La lettre volée

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Christophe Barbier : la Grèce fait partie de l'espace vital européen

Une petite vidéo légèrement vertigineuse.

Sous son écharpe rouge, souriante et décontractée, on y entend Christophe Barbier, une des stars de l'éditocratie française, expliquer doctement que si les grecs votent mal il faudra mettre la Grèce sous tutelle.

En effet, laisser un gouvernement grec opposé à l'euro "ce serait ruiner tous les investissements politiques que l'on a placés dans ce pays".

Il faut dans la zone euro la Grèce, voisin de la Turquie, grand pays du sud, berceau de la démocratie...

Barbier souhaite donc, en cas d'opposition grecque à l'euro une co-tutelle franco-allemande sur la Grèce, avec une "gouvernance moderne" (traduire gouvernance de façon systématique par dictature, ça marche très bien).

Mieux, il espère qu'un tel coup d'état, le renversement d'une démocratie par la dictature européenne, soit l'acte fondateur d'une nation européenne.


Source : L'Express

 

Donc, par le fer et par le feu, à tout le moins contre la démocratie grecque, voilà ce le tribut qu'il convient de payer à l'Europe. Si Barbier est prêt à sacrifier la démocratie chez les grecs, nul doute qu'en Grèce ou ailleurs ce concept n'a pas grand evaleur pour lui.

Barbier dit tout haut ce que la plupart des partisans de l'Union pensent tout bas. D'ailleurs sa vidéo extravagante n'a pas fait d'éclat, ne lui a pas valu d'attaque particulière.

Comme j'ai l'esprit retors, je me souviens que Barbier est directeur de la rédaction de l'Express.

En janvier, c'est ce même journal qui voyait les francs-maçons tirer les ficelles de la France. Après nous avoir débarassés de la démocratie grecque, Barbier et l'Union européenne nous débarasseront-ils également des francs-maçons ?

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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fd 20/06/2012 00:02


Vous avez raison concernant le Soudan, qui est une fédération du tiers monde qui a explosé. Mais franchement je trouve que la définition d'une nation est très difficile surtout quand il y a
manipulation extérieure. Les Tchécoslovaques ont adhéré au meme projet national entre 1918 et 1939, et encore après guerre. Le particularisme slovaque ne s'est éveillé que sur le tard, et je
pense qu'il n'y aurait pas eu d'éclatement s'il n'y avait eu la course aux subsides allemands du côté tchèque (car ce sont les Tchèques qui ont poussé les Slovaques à a sécession pour se
débarasser d'une "poids mort"). On fabrique aisément des "nations" quand il y a des subventions à la clé. L'Espagne a décidé du jour au lendemain à reconnaître les ethnies basques et catalanes
comme des "nations" (c'est le terme officiel) dans un Etat presque fédéral. Tous ces termes sont d'un usage très délicat...

Zebulon Whateley 19/06/2012 00:51


Je persiste; mon usage de ethnique et de national n'a rien de méprisant, mais pour qu'une nation soit une nation, il faut qu'elle ait, selon la définition de Seton-Watson, une conscience
politique, une volonté, et une solidarité; bref: une affectio societatis qui existe bien sur l'ensemble de l'Inde mais qui n'éxistait pas dans le cas Tchécoslovaque. Par ailleurs,
pour donner un exemple du tiers monde, nous avons récemment le Soudan du Sud où 99% de la population vota pour l'indépendance dans le référendum de janvier 2011: on y voit une volonté claire de
mener une politique indépendante qui n'est pas compatible avec l'appartenance à la République du Soudan, et qui a permis d'en finir avec l'instabilité permanente que le pays vivait depuis 1956.

fd 19/06/2012 00:29


Vous avez parlé de fédération multinationale à propos de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie, et j'ai corrigé avec le terme pluriethnique qui est plus précis. Parce que pour moi les Slovaques
ou les Croates ne sont pas plus une nation (ou pas moins) que les Tamouls du Tamil-Nadi ou que les Ibos au Nigeria. La situation de l'Inde et de la Tchécoslavaquie était la même et même
elle était plus propice au non-éclatement en Tchécoslavaquie qu'en Inde car la Tchécoslovaquie était indépendante depuis plus longtemps que l'Inde. Et il est absurde de dire que les
Tchécoslovaques ne se sont jamais sentis tchécoslovaques. Toutes ces idées sur le caractère artificiel de la Yougoslavie ou de la Tchécoslavaquie, sur le fait que les "nations" primaient en leur
sein etc sont des idées reçues forgées par les médias dominants pour masquer les ingérences étrangères et leur travail de sabotage de ces fédérations. Les fédérations multiethniques du tiers
monde comme le Nigeria ou l'Inde sont tout aussi multinationales et artificielles que ces pays européens l'étaient et pourtant elles ont subsisté. Méfions nous des idées reçues.

