La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Fuck you Libé!

Today I broke up with my daily routine. I did not buy my Libération issue.

They found it clever to print their cover in English, to take stand in favor of the loi Fioraso. This was just a little prank: seems the rest of the newspaper is in French, as usual. Cowards.

If we are to speak english ("we" meaning the bilingual elite), print the entire issue, every day, in the not so good english you want our universities to inflict upon their students (my English is not so good either, but that's what would pass, on average, as standard globish, good enough for the new english speaking French students).

This law is a joke. Would you send your children study Italian in Rome by choosing an English langage program? Is it of any interest to attract students in France to teach them English? Remember, the law is not about learning english for French students, it's about teaching them economics, psychology or achitecture in English, in France.

I strongly suspect the real idea is to make good Europeans (or Nato soldiers) out of young citizens unwilling to bend to globish language and thoughts.

And the Libération cover is just a way to single out opponents by making them feeling unable to rise to the world class language. Not so bright.

From a regular reader, dear Libé, I can think today of no other reply than: fuck you!


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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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nationalistejacobin 26/05/2013 17:53


"Bien sûr que si j'ai le droit"


Pardonnez-moi, l'étendue de votre omnipotence linguistique m'avait échappé. 


 


Cela étant votre formulation exacte était : "des processus naturels qui découlent d'autres facteurs", et vous citiez un seul facteur, quant aux processus, vous ne donniez aucune explication.
C'est un peu léger, pour un raisonnement scientifique, non?


 


"les langues meurent, ne vous en déplaisent"


Pas toujours justement. Le grec ancien, par exemple, survit d'une certaine manière dans sa forme moderne, mais aussi dans les nombreux emprunts qui lui sont faits. Idem pour le latin. 


 


"je vous laisse à votre conservatisme"


Il est intéressant de noter que, fréquemment, lorsqu'elles se heurtent à un interlocuteur qui essaie tant bien que mal de poser un raisonnement un peu cohérent, beaucoup de personnes abandonnent
au lieu de contre-argumenter et se réfugient dans l'invective ou l'anathème. Si je comprends bien votre ultime argument: "vous êtes conservateur, donc vous avez tort". Belle conception du débat,
assez répandue chez les progressistes d'ailleurs...

Fabien Besnard 26/05/2013 17:20


"Les mots ont un sens, vous n'avez pas le droit de leur faire dire autre chose à votre convenance." Bien sûr que si, j'ai le droit, à partir du moment où j'explique ce que j'entends par là. En
revanche, vous n'avez pas le droit de changer le sens de la phrase en la tronquant. Vous avez le droit d'être en désaccord avec moi mais pas de pervertir ce que j'ai dit. Pour le reste, je vous
laisse le dernier mot si ça vous fait plaisir. Les langues meurent, ne vous en déplaise, et ce n'est pas un drame, mais trop lentement pour que ni vous ni moi ne puissions jamais vérifier ma
prédiction. Je vous laisse à votre conservatisme.

nationalistejacobin 26/05/2013 16:28


"c'est un procédé malhonnête"


Je ne suis pas responsable du fait que vous ayez employé le mot "naturel". Les mots ont un sens, vous n'avez pas le droit de leur faire dire autre chose à votre convenance. Les rapports de force
entre états, y compris au niveau culturel, ne relèvent pas de la nature mais de la géopolitique et de l'économie. Maintenant, si vous me dites: "le terme était mal choisi", je l'entends. Mais ne
me reprochez pas d'avoir argumenté à partir de ce que vous avez écrit.


 


Sur les américanismes du français québecois, je vous dirai ceci: l'anglais et l'allemand ont beaucoup emprunté au français au cours du Moyen Âge pour le premier, et de l'époque moderne pour le
second. Avez-vous constaté une disparition d'une de ces langues au profit du français? Bien sûr que non. Je constate d'autre part que vous ne répondez pas sur l'essor de l'espagnol aux
Etats-Unis.


 


"Sa pensée a-t-elle pour autant été oubliée?"


Bien sûr que oui, en grande partie. Les élites intellectuelles d'aujourd'hui sont beaucoup moins familières d'Aristote que ne l'étaient les élites de l'Empire romain à son apogée, pour lesquelles
le grec ancien était une langue vivante et une langue de culture. D'ailleurs, la philosophie grecque a connu une longue éclipse en Occident au Moyen Âge, en grande partie parce qu'on a oublié le
grec. Il a fallu le gros travail des humanistes à partir de la Renaissance pour apprendre le grec et redécouvrir les grands textes. Les traductions sont bien sûr utiles, mais comme dit le
proverbe italien "traduttore, traditore". Une pensée ne s'appréhende réellement que dans sa langue d'origine.


