La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Sloterdijk en néolibéral

Juste comme je terminais de dire tout le mal que je pensais d'un nouvel écrit de Sloterdijk, je tombe sur un article consacré à ce qu'il va falloir convenir d'appeler de nouvelles élucubrations de sa part...

Le site de Marianne se fait donc l'écho d'un texte du philosophe moustachu, où il tape sur l'état social.



Extrait :

« ...Les observateurs libéraux de ce monstre kleptocrate, pilier de l'Etat providence actuel, ont le mérite d'avoir attiré l'attention sur les dangers inhérents à ce système : la surréglementation, qui réfrène à l'excès l'élan entrepreunarial; la surimposition qui pénalise la réussite ; et le surendettement, où la rigueur budgétaire - dans le secteur public comme privé - se trouve contrecarrée par une frivolité spéculative ».

Bon, je suis déjà arrivé à la conclusion que Sloterdijk est une sorte de beauf (cf. son argument sur Cécilia Ciganer notamment, ici), déguisé derrière un vocabulaire destiné à épater le bourgeois.

Juste deux idées à la lecture de ces platitudes :

1. Il est idiot de ne relever que les "dépenses" de l'état-providence, sans mettre en regard les bénéfices. Les Etats-Unis ont une médecine qui échappe à l'état-kleptocrate ; le résultat est qu'elle est moins bonne, deux fois plus chère et ne couvre pas plusieurs millions de personnes.

2. De façon plus subtile, je suis persuadé que la Sécurité sociale est une institution libérale. Elle ne fait pas de disctinction entre citoyens, et c'est une caractéristique qui la fait échapper à nombre de critiques libérales qui rejettent dans l'intervention publique l'arbitraire. Quand j'aurai plus de temps j'écrirai peut-être plus longuement là dessus.


*

A mon corps défendant, je ne peux m'empêcher de relever que ce brave homme est un défenseur de l'Union européenne.





Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

Commenter cet article

jmf 21/08/2009 13:49

Salut,Il faudrait que j'ai acces a l'originale pour me faire une opinion surce papier en particulier (je ne fais aucunement confiance en Marianne)Mais de maniere generale, dire que la critique liberale de l'Etat peut etre riched'enseignements ne me semble pas etre criticable en soi. Je pense qu'il en est du liberalismecomme du marxisme : ce sont de bons serviteurs mais d'excecrables maitres.Tous deux peuvent vous donner des cles tres pertinentes pour comprendre telou tel aspect des societes humaines, mais l'application integrale des principesqu'ils preconisent est une utopie qui serait invivable. En effet, le marxisme commele liberalisme sont bases sur une conception caricaturale de la nature de l'Homme(quand je dis l'Homme, j'embrasse toutes les femmes) - le premier est base surla notion de groupes soit-disant homogenes (les fameux proletaires) et le secondsur des individus vivant en isolation les uns des autres (les tout aussi fameuxhomo oeconomicus). Or l'homo sapiens sapiens n'est ni l'un ni l'autre, ou plutotil est les deux a la fois : c'est un animal politique comme disait Aristote ; les marxistes et les liberaux ne prennent pas en compte cette difficile tension entrel'individuel et le collectif, inherentes a la nature humaine. Cela leur permet de donnerune interpretation simple, mais erronnee, du monde.Il faut donc penser de maniere differentiee. Exemple typique : pour ce qui est la distributionde pains, ou la production d'aiguilles, rien ne vaut les enseignements d'Adam Smith.En revanche, comme tu le dis et comme l'explique Paul Krugman ci-dessous, le secteurde la sante est l'exemple par excellence d'un secteur ou le principe "a chacun selonses besoins, par chacun selon ses moyens" est a la fois plus genereux et plus efficace.   jmf-----------------------------------





July 25, 2009, 5:07 pm
Why markets can’t cure healthcare


Judging both from comments on this blog and from some of my mail, a significant number of Americans believe that the answer to our health care problems — indeed, the only answer — is to rely on the free market. Quite a few seem to believe that this view reflects the lessons of economic theory.
Not so. One of the most influential economic papers of the postwar era was Kenneth Arrow’s Uncertainty and the welfare economics of health care, which demonstrated — decisively, I and many others believe — that health care can’t be marketed like bread or TVs. Let me offer my own version of Arrow’s argument.
There are two strongly distinctive aspects of health care. One is that you don’t know when or whether you’ll need care — but if you do, the care can be extremely expensive. The big bucks are in triple coronary bypass surgery, not routine visits to the doctor’s office; and very, very few people can afford to pay major medical costs out of pocket.
This tells you right away that health care can’t be sold like bread. It must be largely paid for by some kind of insurance. And this in turn means that someone other than the patient ends up making decisions about what to buy. Consumer choice is nonsense when it comes to health care. And you can’t just trust insurance companies either — they’re not in business for their health, or yours.
This problem is made worse by the fact that actually paying for your health care is a loss from an insurers’ point of view — they actually refer to it as “medical costs.” This means both that insurers try to deny as many claims as possible, and that they try to avoid covering people who are actually likely to need care. Both of these strategies use a lot of resources, which is why private insurance has much higher administrative costs than single-payer systems. And since there’s a widespread sense that our fellow citizens should get the care we need — not everyone agrees, but most do — this means that private insurance basically spends a lot of money on socially destructive activities.
The second thing about health care is that it’s complicated, and you can’t rely on experience or comparison shopping. (“I hear they’ve got a real deal on stents over at St. Mary’s!”) That’s why doctors are supposed to follow an ethical code, why we expect more from them than from bakers or grocery store owners.
You could rely on a health maintenance organization to make the hard choices and do the cost management, and to some extent we do. But HMOs have been highly limited in their ability to achieve cost-effectiveness because people don’t trust them — they’re profit-making institutions, and your treatment is their cost.
Between those two factors, health care just doesn’t work as a standard market story.
All of this doesn’t necessarily mean that socialized medicine, or even single-payer, is the only way to go. There are a number of successful health-care systems, at least as measured by pretty good care much cheaper than here, and they are quite different from each other. There are, however, no examples of successful health care based on the principles of the free market, for one simple reason: in health care, the free market just doesn’t work. And people who say that the market is the answer are flying in the face of both theory and overwhelming evidence.