à Siracuse.

cunégonde godot 27/09/2012 10:20


J'approuve quant à moi la position de M. Sapir. S'il s'agit bien de l'Europe libérale — il n'en existe aucune autre — celle-ci implique la disparition des Etats-nations et des peuples européens,
c'est-à-dire la disparition de l'Europe elle-même, qui deviendra une colonie anglo-saxonne sous domination germano-yankee. Sortir de l'Europe libérale c'est pour la France la première condition
de son existence, mais aussi l'existence d'une Europe qui ne serait pas ultralibérale et mondialiste (confédérale p.ex.)...

oncle sam 27/09/2012 10:18


La diversité de l'Europe est-elle une force ? L'a-t-elle été, historiquement ? Les guerres entre européens n'ont-elles pas été un prix trop lourd à payer ?  Chaque pays fait-il le poids ,
seul, face à la spéculation monétaire internationale ?  N'avez vous pas oublié Georges Soros coulant la livre et s'enrichissant ? Y a -t- il une culture commune européenne ? Est-il
impossible de la renforcer/construire ? Le monde doit-il rester dans la sauvagerie du "mondialisme" financier ? Une europe stable serait-elle un élément de stabilité internationale ? L'enjeu en
vaut-il la peine ? Qu'est-ce qui freine des évolutions positives ? Ce ne serait pas la finance internationale, par hasard ?

Gérard Couvert 27/09/2012 10:00


Une espèce exogène pullule en France : les autruches.


Autruches de droite libérales, autruches de gauche sociétales, autruches d'extrème-gauche mais elle se sont adaptées et copiant les moutons indigènes elles font des sauts partout en boomant
"europe", europe" europe" ...


L'europe sociale est un leure, poitique, économique mais surtout intellectuel, il n'y a aucune solidarité entre les nations européennes et pour la construire il faudrait une culture et des
institutions politiques communes ; avec 27 langues on image bien la suite. La Suisse est le seul exemple de pays fonctionnant correctement avec plusieurs langues (le Cameroun aussi d'une certaine
façon) mais les conditions historiques particulières qui permettent l'Helvetie ne sont pas reproductibles dans l'Europe.


 


Je ré-indique ici le lien vers un collocque ou J. Sapir indique trés clairement ce que dit l'article ; chaque mois nous coute des milliers d'emplois, des parts de marchés, des milliards d'euros,
la poursuite de cette politique est une folie.


Sapir à DLR


Seul point "positif" nous parvenons au point de rupture où le démontage de l'euro entrainera la chute de l'Europe.


 


 

oncle sam 27/09/2012 09:16


Pas d'accord avec ce Jacques Sapir : il fait partie de ces nombreux qui refusent de voir - et critiquer- ce que lui-même appelle la "racine du mal" ,
pour mieux ne pas le voir...


Car ce que dit le front de gauche -et Mélenchon - c'est que le fond du problème n'est pas l'Europe, mais  " l'Europe libérale" , celle qui a été refusée par le référendum de 2005. Allez;
ecore un effort, les penseurs,  vous finirez par y arriver , et l'actualité l'imposera à tous comme une évidence de toutes façons, vous aussi vous dénoncerez le libéralisme et le rôle de la
finance.  Vous avez vu la vidéo sur Goldman Sachs ?