La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

L'euro qui plombe nos exportations...

C'est un papier du Financial Times ce matin (exporters squeezed by euro strength).

 

Un graphique éloquent est joint, qui met en parallèle la montée de l'euro et la baisse des exportations de la zone euro.

 

 

En conséquence, nos exportateurs se battent pour ouvrir des usines directement dans la zone dollar, accueillis là bas par des aides publiques, ce qui est fort bien pour leurs comptes mais pas pour nos emplois (comme le rappelait Lionel Stoleru récemment). Dans le même temps, leurs usines en zone euro sont considérablement downsizées et restructurées.

 

La BCE a peut-être réussi dans la crise (au sens où l'euro a tenu ?), en tout cas sa politique de non-gestion du taux de change de l'euro nous grille à petit feu, et vaut à la zone euro d'excellentes places dans tous les palmarès de la plus faible croissance économique.

 

Y-a-t'il un économiste au PS qui prendra position sur ce sujet un jour ?

 

L'Union européenne ne nous rend pas plus forts, elle nous englue...

 

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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edgar 17/08/2009 20:58

débat indémerdable (sorry) sans des analyses économétriques pointues.
nous sommes d'accord sur l'idée que l'euro plombe les exportations françaises, ce serait déjà un point positif que ce fait soit reconnu et mesuré, que l'on sache combien ça nous coûte en chômeurs/an.

JP 17/08/2009 14:53

Je ne vais pas défendre l'euro fort.Simplement, la démonstration du FT est toute pourrie.Les coubes ne collent pas. Le pic de l'euro versus dollar avait eu lieu à la mi-juillet 2008. Alors que l'euro montait depuis 2005, ce ne serait que lorsque ce mouvement s'arrrète que les exportation diminuent. L'explication par le décalage a bon dos. Un décalage de l'effet qui aurait la même durée que le cause, ca se concoit plus simplement en disant qu'il y a zero décalage et que la correlation est l'inverse de celle que l'on croyait.Et cette corrélation s'explique par un tiers facteur, le financement à crédit de l'économie américaine, qui à la fois plombait la valeur du dollar et stimulait l'économie mondiale (donc les exports européens).Je ne me souviens plus de ce comment est la courbe des imports européens, mais je parie qu'elle invalide la démonstration du FT, autrement dit, au lieu d'être corrélée positivement à l'euro, elle est, comme les exports corrélée lorsque à l'activité économique (européenne ici).Pour autant, bien sur, l'euro est trop haut pour les exportateurs francais. Mais pas pour les allemands (qui ont comprimé leurs salaires). En résumé, depuis (au moins!) Beregovoy, les allemands nous emmerdent avec leur stratégie de monnaie forte.(truth from facts)

edgar 19/07/2009 21:04

Bonjour Frédéric,
Il ne peut de toute façon pas y avoir de corrélation au mois le mois. Il faut du temps avant qu'une modification du taux de change ne joue sur l'export, dans un sens comme dans un autre.
Ensuite, ce que nous rapportons comme devises de plus en plus difficilement ne nous sert pas d'abord à acheter des dollars en plus grand nombre, mais à nous nourrir (en euros),nous loger (en euros) et ensuite seulement à acheter des iphone devenus moins chers (et encore, le taux de change chez Apple ne suit pas les cours du marché).
Enfin, mon raisonnement n'était pas fondé uniquement sur les courbes choisies par le FT pour être frappantes, mais aussi par la lecture de l'article du FT, et par le papier de Lionel Stoleru dsns le Monde, qui n'a pas été commenté alors qu'il était, pour qui sait lire, assez explosif.
Bref, ce billet n'était pas définitif, mais c'est une pierre (un caillou disons) assez solide dans mon édifice démonstratif :-)
 

