La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Hommage à Nicolas Sarkozy...

Oui c'est une blague. Mais pas complètement.

Notre bon président a en effet chargé Lionel Stoleru, en juin dernier,  d'une mission de réflexion sur les déséquilibres du commerce international.

Lionel Stoleru, rappelons-le, souligne depuis un moment les limites du libre-échangisme actuel (cf. mon commentaire sur un article qu'il signait en juin 2009).

Le mois dernier, l'ancien ministre récidivait dans un article publié par le Monde, où il écrivait ceci :

"L'Europe va-t-elle enfin reconnaître que ses problèmes viennent plus de la Chine que de la Grèce ? L'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a eu la sagesse d'accueillir la Chine en 2001, est-elle capable d'engager avec elle un dialogue constructif ? Le prochain G20 de Séoul voudra-t-il bien y consacrer plus que cette seule et unique ligne du précédent G20 de Pittsburgh refusant le protectionnisme ? Le temps passe, le chômage augmente en France, en Europe, en Occident, et ce n'est plus la faute des subprimes."

C'est donc à ce Lionel Stoleru que notre président a demandé d'éclairer la préparation de la position de la France au prochain G20.

Dans la lettre de mission de Lionel Stoleru je vois une ruse et une bêtise. Voilà le passage en question :

"Comme il est évident que des déséquilibres de grande ampleur ne peuvent se résoudre, ni par des changements de parités monétaires, ni par des normes sociales ou environnementales, ni a fortiori par un retour en arrière au protectionnisme, il y a place pour l'établissement en commun d'un diagnostic partagé sur l'évolution des échanges Orient-Occident, et pour la recherche de solutions ou de régulations définies d'un commun accord dans une conception de développement mondial équilibré à moyen terme."

 

Le lecteur pressé peut se dire que voilà M. Stoleru bien entravé : la première moitié de la phrase semble indiquer qu'il n'a pas le droit de réfléchir à des ajustements de parités (pour lesquels Stoleru plaidait en juin 2009) ni à des normes sociales. En réalité, en ajoutant "ni a fortiori par un retour au protectionnisme", l'Elysée a l'air de suggérer qu'il faudra bien imposer à nos interlocuteurs de choisir le moindre des deux maux, et ainsi d'accepter des normes sociales, ou environnementales, ou des ajustements de parités.

Voilà à mon sens pour la ruse.

La bêtise, elle, est dans la stratégie d'affrontement Orient-Occident clairement désignée par l'Elysée.

Il faut en effet rappeler que le yuan chinois n'est pas sous-évalué parce que le chinois est vil. Le yuan est dévalué parce qu'il est lié au dollar.

Pourquoi donc devrions-nous accepter d'être inclus dans le camp américain alors même qu'une bonne partie de nos problèmes économiques viennent de l'incurie de la gestion américaine, rendue possible par le privilège de la monnaie de réserve internationale ?

On peut donc atendre, pour le G20, quelques propositions intelligentes et originales de notre bon président, via Lionel Stoleru. Elles seront limitées au sens où elles ne remettront pas en question la gestion américaine de la crise. Mais ça pourrait être suffisant pour repositionner Sarko face à DSK dans le domaine économique, en occupant le terrain de la défense de l'emploi, que la gauche lui a laissé. Pardon, que la gauche a laissé aux espoirs d'une Europe sociale non définie...

 

Post scriptum :  A l'heure actuelle j'envisage plus facilement de me couper un bras que de voter Sarkozy. Ca ne m'empêche pas de reconnaître que l'homme est un animal politique fort habile, qui est très capable, avec quelques propositions du type de celle que j'évoque ici, de faire oublier son absence quasi-totale de bilan. Au passage je souligne la nullité absolue de l'opposition de gauche, bien incapable de faire valoir une quelconque alternative.

 

 

 

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Edgar

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henni nassim 09/08/2010 11:16



aime la lesberti



gilles 31/07/2010 22:47



Hommage à Nicolas Sarkozy et à Eric Woerth





Le moraliseur du capitalisme, le pourfendeur des paradis fiscaux, notre saint homme, chanoine du Latran, le candidat du pouvoir d'achat et de la République irréprochable  a annoncé le 28 juillet, au terme d'une réunion ministérielle sur les gens du voyage, un contrôle fiscal renforcé pour les Roms. Dix inspecteurs des impôts, pas un de
moins, affectés au contrôle des Gitans alors qu'il n'y a pas eu de contrôle fiscal depuis quinze ans pour la première fortune de France !



fd 30/07/2010 01:48



Archi d'accord avec Gilles sur ce coup-là. Pour ma part je vois l'UPR comme un mouvement républicain et souverainiste qui a l'avantage sur les villiéristes et es aignanistes de n'avoir aucune
tentation atlantiste, ce qui aussi peut le rendre très attractif dans les rangs de la gauche (et faire oublier dans cet univers les origines pasquaïennes d'Asselineau, lesquelles seront utiles
pour glaner les voix de droite). Mais ça ne peut marcher que s'il n'y a pas de sectarisme, et une sens de l'écoute des chevènementistes, du MPEP, du Comité Valmy, et même du POI. En ce
moment, il faut rassembler, pas diviser. C'est ce qu'a compris Villepin en tentant de créer un groupe parlementaire avec aignanistes et bayrouistes.



gilles 29/07/2010 20:14



Suite :


 


Et il serait injuste pour toi comme pour l'U-P-R de tout mêler


 


car par exemple le M-PEP, contrairement au Parti Solfériniste qui le défends, conteste le libre-échange


http://www.m-pep.org/spip.php?article1657


 


 


comme le Mouvement Républicain et
Citoyen


 


 


le Comité Valmy, qui plus est en version Malakine, est très correct : 


 


http://www.comite-valmy.org/spip.php?article645


 


Il me semble que la bonne attitude pour l'U-P-R serait de taper fort sur les atlantistes, les européistes, les libres-échangistes et être plus doux,
plus pédagogique sur les partisans de la souveraineté du peuple. Et peut être même aller avec eux jusqu'à créer quelque chose de neuf en ce sens, je ne sais pas encore quoi, un espace de débats, un forum, une co-ordination, un collectif, une synergie, un think tank, quelque chose qui dissolve la suprématie de l'UMPS sur le moyen terme. Qu'en penses-tu ?


