La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

A chacun son de Gaulle

Nicolas Sarkozy se rend aujourd'hui pour jouer au gaulliste à Colombey-les-deux-Eglises. Le Monde prête son concours à cette farce, doublement. D'abord en titrant "Nicolas Sarkozy inscrit son hyperprésidence dans l'héritage gaulliste". Comme si le culte du pouvoir unissait finalement les deux hommes. Il suffit d'imaginer de Gaulle avec un t-shirt FBI à New York pour prendre un peu de recul par rapport à ce rapprochement imbécile.

Ensuite le Monde publiait une fausse interview de de Gaulle, faite de citations tronquées et sorties de leurs contextes respectifs. François Delpla, historien spécialiste de la deuxième guerre mondiale, défenseur des époux Aubrac, s'étonne de l'imbécilité (pas exactement dans ces termes) du journal de référence.

 

Mais dénoncer Sarkozy est une évidence. Ce qui est plus judicieux, et juste, c'est d'inclure l'ensemble des leaders français dont le comportement est incompatible avec une vision de ce qu'est la France.

J'inclus dans le lot des gens comme Nicolas Dupont-Aignan ou Dominique de Villepin. Certes, le premier commence à évoquer une possible sortie de l'euro (pour entrer aussitôt dans une "monnaie commune"). Le deuxième a, avec le soutien de Jacques Chirac, refusé l'alignement français dans  la lutte américaine contre l'Irak.

Mais ni l'un ni l'autre ne proposent de rompre avec l'Union européenne, dont il apparaît chaque jour qu'elle n'est qu'un satellite des Etats-Unis - jusqu'à un conseiller de Barroso qui vient de proposer que l'Union adhère à l'OTAN, ce qui aurait le mérite de la clarté.

Les gaullistes d'aujourd'hui sont à l'étranger. Les présidents américains n'ont pas de gêne à reconnaître qu'ils défendent avant tout l'intérêt de leur pays (et les présidents français hésitent de moins en moins à reconnaître qu'ils contribuent à cette défense). On peut néanmoins se demander si un de Gaulle américain aurait laissé s'accumuler des déficits fragilisant à tel point les Etats-Unis.

Ailleurs, des Chavez,  Hu Jintao, Poutine ou d'autres préservent la capacité de leur pays à se diriger lui-même. Ils ne le font certes pas toujours avec des formes parfaitement démocratiques. Mais leur objectif affiché est de conserver et cultiver leurs actifs nationaux.

Il faut venir en Europe, et en France, pour trouver une classe dirigeante entièrement préoccupée de se soumettre à des règles imbéciles, établies lors de tractations qui débouchent toujours sur des compromis boiteux.

Il n'y a qu'un personnage politique qui défende aujourdhui clairement l'idée de rompre avec ce système, c'est François Asselineau et son petit parti, l'UPR (cf. le site de l'UPR et la page Facebook). Il y a sans doute un besoin profond de changement en ce sens - en quelques jours, une page Facebook créée par une sympathisante de l'UPR a réuni près de 2000 "fans".

Les médias traditionnels s'emploient à ignorer ce petit parti, ce qui n'est pas étonnant. Qu'un seul craque et les autres suivront, comme des moutons.

En attendant, s'il y a bien quelqu'un aujourd'hui, qui, contre l'adversité, à l'écart des élites établies (tout en étant lui-même Inspecteur général des finances, la crème de la crème de nos grandes écoles avec deux ou trois corps similaires en prestige), porte la parole d'une France rendue à elle-même, il est à la tête de l'UPR. Aujourd'hui il n'était pas à Colombey pour faire de la figuration, mais il a rédigé un texte pour expliquer pourquoi l'UPR ne se prétend pas gaulliste. On y trouvera une citation de de Gaulle qui pourrait s'appliquer à l'UPR : "Nous avons choisi la voie la plus dure, mais aussi la plus habile : la voie droite." Sans doute le meilleur papier à lire aujourd'hui pour retrouver l'esprit de l'indépendance nationale.

 

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 11/11/2010 21:15



Très intéressant Gilles, merci. Et combien révélateur de ce qu'est l'Union, qui ne tolère des partis qu'à sa botte !



gilles 11/11/2010 11:16




Europe unique objet de mon ressentiment, suite. Bonjour à Edgar, à Gérard Couvert, Frédéric Delorca et aux autres personnes qui lisent ce blog.


 


Le Mouvement Pour une Éducation Populaire, par la voix de Jacques Nikonnof et de Patrice Hemet, qui je pense sont de bonne foi et qui ne peuvent tout savoir, a
publié un rectificatif additif à son enquête sur le consensus européiste qui mentionne l'existence de l'Union Populaire Républicaine


 


 


http://www.m-pep.org/spip.php?article1935


 


Même si nous sommes pas d'accord sur le thème de la « désobéissance » européenne prônée maintenant, par le M-PEP, nous ne pouvons que souligner le travail
de recherches et la bonne foi des dirigeants du M-PEP concernant cette étude sur le consensus européiste.


 


Une « désobéissance » de gauche, DLR lui prône une « désobéissance » de droite.