 


Par ailleurs, vous ne pouvez pas comparer l'héritage de la Grèce antique avec la production littéraire en langue française ou italienne: il ne nous reste de l'Antiquité grecque qu'une poignée de
textes, souvent fragmentaires, un aperçu partiel de cette culture. Au contraire, avec l'invention de l'imprimerie, l'essentiel de la production écrite depuis le XVI° siècle est venu jusqu'à nous.
 


 


"il restera des érudits qui seront capables de traduire Descartes en globish"


Certainement pas. Croyez-vous qu'Aristote ou Platon ont été traduits en latin vulgaire? Bien sûr que non. Pour traduire des idées complexes, il faut nécessairement une langue savante, et une
langue savante, ça s'élabore. Si le latin est restée la langue savante en Occident au Moyen Âge, c'est simplement parce qu'il n'y en avait pas d'autres. Longtemps, les langues usuelles ne
servaient que pour la vie courants. Et lorsque le français a commencé à devenir une langue plus élaborée, une langue savante, comment a-t-il procédé? Eh bien, il est allé puisé son vocabulaire
savant à la source, dans le latin et le grec ancien... Apparemment, vous vous intéressez à l'histoire des sciences, d'après ce que j'ai vu sur votre blog. Je vous invite à vous pencher aussi sur
l'élaboration d'un vocabulaire scientifique spécifique.


 


Le globish quant à lui ne peut être qu'un langage basique au vocabulaire limité, pour se débrouiller dans le quotidien (c'est la définition de globish). C'est utile, et il ne faut pas mépriser
cette utilité. Mais ce n'est pas une langue savante, la seule langue savante, c'est l'anglais véritable.


 


Par ailleurs, il est un autre point que vous paraissez complètement oublié: c'est la dimension politique d'une langue. Une langue est aussi le symbole de l'identité d'un peuple ou d'une nation.
Et les hommes sont attachés à cela. Les Finlandais se sont affirmés en refusant de parler suédois ou russe, les Tchèques en rejetant l'allemand (qui n'était pas loin de s'imposer en Bohême après
plusieurs siècles de germanisation, Kafka écrit en allemand). Je crois que vous sous-estimez grandement la capacité de résistance des peuples. Traduire un traité philosophique est ardu, traduire
un poème ou une chanson l'est plus encore (comment garder les rimes, le rythme?). Au fond, ce sont les travaux des sciences dures qui sont encore le plus simple à traduire. N'a-t-on pas inventé
un langage mathématique universel? Mais ce qui convient aux mathématiques ne convient pas forcément au reste. 

stu 26/05/2013 14:43


Ta réponse sur le Québec ne réfute rien. On parle de la disparition du français. Le français se maintient très bien au Québec. Tu as avancé des raisons qui font que les langues locales
disparaitront. J'ai pris un exemples où toutes ces raisons sont présentes et où il n'y a pas de disparition de la langue (c'est même le contraire vu que l'anglais régresse au Québec). Donc il
faut soit que t'ajoutes de nouvelles raisons ou soit que tu revoies ta copie...


Qu'une langue évolue ça montre au contraire qu'elle est bien vivante. Je vois pas de problème avec l'ajout de nouveaux mots. En anglais aussi ils utilisent beaucoup d'expressions venant du
français.

Fabien Besnard 26/05/2013 13:58


Nationaliste Jacobin vous citez la moitié de ma phrase "l'évolution ... naturels" : c'est un procédé malhonnête. Si vous citez la phrase en totalité vous verrez bien que ce que j'inclus dans
"naturel" (le mot est peut-être mal choisi, d'ailleurs on pourrait le supprimer, la phrase n'en serait que plus claire) correspond parfaitement aux exemples que vous donnez, qui ne sont donc pas
des contre-exemples.


Le Québec : j'attendais cet exemple qui est vraiment parfait. Le français qui est parlé au Québec est en réalité truffé d'américanismes, beaucoup plus qu'en France. (Mais ça vient en France : il
y a dix ans on ne disait pas "je suis confortable", "je suis familier avec", etc. Je ne parle même pas du mot "opportunité" qui a définitivement changé de sens.) Il me semble, mais je ne suis pas
linguiste, que c'est beaucoup plus révélateur sur l'état d'une langue que l'emprunt de vocabulaire.


