La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Ces pauvres enfants qui naissent endettés...

Je reçois un courriel d'un brillant esprit qui vit de subventions européennes mais crache sur "l'addiction à la dépense publique dont font preuve les sociétés européennes qui y consacrent plus de la moitié de leur richesse".

 

Ce cerveau fertile prolonge cette tirade bravache d'un truisme qui mériterait de figurer dans un nouveau dictionnaires des idées reçues : "un petit européen qui nait aujourd'hui doit déjà 21 585 euro."

 

Combien de fois n'a-t-on pas lu cette complainte au bébé endetté, rhétorique infâme, de bas niveau ?

 

Une remarque à ce bon européen qui a appris ses leçons de novlangue :

 

21 585 euros c'est à peine plus que le coût annuel de fonctionnement d'une place de crèche (cf. note du CEPREMAP). Pourquoi faudrait-il s'étonner de voir l'Etat s'endetter à hauteur d'une année de crèche lors de la naissance d'un bébé ? Avec une production annuelle par habitant d'une vingtaine de milliers d'euros, le cher bébé en question aura bien le temps de rembourser...

 

Il ne s'agit pas de nier l'importance de la bonne gestion publique. Juste de souhaiter que les débats au sujet des déficits ne soient pas rythmés par les seules exigences, fort volatiles, des agences de notation.

 

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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gilles 10/05/2010 09:57



La dernière boîte où j'ai travaillé le plus longtemps utilisait une machine à souder à la vague ( secteur électronique ) performante. 


 


Le patron s'est mis en tête d'en acheter une plus performante d'un valeur de 4 millions, malheureusement, celle-ci était extrêmement difficile à régler, polluante, tombait en panne souvent, ce
qui obligeait des techniciens allemands à venir dans notre entreprise et comme ils ne venaient qu'à reculons, cela entraînait des jours sans production. 1ère erreur


 


Le patron s'est mis en tête de faire des économies en ne confiant pas la réparation des oscilloscopes à une société ayant un agrément de métrologie, mais en les « réparant » lui-même avec l'aide
du chef du service contrôle fonctionnel. Résultat des courses :


deux oscilloscopes flingués. 2ème erreur


 


Le patron, syndiqué au MEDEF, pour pouvoir frimer devant ses collègues patronaux de la Chambre de Commerce et d'Industrie locale a acheté sur les fonds de la boîte un 4 x 4 pick-up qui était «
censé » assuré des livraisons, censé seulement car 99,9 % de nos livraisons étaient assurés par des transporteurs et immobiliser un 4 x 4 pour 0,1% des livraisons était stupide, alors qu'un
véhicule ordinaire d'un responsable commercial de la boîte suffisait. 3ème erreur visible, sans compter celle que nous n'étions pas en mesure de voir.


 


Résultat des courses : 80 personnes à la rue.


 


Le patron ? Rassurez-vous, cela va bien pour lui, il a remonté sa boîte, mais il ne fabrique plus en France, il a choisi lui aussi le multi-latéralisme :


 


1/3 de la production en Pologne


1/3 en Tunisie


1/3 en Roumanie


 


Les fonds privés eux aussi sont mal utilisés et ceux qui font des erreurs n'en assument pas la responsabilité. 



edgar 09/05/2010 15:31



Mr T :La banque peut valablement émettre 10 pour les dépenses de la banque. Ainsi, il existe 110 en circulation et non pas 100. La banque peut valablement émettre ces 10, les dépenser, avant
avoir reçu le remboursement de l'emprunteur. Ainsi, les 10 manquant circulent dans l'économie.


La monnaie bancaire n'est acceptée dans votre exemple que parce qu'elle est garantie par l'Etat. Enlevez la monnaie garantie par l'état (et la garantie de l'état aux banques) et vous ne trouverez
pas beaucoup de banques dont les engagements seront aussi aisément acceptés...


 



Mr T 07/05/2010 18:21



http://www.rue89.com/planete89/2010/04/30/fervent-adepte-des-energies-renouvelables-je-suis-devenu-anti-eolien-149575


http://h16free.com/2010/01/14/1087-les-factures-solaires-dedf


 


Souriez, vous êtes taxés.


