La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Des détails sur le coût de l'appartenance à l'Union européenne...

Natixis publie une note expliquant que si les Etats-Unis avaient la même politique économique (imbécile) que l'Union européenne, ils n'auraient pas -2,5% de croissance cette année mais -6,5% (télécharger la note en anglais).

Convertis en chômeurs pour la France, ça fait quoi ça 4% de croissance en moins à cause d'une politique idiote ? 300 000, 500 000 ? Pas assez sans doute pour infléchir le discours pro-européen de l'UMP, du PS, du NPA...

A part ça tout va bien, nous sommes très contents d'appartenir à l'Union européenne qui chaque jour nous rend plus forts...


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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 12/12/2009 10:42



Rom1 : en gros tout va très bien, il n'y a qu'à attendre la reprise...


Mon avis est que sans aller jusqu'aux extrêmes américains, l'union européenne devrait desserrer l'un des deux leviers classiques de la politique éco : budget ou monnaie. de toute façon, l'euro
n'étant pas monnaie de réserve, l'UE n'a pas la possibilité d'aller aussi loin que les usa dans l'endettement.


Par ailleurs, il faut cesser de penser qu'il n'y a que deux outils de politique économique : le budget et la taux d'intérêt.


La politique de change de l'Union européenne est également stupide. L'euro était une occasion d'en finir avec l'exorbitant privilège du dollar. résultat, quand les chinois ont proposé un panier
de devises comme monnaie de réserve internationale, l'UE a mis moins d'une demi-journée pour les baffer.


Bien sûr les chinois ont un problème avec le dollar. pour le moment ils ont une croissance annuelle de 8% qui leur permet de gérer ça dans la durée (en achetant de l'or, en relançant leur demande
intérieure etc...)


Dans l'histoire, l'UE se comporte exactement de la façon que vous avez l'air de trouver réjouissante : à la remorque des excés américains et du volontarisme chinois. il n'est pas garanti qu'un
gouvernement français libre ferait mieux ; rien ne dit qu'il ferait aussi mal. de toute façon, le seul atout de l'union en matière économique était d'en finir avec le règne du dollar grâce à
l'euro, hors l'union se refuse à cela avec une grande application. à partir de là, il convient de mettre fin à cette farce.


 


 


 


 



Rom1 12/12/2009 00:34


Quel intérêt d'avoir 4% de croissance en plus, si c'est au prix de déficits records et d'une politique monétaire explosive ? La rigueur monétaire n'a pas que des désavantages, le laxisme de la FED
a beaucoup contribué à la crise actuelle (et on peut se demander si elle ne prépare pas la prochaine). D'autant plus que malgré la croissance supérieure (ou plutôt: la récession moindre), les
revenus des ménages ont nettement plus baissé aux US qu'en Europe. Je ne suis pas convaincu que notre gouvernement ferait mieux que la BCE. D'autre part, dévaluer l'euro à toute force pour courir
après la Chine ne me semble pas une excellente idée. L'euro n'est pas trop fort, c'est le yuan qui est trop faible, par rapport au dollar, à l'euro, au yen, à la livre sterling... Le yuan est
artificiellement accroché au dollar alors que les deux monnaies devraient diverger. Au final, c'est la Chine qui risque de se faire avoir à son propre jeu: à vouloir garder le yuan bas pour
favoriser ses exportations, elle se fait payer avec de la monnaie de singe qui risque bientôt de se dévaluer encore plus fortement qu'aujourd'hui. Et si la Chine veut une autre monnaie d'échange,
elle n'a qu'à libérer l'accès à la sienne, je pense qu'il y aura des intéressés.


edgar 11/12/2009 18:34



Malakine : non, bien sûr. L'intérêt c'est juste de savoir que la politique européenne, à la fois rigide sur les points monétaire et budgétaire nous coute quatre points de croissance.


savoir ce qui se passe si les usa et l'europe ont des politiques laxistes, c'est autre chose. il incombait à l'union européenne de dire aux USA que c'est l'europe qui paie les frais du laxisme
européen, et de ne pas baffer les chinois quand ils ont réclamé une monnaie de réserve internationale autre. l'europe a fait à peu près toutes les bêtises imaginables et n'a jamais raté une
occasion de se tirer une balle dans le pied.


 



Malakine 11/12/2009 17:23


N'étant pas anglophone, je n'ai pas lu la note que tu mets en lien, mais celle-ci (même source) est un violent réquisitoire contre la politique économique américaine actuelle.
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=49941


Malakine 11/12/2009 16:31


J'y crois pas ! Edgar, qu'est ce qui te prends ?? Tu ne veux quand même pas nous présenter la politique économique des Etats-Unis comme un modèle ? Tu ne veux quand même pas nous dire que la
formidable croissance US est lié à la supériorité de leur modèle économique : dette, déficits, consommation à outrance, financiarisation totale, inégalités explosives, état providence réduit à rien
du tout ...


gilles 11/12/2009 10:27



Un extrait d'une interview de Maurice Allais :


 


« L'absence d'une telle protection apportera la destruction de toute l'activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c'est-à-dire de toutes les industries de l'Europe de l'Ouest et
celles des pays développés. Car il est évident qu'avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l'industrie française finira par partir à l'extérieur. Il m'apparaît scandaleux que des
entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu'elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour
automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n'est posée, ce qui va arriver peut d'ores et déjà être annoncé aux Français : une
augmentation de la destruction d'emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l'industrie, mais tout autant dans l'agriculture et les services.


De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu'il y ait des mouvements qui se généralisent, j'en suis d'accord, mais ce terme de «
bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans.
L'essentiel du chômage que nous subissons —tout au moins du chômage tel qu'il s'est présenté jusqu'en 2008 — résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l'échelle mondiale
sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu'une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l'est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal
Lamy constitue bien une position sur le fond. » 



gilles 11/12/2009 09:04



Un extrait d'une interview de Maurice Allais :


 


« L'absence d'une telle protection apportera la destruction de toute l'activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c'est-à-dire de toutes les industries de l'Europe de l'Ouest et
celles des pays développés. Car il est évident qu'avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l'industrie française finira par partir à l'extérieur. Il m'apparaît scandaleux que des
entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu'elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour
automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n'est posée, ce qui va arriver peut d'ores et déjà être annoncé aux Français : une
augmentation de la destruction d'emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l'industrie, mais tout autant dans l'agriculture et les services.


De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu'il y ait des mouvements qui se généralisent, j'en suis d'accord, mais ce terme de «
bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans.
L'essentiel du chômage que nous subissons —tout au moins du chômage tel qu'il s'est présenté jusqu'en 2008 — résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l'échelle mondiale
sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu'une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l'est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal
Lamy constitue bien une position sur le fond. »