Enfin, dernier argument : la perte pour l'humanité. Combien de gens aujourd'hui peuvent lire Aristote dans le texte ? Sa pensée a-t-elle pour autant été oubliée ? Ne vous inquiétez pas, dans le
futur il restera des érudits qui seront capable de traduire Descartes en globish (j'emploie à dessein ce mot qui charrie un mépris qui me semble mal placé : c'est le même mépris qu'avait sûrement
les patriciens romains pour le latin bigarré parlé par le bas peuple des marches de l'empire. C'est pourtant ce dernier qui a une longue descendance.)


 

nationalistejacobin 26/05/2013 12:02


"l'évolution d'une langue, voire sa disparition ou son apparition sont des processus naturels"


C'est faux. Une langue se codifie (ainsi le français à partir du XVII° siècle avec l'Académie française), une langue s'impose grâce à son usage dans les documents officiels ou administratifs,
dans les médias, et bien sûr dans l'enseignement. Le français ne s'est jamais répandu "naturellement", sinon, il serait sans doute "naturellement" resté la langue du centre du Bassin Parisien.
Pourquoi les Bretons, Languedociens et Provençaux parlent-ils le français? Parce qu'il y a eu une volonté politique de le leur apprendre, parce qu'il y a eu intégration de ces populations à la
nation française. Je ne vois pas non plus comment le français s'est "naturellement" diffusé au Québec ou en Afrique. Il y a eu colonisation et volonté de diffuser le français. Par conséquent,
tant que le français sera utilisé, enseigné et appris, il n'y a absolument aucune raison "naturelle" pour qu'il disparaisse. Le Québec, justement, a montré qu'on pouvait défendre la langue
française, et elle a ainsi survécu dans ce coin d'Amérique du Nord. Cela n'aurait certes pas été le cas si dès la fin du XVIII° siècle, certains Canadiens français avaient commencé à se dire:
"Bah, ça sert à rien, hein, le français est condamné, inutile de l'enseigner à nos enfants".


 


Je fais aussi remarquer un point qui semble échapper aux partisans du "tout-anglais": l'espagnol est en train de connaître une belle expansion aux Etats-Unis. Déjà, les administrations de
certains états proposent les formulaires dans les deux langues (d'ailleurs, rappelons-le, les USA n'ont pas de langue officielle). Journaux et chaînes télévisées en espagnol se multiplient dans
les états où les immigrés latinos sont nombreux. Nous expliquer que le triomphe de l'anglais est inéluctable révèle une certaine méconnaissance des réalités.


 


"On aura la chance d'avoir une langue universelle"


Je ne vois pas en quoi ce serait une chance. Que certains, dans leur boulot, aient besoin de l'anglais, nul n'en doute. Qu'il faille améliorer la maîtrise de cette langue, nous sommes d'accord.
M'enfin tout le monde ne va pas devenir docteur en sciences ou cadre supérieur. De plus, la prodigieuse richesse littéraire, philosophique, intellectuelle de l'humanité se trouverait
singulièrement appauvrie si des langues comme le français ou l'italien venaient à disparaître. Les traductions, c'est bien, mais rien ne vaut jamais le texte original. Autant je trouve ridicule
de vouloir ressusciter des langues régionales réduites au rang de patois ruraux, autant je ne vois pas comment on peut décéréter qu'une langue pratiquée par des dizaines de millions de personnes,
en Europe, en Afrique, en Amérique, en Océanie, est condamnée. Certains s'exagèrent les pouvoirs de la "nature". Et d'ailleurs, cette dernière n'aime guère l'uniformité.


 


C'est très surprenant cette vision téléologique de l'histoire humaine, et surtout c'est un peu démodé. On nous disait par exemple qu'en géopolitique, le temps des grands ensembles continentaux
était venu. On commence à en revenir. L'avènement d'une langue universelle n'est certainement pas pour demain, et c'est tant mieux. En tout cas, je doute que l'avenir de l'anglais soit inscrit
dans les astres... Enfin, il faut se souvenir de ce que deviennent les langues universelles, comme le latin: elles finissent par se diviser et donner naissance à de nouvelles langues.

stu 26/05/2013 11:53


Il n'y a qu'à voir l'exemple du Québec pour voir à quel point la prophétie de Fabien va se réaliser... Cet îlot francophone survit depuis plusieurs siècles et c'est pas en train de changer. Si
j'en crois les différents recensements, la domination de la langue anglaise en Amérique du Nord n'a pas affecté le Québec, l'éducation de masse non plus. Bizarre pour une langue vouée à
disparaitre, non ?

