La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Inconcevable Europe...

J'ai lu l'opuscule fourni avec Libération la semaine dernière, Pour repartir du pied gauche. C'est un recueil d'articles en réponse à un texte de Jacques Julliard.

Je ne sais si je l'évoquerai, ça m'évoque surtout une tempête dans un verre d'eau.

Il y a juste une citation assez vertigineuse de Luc Ferry sur laquelle j'ai envie de m'attarder :

 

"Pendant près de deux siècles, disons depuis la Révolution jusqu'aux années de Gaulle, l'Europe a vécu globalement sur l'idée, partagée entre la droite républicaine et la gauche démocratique, que le progrès des Lumières allait nous conduire vers plus de libertés et de bien-être. De Hugo à Pompidou, de Michelet à Jaurès ou Mitterrand, c'est ainsi qu'on pensait."

 

Formidable lapsus - j'écarte l'idée que Ferry ait réellement imaginé que l'on pouvait qualifier la pensée européenne en ne citant que Hugo, Pompidou et d'autres références hexagonales.

Cette "Europe" est donc mise là à la place de "France".

Notre intellectuel de haute volée, traducteur de Kant, confond donc l'Europe et la France au coeur d'un article où il entend expliquer que la France n'est pas un échelon pertinent pour l'action politique.

Ce lapsus a pour moi plusieurs significations :

-  l'Europe est conçue, pour un intellectuel qui se veut républicain, comme une France en grand, au fond, les deux notions sont interchangeables. C'est très louable de la part de Ferry, mais c'est une partie de l'explication des déboires de cette néfaste construction. Les autres pays européens n'ont aucune envie d'une république européenne et chacun projette sur l'Europe sa vision d'une bonne politique (comme l'Allemagne avec la politique monétaire). En réalité la construction européenne est autre chose, et sa réalité est indéfinissable ;

-  la France, pour ces volontaristes de l'Europe, est ce qu'il faut refouler. C'est tout à la fois ce qui a nourri leur réflexion, leur histoire et leur culture et ce qu'il leur faut oublier. Pas de bol, le refoulé a tendance à revenir ;

 - à une époque où les problèmes sont mondiaux, en réalité le niveau européen n'a aucun sens. Ferry souhaitait expliquer que la France était obsolète, il a utilisé Europe à la place. Son inconscient a parfaitement raison. Les problèmes du monde d'aujourd'hui se règleront par une approche internationale. Or l'Europe n'a rien d'international, c'est la volonté de construire une nation anglophone, pilotée à distance par les Etats-Unis, sur les ruines des "vieilles" nations. L'Europe même pas terminée est en réalité un projet d'ores et déjà obsolète et rétrograde, qui empêche les nations européennes de participer aux débats internationaux ;

- ce magnifique lapsus a été publié une première fois dans Libération le 22 janvier, sous forme d'article, puis dans un recueil. Personne n'a éprouvé le besoin de corriger. Comme quoi à propos de l'Europe, la confusion des sentiments est totale et absolue.

*

 

Il faut en finir avec ce projet imbécile qui perturbe même ses plus chauds partisans...

 

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 15/09/2010 10:08



Gérard : si le but est l'implosion de l'Union, le plus simple ne serait-il pas d'appeler à sortir de l'Union. Si 26 pays souhaitent y rester, c'est de la barbarie que de vouloir faire imploser la
chose. NDA reste inconsistant.


 


Malakine : l'universalisme français n'est sans doute pas réductible au programme du PS de Martine Aubry. Par ailleurs je ne vois pas comment on rend un monde vivable sans régulation.


 



Malakine 14/09/2010 10:53



Très juste ! Pour l'esprit français, l'Europe doit être une France en grand (Zemmour en a donné une explication dans son dernier bouquin. Todd également dans ses travaux antropologiques) Mais
plus grave, pour l'esprit Français, le monde aussi doit être une France en grand avec son intérêt général, son Etat régulateur, ses mécanismes de redistributions. Il faut lire la dernière
production "socialiste" sur les questions internationales pour s'en convaincre. L'universalisme français est un poison !



Gérard Couvert 13/09/2010 10:42



Nicolas Dupont-Aignan à enfin exprimé tout haut ce qu'il pense depuis déjà quelques temps.


Certes il n'y a pas encore de retrait explicite de l'union, mais un ensemble de conditions qui, lui président de la république, seraient exigées de nos "partenaires" européens et qui aboutiraient
à une implosion de l'U.E..


Le problème est bien sur de savoir si la France, retrouvant sa liberté, se retrouverait face à une U.E. encore unitaire ou bien s'il faut faire en sorte que l'U.E. se disloque avec sans doute une
refondation en Europe du Nord et peut être de l'Est ?


