La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Avec Bruxelles, jamais déçus

Parfois il n'y a rien à analyser.

Le constat suffit :

Après que les industriels nous vendent du cheval à la place du boeuf, Bruxelles prendra tout son temps pour agir le moins possible : "Face aux demandes de la filière viande de rendre obligatoire la mention de l'origine de la viande dans les plats cuisinés, le commissaire européen à la Santé et à la Politique des consommateurs joue la montre." (Usine Nouvelle)

Faut dire qu'il va bien falloir manger toute la viande américaine traitée à l'acide lactique que les autorités bruxelloises viennent d'autoriser.

On se souvient que Bruxelles, en 2008, avait déjà autorisé les poulets traités au chlore.

On espère que les abeilles ne butineront pas lesdits poulets. En tout cas celles qui demeurent vivantes après que l'Autorité européenne de sécurité des aliments a reconnu que les pesticides systémiques étaient dangereux pour lesdites abeilles - sans aller jusqu'à interdire ces produits, faut pas rêver.

Notre santé est donc en de bonnes et européennes mains.

Notre économie aussi, avec Mario Draghi qui, doté d'une meilleure vue que notre bon président (celui qui s'alarmait d'une guerre des monnaies), affirme que "nous n'observons rien de tel". Il n'y a donc rien à faire dans ce domaine.

A se demander pourquoi un économiste taquin comme Patrick Artus affirme alors que "les européens ne veulent plus de l'Europe".

Allons, un truc aussi utile.

Apparemment on s'inquiète aussi côté institutions bruxelloises, car la remarquable sobriété dans l'action dont font preuve ces élus et fonctionnaires si utiles pourrait passer inaperçue.

Ils ont donc imaginé de consacrer un budget au suivi des débats européens sur Internet, "particulièrement dans les pays connaissant un regain d'euroscepticisme". Cela permettra ensuite à des fonctionnaires ou à des descendants des pères fondateurs d'intervenir dans ces débats pour "fournir des faits et des chiffres et déconstruire les mythes" (car il est bien connu que seuls des chiffres tronqués pourraient laisser croire que l'Union est un attelage funeste qui ne nous mène nulle part). Le Daily Telegraph est un peu sceptique sur le côté très légitime d'une telle intervention de l'administration européenne dans le débat politique. En tout cas la troll patrol européenne est bienvenue sur ce site, on verra qui véhicule des mythes !


Comment dit-on déjà dans le document cité par le Daily Telegraph ?

Ah oui : "Pour renverser l'idée que l'Europe serait un problème, nous devons répandre l'idée que la solution aux défis que nous rencontrons réside dans plus d'europe, pas moins d'europe". Indeed.

Plus d'Europe donc, pour plus de poulets chlorés, moins d'abeilles, plus de viande à l'acide, pour du cheval dans nos barquettes surgelées, pour un euro à deux dollars et autres bienfaits européens encore à venir.

 

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Le surréalisme n'est pas mort, il bande encore

 

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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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fd 16/02/2013 22:52


Joe LIQUEUR parie une bouteille de rhum. C'est dans l'ordre des choses. Pari tenu !

Joe Liqueur 16/02/2013 14:07


Je voulais dire, sa démission, évidemment.

Joe Liqueur 16/02/2013 14:06


Et au fait, en Irlande, on leur a quand même demandé de re-voter jusqu'à ce qu'ils trouvent la bonne réponse (je crois que la formule est d'Edgar), ce qui n'est quand même pas banal. En
France, à une époque, un chef d'Etat qui perdait un référendum annonçait le jour même, à minuit, sa décision qui prenait effet le lendemain à midi.


 


Mais ça, c'était avant.

Joe Liqueur 16/02/2013 13:59


OK fd je prends le pari. Je parie que le oui l'emportera par 60%. Je parie que les quadras bobos cools britanniques n'ont pas le même rapport à leur histoire, et à leur pays, que nos quadras
bobos cools à nous. Je mise une bouteille de rhum.

fd 15/02/2013 23:40


Ami parieurs les paris sont ouverts. Je parie pour ma part que le "non" à la sortie de l'Europe l'emportera par 50,5 %. Le Royaume Uni est comme nous. Un pays plein de quadras bobos cools qui ont
un peu honte de l'histoire de leur pays, de l'Englishness, et de ce genre de chose. On se souvient toujours de référendums perdus par les européistes (comme le fameux référendum français ou celui
des Pays Bas), mais on oublie ceux que les européistes gagnent (en Irlande par exemple). Bien sûr j'espère me tromper, mais il faut quand même dire cela pour tailler une petite brèche dans le
wishful thinking toujours très répandu chez les contestataires...

Joe Liqueur 15/02/2013 00:03


Comme disait de Gaulle, "Et puis j'admire l'Angleterre"… Puissions-nous avoir bientôt l'occasion d'admirer encore ces chers voisins, et de nous en inspirer toujours, quand ils voteront oui à un
référendum sur la sortie de l'Union européenne. Après tout, ne sont-ils pas aujourd'hui les mieux placés pour éviter de se laisser impressionner par les Etats-Unis ?

edgar 14/02/2013 17:44


Pienol : ça ne fera que la deuxième fois que la france devra d'être rendue à elle-même par les britanniques. à se demander si ce n'est pas plutôt au commonwealth que nous devrions demander notre
rattachement...


Olyvier : humeur guillerette ce matin. on peut lire ou voir tes oeuvres quelque part ?


 

olyvier 14/02/2013 10:42


Vous incantiez "Europe, Europe"... Et bien "répandez" maintenant...

pienol 14/02/2013 07:41


Nigel Lawson (ancien ministre des finances de Mme Thatcher), dans le FT du 12 fevrier:


[In the 1950s], far too much of British business and industry felt secure in the warm embrace of what was still known as Imperial Preference, and was reluctant to look further afield. It took
entry into the Common Market, as the EU was then known, to bring about a recognition of the opportunities on our own doorstep, as Europe recovered from the privations of war.



Today, I suspect that far too much of British business and industry similarly feels secure in the warm embrace of the European single market, and is failing to recognise that today’s great
opportunities lie in the developing world, particularly in Asia. It may be that, just as entry into the Common Market provided a much needed change of focus, so departure from an EU that has
triumphantly achieved its historic purpose – the elimination of the risk of a third great European war – and is now arguably past its sell-by date would bring about a similar salutary
change.



La sortie du Royaume-Uni demontrera qu'il  y a une vie hors de l'UE. Le salut viendra des conservateurs britanniques.