 



Mr T 07/05/2010 18:06



En effet je ne suis pas vraiment un optimiste de la démocratie dans le sens ou je suis partisan d'un Etat limité.

Les fonds publics peuvent être plus ou moins bien employés mais la règle c'est gaspillage et "pork barrel" comme disent nos amis anglophones. Sur le marché les gens donnent leur argent pour
recevoir des choses qu'ils désirent. Ceux qui font des erreurs en assument la responsabilité, les modèles obsolètes sont remplacés par d'autres plus efficients. L'Etat satisfait une lubie
passagère dans laquelle personne ne se serait engouffré spontanément, arroser sa clientèle, où les deux. Dans la gestion des dépenses de l'Etat la responsabilité n'existe pas, les erreurs
s'accumulent et forment des masses inertes. Les gabegies tendent à se multiplier au fur et à mesure que son pouvoir et sa taille croissent. Sauvetage des banques, grippe H1N1, panneaux solaires
subventionnés, tout y passe. Des dizaines et des dizaines de milliards foutus en l'air à chaque fois.

Je ne dis  pas que l'Etat c'est mal, je dis que l'Etat devrait rester à la place qui lui est assignée. Avant d'entreprendre de sauver les citoyens contre eux même, il pourrait commencer par
assurer ses fonctions régaliennes. Genre la justice. Où la sécurité. Je constate qu'il ne remplit ni l'une ni l'autre. Même pour lever les impôts dont il a besoin l'Etat est totalement impotent.
La fiscalité est un tel fatras qu'on ne sait plus qui paie ni qui reçoit et que chaque rentrée d'argent se traduit par une sortie immédiate en pure perte. Un système simple se rapprochant de
l'impôt unique serait un bon début pour y voir plus clair et à niveau d'imposition égal engendrerait des rentrées supérieures. Voilà une idée concrète pour arranger tout le monde à part les
quelques pleurnicheuses qui vivent de cette complexité. Même chose pour la justice, plus le droit est complexe et plus les lois sont discrétionnaires, plus l'Etat fait prospérer une classe de
parasites qui ne produit rien.

Bien que très libéral sur une échelle française je ne suis pas un anti-Etat primaire, ni un adepte du tout-au-marché mais cet Etat là je n'en veux pas,  et à fortiori je ne veux pas de ses
plans citoyens pour relancer l'économie ou le transport ferroviaire, construire des champs de petites hélices, lutter contre le tabac et le cancer du poumon ou toute autre chose. Je demande qu'il
me foute la paix et qu'il commence par rendre aux citoyens ce qui ne lui appartient pas (contrôle de la monnaie notamment), fasse le début de son travail, et après on avisera.



Fabien Besnard 07/05/2010 13:54



Mr T, vous dites que l'état vole les citoyens quand il s'endette. C'est votre leitmotiv. Mais je ne vois pas en quoi l'état me vole quand il s'endette pour construire une ligne de TGV, en
revanche, je vois parfaitement en quoi il me vole quand il vend les sociétés d'autoroute à vil prix alors que ce sont des poules aux oeufs d'or.


Ce qui sous-tend votre argumentation, c'est le raisonnement selon lequel "l'Etat c'est mal", l'Etat gère forcément mal, laissons faire la main invisible du marché. Tout ce que vous dites se
ramène essentiellement à cet axiome, et la conséquence logique de cet axiome c'est de retirer tout pouvoir à l'Etat pour l'empêcher de nuire. Le problème c'est qu'au passage on enlève tout
pouvoir aux citoyens. Au fond vous ne croyez pas à la démocratie. Même si elle est très malade, je crois pour ma part qu'elle peut être sauvée, à condition de se doter d'institutions à même de
neutraliser les arrivistes et les bandits qui trop souvent briguent nos suffrages.



Mr T 07/05/2010 12:16



Restez dans votre sophisme alors. :P



Stilgar 07/05/2010 12:07



Bon, je vous laisse penser ce que vous voulez .. pas de temps à perdre.