Fabien Besnard 26/05/2013 11:10


à Descartes : vous dites que je ne pousse pas le raisonnement jusqu'au bout. La réponse est simple : il s'agit d'un processus qui 1) prend du temps 2) ne peut en aucun cas être piloté
politiquement sauf à faire preuve d'une certaine violence. Le point 1 va de soi il me semble : ce n'est pas parce que je pense que d'ici quelques siècle le français aura quasiment disparu qu'il
faut supprimer l'enseignement du français aujourd'hui. 2) en matière de langue, tout ce qui est  artificiel est voué à l'échec (ex : espéranto et autre volapuk). L'évolution d'une langue,
voire sa disparition ou son apparition sont des processus naturels qui découlent d'autres facteurs, en particulier la domination d'une puissance sur une autre pendant une période de temps
suffisante.


Aujourd'hui vient se greffer un 3e facteur d'importance : l'éducation de masse. On peut faire que, à l'échelle de la planète, tous les hommes parlent une seconde langue en plus de leur langue
maternelle. Comme je ne pense pas qu'il soit possible de faire qu'ils en parlent 10 ou 14, autant qu'ils parlent tous la même. Cette langue universelle qui a longtemps été un vieux rêve est
aujourd'hui pratiquement une réalité. Il se trouve que c'est l'anglais, c'est comme ça, c'est la conséquence logique de la longue domination américaine (et de l'immensité de l'empire colonial
britannique). Dans cent ans cette cause ne sera peut-être plus qu'un vieux souvenir, et on aura alors la chance d'avoir une langue universelle détachée d'une domination effective. Je pense que
langues locales seront alors vouées à la disparition, et qu'en tout cas, si elles doivent disparaitre rien ne pourra l'empêcher. Mais il serait absurde de vouloir précipiter cette disparition
aujourd'hui, tout comme il serait absurde de vouloir empêcher l'avènement d'une langue universelle qui est déjà presque complet.


Vous comparez la situation de l'anglais avec celle du latin : mais je vous ai déjà répondu. La différence immense était que le latin était la langue des docteurs mais pas celle du peuple, alors
que l'anglais est enseigné à tous dans les écoles.

Descartes 25/05/2013 20:44


@Fabien Besnard


Je regrette que vous ne poussiez pas votre raisonnement jusqu'au bout. Vous dites que "la bataille de la langue est perdue" et que l'anglais deviendra la langue unique des échanges. Vous en tirez
la conclusion qu'il est inutile d'enseigner "le corse, le breton". Mais dans ces conditions, pourquoi continuer à enseigner le français ? Pourquoi continuer à dispenser les cours dans nos écoles
et nos universités dans la bonne vieille langue de Molière et Descartes ? Au lieu de se limiter à quelques cours en anglais, il serait au contraire urgent de faire de l'anglais la langue unique
de l'enseignement - comme vous le notez, ce fut le cas pour le Latin en son temps. A quoi bon continuer à enseigner dans une langue qui n'a pas d'avenir dans les échanges intellectuels ? Je me
permets une interprétation: Si vous n'allez pas au bout de votre propre raisonnement, c'est parce que vous ne croyez pas vous même totalement ce que vous dites.


Le passage du latin aux langues nationales fut pour le monde intellectuel une libération, et pour la création un incroyable progrès. C'est grâce à cela que la connaissance a cessé d'être la
chasse gardée d'une oligarchie et qu'elle a pu être mieux partagée. C'est aussi cette transformation qui a permis aux penseurs de quitter les hautes sphères de l'abstrait et de penser le réel. Il
n'est pas surprenant qu'à un moment où il s'agit de couper le peuple de la connaissance, on essaye de revenir en arrière...


En fait, cette histoire de langue n'a qu'un seul objectif, comme je l'explique plus longuement dans mon blog. Il y a un "business" de l'éducation, et comme en France il est difficile de faire
payer les français, il faut impérativement attirer des étudiants étrangers qui sont prêts, eux, à payer des dizaines de milliers d'euros pour décrocher un diplôme. Il ne s'agit plus d'avoir une
université qui forme des penseurs, mais d'un commerce de diplômes. Et comme dans tout commerce, il faut donner au client ce qu'il demande, et ne pas lui demander trop d'efforts, comme par exemple
d'apprendre le français...

edgar 24/05/2013 21:12


salut torsade,


 


non je ne suis pas fâché, tout ça m'amuse au fond. pour les affaçages, je n'efface jamais de commentaire ici, la seule fois où je l'ai fait j'ai ajouté un commentaire pour expliquer
pourquoi. 


en fait c'est overblog qui a des problèmes : les commentaires sont enregistrés mais apparaissent en décalé (parfois). la plupart du temps c'est immédiat. mais je ne les filtre pas.