FrédéricLN 19/07/2009 18:22

Bonjour,indépendamment de l'analyse économique, les deux courbes ne prouvent en rien ce que vous avancez, edgar. Elles ne se recoupent que sur une courte période (premier trimestre 2009).Celle de droite montre une chute continue de nos exportations depuis le début de la crise économique générale (septembre ou octobre 2008).Celle de gauche montre une évolution en "U" de l'euro au 1er trimestre 2009, puis une appréciation modérée au 2ème trimestre 2009.La corrélation entre les deux courbes sur leur période commune (T1/09) est quasi nulle ; si vous tenez à la calculer, vous la trouverez positive : c'est à dire qu'au T1/09, nos exportations ont nettement chuté tandis l'euro a légèrement baissé (mars un peu plus bas que janvier). Ce qui est l'inverse de votre conclusion.Pour ce qui est de l'analyse économique, c'est loin d'être trivial.* Si l'euro vaut 0, nos exportations vaudront 0 aussi : on nous achètera tout en euros gratuit.* Si l'euro vaut l'infini, la monnaie des autres vaut 0, ils sont donc infiniment pauvres et ne peuvent rien nous acheter.Si on part d'une valeur quelconque entre les deux, qui soit réaliste, le sens de l'évolution à court terme n'est pas évidente non plus (j'enfonce une porte ouverte). Evidemment, si l'euro monte, nos prix (en dollars, en monnaie étrangère quelconque) montent donc nos clients ont plus de mal à nous acheter, ce qui doit faire baisser la courbe de droite - à moyen terme, le délai entre prises de commandes, livraisons, facturations. Mais ce que nos clients étrangers nous payent nous donne un plus grand pouvoir d'achat (en dollars et dans leurs autres monnaies).Un sceptique comme ma pomme en "déduira" que le mieux est d'avoir des valeurs raisonnables proches des parités du pouvoir d'achat, puisque des valeurs artificielles donnent des résultats imprévisibles ! 

Gus 07/07/2009 12:23

Les instruments dont disposent les banques centrales sont quand même limités : à cet instant, ils sont tous employés pour favoriser l'accès de chacun à l'argent : je crois honnêtement qu'il n,'y a plus rien à gratter de ce côté là.Côté endettement public, vous le disiez vous-mêmes : les états n'ont plus aucune difficulté à imprimer autant de biftons qu'ils voudront pour combler leurs budgets.Question monnaie de réserve, il y a deux choses distinctes à constater : d'un côté les réserves monétaires stratégiques des états (comme la Chine) de l'autre, la possibilité pour le pékin moyen d'épargner. Pour le premier point : ces états ont bien compris qu'on ne leur donnerait pas leur monnaie de réserve alors, ils disposent désormais d'une stratégie alternative tout aussi efficace : les stocks stratégiques de matières premières d'utilité certaine : fer, cuivre, tantale, riz, gaz, fuel. Cela met du temps à se construire, mais cela explique notamment que le cours des matières premières ne baissent pas malgré la chute de leur consommation.Pour le second, hé bien le particulier, en l'absence de monnaie lisible à moyen terme est largement invité à se délester de toutes ses liquidités ce qui est précisément ce qu'on nomme "relancer l'économie". Et c'est précisément ce qui pousse l'Euro : le maintien de la consommation, faute pour l'épargnant de discerner de débouchés raisonnablement sûrs pour son épargne.Si les bonnes idées pour faire baisser l'Euro vous intéresse, permettez-moi d'en suggérer quelques-unes (je laisse de côté les variantes de la nomination de Jean-Luc Mélenchon à la BCE : le lecteur imaginera aisément des variantes, parmi lesquelles l'élection de François Bayrou, Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal à la Présidence de la France) - Réduire durablement sa consommation, et surtout, ses dépenses en euros. Favoriser le troc, les échanges de service, l'activité extra-économique en général. ça fait chuter les chiffres de la consommation, qui sont le premier indicateur que regardent les gens qui hésitent à investir en euros (et donc, le faire monter) - Recycler tout (dans l'esprit du point précédent). Boycotter les boutiques de rue, acheter tout sur internet directement en Chine. - Rembourser ses dettes quand on en a : les investisseurs échangent de l'argent disponible aujourd'hui contre des promesses de remboursement demain : si les remboursements baissent globalement, l'attrait de l'euro comme outil de construction de rente baisse pareillement. - Ne rien acheter aux grandes entreprises : uniquement aux petits producteurs locaux : car en général, les investisseurs ne peuvent pas matériellement investir dedans, donc, vendent les euros qui auraient pu leur servir à ça. - Soutenir la création de nouvelles taxes et de nouvelles dépenses publiques, surtout les plus absurdes : par exemple, proposer la création d'un service public de protection des policiers payé par une taxe sur la délinquance.- Lutter farouchement contre l'immigration et refuser de faire des enfants, lutter contre le financement de l'éducation et de l'université, soutenir toutes les nouvelles interdictions et règlementations.

edgar 07/07/2009 10:53

Gus : merci pour toutes ces bonnes idées, parmi lesquelle la nomination de Jean-Luc Mélenchon est sans doute la meilleure.
La BCE pourrait cependant inviter les Etats-unis à plus de prudence budgétaire (elle aurait même dû le faire depuis longtemps), et rallier les chinois lorsqu'ils proposent une devise internationale, excellent outil pour réduire les déséquilibres monétaires. Au lieu de quoi la BCE se contente de ne jouer aucun rôle et de laisser l'euro monter. dans une économie de marchés justement, la dernière mode en matière d'équilibre des taux de chnge c'est d'expliquer que les taux évoluent en fonction des comportements des marchés, pas en lien avec des "fondamentaux" tels que vous les décrivez.
une BCE qui se déclarerait déterminée à ne pas laisser monter l'euro aurait déjà fait la moitié du chemin...
 
