La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Pierre Rosanvallon m'effraie...

« il apparaît ainsi que les apparats formels de la souveraineté populaire

peuvent rester intacts alors même qu'un étatisme autoritaire,

d'une part, une gouvernance par le capital, de l'autre,

avec, entre les deux une implacable rationalité marchande,

se combinent pour vider de tout contenu le gouvernement par le peuple.»

 

Wendy Brown, Les habits neufs de la politique mondiale.

Editions Les prairies ordinaires.

 

 

Je ne pensais pas avoir un jour à redouter Pierre Rosanvallon. J'en suis pourtant bien là. C'est un de ses articles récents qui m'a alarmé, titré "réinventer la démocratie". L'homme incarne, en France, ce qu'il y a de plus respectable et conforme dans la pensée actuelle de centre-gauche française. Il étudie depuis longtemps les insuffisances, difficultés et transformations des sociétés à travers l'Etat et les institutions démocratiques telles que les élections. Il a, en son temps, été accusé de prôner le libéralisme à travers la fondation Saint-Simon. Sa collection la République des idées paraît un poil plus à gauche. Etonnamment, c'est donc un membre de l'extrême-centre qui publie un article dont le contenu ressemble fort à une théorisation de la dictature.

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Pour justifier l'abandon du côté formel de la démocratie et se débarrasser du poids du suffrage, Pierre Rosanvallon adopte une argumentation aux abords très gauchistes. Il tire argument de l'affaiblissement des états-providence pour rechercher l'appui d'autres structures susceptibles de recréer du lien social. Jusque là, rien de véritablement scabreux.

Il est vrai que le côté formel des droits accordés par une société libérale, y compris le droit de vote, doit être complété par des droits réels, des droits sociaux, du type de ceux qui avaient été inventés au sortir de la deuxième guerre mondiale. Depuis les critiques de Marx sur la société bourgeoise, cette opposition est au cœur des débats politiques.

Rosanvallon tranche cependant avec le discours habituel de la gauche modérée, qui consiste à vouloir concilier les deux aspects, formel et réel, de la démocratie.

Il donne nettement la priorité aux droits réels : «la "question sociale" et la "question démocratique" sont désormais indissociables. C'est la démocratie, comprise dans sa dimension sociétale, qui dessine de la sorte l'avenir du socialisme».

On pourrait croire à une gauchisation de la position de l'auteur. On en est, à mon sens, assez loin, comme le montre la suite de l'article.


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Pour faire vivre cette démocratie nouvelle qu'il tente de définir, Pierre Rosanvallon veut remplacer le suffrage de deux façons.

Il en appelle tout d'abord aux institutions internationales pour faire vivre ce qu'il appelle une «démocratie-monde» : «C'est au-delà des élections qu'il faut donc commencer à activer cette démocratie-monde, en obligeant les grandes institutions internationales à être plus transparentes, à rendre davantage de comptes, à se rapprocher de cette façon des sociétés civiles.»


Que Rosanvallon, sur ce thème de l'internationalisation, constate que l'élection ne peut jouer aucun rôle, c'est normal. Il n'y a pas d'élections à l'ONU, ni à l'OMC, et rien ne permet d'imaginer qu'il y en ait sous peu. Mais l'auteur va plus loin que ce constat et, en réalité, se félicite de l'absence d'élections au niveau international : « Transporté à ce niveau, le principe majoritaire-représentatif ne pourrait d'ailleurs que voir ses inaccomplissements exacerbés ».


Bref, le principe majoritaire-représentatif (comprendre la primauté des élections dans le jeu politique) a fait son temps et les institutions internationales vont aider à le remplacer.