 


Raymond Morvan, qui vient de décéder, dans un article de « La Sociale » : « L'Union Européenne et les partis » a effectué un
travail de recherche qui donne une des clés du consensus européiste :


 


Extraits :


 


En somme, les partis politiques européens, selon l’UE :


 


Description : - doivent être subordonnés aux traités et principes de l’union européenne, soumis à des vérifications
régulières confirmant qu’ils sont bien un « facteur d’intégration » au sein de cette Union.


 


Description : - peuvent être financés, dans ce cadre, à hauteur de 75%. En tout état de cause les cotisations des adhérents
jugées « admissibles » (ce seul mot, c’est déjà tout un programme !) ne peuvent excéder 40% du budget annuel, ce qui signifie clairement que l’équilibre financier de ces partis dépend de l’UE,
que le financement des « partis européens » ne peut en aucune manière reposer sur les seules cotisations des adhérents...


 


Par conséquent les partis constitués comme partis européens ne sont pas le produit de l’association volontaire de partis nationaux mais des instruments subsidiaires
de l’UE qui les finance majoritairement et les soumet à son contrôle régulier, cependant que les partis « nationaux » doivent consacrer dans les assemblées législatives la plupart de leur temps à
traduire les directives de l’Union européenne.


 


Article in-extenso ici : http://la-sociale.viabloga.com/news/l-union-europeenne-et-les-partis


 


 


Document de l'UE : « RÈGLEMENT (CE) N° 2004/2003 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 4 novembre 2003 relatif au statut et au financement des partis politiques au
niveau européen »  ici sous le lien …


 



Gérard Couvert 10/11/2010 17:08



Franchement, j'ai du mal à vous répondre pour la simple raison que je suis depuis des années partisan de la radicalité (pas que pour l'U.E, mais c'est un autre débat !) ; mais force m'est de
constater que depuis que je fréquente NDA il a toujours dit publiquement un jour ou l'autre ce qu'il nous disait en privé des années avant.


A force je me suis convaincu que sa stratégie des déplacements mesurés mais toujours dans le même sens était une bonne stratégie, d 'une part pour l'accés au média, d'autre part pour réussir à
récuperer l'electorat gauliste de l'UMP.


Arriver à être candidat à la présidentielle et enfin, avec une audience maximale pouvoir tout déballer sans que les média ne puissent censurer (trop !)



edgar 10/11/2010 16:58



Rassurez-vous, si j'avais peur de faire de la pub à NDA je n'en parlerais même pas.


Son discours se radicalise en effet par rapport à l'UE. Compte tenu de la réceptivité accrue des électeurs et de cette radicalisation, sa timidité est d'autant moins explicable.



Gérard Couvert 10/11/2010 15:11



Je ne désire pas utiliser ce site pour faire la propagande de D.L.R. mais il faut quand même ajouter que si on lit son programme, si on suit le discours de Dupond-Aignan à Dourdan en Septembre et
si l'on écoute ses dernières interventions il est clair que les demandes de N.D.A. (suppression de la commission, abrogation des traités, suppression de la cour Européenne de justice, etc.) ne
pouraient conduire qu'au divorce.



edgar 10/11/2010 14:41



Je ne crois pas que NDA ait une préférence secrète pour sortir de l'UE.


Si c'était le cas je ne vois pas pourquoi il n'en ferait pas part à ses électeurs.



Gérard Couvert 10/11/2010 09:37



Pour le Monde il faut en revenir à sa fondation, car même si De Gaulle l'a encouragée, sans doute pour donner des gages, notre Pravda nationale à été fondée par un Vichyste (cf. école de
Chamrousse) tendance "Hitler fait l'Europe".


Nicolas Dupont-Aigan à toujours été critique sur l'euro, il propose depuis plus d'un an d'en sortir, et l'évoque -discrètement- depuis sa pré-campagne de 2007 ; son idée est simple il faut
amenrer doucement la population à croire que c'est possible (parce qu'une bonne part de l'opinion pense que cela est impossible, tout comme elle croit que la mondialisation est d'ordrre
"naturel"). Il propose aussi, non de sortir de lU.E. mais de demander tant de réformes que nous en serions exclus, ce qui encore une fois sera plus efficace en terme de mobilisation nationale
pour la reconstruction.


A moins de préparer une conspiration, faire de la politique nécessite de passer par la case élections, cela demande des moyens et de l'énergie, afin d'aboutir à une "visibilité" médiatique seule
possibilité pour être entendu. Cela est long et impose quelques compromissions, N.D.A. en est là et les minutes de télévision commencent à s'accumuler : qu'il évoque un islam conquérant et
anti-républicain ou une sortie de l'U.E. il sera immédiatement rejeté par les journalistes mal intentionés (si si il y en a !)  dans le camp des extrémistes à bannir. Je ne crois pas qu'il
soit dupe il sait aussi que sa petite montée de notorité est une arme pour affaiblir Marine Le Pen.


Rêvons, dans nombre de domaines une présidence Dupont-Aignan irait dans le sens des souhaits de l'U.P.R., sauf que ce dernier n'a aucne chance de peser une jour, alors que D.L.R. peut espèrer
peser sur la reconstruction d'une droite nationale et sociale, gaulienne.