La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Le dernier des grands présidents...

"je suis le dernier des grands présidents...(...) Enfin, je veux dire le dernier dans la lignée des de Gaulle. Après moi, il n'y en aura plus d'autre en France... A cause de l'Europe..."

François Mitterrand, cité par Georges-Marc Benamou, in Le dernier Mitterrand


Amusant que dans son livre mal ficelé consacré à expliquer le mystère de la nullité sarkozyenne, Todd n'ait même pas évoqué cette explication toute bête : le président de la République française devient un personnage mineur, un bouffon structurel, car il est censé être souverain tout en étant dépossédé de tout instrument de politique monétaire, de politique de change, sa politique budgétaire est sous surveillance... Bref, il est condamné à divertir les foules et faire illusion, ce qui peut suffire à user n'importe qui.

Todd ne peut même pas évoquer cette explication, comment expliquerait-il à ses lecteurs qu'il a un projet protectionniste qui redonnerait au président de la république une épée en carton, alors qu'il avait auparavant toute une panoplie d'instruments dont l'Union l'a dépossédé. Allez Todd, lisez Benamou...
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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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sav 07/04/2009 21:32

Edgar,Bien entendu, je savais que cette citation provenait d'un échange Mitterrand et Benamou : faute d'avoir lu le livre, j'avais vu le film de Guédiguian (Michel Bouquet est d'ailleurs excellent dans le rôle de Mitterand).Au fait, qu'est devenu Benamou? Il a rapidement tourné casaque pour se retrouver dans la bande à Sarko. Au point qu'il est devenu conseiller du président en mai 2007. Quand je vous disais que Sarkozy, en digne héritier, avait été pêcher les courtisans les moins recommandables de Mitterand...

edgar 07/04/2009 14:41

En 1983, les visiteurs du soir venaient à l'Elysée voir Mitterrand pour savoir si la France restait ou pas dans le SME.En 2009, on peut faire la queue à l'elysée pour obtenir une place ou un emploi, mais pas pour peser sur des choix macroéconomiques qui se font ailleurs.

Valéry 07/04/2009 13:55

"l'idée est que les gens intelligents ont compris depuis un moment que les décisions ne se prennent pas à l'Elysée."Amusant, le consensus actuel est plutôt que l'Elysée prends toutes les décisions.Soyons sérieux : le domaine de compétence de l'union européenne est limité par les traités. L'essentiel des politiques publiques, notamment dans le domaine social, pénal ou civil, restent de la compétence nationale.En toute hypothèse les décisions qui relèvent du niveau communautaire sont prises avec la participation de l'exécutif nationale.Quand au changement de politique au début du premier mandat de Mitterrand il a consisté simplement à se rendre compte une fois au pouvoir que des politiques dinsipration marxisantes étaient totalement inadaptées aux réalisés d'une économie de marché. Il est regrettable en effet que ce changement n'ait pas été assumé et que la gauche démocratique française ne se revendique pas encore ouverterment de la social-démocratie et continue à plier - dans le discours au moins - aux oukazes de la gauche archaïque.

n 07/04/2009 09:57

Valéry : l'idée est que les gens intelligents ont compris depuis un moment que les décisions ne se prennent pas à l'Elysée. Ils font donc des affaires et font plaider leur cause par des lobbyistes à Bruxelles.
Mitterrand au final a été assez médiocre, n'ayant pas assumé le tournant de la rigueur, n'ayant pas su dire pourquoi et jusqu'à quand la rigueur. Après cela, l'Europe lui a servi de dérivatif et d'exutoire, et a remplacé toute réflexion sur pourquoi la France.
Au final, il n'a été ni bon, ni grand.
 
 
 

Valéry 07/04/2009 08:14

Je trouce ces rêves de "grandeur" particulièrement suspects. Un "bon" président me semble éminnement plus souhaitable qu'un "grand" président, en admettant que cela veuille dire quoi que ce soit.Quant à l'Europe, elle existait déjà sous Mitterrand. Il s'en est rendu compte au bout de deux ans de mandat. Si la France élit des médiocres, on ne peut guère le reprocher à l'Europe, sinon peut être que les autres pays membres de l'Unionne brillent pas non plus par leurs chefs de gouvernements, à part peut être l'Espagne.

FD 06/04/2009 16:52

Enfin bon, déjà en 1981 on avait failli avoir Rocard comme président. Il était un peu plus consistant que Sarko, mais ça nous faisait déjà tomber assez bas. L'Union européenne est un facteur du déclin de la classe politique, mais la baisse plus générale du niveau culturel. Bien sûr on peut dire que l'UE a aussi fait baisser la valeur de la culture dans la société, mais cette baisse était déjà amorcée du temps où Marie-Ségolène s'initiait à la sciencepoïtude dans les années 70 semble-t-il, donc bien avant l'UE... Il semble plutôt qu'il y ait une loi d'airain de l'économie libérale qui dévalorise les pouvoirs institutionnels : il en résulte, comme aux Etats-Unis, que le niveau culturel général baisse, et que les rares personnalités vraiment intelligentes ont tendance à faire du business plutôt que de la politique.

edgar 06/04/2009 16:52

SAV, calmez-vous: c'est Mitterrand qui se dénomme ainsi lui-même.Peu m'importent ses qualités (ou ses défauts), sur lepoint particulier de l'Union européenne, il a raison. Sansdoute de Gaulle était-il le dernier des grands présidents, car lui n'aurait pas bradé la souveraineté nationale comme Mitterrand l'a fait au moment de Maastricht, appliquant un raisonnement de type "après moi le déluge..."Cette citation démontre qu'il savait pertinemment ce qu'il faisait.

sav 06/04/2009 16:47

Pff, Mitterand, si c'est tout ce que vous avez trouvé!!Grand président, my foot. Avez-vous oublié son rôle si néfaste dans la tragédie rwandaise (laisser 800 000 personnes crever sans réagir, ce n'est pas rien), qui a provoqué des farouches haines contre la France dans toute la zone.Avez-vous oublié, ses incessantes mesquineries politiciennes pour se hisser à la tête du PS, le sabordage de son parti lorsqu'il a envoyé Tapie couler Rocard aux Européennes.Non, je pense au contraire qu'en bien des domaines, par son mépris de la vie humaine, son cynisme et son goût des petites mesquineries et des obscures maneuvres politiciennes, Sarkozy est le digne héritier de François Mitterrand (sans compter qu'il a hérité de certains de ses amis les moins recommandables : Tapie, Séguéla, Charasse, Attali...)

dubruel 06/04/2009 12:02

très juste, tout est dit