La lettre volée

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Corps et âme

Pendant vingt ans, j'ai eu l'impression d'apprendre à jouer un jeu. De construire un monde autour de moi. D'édifier morceau par morceau, pièce par pièce, d'abord le milieu qui m'entourait, le monde de tous les jours avec ma chambre et la maison, la ville, le lycée, l'université, leurs passés et leurs histoires. Puis de comprendre le pays, la République avec ses institutions et ses lois, son armée et sa justice. Et tout l'édifice vient justement de s'effondrer. Tout ce en quoi je croyais, tout ce que je croyais croire pour la vie, tout ce qui me paraissait constituer la base même de notre existence, former l'armature qui nous protège, guider le regard que nous portons sur le monde, tout cela, en un instant, s'est écroulé. En un instant, le pays a fait naufrage. En un instant, malgré ses grands hommes et ses grandes écoles, ses généraux et ses institutions, ses professeurs et son Sénat, il a sombré corps et âme.

François Jacob, la statue intérieure

 

Je lisais ce passage hier, qui décrivait juin 1940. Je l'ai trouvé étrangement actuel.

Sur le thème du délitement, je lis ainsi que l'Etat n'a plus la majorité de blocage dans GDF Suez.

Tout récemment le directeur général de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie vient de rejoindre la branche santé d'un assureur privé.

Je lis dans Les Echos, sous la plume d'un chroniqueur régulier du quotidien économique de référence, que l'Etat serait bien avisé de vendre ses participations dans toutes les entreprises. Le chroniqueur en question vient de prendre la tête d'un think tank financé par la fondation Soros.


 

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Pierre Huet 13/10/2014 08:12


Courage! Notre pays en a vu d'autres!


Si un article des Echos, le changement d'emploi d'un carrièriste participent à cotre démoralisation, c'est que votre confiance dans notre France était déja bien ébranlée.


GDF-Suez, c'est plus fâcheux, mais face aux atteintes aux fonctions réellement régaliennes de l'Etat, ce n'est pas la priorité.


Et puis, la République Française a existé avant les nationalisations de 1945 et 1936 et aussi (Oh blasphème!) la France a existé avant la République.

Pierre Huet 03/10/2014 07:07


Intéressant!


En attendant, je file à l'université d'été de l'UPR.

edgar 02/10/2014 23:14


pierre, vous m'auriez cité ça : http://lci.tf1.fr/economie/social/un-train-sur-deux-circule-sur-les-lignes-j-et-l-du-transilien-8490338.html, j'aurais compris. mais l'adefdromil ne me choque
pas.

Pierre Huet 02/10/2014 23:05


Si vous ne croyez pas que le syndicalisme dans la fonction publique est un allié objectif (comme disaient certains) des destructeurs de celle-ci, lisez ceci:


 


http://www.lexpress.fr/actualite/societe/la-cedh-condamne-la-france-pour-son-interdiction-des-syndicats-dans-l-armee_1605914.html

Pierre huet 02/10/2014 18:40


En tant qu'usager de longue date de divers service publics (quand on est balieusard...) et salarié du privé toute ma feue vie active, j'ai l'impression qu'il y a eu un dévoiement et de la
mentalité d'une partie des personnels du service public, et du syndicalisme. Le cas des pilotes est caricatural certes, mais que penser des grèves des transports urbains?


Défense du Service public ou défense d'intérêts catégoriels? Si les thèses néolibérales sont tant acceptées par public, il faut se demander pourquoi.


 

edgar 02/10/2014 16:19


il n'y a rien à sauver dans le papier de tétreau. comparer les pilotes à des terroristes est de la foutaise. en appeler à un sens du collectif alors qu'il est un dérégulateur relève également de
l'imposture. qu'il puisse y avoir des abus syndicaux, c'est possible et même évident. mais de là à considérer qu'il n'y a plus qu'à vendre toutes les entreprises publiques c'est ridicule.  

Pierre Huet 02/10/2014 08:01


Si le remède proposé est contestable, le diagnostique de Tétreau n'est que trop vrai! L'individualisme généralisé a profondément déterioré le modèle français. La présence de l'Etat dans des
secteurs stratégiques ou de service publique a trop servi de protection à des citadelles d'intérêts collectifs et à des bureaucraties syndicales. Il est significatif qu'en France les syndicats
soient profondément discrédités là ou les salariés sont les moins protégés, le secteur privé, et ne survive que par les adhésions de la fonction publique. Qu'en pensez-vous?