La lettre volée

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La mondialisation qui pèse sur les systèmes sociaux

Sur le blog de Dani Rodrik, économiste américain, professeur à Harvard, un petit graphique tiré d'une étude récente :


Pour faire simple, le résultat de cette étude est de montrer que plus un pays est ouvert sur l'extérieur, plus le poids des dépenses publiques y est faible. Tout se passe comme si, alors que l'ouverture rend nécessaire une couverture sociale plus importante (pour compenser la plus forte volatilité), l'ouverture érodait ces moyens.


En attendant que notre bonne Union européenne se convertisse au toddisme, nous continuerons donc à assister à la lente attrition de nos système de protection sociale, avec les compliments du Parti Socialiste.


(pour terminer sur Todd, je note qu'Obama a attaqué la Chine bille en tête sur la dévaluation de sa monnaie : le véritable protectionnisme intelligent consiste à réclamer de justes parités monétaires, pas des quotas ni des taxes).





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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Thomas Rudolf 29/01/2009 07:44

Ecole de Chicago, Consensus de Washington, trickle down effect, Consensus de Bruxelles, AGCS et AGCS+Pas besoin d'émettre des gloses à ce sujet, la dérégelemntation est un choix politique de la droite, mais c'est son travail de mandataire, et de la gauche, c'est sa traitrise.

françois 28/01/2009 23:09

l'hypothèse d'Alesina part du principe que les gens "acceptent" ou pas de payer des cotisations, mais le montant de la dépense dépend-il vraiment d'une "acceptation" ?est-on sûr en ce moment que le brésil et le vénézuela (pour ne pas citer Cuba) pays à très forte hétérogénéité raciale ont moins de dépenses sociales que le Chili (pays plus homogène) ?le "ceteris paribus" en économie est un gros problème...et la différence entre causalité et corrélation en sciences humaines en est un autre...
la mondialisation libérale comprime les budgets public, ça va de soi, parce qu'elle est conçue à cet effet
voilà pourquoi on attend une révolution socialiste aux Etats-Unis, qui orienterait la mondialisation dans un autre sens... mais Barack n'en prend pas le chemin, je crois...

edgar 28/01/2009 21:13

C'est bien toute la différence entre des monographies et de l'économétrie. On considère que le nombre de pays est suffisant pour que les liens entre différentes variables puissent être considérés comme significatifs, toutes choses égales par ailleurs.Disons qu'après cette étude il est difficile d'affirmer que la mondialisation favorise la croissance des dépenses publiques.Pour Alesina, c'est l'homogénéité sociologique d'un pays qui favorise la croissance des dépenses publiques. En gros, aux Etats-Unis un WASP refusera de payer des impôts pour les dépenses sociales de noirs. Alors qu'un suédois ne rechignera pas à la dépense publique parce qu'il sait qu'elle bénéficie à des "suédois de souche". Pas très enthousiasmant comme morale mais il a trouvé un jeu de statistiques qui collait avec son hypothèse (réf. : http://www.lalettrevolee.net/article-4675976.html).Il y a nombre d'autres explications/corrélations pour expliquer la variation des dépenses publiques, mais l'idée que la mondialisation actuelle, toutes choses égales par ailleurs, entraîne une compression des salaires et pèse sur les budgets publics ne me paraît pas excessive.

DiadoreCronos 28/01/2009 17:37

Pour continuer sur ce que dit François on peut difficilement comparer des pays:-qui ont une taille très différente: ainsi, les USA, par leur économie de taille continentale, auront forcément un ratio (importations+exportations)/PIB plus bas qu'un petit pays au coeur d'une intense zone commerciale comme les Pays-Bas, et ce quand bien même les deux pays auraient des gouvernements qui mèneraient exactement les mêmes politiques en matière de recherche d'ouverture à l'économie mondialisée;-qui ont un niveau de développement différents. La Corée du Sud (qui a déjà bien entamé la hausse de ses prélèvements obligatoires) ou la Turquie ne pouvaient encore, il y a quelques années, être comparée à des pays européens. Comme l'indique François, le niveau de développement fait naître des besoins nouveaux en dépenses de santé (c'est un bien de luxe) et en retraites (par le vieillissement de la population qu'il permet). Donc à même niveau d'ouverture, on ne peut pas avoir le même niveau de dépenses publiques selon le développement de la société.

François 28/01/2009 12:48

est-ce que ça a un sens de comparer despays qui ont des cultures différentes (et peut-être des degrés de développement différents aussi) ? peut-on comparer les dépenses sociales du Danemark et du Portugal ? fait-on rentrer les mêmes types de dépenses dedans (dans certains pays les mutuelles des branches professionnelles sont plus actives que dans d'autres) ? quid de la structure des besoins de la population (différents dans un pays jeune et un pays vieux, un pays à forte population féminine et à faible, un pays à forte tradition d'entr'aide familiale ou à faible, à forte monétarisation des besoins ou à faible etc) ?