La lettre volée

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Allocations familiales et incitations

La modulation des allocations familiales est une mesure peu réfléchie, pour plein de raisons - pas seulement parce que je vais en souffrir directement.

J'entendais Bourlanges et Pech en parler à l'Esprit public. Pech expliquait que ce n'est pas pour des allocations qu'on fait des enfants.

Bourlanges lui a répliqué en invoquant, plus justement, un contexte : on a réduit la portée du quotient familial, les crèches ne sont toujours pas gratuites et généralisées, et on réduit maintenant les allocations familiales. Indépendamment de tout calcul de type homo oeconomicus, une accumulation de mesures de ce type contribue indéniablement à rendre moins facile le sort des parents.

Je n'exclus pas également que les parents reçoivent les allocations comme on se réjouit d'une légion d'honneur : un signe de reconnaissance du fait qu'on a fait quelque chose de bien, ou de méritoire.

Pas mal de voix à gauche ont dit qu'il s'agissait de lutter contre les inégalités : pas normal de donner à un couple avec 2 enfants gagnant 8 000 euros la même chose que ce que l'on donne à un couple avec 2 enfants gagnant 4 000 euros. Le problème c'est que les allocations sont une mesure d'équité "horizontale", pas "verticale" : il s'agit de donner à un couple avec 2 enfants une partie (faible) des dépenses auxquelles il doit faire face, alors qu'un couple sans enfants gagnant la même chose ne les supporte pas. Les allocations sont là pour avantager le couple gagnant 4000 euros avec deux enfants par rapport au couple sans enfants gagnant 4000 euros également.

Par ailleurs, ce sont souvent les mêmes qui rejettent le principe de la TVA, au motif que prendre la même chose à tous est plus couteux pour les pauvres que pour les riches (ce qui est exact). En sens inverse, donner la même somme à tous est redistributif : donner 100 € à quelqu'un qui en gagne 100 double son revenu, alors que cela n'apporte que 25% à quelqu'un qui en gagne 400 !

Guillaume Allègre enfin, explique enfin fort bien que, de façon générale, "les systèmes sociaux qui ciblent le moins les pauvres sont également ceux qui ont la plus forte capacité redistributive", défendant l'universalité des systèmes de protection sociale.


 


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À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Pierre Huet 22/10/2014 15:37


Edgar mentionne l'aspect "reconnaissance" des allocations familiales; oui, pour ma part, j'y fus sensible. Il y a ici quelque chose de symbolique qui la différenciait d'une simple aide sociale.
Mais cette reconnaissance de la famille est a mille lieux de la mentalité de ce qui reste du PS, lequel se préoccupe surtout de tirer à vue sur tous les milieux sociaux qui n'ont pas voté pour
lui.

edgar 22/10/2014 14:19


breizh fed : la santé coûte plus cher aux usa et elle est moins efficace, sauf pour les 1%; ça va peut-être évoluer un peu avec l'obamacare mais comme dans toute prestation l'essentiel est de
savoir si on en a pour son argent.


cornelius : on dit peut-être aussi des bêtises à sc po, non ? donner la même somme à tous c'est bien redistributif. lisez l'article d'allègre. par ailleurs, c'est bien lUE qui nous oblige à
réduiore les dépenses, en effet, le gouvernement est libre du choix des domaines à sacrifier. drôle de liberté...

Castoriadis 22/10/2014 13:44


Pas si irréfléchi que ça. C'est depuis Sciences Po (il y a 1 quart de siècle) qu'on me répète qu'une politique de droite c'est donner des allocs familiales quel que soit le revenu et une
politique de gauche les moduler sous condition de ressources.


Enfin, voilà au moins un sujet qui n'est pas dicté par l'Europe...

BreizhFed 22/10/2014 13:43


Ne mélangez pas tout. Rien à voir avec Mélenchon qui lui adore les prélèvements. Moins il y en a mieux on se porte. Alors quand il y en quelques uns, autant que leur produit aille vesr ceux qui
en ont besoin. La dichotomie riche/pauvre avec le pauvre toujours profiteur n'est guère recevable. Il faut raison garder. Ce type de caricature ne peut prospérer. En revanche, dire que les
Francais sont "malades" de l'aide publique, qu'ils sont statolâtres et si peu libéraux, alors oui je l'écris.

edgar 22/10/2014 13:10


absence de retenue : vous avez déjà été agressé dans la rue par un percepteur ?


droits sans contenu : vous n'avez jamais été soigné pour un prix modique, dans le cas d'une grosse intervention ?


il y a énormément de défauts au système de protection sociale, mais vous manquez de mesure non ?

Gérard Couvert 22/10/2014 13:02


Décidement les bretons bretonants sont insuportables !


En gros vous êtes riches (?) vous payez et vous fermez votre gueule,  vous êtes pauvre (?) vous palpez et jouissez de "vos droits". C'est ce qu'on appelle avoir une vision du réel ;
lamentable, pire que Melenchon en campagne électorale.


 


 

BreizhFed 22/10/2014 11:59


Edgar : ça ne change rien au problème posé qui est celui de la revendication d'aides publiques, sachant qu'elles sont toujours d'abord des prélèvements. Connaisant la dangerosité du prélèvement
et son abscence de retenue, que son bénéfice soit réservé aux plus démunis me semble plus que souhaitabel. Je pense comme le faisait V Jankelevtich " tout le monde a des droits, sauf moi". A
partir d'un certain niveau de revenus, on devrait plutôt avoir à faire à des devoirs qu'aux sempirternels droits qui ne sont rien d'autre que des contenus vides de bouts de papiers vendus très
cher. La loi n'a pas tous les droits, les individus n'ont plus...

edgar 22/10/2014 10:51


breizhfed vous êtes à côté de la plaque. l'universalité veut dire pas de conditions de ressources, pas absence totale de conditions.

Gérard Couvert 22/10/2014 10:14


L'impot est, en France, redistributeur, les prestations familliales sont incitatives... et puis, un peu de provocation, c'est à la mode, qui éduque mieux ses enfants le prolo-chomeur habitant un
coron délabré ou le cadre BCBG du centre de Bordeaux ?

Julian 22/10/2014 09:53


Dans la République idéale, les prestations sociales, financées par des cotisations, sont servies "aux invididus", en égales proportions.


Et l'impôt frappe les revenus, progressivement.


Est-ce si difficile à comprendre ?

Ce qui est certain c'est que le PS se comporte comporte comme le fossoyeur du système universaliste.