La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Chevènement le plasticien

Je n'ai jamais partagé l'espèce d'admiration que certains éprouvent pour Jean-Pierre Chevènement.

Je veux bien croire à son brio intellectuel. Mais loin de l'excuser, cela ne fait qu'aggraver les bizarreries de son positionnement politique.

Un nouvel exemple un peu déroutant. Chevènement a déclaré il y a peu qu'il ne fallait pas quitter l'euro, "car on ne descend pas d'un avion en marche".

 Et là je viens de lire un article sur le site du MRC, titré "le paradoxe mortifère de l'euro".

  Pour conserver sa cohérence au mouvement chevènementiste, il faudrait donc rectifier la métaphore employée par le ché : on ne sort pas de l'euro car on ne descend pas d'un corbillard en marche.  

  Voilà qui permettrait au discours du MRC de ne pas avoir l'air d'être orienté différemment selon qu'il s'agit de négocier des alliances avec Royal ou de séduire l'électeur de gauche...

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Pierre Huet 24/07/2011 16:34



Descendre d'un avion en marche? Ici il s'agit plutôt de sauter en parachute avant l'écrasement.



beats studio 24/07/2011 15:52



ce qui serait bien, quand on se veut le paradigme des valeurs républicaines,
cher M. Chevènement, ce serait de lâcher ce logement social auquel vous n'avez nullement droit : 120 m² dans le 5e arrondissement de Paris pour 1 271 € par mois. Minable.



sybille 17/07/2011 14:19



@Edgar,

Ok pour le poids que pourrait avoir une déclaration de JPC face à celle d'un bloggueur même talentueux! 

Par contre je suis persuadée que le temps de JPC est dépassé. Il y a presque 10 ans, si je m'étais laissé séduire par son approche, c'était dans une démarche un peu présomptueuse: il s'agissait
ni plus ni moins que de sauver la république en danger! Voyez vous celà!

10 ans après, la république est morte et le CHE ne réssussitera pas, non pas parce qu'il trouverait à se satisfaire de quelques arrangements douteux pour préserver un siège où 2 au PS, mais bien
plus grave encore parce qu'il n'a plus les outils qui conviennent pour analyser la situation comme il se doit, du coup JPC nous apparaît désormais emprisonné à l'intérieur du système.
Par contre, j'ai du mal à le lui reprocher, parce que qui possède ces outils aujourd'hui? Je suis bien en peine de le dire, alors que nous vivons un tournant historique de grande ampleur!

J'ai déjà commenté ici, pour mettre en garde contre une opposition de principe à l'Euro qui confondrait les effets et les causes. L'Euro est tout juste un moyen qui sert aujourd'hui une idéologie
catastrophique et un système qui a fait de l'absence d'alternative son seul argumentaire orwellien! 





De plus, je pense que combattre l'Euro pour l'Euro, c'est un peu pareil que défendre l'Euro pour l'Euro, ou pire l'Europe pour l'Europe! On retrouvera d'ailleurs la
perversité de cette inversion (effets vs causes), chez Attali, que je citais dans ce billet ici: Pour Attali, "Il faut donc changer de perspective. Ne plus penser au problème grec, mais au
problème de l'Union européenne." et de regretter "En plus de dix ans de monnaie unique, l’on aurait pu mettre en place un ministre des Finances de
l'Union pour contrôler efficacement la politique économique de chaque pays membre." Et d'en appeler coûte que coûte au sauvetage de l'union Européenne avec des
arguments incroyables tel que : "Enfin, parce que l’on sort d’une crise par l’innovation et la croissance, l’Europe aurait pu mettre en place un programme de
soutien massif aux investissements de croissance de l’industrie européenne: lancer de nouveaux Airbus du rail, des télécommunications, de la voiture électrique ou de la génomique. Prendre des
décisions européennes de nouveau courageuses.
Pour tout cela, il est trop tard. Si l’on laisse la Grèce faire faillite, c'est l'euro qui disparaîtra. C'est le principe même de l'Union européenne qui sera en cause. Le
chômage augmentera encore, y compris en Allemagne qui bénéficie à ce jour d’un euro sous-évalué par rapport à son économie."


Voilà pourquoi, je pense fondamentalement que c'est cette idéologie totalitaire par définition (TINA) qui appelle à une dissidence consistant a minima à proposer
des alternatives de toutes sortes dont pourquoi pas la sortie de l'Euro?





Voilà pourquoi aussi je trouve totalement audibles les approches résolument anti-système façon dedefensa, qui prône l'inconnaissance du système (“ni
ignorance, ni connaissance”) seule façon pour l'auteur de se maintenir réellement à l'extérieur de ce système.   