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De fait, le suffrage a tellement de défauts qu'il convient de compléter ensuite cette tutelle internationale par une tutelle interne et technocratique : « Un pouvoir n'est désormais considéré comme pleinement démocratique que s'il est soumis à des épreuves de contrôle et de validation à la fois concurrentes et complémentaires de l'expression majoritaire. C'est à cela que correspond notamment la montée en puissance d'institutions comme les autorités indépendantes ou les cours constitutionnelles. Mais on ne donnera un caractère véritablement démocratique à ces institutions, à leur mode de composition, à leurs conditions de fonctionnement et de reddition de compte, que si on les pense comme telles. »


On va donc continuer à encadrer le suffrage par des institutions plus sûres que celles qui sont issues des choix de l'électeur. On ne voit pas bien comment on va définir des autorités indépendantes et des cours constitutionnelles en les « pensant comme démocratiques », sachant qu'en plus le suffrage ne semble plus caractériser la démocratie. C'est un vaste chantier que semble ouvrir Rosanvallon. Cela pourrait presque être intéressant mais on lit tout de suite qu'il ne s'agit pas d'aller bien loin. 


Il faut en effet, selon lui, « inventer des formes non électorales de représentation. L'élargissement de la définition du Conseil économique et social, actuellement en débat, s'inscrit dans cette perspective.» Le parangon de la modernité intellectuelle à gauche découvre donc le Conseil économique et social au secours de la démocratie... Avoir ouvert d'aussi vastes perspectives pour découvrir la place d'Iéna ne semble pas plus ridicule que cela à l'auteur. Le lecteur, lui, à moins d'être un convaincu, peut avoir des doutes...

 

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Pourquoi, d'ailleurs, Rosanvallon veut-il ainsi dépasser le suffrage ? Le problème de cette technique serait qu'elle multiplie les «oubliés de la représentation». De fait, Rosanvallon balaie ainsi la fiction du citoyen, de la volonté générale dégagée par le suffrage, exprimée par une assemblée ou par le chef de l'Etat, au profit d'une juxtaposition de représentation d'intérêts. Sous couvert de modernité, il ne fait que passer d'une conception française traditionnelle, plutôt rousseauiste, où l'intérêt général est distinct de la somme des intérêts particuliers, à une conception plus anglo-saxonne où l'intérêt général est une somme - et ici même plus une somme mais une marqueterie - d'intérêts particuliers.


Rien de déshonorant dans cette conception, sauf d'une part qu'elle n'est pas nouvelle du tout, et que, d'autre part, le suffrage chez Rosanvallon finit par devenir un simple accessoire, même plus nécessaire, et même nuisible puisqu'il entend le "dépasser". La démocratie à l'anglo-saxonne n'a, à ma connaissance, pas encore prétendu « dépasser » le suffrage.

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Il y a donc de sérieuses raisons de penser que loin de vouloir compléter le suffrage par des institutions complémentaires, Rosanvallon entend tout bonnement le supprimer.


Voilà qui cadrerait parfaitement avec le fonctionnement nouveau de la «démocratie» à l'européenne, qui s'asseoit sur la volonté des peuples, exprimée par le suffrage, avec une telle régularité qu'elle n'en éprouve plus aucun inconfort.


Rosanvallon rejoint ainsi les délires de Ulrich Beck («Pour un empire européen») et d'un Toni Négri (l'homme du célèbre merde à l'état-nation). Il se place ainsi en pointe, à l'avant-garde, pour donner une justification théorique aux futures entorses à la démocratie que l'Union européenne ne manquera pas de commettre.


Nous nous préparons ainsi, avec l'autorisation de l'un de nos plus brillants intellectuels «de gauche», un avenir de soumission, loin du suffrage, encadré d'une part par des autorités internes cooptées et, de l'autre, par des organismes techniques internationaux.


J'abuse ? J'introduis un lien imaginaire avec l'Union européenne pour laquelle j'ai une détestation particulière ?


Pierre Rosanvallon conclut son article ainsi : «L'Europe ne pourra être chérie par les citoyens que si elle devient également un vivant terrain d'expérience de la démocratie post-électorale.»

Chérir un pouvoir «post-électoral» ? Que l'on appellerait «démocratie» ? Tout devient possible dès lors qu'il s'agit d'Europe.

 

J'ai peur.

 

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Nous entrons donc dans une nouvelle ère. Il y avait auparavant, au centre et jusqu'à l'extrême gauche, des gens convaincus de la nécessité d'allier des droits formels exprimés par le suffrage et des droits sociaux réels. Plus on allait à gauche et plus on voulait de droits réels, et, à l'extrême-gauche on se moquait bien des droits formels.