 


 


 


 


 




gilles 29/07/2010 20:10




Pour l'ironie,
Edgar, il me semblait l'avoir comprise sans que tu le précises. 


 


Je connais tous les échecs d'Ironique de Villepin, 


d'Ironique Strauss Khan, d'Ironicolas Sarkosy, 


OK, OK, OK, OK, OK, OK


 


Comme disait un pote à moi, barbichu, l'ironie et la patience sont les deux vertus des révolutionnaires. 


 


Je suis d'accord avec les arguments présentés par Frédéric sur le bilan de Sarkosy.
J'ajouterais au bilan du ci-devant de Nagy-Bocsa, l'arnaque électorale du mini-traité,
puis  la révision de la Constitution par le Parlement réuni en Congrès  le
4 février 2008, un coup de force pour nous faire avaler comme de l'huile de ricin le Traité européen de Lisbonne. 


 


Affiner l'analyse serait à mon avis judicieux concernant la « gauche », il me semble qu'il y a beaucoup de personnes différentes sous ce vocable. Et il serait injuste pour toi comme pour l'U-P-R



des pas perdus 29/07/2010 11:58



Très intéressant.


C'est dommage de limiter la gauche au P"S"...



fd 29/07/2010 11:24



"Absence quasi-totale de bilan" ? Le bouclier fiscal, la réintégration de l'OTAN, l'engagement militaire en Afghanistan, la réforme des retraites, le nouveau statut de la Poste, la fin de la taxe
professionnelle, le dynamitage des conseils généraux, la taxation des indemnités d'accident du travail etc. Ca fait quand même un bilan assez costaud je trouve.



edgar 28/07/2010 12:49



Gilles, le titre de l'article était ironique. Au jour d'aujourd'hui s'il y avait une présidentielle je resterais fort vraisemblablement chez moi, au moins au premier tour. Je voulais juste
souligner que Sarkozy sait se poser en briseur de tabous. La gauche et au minimum le PS n'a aucune pensée sur le libre échange, Sarkozy est en train de se donner les moyens d'avoir l'air plus
réformateur et plus social que ses adversaires. C'est un simple constat...



gilles 28/07/2010 12:24



Il y a trop d'arrières-pensées sur les élections présidentielles à venir et de louvoiement entre le premier degré et le second degré pour que cela me convienne. À
moins que tout ton article soit vraiment une blague ? Je ne comprends pas bien Edgar, faudrait-il voter Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa contre Dominique Gaston André Strauss-Kahn au deuxième tour
des élections présidentielles ? Pourquoi ? Parce le locataire de l'Élysée actuel a l'air de suggérer… que peut être éventuellement… si le rapport de Lionel Stoléru le propose… il pourrait dans un
G20… et si les autres partenaires en sont d'accord…peut être qu'ils prendraient des mesures… Quelles mesures d'abord, nous n'en savons rien. Pourquoi pas voter pour d'autres candidats ? N'y
a-t-il pas des candidats moins atlantistes, moins européistes au moins en paroles ? Allons plus loin, pourquoi voter aux présidentielles ? Cette élection qui est le noeud des contradictions des
pouvoirs n'en n'est-elle pas complètement l'otage aujourd'hui ?


Les médias dominants, qui appartiennent à qui vous savez, nous disaient : « Votez oui à Maastricht. », « Votez oui au TCE.» ne sont-ils pas les mêmes qui vont nous
faire « enflammer » pour la confrontation « homérique » entre les deux gus précités ?


 


Oui, c'est vrai, comment sait-on que ces deux candidats vont être ceux qui seront présents au second tour ?


 


Est-ce que les médias dominants ne nous le répétent pas déjà en boucle ?


 


Les 500 signatures de parrainage d'élus territoriaux nécessaires pour valider la candidature à l'élection présidentielle ne sont-ils plus anonymes comme autrefois
mais rendus publics et les signataires ( Maires, conseillers généraux …) sous pression et sous chantage des partis principaux déjà installés ?


 


Le régime en exercice actuellement, que je n'ose plus appeler République, ne lutte-t-il avec  vigueur contre les principes de base de la démocratie : les
principes de séparation entre les pouvoirs exécutifs et les pouvoirs législatifs et les pouvoirs judiciaires ?


N'en fait-il pas de même avec la souveraineté populaire des Français ?


 


Comment nous les salariés pouvons nous lutter contre les candidats promus par les forces libres-échangistes qui ont pour but de nous tirer vers le bas quelque soit
le pays ?


 


http://www.medelu.org/spip.php?article449


 


N'y a-t-il que le vote pour cela ?



Malakine 27/07/2010 10:23



Très intéressant. Tout est dans cet extrait de la lettre de mission que tu cites ! Tant que l'on cherchera "l'établissement en commun de diagnostic partagé et la recherche de solution d'un commun
accord" on sera réduit à commander des rapports.


Il faut que les Etats - et en premier lieu le nôtre - réapprennent à penser de manière autonome et à agir de manière unilatérale en fonction de leur seul intérêt national !