 

Gus 07/07/2009 07:15

Avec des taux d'intérêts à peine au dessus de zéro, un excès de masse monétaire à des plafonds, et une volonté affirmée de donner des euros à quiconque en demandera, la banque centrale européenne ne peut rien faire de plus pour "faire baisser l'euro". Ha, si, nommer à sa tête Jean-Luc Mélenchon, peut-être . En économie ouverte, la capacité d'une banque centrale ou des gouvernement à faire varier le cours de leur monnaie est très faible : c'est le marché mondial qui dicte les prix des produits de consommation, la concurrence qui fixe le niveau des salaires et donc de la consommation. Autrement dit : le moteur de l'économie, c'est la différence de revenus réels entre pays consommateurs et pays producteurs, c'est à dire, pour l'essentiel : les écarts entre revenus du travail entre pays, auxquels s'ajoutent le rendement brut des revenus financiers, dont ne jouissent que les ex-pays coloniaux.Vous voulez que l'euro baisse ? C'est en fait fort simple : il suffit pour cela que les revenus réels cumulés des européens baissent. Pour cela, rien de bien compliqué : augmentez les impôts, laissez faire les licenciements, dotez-vous de législations hasardeuses et coûteuses (écologiques, par exemple), et aussi, règlementez la finance pour en limiter les revenus. Alors, la consommation en Europe chutera, et par là même l'intérêt d'investir en Europe, et par là même la demande d'euros et par là même, enfin, l'euro.

Gérard Couvert 06/07/2009 18:14

Cela fait plusieurs années qu'ici à Toulouse, nous alertons nos interlocuteurs sur le meurtre d'Airbus dnt une part importante est due au taux de change de l'Euro (pas seulement vis-à-vis du dollar).Nicolas Dupont-Aignan s'est fait l'écho de cela durant la pré-campagne de 2007 puis à chaque fois qu'il à pu.

edgar 06/07/2009 17:55

Trois fois tout faux Seb :
- la piètre conjoncture économique n'est pas indépendante de l'euro. La Chine, qui a baissé la parité de sa monnaie avec le dollar en décembre dernier, comme le relevait Stoléru, est dans une situation plus favorable. Même les etats-unis, qui sont pourtant au point de départ de la crise, rebondissent plus vite que nous,
- le cours du pétrole est établi en dollar mais les producteurs se débrouillent pour faire monter les cours quand le dollar baisse afin de préserver leurs recettes. Il y a une corrélation nette entre baisse du dollar et hausse du cours du pétrole, qui compense le rôle d'amortisseur théorique de l'euro,
- tu remarqueras que mon titre est plus pondéré que l'original (les exportateurs étranglés pa la hausse de l'euro), qui ne sort pas de UKIP mais du Financial Times.
Je suis finalement assez énervé par l'eurobéatitude de nos élites, dont tu es sans doute un parfait représentant : à quel niveau de chômage faudra-t'il aller pour que vous vous décidiez à établir un lien entre les politiques économiques de merde conduites par l'Union, que même un économiste autrefois giscardien dénonce, certes discrètement.
je ne vous demand même pas d'en déduire que l'Union est une entité néfaste dont la France doit servir, ça c'est ma conclusion perso, mais admettez, quand l'évidence est là, que les politiques économique menées sont mauvaises.
Il est rare que l'on puisse aussi exacteent parler d'une nouvelle trahison des élites. il ne faut pas s'étonner ensuite que le FN fasse 47% des voix dans des régions touchées par la crise.
 
 

Seb de CaRéagit 06/07/2009 15:39

Allons Edgar, quelle mauvaise foi !Tu sais bien que la courbe n'est pas seulement dûe à l'Euro mais surtout a l piètre conjoncture économique !De plus, je n'ai pas souvenir d'avoir lu des articles traitant du sujet lorsque le baril plafonnait a 150 dollar le baril. Le cas inverse fonctionne aussi... l'Euro est une protection.:-) Bonne Journée