La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Bis repetita (l'Alsace, l'ANI, l'inspection du travail et le Fespaco)

Un ami m'a reproché mon billet précédent, me disant que répercuter la cuisine interne de l'UPR, ce petit parti, allait faire perdre son rang qualitatif à ce blog de haute volée, celui que vous lisez juste à ce moment.

Nombre de sujets mériteraient quelques lignes en ce moment :

- le prochain référendum alsacien (le démantèlement du pays s'effectue dans la plus grande discrétion, personne n'en parle. Lire quand même le M'PEP ou le message de Gilles sur un forum de discussion) ;

- les attaques contre l'inspection du travail (si quelqu'un a un article clair sur la question, je suis preneur) ;

l'accord interprofessionnel sur l'emploi (je pense qu'il permettra peut-être de retarder quelques licenciements, mais ne fera rien contre la dépression économique européenne) ;

- la nouvelle loi Fioraso sur la recherche, qui avance discrètement, avec de très probablement de très grosses régressions en perspectives.

 

Chacune de ces "réformes" mériterait de longs développements. Elles ont cependant toutes deux points communs :

1. Elles sont sous-tendues par l'idée qu'il faut réduire la dépense publique, quitte à réduire le service aux usagers. Baisser le nombre d'élus locaux, de contrôleurs du travail, d'universités, ou baisser les salaires des salariés à travers l'ANI, toutes ces "réformes" sont nettement régressives.

2. Toutes ces réformes ont un arrière-goût européen. D'abord parce que l'Europe impose une pression constante pour réduire les dépenses et revenir à un déficit de 3%. Ensuite parce que l'Europe pousse toujours à l'affaiblissement de l'Etat, au renforcement des régions (si possible à leur sublimation en euro-régions), au renforcement des pouvoirs des grands groupes (on pourrait ajouter, marginalement, le fait que la réforme Peillon sur les rythmes scolaires fait encore basculer des compétences nationales vers les communes).

Il ne s'agit pas que de réduire les budgets. L'objectif est véritablement de réduire à rien les structures qui portaient habituellement ces budgets, et de faire émerger un maximum de pouvoirs face aux états-nations. 

 

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J'ai parfois tendance, je le reconnais bien volontiers, à mépriser les opposants à chacune de ces réformes, qui peinent à dégager leur cohérence d'ensemble.

Mélenchon s'est saisi du sujet ANI, l'Inspection du travail c'est Filoche qui mène l'opposition, les chercheurs se défendent contre Fioraso, et quelques élus locaux, ainsi que le M'PEP, s'intéressent aux réformes alsaciennes.

Chacun d'entre eux fait sa petite cuisine dans sa petite marmite, sans jamais pointer la logique européenne de ces réformes. J'ai tendance à penser qu'en rejetant, en bloc, l'Union européenne, l'UPR est plus dans le vrai que chacun de ces mouvements qui ont l'air de défendre leur chapelle, et prêtent donc trop facilement le flanc à l'accusation d'immobilisme.

Je voulais juste citer ces sujets mais je m'aperçois que je les ai déjà pas mal commentés. Au départ, je ne souhaitais que renvoyer à un texte fort intéressant de François Asselineau, sur le Fespaco, le festival panafricain du cinéma. 

En pointant la quasi-absence pitoyable de la France, remplacée par des fonds européens et américains, en reliant cette évolution aux accords Blum-Byrnes, l'UPR renoue avec le rôle d'intégration de différents mouvements à un combat politique global, celui de l'affirmation des indépendances nationales. D'autres mouvements qui ont parfois ma sympathie n'arrivent pas à dégager une telle cohérence, et sont bien en peine d'aller au delà de la dénonciation des riches et des banquiers, ou de la dénonciation du péril étranger, côté extrême-droite.

La conclusion du texte de l'UPR :

"Alors que s'achève le 23e FESPACO dans la quasi-disparition de la France et dans le silence plein de mépris de nos grands médias, je ne peux que redire ce que je disais hautement dans notre programme.

 Il n'est pas normal que le cinéma maghrébin et africain n'ait JAMAIS sa place sur les grandes chaînes de télévision française. De même qu'il n'est pas normal que l'on n'y voit jamais non plus le moindre film japonais, chinois, russe, brésilien, indien, etc.

 L'objectif de l'UPR n'est nullement de refermer la France sur elle-même, comme l'affirment si mensongèrement les européistes. L'objectif est au contraire de libérer les Français de la prison mentale que ces mêmes européistes leur ont imposée, en submergeant notre culture, notre télévision, notre radio de productions quasi-exclusivement de productions commerciales états-uniennes.

 Ce n'est qu'en sortant de l'Union européenne et en ouvrant la France aux créations de toutes les cultures du monde que la France renouera avec son génie séculaire : celui d'une nation qui s'adresse à l'Universel."

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Ovide 06/03/2013 12:25


L'absence de film africain et plus généralement autres qu'Hollywoodiens (parce qu'il y a un cinéma américain qui ne sort pas non plus dans les salles françaises : qui va à Sun Dance ? ) est une
réalité qui d'ailleurs est souvent contradictoire (quoique) avec le discours "anti-raciste" tenu par ceux-là même qui ne diffusent pas les films africains !


Mais, rien n'interdit à Asselineau de faire son propre festival, son propre prix, etc. Ce serait une bonne idée. Un peu comme un fête de l'huma version UPR. Innattendue d'un parti classé un peu
vite à droite. Le cinéma, ça marche, parce que le discours, les histoires, sont souvent complexes et nuancées. Et l'humour est (presque) universel...