 "Notre choix de l’inconnaissance nous exonère de cette capitulation ultime. Elle nous permet d’échapper à l’emprisonnement du Système, à sa puissance
irrésistible. Elle nous permet de refuser toute solidarité avec le Système, sans nécessité de suicide pour la cause, mais au contraire en poursuivant la résistance là où cela peut se faire, –
effectivement, en utilisant les moyens du Système, comme l’Internet, l’électricité qui le fait fonctionner et ainsi de suite. Les temps sont très urgents et il n’y a plus de guère de temps pour
le sentimentalisme des vertueux."  Article ici






et donc voila pourquoi malgré leur audience forcément limitée, des blogs comme la lettre volée ou d'autres ont leur importance qu'il ne faut pas négliger face au
manque d'imagination quand ce n'est pas la capitulation massive des partis politiques toutes tendances confondues ! 



yann 15/07/2011 10:30



@Edgar


 


Il est vrai que le comportement de Chevènement est parfois incompréhensible. C'est d'autant plus incompréhensible qu'il est à la fin de sa vie, sans vouloir lui manquer de respect. Il n'a plus
rien à craindre pour sa carrière. Dès lors il devrait plus facilement que d'autre prendre des risques et dire ce qu'il pense. Parce que je suis persuadé qu'il ne croit plus à l'UE ou à l'euro
même s'il le cache par de nombreux contournements intellectuels. Autant je peux comprendre un homme comme Montebourg qui est pris dans le piège de son parti politique, autant j'ai du mal à
comprendre le positionnement actuel de Chevènement.



edgar 15/07/2011 01:23



message reçu pour le fédéralisme européen...


pour ce qui est de JPC, son cas dépasse l'anecdote : qu'il prétende incarner l'opposition à l'Union européenne alors qu'il pose des petits cailloux pour être parfaitement euro-compatible et
conserver un poste de ministre en 2012 est affligeant. Il a déclaré il y a 15 jours ne pas vouloir quitter l'euro et le MRC publie aujourd'hui un article déclarant l'euro "mortifère". J'attends
d'un homme d'état et d'un politique qu'il tranche et indique clairement les priorités.


S'il se déclarait pour une sortie de l'euro, cela aurait un poids tout autre que si je publiais vingt-cinq articles imparables sur le fédéralisme budgétaire !


 


 



Sybille 14/07/2011 11:10


Par les temps qui courent je ne pense pas que JPC soit le pb principal. En fait, je suis un peu frustrée je cherche désespérément une analyse sur le "fédéralisme budgétaire " europeen qui est
poussé depuis qq temps comme solution de sortie de crise. je pensais la trouver ici! Mais non! Pourtant il y a matière c'est le prochain tour de passe passe qui se profile! J'ai pas le temps de
faire moi même un billet sur la question! Allez, Un petit effort la lettre volée ?


Ovide 12/07/2011 17:38



Bonne nouvelle d'un blogue euro-assermenté (surtout la dernière phrase). La solution, il faut plus d'europe et de gouvernance, c'est comme le hocquet : Sylvestre ne sait pas comment s'arrêter.


http://www.jeanmarc-sylvestre.com/2011/07/12/l%E2%80%99europe-craque-et-part-dans-tous-les-sens



edgar 12/07/2011 09:52







Romain / Variae 12/07/2011 09:12



D'où l'expression : "rouler à tombeau ouvert" 



edgar 12/07/2011 03:17



pas convaincu. Il ne s'agit pas de jouer de la musique pendant que le bateau coule, il s'agit d'être efficace. On parle de politique ici, pas de débat intellectuel.


L'intelligence n'est pas une valeur. Encore moins lorsqu'elle est mise au service de ce que l'on est bien obligé d'appeler une sorte de carriérisme.


Choisir d'en rabattre sur l'essentiel (se satisfaire de l'euro au moment même où il met l'europe à bas) c'est préférer le calendrier à très court terme aux responsabilités devant l'histoire.


Que JPC soit intelligent, nul ne le conteste. Il ne faudrait pas non plus croire que Copé, Fabius ou bayrou sont des ânes. Mais l'intelligence n'est pas en question aujourd'hui. Il faut de
l'intelligence certes, mais aussi un certain sens de la grandeur, auquel se rattacher, une vision d'ensemble et par dessus tout le courage de s'éloigner de la masse altereuropéenne. Il faut
trancher. c'est d'autant plus urgent que le noeud devient énorme.