Zebulon Whateley 19/06/2012 00:01


Vous l'avez bien dit: pluriethnique, pas plurinationale. Presque toutes les nations sont pluriethniques; les Han et les Hui sont deux ethnies chinoises, mais il
n'y a qu'une seule nation chinoise. Dans le cas de l'Inde, la division s'est faite entre l'Inde et le Pakistan au sein du projet d'état indien post-colonisation; un ensemble pan-indien qui
regrouperait l'Inde et le Pakistan n'aurait pas été soutenable du fait des differences irreconciliables entre les deux.


 


C'est bien là la difference entre une ethnie et une nation: si les Han (confucianistes/taoïstes) et les Hui (musulmans) se sont toujours sentis Chinois et n'imaginaient pas de ne pas vivre dans
le même état, les Tchèques et les Slovaques ne se sont jamais sentis Tchécoslovaques.

fd 18/06/2012 22:55


L'Inde est une fédération pluiethnique comme l'était la Tchécoslovaquie. Elle n'a pas explosé. Le Nigéria aussi, je crois, même s'il est un peu plus fragile. Je pense qu'il doit exister
d'autres exemples

Zebulon Whateley 18/06/2012 18:44


Il ne faut pas tomber dans le sophisme no true Scotsman ("aucun bon
écossais") au sujet du fédéralisme. Le fédéralisme peut avoir des institutions "démocratiques", mais celles-ci ne fonctionnent que lorsqu'elles ne gouvernent qu'une seule nation. On cite souvent
comme exemples de succès du modèle fédéral les Etats-Unis d'Amérique, l'Allemagne ou l'Australie, mais ces pays ont en commun qu'ils ne sont pas plurinationaux.


 


Lorsque les fédérations sont plurinationales, l'absence d'un démos empêche l'existence de toute démocratie; c'est
pourquoi, par ailleurs, toutes les fédérations plurinationales finissent par exploser: la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie en sont des exemples récents. Une fédération plurinationale (et donc
non-démocratique) ne peut se maintenir qu'à travers la violence et l'autoritarisme: sur le papier l'URSS était fédérale, mais dans la pratique elle était un état centraliste et violent.


 


Si on regarde les deux modèles possibles de "démocratie" européenne, on se rendra vite compte de que c'est un problème
insoluble:


 


- Soit 1 vote allemand = 1 vote chypriote (dans ce cas, les allemands décident de tout es les chypriotes ne décident de
rien)


- Soit 1 vote chypriote = 80 votes allemands (dans ce cas, comment justifier qu'un vote chypriote vaut plus qu'un vote
allemand?)


 


Alors, nous disent les eurolâtres, il suffit de faire la "nation européenne". Mais cette nation n'a jamais existé et
elle ne risque pas d'exister: si après 80 ans d'URSS les Polonais sont toujours des Polonais, si après 74 ans de Tchécoslovaquie les Tchèques sont toujours des Tchèques, et si après quatre
siècles d'occupation les Grecs étaient toujours des Grecs et non pas des "Ottomans", cela veut dire qu'on ne fait pas fusionner des nations quand on veut et comme on veut.


 


Cela veut dire qu'une fédération européenne sera forcément anti-démocratique par nature, et que ceux qui veulent la
fédération européenne veulent l'empire et la dictature.


 

fd 18/06/2012 11:51


Les Grecs préfèrent le retour de la polio et de la dyphtérie dans leurs école soù on ne vaccine pas à la sortie de l'euro. Après les brillantes élections d'hier, Barbier n'a pas besoin d'envoyer
de Gauleiter européen à Athènes

Gérard Couvert 18/06/2012 08:03


Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est Allemand.

Craig Willy 18/06/2012 01:14


C'est quand même terrifiant ce "férédalisme" là. Barbier qui veut la "mise sous tutelle" d'une nation par le condominium franco-allemand. Trichet qui veut un "fédéralisme d'exception" (qui veut
dire à peu près la même chose). Weidmann qui préconise le "transfert de la souveraineté" à "l'Europe" en cas de défaillance budgétaire...


Ceci n'est pas le fédéralisme. Le fédéralisme c'est un gouvernement démocratique à un niveau supérieur aux entités existentes. C'est un principe Républicain. Ce n'est pas la soumission de nations
démocratiques à une technocratie, un Banque ou un couple franco-allemand. Ça, c'est un empire, grosso modo, le colonialisme, du genre hideusement diplo-bureaucratique.