Pour info, il pourrait puiser dans le catalogue de la Cinémathèque afrique de l'Institut français. C'est une mine d'or qui contient des films vraiment exceptionnels et qui est très accessible.
Généralement, les conservateurs sont très heureux de pouvoir diffuser leurs films...

>> http://www.institutfrancais.com/fr/cinematheque-afrique


De mon expérience, je sais que ça marche : les gens, quels qu'ils soient, sont souvent très heureux de voir ces films. Il faut juste leur en donner l'occasion.

DAELIII 05/03/2013 23:07


Le lecteur aura sans doute rectifié "Louis XVIII", c'était un loup de plus !

DAELIII 05/03/2013 23:06


"Répercuter la cuisine interne .." autrement dit laissez moi me faire escroquer, version polie, en paix, sans m'obliger à savoir, et donc à reconnaître que je suis trop lâche pour me défendre en
m'engageant.


Je ne sais si l'UPR est un parti ou pas, ou plutôt j'ai du mal à saisir les raisons qui lui interdiraient cette dénomination. Où donc trouver la frontière ente une poire et Lous XVIII ? Mais je
sais que, suivant avec attention les affaires économiques et politiques d'importance pour mon pays depuis plus de 50 ans, avec de plus en plus de rejet au fil des années de la "gauche"
officielle, mon "pays" d'origine pourtant, c'est la première fois que j'adhère, et sans hésitations, au vu de la profondeur, de la clarté et du courage des analyses portées par ce parti, comme de
la pertinence des solutions proposées. J'ignore si son président fondateur a "l'esprit de chapelle" et "la psychologie rigide", je sais trop par contre, pour en avoir été la cible, ce que cache
l'insulte de "psychorigide" lancée par les bobos à la page, et européistes bien entendu, pour ne pas juger d'emblée le fond de la pensée de ceux qui lancent ce type d'anathème.


A. Salon, de l'ALF, insiste souvent sur les officines allemandes qui continuent à propager le pangermanisme dans les "pays rattachables", avec force moyens. La "gauche" officielle des années 30
avait souvent fini par préférer " l'europe a vec Hitler" à la France libre (le jeu de mot vient tout seul) et souveraine. Elle recommence, elle continue. Que faire, ici et maintenant ? Seuls les
alsacien ont droit à la parole, laissant le champ libre aux sécessionnistes alsaciens et aux annexionnistes germaniques. C'est une forfaiture en marche. Il y a certainement un moyen de parer, le
président de la République n'est-il pas le garant de l'intégrité territoriale ?

Pierre Huet 05/03/2013 23:02


Pourriez-vous préciser les raisons de votre opposition à la réforme de la région Alsace. Il me semble que la superposition de 2 collectivités territoriales région et département ne se justifie
que dans de grosses régions à la fois par la population et l'étendue. Pourquoi 2 étages et tous les frais afférents dans des territoires exigus (Alsace, Réunion, Martinique, Guadeloupe) ou peu
peuplées (Corse). Il semble que ce soit surtout des fromages pour politiciens locaux. Non?

Gérard Couvert 05/03/2013 18:52


L'UPR, si l'on accepte l'idée que c'est un parti politique - ce qui n'est pas mon cas- , est en effet petit, et alors ?


Que Edgar ait choisi ce cénacle pour tenter d'agir et de convaincre, tous les lecteurs habitués de ce blog le savent ; parce que quelqu'un se mouille, avance à visage découvert, son intelligence
serait tout à coup moins brillante et son opinion disqualifiée ? On reconnait bien là les travers des bobos et autres sociaux-démocrates, pusilanimes, prudents, égoistes, individualistes jusqu'à
l'enfermement ... mais comment peut-on, lorsque l'on est progressiste, ne pas être au PS !


Je continue à penser que l'égo de Monsieur Asselineau lui masque un grand nombre de réalités politiques, que son esprit de chapelle pure témoigne d'une rigidité pschycologique qui n'est pas une
force ; mais ses analyses restent pénétrantes et ses positions des fanions à ne pas perdre de vue..


 


Il y a quelques années la faculté de médecine de Saïgon avait demandée des dons d'ouvrages scientifiques en français pour pouvoir continuer à enseigner dans notre langue ... vous imaginez la
suite, la pire bien sur.


Il y a 18 mois le Ruanda, autrefois Suisse de l'Afrique à changé se langue nationale, adoptant l'anglais, la majorité de la population continue d'utiliser le français comme langue véhiculaire,
mais peu à peu ... Bien sur cela s'est fait sous la pression des nouveaux maitres occupants venus le 'Ouganda voisin et dont le chemin à été tracé par la repantance des allégations sur le
"génocide" et les gauchistes toujours à l'affut de moyens de détruire notre nation... Un scénario similaire s'écrit au Congo, le plus peuplé des pays francophones.


Vois-t-on l'armée anglaise intervnir au Nigéria, ou il y a quelques années dans cet Ouganda parangon des droits de l'homme ? Non maisl'intervention en Afrique reste naturelle à la France et au
fond également au populations locales ; si le président avait été de gauche, jamais les pravdas française n'auraient montré les images des drapeuax français agités par les africains. Le soin
ridicule des propagandistes et des membres du gouvernement à mettre en avant l'action des Tchadiens (parce que les Maliens ce n'était vraiment pas possible !) et en fait insultant pour les
africains, bien plus qu'un discours de Dakar dont j'attend encore une critique fondée.


 


"La France à décolonisé trop tôt" disait Senghor, tout montre qu'i avait raison.