La lettre volée

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Impact de la fin de l'euro pour la France : rien. Signé Patrick Artus.

Je survends à peine.

Dans une note de Natixis, Patrick Artus essaie d'estimer la variation de change que subirait le nouveau Franc.

Réponse : rien. Ou presque : une dévaluation de 2%.

Rien à voir avec l'Armageddon prédit par nombre d'experts autoproclamés.

Question annexe : comment la France va-t-elle profiter de la fin de l'euro si sa monnaie n'est pas dépréciée ?

Réponse : le Mark nouveau prendrait, lui, +18%. C'est ça de gagné comme compétitivité.

Par ailleurs, certes l'Espagne (-20%) et l'Italie (-12%) regagneraient un peu de compétitivité - contre la France également.

Mais d'une part c'est socialement juste et d'autre part la perspective de voir les pays européens renouer avec des dynamiques de croissance va permettre d'améliorer la situation de l'ensemble de la zone.

Vivement l'éclatement de l'euro, qu'on en finisse avec cette lente asphyxie, ce suicide généralisé au nom d'un programme mal conçu.

 

Post scriptum : version française de la note http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=64883

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 18/07/2012 09:56


Nicolas : merci pour le lien et la remarque. le graphique de la wells fargo montre que l'exposition à la dette périphérique baisse régulièrement : les banques ont du refiler pas mal de titres à
la BCE. C'est elle qui va être exposée. Mais c'est une question annexe. Doit-on accepter que l'ensemble de l'économie française (et de la zone euro) meure à petit feu (à feu moyen depuis peu), ou
bien se préparer à quelques turbulences dans le milieu bancaire ? Au besoin nous nationaliserons les banques françaises trop exposées, ça leur fera les pieds. J'ai pris récemment la défense du
secteur financier, parce que c'est à mon avis la dette commerciale extérieure qui nous endette et nous place dans la main des banques. Mais je ne suis pas naif au point de ne pas voir que les
banquiers en ont plus que profité. Donc oui l'éclatement de l'euro sera/it probablement un moment compliqué à gérer; Ca en vaut cependant largement la peine.

Nicolas 18/07/2012 08:29


Une note tres interessante de Natixis. Par contre en ce qui concerne la desirabilite de quitter l'euro, ne pas oublier que nos banques, dans leur grande sagesse, sont tres exposees au dettes
italiennes / espagnoles, etc.


Pres de 550 milliards d'USD (cf p4, figure 7, Link )


Concretement, une devaluation de 10 a 20 % des monnaies "peripheriques". A peu pres 75 M d'USD, soit 2-3 % PNB. Supportable economiquement, mais politiquement, pas evident a gerer.

gilles 17/07/2012 09:57


Bonjour Edgar, c'est le contraire de nous souhaitons qui nous est imposé par les traités de «
construction » européenne. De part ses ses statuts inscrits dans les traités de « construction » européenne, la Banque Centrale Européenne est indépendante de de tout représentant de l'intérêt
général, de tout représentant de l'intérêt public. Ceci alors qu'elle est de par sa nature en forte relation avec les intérêts des institutions les plus riches en capital, c'est à dire les
banques, le système financier. De part ses statuts, la Banque Centrale Européenne est au service étroit des plus gros intérêts privés et émet donc dans le public, non-pas une monnaie publique au
service de l'intérêt général, mais bien une monnaie privée au service des intérêts privés, l'euro. Nous retrouvons d'ailleurs un principe équivalent dans les télévisions privées qui émettent dans
le public des émissions, non-pas au service de l'intérêt général, par exemple : la diffusion de la culture, mais bien au service du profit de leurs actionnaires. Il serait illusoire d'attendre
des dirigeants actuels de TF1 ou des autres chaînes qui pour ressource principale la publicité et les annonceurs, d'oublier le profit de leurs actionnaires et de se mettre au service de l'intérêt
public. De la nature même des textes et des des traités de « construction » européenne, il est illusoire d'attendre de la Banque Centrale Européenne la moindre mansuétude de la part de ce type
d'intérêts et d'attendre que l'euro, monnaie privée, soit mis au service de l'intérêt public. Pour l'emploi, l'intérêt public une monnaie assise sur une Banque Centrale au service de l'intérêt
général est nécessaire, la politique de la France ne doit pas se faire à la corbeille, en fonction des plus gros intérêts et dans une vision à court terme. Pour notre intérêt, l'euro doit être
mis au rebut au profit d'une monnaie d'intérêt public. La Banque Centrale Européenne doit fermer ses portes au profit d'une Banque Centrale Nationalisée au service de l'intérêt général.

edgar 11/07/2012 21:53


Tythan : n'ouble pas le +18% pour le mark, qui est une excellente chose sachant que l'Allemagne est de très loin notre premier marché export...
(http://lekiosque.finances.gouv.fr/APPCHIFFRE/Etudes/tableaux/apercu.pdf)

Tythan 11/07/2012 19:33


Merci d'avoir mis en lien cette note, qui effectivement détonne, comme un certain nombre des productions de Patrick Artus.


Si bien entendu cette perspective d'une dépréciation de seulement 2% du franc par rapport à l'ancienne valeur de l'euro est rassurante, cette faible dévaluation est également
inquiétante au regard des équilibres commerciaux français.


On ne cesse de nous bassiner sur le thème de la trop faible compétitivité française, alors que de nombreux économistes avaient estimés que l'euro était trop fort pour l'économie française
(surévaluation éstimée de mémoire à 15-20%).


Un rééquilibrage ultérieur se fera peut-être, mais pas immédiatement nous dit cette note...