La lettre volée

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Apories libyennes, codicille

Oui, il est étonnant qu'une aporie s'adjoigne un codicille. Mais il faut considérer Aporie lybienne comme un testament, le témoignage d'un témoin incrédule. Ceci est donc bien un codicille.

Toutes ces considérations oiseuses pour signaler un article de la revue Rolling Stone, qui dévoile qu'une banque, la  Arab Banking Corporation, détenue à 59% par la Banque Centrale de Libye (le pays de l'ogre), a été renfloué par la Réserve fédérale américaine : de décembre 2007 jusqu'à février 2010, la Fed a prêté quasiment à taux zéro (taux descendu jusqu'à 0,25%), un total de 26 milliards de dollars.

Et une semaine après que Obama eût pris, le 25 février dernier, un décret interdisant aux établissements américains toute relation avec des banques libyennes, une décision du Trésor américain exemptait la banque en question, qui a deux succursales aux Etats-Unis.

Cela ne dit rien sur le caractère bon ou mauvais de l'intervention américaine en Libye, mais cela ne contribue pas à rendre ce conflit plus sympathique aux yeux du lecteur.

Il faut dire aussi que ladite banque, toute libyenne soit-elle, a son siège à Bahrein. Ne pas oublier que là, on a le droit de massacrer des manifestants sans être agacé par Carla Bruni. C'est sans doute grâce à cette inversion des valeurs que quand la Fed a demandé si elle pouvait renflouer la banque ABC, une voix venue du Trésor lui a répondu : "Yes we can !".

 

*

Post scriptum : cette info, selon Matt Taibi, l'auteur de l'article, n'est qu'un fragment. Il s'agit d'un article qui sortira dans 15 jours et listera les institutions et personnalités qui ont été aidées par la Fed pendant la crise. Probable qu'on en entendra parler à nouveau.

 

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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fd 05/04/2011 08:01



Dans l'affaire libyenne le Venezuela a fait remarquer que c'est la première fois qu'on gelait non les avoirs personnels d'un président mais ceux d'un Etat (notamment les placements de l'Etat
libyen auprès de la Banque du Sud créée par les latinoaméricaines). Chavez assimilant cela à un pillage colonial dans la tradition du 19ème siècle. Mais c'est un aspect que je n'ai pas creusé.