La capacité d'agrégation hanséatique induirait-elle une Union Latine, voire méditerranéenne ? Comment permettre à la France de survivre au choc salutaire sans une politique extrêmement
volontariste de réindustrialisation, de contrôle des changes (donc des frontières), de redistribution financière ...


Des éléments de réponse dans le discours prononcé Dimanche par Nicolas Dupont-Aigan.



gilles 12/09/2010 20:27



Suite :


 


L'alternative à la migration pourra également consister, pour le créancier, à faire signer à ses clients utilisateurs du prélèvement national, des nouveaux mandats SEPA. 


À terme, les prélèvements nationaux disparaîtront et seront remplacés par des prélèvements SEPA. 



gilles 12/09/2010 20:25



Est-ce que la « construction européenne » n'avance pas aussi sans nous le demander par l'intégration voulue par les banques.


 


Je viens de lire ceci de la part de la BNP :


 


 


Le Comité national SEPA a retenu la date du 1er novembre 2010 pour le lancement en France du prélèvement SEPA. 


1 Qu'est-ce que le prélèvement SEPA? 


 


Le prélèvement SEPA est un prélèvement en euros, utilisable entre deux comptes de Clients ouverts dans des Banques de la zone SEPA, (pays de l'EEE, Suisse et Monaco). 


• Le-prélèvement repose sur un double mandat, donné sur un formulaire unique par le Client à son créancier, sur lequel : 


- le Client autorise le créancier à émettre un (des) prélèvement(s) payable(s) sur son compte, 


- le Client autorise la Banque à débiter son compte du montant du ou (des) prélèvement(s). 


 


 


Le mandat est identifié par une « référence unique du mandat - RUM » fournie par le créancier. 


 


 


• Consentement du Client à l'exécution des prélèvements 


Après avoir complété, daté et signé le formulaire de mandat de prélèvement SEPA. le Client le retourne ou le remet au créancier, en y joignant un relevé d'identité bancaire (contenant ses
coordonnées bancaires ·BIC et IBAN) établi par sa Banque. 


En cas de changement de ses coordonnées bancaire (ex. : changement de Banque), le Client s'engage à les fournir au créancier. Le Client n'est pas tenu de signer un nouveau mandat. Le mandat
existant reste valide. Préalablement à l'exécution du prélèvement, le créancier est tenu d'informer le Client, par le biais d'une notification préalable (ex. : facture ou échéancier) au moins 14
jours calendaires avant la date d'échéance du prélèvement, afin que le Client en vérifie la conformité au regard de l'accord qu'il a conclu avec son créancier. 


 


 


• Retrait par le Client de son consentement à l'exécution du prélèvement


 


En cas de désaccord concernant un prélèvement, le Client doit intervenir immédiatement auprès du créancier afin que celui-ci diffère l'exécution du prélèvement. 


 


Pour le cas où sa demande ne serait pas prise en compte, le Client a la possibilité de révoquer son ordre de paiement en notifiant par écrit à la Banque son opposition au prélèvement concerné, au
plus tard à la fin du jour ouvrable précédent le jour convenu pour le débit des fonds. 


 


Si le Client souhaite mettre fin à l'émission de prélèvement SEPA par le créancier; il doit lui notifier la révocation de son mandat de prélèvement SEPA. Il est vivement recommandé au Client d'en
informer également sa Banque. 


 


 


• Refus par la Banque d'exécuter l'ordre de prélèvement 


Lorsque la Banque ne peut effectuer un prélèvement, elle le notifie au Client selon les mêmes modalités que celles pour le Prélèvement national en euros. 


 


• Délai de contestation d'un prélèvement 


Après l'exécution du prélèvement, le Client peut : 


- dans un délai de 8 semaines à compter de la date du débit en compte, contester le prélèvement et en demander le remboursement, quel que soit le motif de sa contestation, 


- après 8 semaines et dans un délai de 13 mois suivant la date de débit, le Client ne peut contester que des prélèvements non autorisés . 


 


 


• Caducité du mandat 


Un mandat pour lequel aucun ordre de prélèvement SEPA n'a été présenté pendant une période de 36 mois, devient caduc et ne doit donc plus être utilisé. Pour émettre à nouveau des prélèvements
SEPA au titre du contrat concerné, le créancier devra faire signer au Client un nouveau mandat. 


 


2 Quel est le devenir des prélèvements nationaux en euros que le Client a déjà émis au profit de ses créanciers ? 


Le Client qui a déjà émis des prélèvements nationaux en euros au profit de ses créanciers (ex. : EDF, GDF, Trésor Public ... .) n'a pas de démarche particulière à faire auprès de ses
créanciers. 


Les créanciers qui souhaitent migrer leurs prélèvements nationaux en prélèvements SEPA en informeront au préalable leurs clients et leur indiqueront la démarche à suivre. 


L'alternative &