L'Europe dessine une nouvelle configuration. Le centrisme devient féroce (n'oublions pas que la répression de la Commune par les versaillais fit plus de morts que la terreur révolutionnaire) et ne se soucie plus de droits formels. Il appartiendra sans doute à la gauche extrême de réhabiliter les acquis libéraux - liberté d'expression, primauté du suffrage, comme l'affaire Coupat commence à en faire la démonstration.

#

Les élections du 7 juin sont les premières d'une ère nouvelle, celle où le vote est un gadget, un objet décoratif. S'il va dans le sens souhaité par les organismes techniques internationaux et les autorités administratives internes évoqués par Rosanvallon, tout va bien. S'il n'est pas conforme à ce qui est attendu, il est d'ores et déjà nul et non avenu. C'est pour cette raison qu'il est vital de refuser de voter le 7 juin prochain.

 

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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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jeanfrançoishuet11@yahoo.fr 24/10/2011 09:33



Bonjour,


 


Veuillez m'excuser pour les fautes de frappe contenues dans mes commentaires écrits "à la volée"


Cordialement



Dr J-F HUET



Jean-François HUET 24/10/2011 09:28



Bonjour,


Ayant été un poeu sévère avec son livre "La société des égaux" , je tiens pourtant à dire que je tiens PIerre ROSANVALLON en haute estime et qu'il se montre à mon sens plus brillant et plus
"efficace" dans son aanalyse de ce qu'i; nomme "l'ilibéralisme français" domaine dans lequel, je partage à  100ù% son point de vue


Même si aucune solution à l'ilibéralisme français n'est entrevue même à long terme.. La France est en effet le pays le plus viscéralement antilibéral du monde


au point que le seul mot de libéralisme est pratiquement  un "grossièreté" surtout quend il est affublé pour des raison politique et  idéologiques (et non philosopiques) du préfise
"néo" qui ne recouvre pas grand chose d'autre que les dérive du capitalisme et en aucun cas le libéralisme dans sa forme historique


 


Cordialement


 


Dr J-F HUET



Jean-François HUET 24/10/2011 09:19



Bonjour,


Oui les intellectuels de gauche comme Rosavallon même surdoués sont effrayants J'aivais téléghargé son  liovre" La Société des Egaux" avec un crrtain enthousiasme et je sui sorti de ce livre
avec plus de connaissances et plus de perplexité que si je ne l'avais pas lu et un cerian désespoir  de voir que sous le masque de la modernité ce sont finalement les vieilles idées les
fausse réponses et les a priori qui s'avancent ? Ce livre est aussi brillant qu'il est inutiles sauf pour les étudiants qui veulent conaître en détail l'histoire du "mythe" de l'égalité


Que de livres et d'ariticles ont été écrits sur l'égalité soit pour la nier soit pour l'affirmer. Les plus effrayants sont ceux qui la nient... jusqu'à développer les paradoxes et les oxymores à
longueur de pages.. Exemple la notion"d'égalité de redistribution" est un oxymore, en effet si on admet que l'on doit redistribuer c'est qu'ion admet implicitement que l'égailté n'existe pas et
que certains devront être assistés? il en est de même pour les notions d'égalité des chances et "d'ascenseur social" qui admet implicitement que le résultat ne sera pas le même pour tout le
monde, car non seulemet tout le monde ne voudra pas "monter dans cet ascenceur" mais il s'arrêtera à tpous les étages pur ceux qui l'auront pris.


Le déni de l'inégalité est vain.. L'égalité ne peut qu'être imposée par tranches comme un puzzle dont on tente d'emboiter les pièces en force.


A moins de "changer" les hommes, ce qui est un vieux fantasme gauchiste


Les sociétés changent, les techniques changent mais les hommes restent ce qu'ils sont...