Mr T 07/05/2010 11:15



"Qu'est ce qui reste si on rembourse les 9000 Md€ avec la monnaie disponible ?"


Ca n'a aucun sens de dire "que se passe-t-il si tout le monde veut rembourser toute sa dette au même moment". C'est un peu comme de dire "Tout l'argent en circulation à un moment ne permet pas
d'acheter tous les biens, diantre !" La monnaie circule. Avec 9000 milliards d'€ il peut y avoir des transactions pour un montant 100, 1000 fois plus élevé. Comme je l'ai dit le sens de la phrase
"la banque peut valablement émettre 10 pour ses dépenses" signifie que ces 10 ne s'évaporent pas mais sont réinjectés par celle-ci. Et lorsque des crédits sont remboursés, la banque dispose de
réserves libres pour en faire de nouveaux. Ca me paraît aussi simple que ça. Les intérêts n'ont pas besoin d'être créés par de nouveaux crédits, c'est de la monnaie qui circule.


 


 



Stilgar 07/05/2010 11:01



"En effet, la banque peut valablement émettre 10 pour les dépenses de la banque."


Ah, celle là je ne la connaissais pas


"La mauvaise compréhension du problème tient au fait de ne pas remarquer que ces intérêts ne s'évaporent pas, ils sont remis en circulation par la banque (qui paye des salaires, des
fournisseurs, distribue des dividendes...) et de prendre les grandeurs dans leur globalité. "


 


Les intérêts ne peuvent venir (globalement) que d'un autre crédit (ou une autre "monétisation" quelque part dans le monde... crédit qui lui aussi demande des intérêts...


La quantité de monnaie scripturale M3 dans l'eurozone est d'environ 9000 Md€ alors que le total des créances détenues par les banques (commerciales) est de 16000 Md€


Qu'est ce qui reste si on rembourse les 9000 Md€ avec la monnaie disponible ?



Mr T 07/05/2010 10:47



Je comprends très bien le système de monnaie fiduciaire de réserves fractionnaires, pas besoin de me faire une leçon. Si vous avez lu mes commentaires d'ailleurs je ne comprends pas pourquoi vous
présumez qu'il en serait autrement.



Le paradoxe des intérêts est un sophisme. En voici la réfutation copiée collée, qui se base sur un principe simple : ce n'est pas parce que la masse monétaire est finie que le volume des échanges
se limite à celle-ci (voir théorie quantitative de la monnaie). Voici donc :


Le paradoxe des intérêts manquants est le suivant: Si une banque émet 100 au taux d'intérêt de 10%, l'emprunteur doit rembourser 110. Le montant des intérêts à verser est de 10. La question est
de savoir comment l'emprunteur remboursera les 110 alors que la masse monétaire en circulation est de 100. Le paradoxe se résout comme tous les paradoxes en remarquant une erreur dans l'énoncé.
En effet, la banque peut valablement émettre 10 pour les dépenses de la banque. Ainsi, il existe 110 en circulation et non pas 100.


La banque peut valablement émettre ces 10, les dépenser, avant avoir reçu le remboursement de l'emprunteur. Ainsi, les 10 manquant circulent dans l'économie. L'emprunteur peut donc rembourser
entièrement son prêt bancaire, y compris les intérêts.


Si l'emprunteur ne remboursait pas sa dette, la banque perdrait 110. Dans l'hypothèse d'une telle perte, les actifs de la banque diminueraient alors d'une valeur de 110.


La mauvaise compréhension du problème tient au fait de ne pas remarquer que ces intérêts ne s'évaporent pas, ils sont remis en circulation par la banque (qui paye des salaires, des fournisseurs,
distribue des dividendes...) et de prendre les grandeurs dans leur globalité. La monnaie circule et à chaque changement de main correspond une transaction de valeur équivalente, il n'y a pas de
"monstrueuse bombe à retardement" due à une quantité de dette supérieure à la monnaie en circulation.


Le système monétaire actuel pille la richesse des uns au profit des autres, il est mauvais en outre pour une tonne d'autres raisons, mais pas pour celle que vous décrivez.