Quand on veut imposer cette égalité dans tous les domaines, il faut savoir au bénéfice et aux dépens de qui on le fait, savoirn apprécier les réactions de ceux qui s'estimeront lésés ainsi que
les conséquences de ses réactions


Enfin il faut cesser de se "griser " de mots... Entre les intentions et les objectifs à atteindre il ya les systèmes les techniques de gestion qui se heurtent à l'inertie et à l'incompétence On
êut être un keynesien sincère et honnête et multiplier les bourdes nuisibles  àceux qu'on veut défendre. De la même façon on peut vouloir l'assurance maladie pour tous et se retrouver dans
un fourbi solidaire ingérable et structurelement nuisible comme l'actuelle sécurité sociale française... Les bonnes intention sociales , tout le monde les a...et l'enfer communiste en était
pavé...


C'est la raison pour laquelle la plupart des propos brillants de Pierre Rosanvallon ont un intérêt pédagogique inconrtestable, et une portée sociale totalement nulle


Entre les  théories fumeuses et les résultats il ya LA METHODE et là le silence est assourdissant


 


Cordialement


 


Dr J-F HUET



edgar 23/10/2011 21:30



M. Huet. Merci pour votre commentaire. J'ai beaucoup de mal à voir ce que rosanvallon souhaite concrètement. Pour une lecture politique de son livre c'est gênant.


des recensions que j'ai pu lire et d'une interview de Rosanvallon il ressort... rien de clair.


En revanche l'article qui m'a effrayé reste ... effrayant. Rosanvallon a l'air d'estimer que la démocratie est soluble dans une technocratie disséminée en multiples organes.


Je ne comprends pas bien l'engouement pour sa pensée en fait, si ce n'est que cela marque le désarroi de la gauche.


 


 


 



Jean-François HUET 23/10/2011 14:57



Bonjour,


Moi aussi Pierre Rosanvallon me laisse à la fois admiratif et pour le moins perplexe notamment à la suite de la lecture de so livre "la société des égaux La société des égaux est un
remarquable ouvrage d'enseignant de gauche. Presque encyclopédique à en être parfois lassant, il ne donne de l'égalité qu'une définition en forme de puzzle dont les morceaux ont peut de chance de
s'emboiter les uns dans les autres Ce  livre remarquablement "descriptif" dans lequel l'auteur fait parfois le grand écart en une improbable synthèse de Marx et de Tocquevile  laisse un
grand nombre de question sans réponse et un bo,n nombe d réponses toutes faites sans questionnement propablement du fait du "prisme" avec lequel il entrevoit la réalité Donner à chacun selon ses
besoins nécessite de les définir et il ne nous dit pas comment s'y prendre  il ne dit pas clairement non plus comment aboutir à une égalité de répartition sans passer par la case de
l'assujettissement social pratiquement antinomique de la citoyenneté... la réflexion des assujettis comme des assistés se bornant expérimentalement à trouver les moyens de profiter du système
dans lequel ils évoluent


Il pose comeme un axiome le RETOUR à la notion d'égalité , alors que la teneur même de son livre prouve qu'il peine lui-même à la définir. S'il est évidemment inadmissible qu'un nombre réduit de
"privilégiés"  cannibalisent toutes les énergie les , résultats ne sont guère meilleurs quand c'est l'état qui prend le relai .Enfin s'il existe une crise systémique manifeste du capitalisme
 il existe aussi une crise du socialisme qui se manifeste en Europe par autant de crises systémiques internes qu'il ya de pays Depuis  au moins une demi siècle les Etats sensés faire
partie des solutions aux crises font aussi partie du problème comme le montre avec éclat  la crise des dettes souveraines qui s'ajoute à celle des systèmes bancaire  et monétaire
Y-a-t-il une seule chance de résoudre la crise systémique globale tant que persisteront les crises systémiques internes liées entre autres choses à l'absence de financement effectif des modèles
sociaux?


Quand il pensent ou prétendent défendre des idées, les intellectuels de gauche souvent brillants  , ne défendent ne fait que des systèmes  existants. Le mérite de Pierre ROSAVALLON est
de vouloir sortir de cette problématique et de la rhétorique convenue de la gauche "classique" , pour autant ces réponses sans questionnement suffisant et ses questions sans réponse , laissent le
lecteur attentif sur sa faim et probablement encore plus perplexe sur l'avenir de la citoyenneté basée sur une égalité de redistribution aux vertus non seulement curatives de la sottise et de la
paresse  mais aussi miraculeuse dans ses effets sur la pauvreté, dont les causes profondes sont notées mais balayées trop rapidement d'un revers de plume. Au total Pierre Rosanvallon est un
remarquable enseignant de gauche , son livre est probablement un des meilleurs jamais publié sur la notion d'égalité mais son retentissement réel sur l'évolution des concepts   sera sans
doute nul car il donne trop de réponses à des questions qu'il ne pose même pas


Je retiendrai entre autres choses de ce  livre que derrière les mots qui  ont servi à paver les enfers collectivistes il ya des systèmes et des techniques infernales dont il est
difficile d'éviter les effets pervers et que les mécanismes "correctifs"  ne sont pas  pas aisé à définir même quand on a le quotient intellectuel, la culture et le talent de Pierre
ROSANVALLON


je retiendrai également que sa définition "morcelée" de l'égalité montre qu'on peut en assemblant le puzzle qui la compose trouver autant d' interprétations et de conclusions qu'o veut en tirer .
C'est la raison pour laquelle les pourfendeurs du capitalisme préfèrent psalmodier  dans le vide les "sourates solidaire" que de rechercher les valeur éternelles contenir à la fois dans le
socialisme et le libéralisme . Dans le contexte actuel de la pensée, il semble qu'il n'y ait qu'un discours archéo-socialiste pour répondre celui des néo-libéraux ... En fait ce qui ressort le
plus de ce livre tout de même assez "salutaire" c'est que TOUT reste a RE définir... et que cela prendra du temps


Cordialement


Docteur Jean-François HUET



poncet 22/05/2009 13:03

Bonjour, cher "faux cousin" et merci pour cette mise au point!

olyvier 22/05/2009 10:08

à Christine : Salut chère "fausse cousine". Cela fait plusieurs fois que notre homonymie nous joue des tours.à tous : quand c'est signé Poncet, c'est Christine. quand c'est signé Olyvier, c'est Olivier (du même nom de famille). Notre familiarité vient uniquement du fait que nous fréquentons les mêmes blogs (et que ça ne va pas toujours fort avec d'autres participants).

poncet 21/05/2009 18:07

Oui. La fin du suffrage universel. Ce qui m'effraie, en ce moment, ce sont ces intellectuels qui, tout en demeurant sur leur île, capturent la parole du peuple en clamant qu'ils sont à ses côtés. Alors qu'ils n'oseront jamais se lancer sur les flots, condition sine qua non pour expérimenter l'unité de l'enfermement et de l'ouverture. Il serait peut-être fructueux de revoir la copie de l'engagement, histoire de se débarrasser des discours compassionnels, quelque forme ( plus ou moins perverse) que ceux-là puissent prendre.CP 

Sybille 21/05/2009 13:01

Effrayant, en effet, c'est sûr que c'est plus chic de dire démocratie "post-électorale", que institutions néo féodales ou Régime oligarchique tout court!Je comprends mieux comment nous avons pu en arrivé là, avec tous ces penseurs en faveur d'un élitsime "éclairé" qui trahissent leur propre "haine de la démocratie" (Rancière) par leur rejet radical plus ou moins explicite des principes d'égalité.L'égalité figure pourtant au centre sur le fronton de nos mairies et elle est bien encadrée entre la liberté et les principes de solidarité.Ironie de l'histoire, ces penseurs là ont souvent construit leur pensée dans le rejet du "communisme", sans même voir que ce qu'ils préconisent se rapproche dangereusement, au moins dans la forme, des régimes "communistes", avec leur PolitBuro, la bande de privilégiés (les élites), etc ... A quand les menaces sur les Libertés: Déjà bien commencé, Hadopi, le journaliste TF1, Bientôt LOPPSI et tant d'autres choses!

fd 21/05/2009 12:12

"Ne suffisait-il pas de dire" : Edgar, ta lectrice croit sans doute qu'elle est en train de corriger une copie.