La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

La revue internationale des livres et des idées enterre le Parti Socialiste

Et elle a bien raison. Le n°8 de cette revue que j'ai déjà citée (ici et ) est vraiment bon. Les premiers étaient très anglo-saxons dans leurs problématiques et références, ici on est bien chez nous avec des réflexions sur le PS et un entretien long avec Frédéric Lordon.

Un bon papier aussi sur la récupération des éditeurs de bandes dessinées indépendants par les grandes maisons (ces derniers excellement appelés le Bedef !).

Sur le PS :

"le PS français, à la différence du PSOE de Zapatero ne fut même pas un parti libéral politique, c'est à dire progressiste s'agissant des questions que l'on dit "sociétales". Invoquera-t-on les lois Pasqua pour marquer la différence avec la droite ? Ces lois ne sont pour une bonne part que la traduction dans le droit français des dispositions adoptées par les socialistes à l'échelon européen. [...] il s'agit d'organiser le boycott du Parti socialiste à tous les niveaux de la représentation politique [...]"

Ils sont sortis avant le départ de Mélenchon, dommage. Le Congrès de Reims ne contredit en rien l'article...

Un article dense aussi, parcouru seulement, sur la Cour pénale internationale, par un professeur à Columbia, qui écrit "bientôt la CPI n'aura plusd'internationale que le nom, puisqu'elle est en train de devenir une cour occidentale chargée de juger des crimes africains contre l'humanité."





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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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olyvier 20/11/2008 09:44

Je ne conseillerais pas Difficile liberté, qui tombe probablement dans le travers d'une morale un peu prête à l'emploi, et qui sera lue avec plus de profit après.Je ne conseillerais pas son travail plus universitaire (que FD connaît mais que, moi, je n'ai pas lu).Je m'en tiendrais aux délicates lectures talmudiques, particulièrement déroutante ici, en France, et notamment à Du sacré au saint.

edgar 20/11/2008 09:31

et donc tu conseilles de lire quoi de lévinas lorsqu'on n'en a rien lu ?

olyvier 20/11/2008 09:25

Edgar : encore, moi...Lévinas peut être perçu comme un moraliste religieux, surtout quand on l'a déjà décidé.Mais il me semble que c'est précisément le contraire, et je pense en particulier au thème du Sacré et du Saint, une dé-religiosisation (oupps) du religieux, permettant d'accéder à une pensée du Mal, avec lequel on n'en a jamais tout à fait fini. Le Talmud, tel que Lévinas le lit et l'interprête, c'est la tentative de désamorcer la tentation de l'imprécation pour accéder à la pensée, à l'écoute, à la réponse, au désaccord fécond. Ce n'est pas ramener la philosophie à une question religieuse et morale, mais amener au contraire le religieux à un travail de pensée.

olyvier 20/11/2008 09:11

Edgar : mon propos concernait les villes-refuges et la question d'une justice universalisante. Tu l'as bien lu, et je t'en remercie.FD y a vu, immédiatement, et parce que j'évoquais ce qui m'a amené à cette réflexion, un texte de Lévinas, autre chose (la défense du monothéisme, etc.). Du coup, j'ai cité ce passage d'un autre texte, où Lévinas dit, en période gauchiste (ce sont des textes de conférence) que rien ne peut être dit qui ne renvoit pour l'auditeur engagé à un "non-dit" dominant, parce qu'il me semblait que FD préférait une attaque d'école, à un propos qui vient effectivement d'une interprétation situé dans une école, mais qui ne s'y résume pas tout à fait.C'est cela qui est insupportable : que tout propos, loin de marquer une différence marque un antagonisme quasi-religieux. Le religieux, c'est aussi cela : un immédiat antagonisme, un inconciliable, un inaudible brandi comme une vertu, ou une intelligence.J'ajoute qu'ayant dit à FD , lors d'une rencontre, et avec modestie je crois, que ma formation philosophique était faible, et que j'ai d'abord réfléchi sur les textes de Debray et de Finkielkraut, sa "sortie" sur ces deux auteurs manquaient un peu d'élégance. On ne disqualifie pas la pensée de l'autre, sans entendre ce qu'il dit, de cette manière. C'est ma maman qui me l'a dit, et je crois que la violence d'école devrait de temps en temps en revenir à ces petites choses qu'on apprend. Tout petit.

Fred 19/11/2008 14:25

Pour moi il n'y a pas de question.Il y a juste que cette citation de Lévinas soit est de la basse polémique journalistique, soit désigne un mouvement qu'il attribue à la modernité, mais qui en fait appartient à sa propre philosophie, puisque "Aucune chose n'est plus identique à elle-même" découle nécessairement de son refus du logos grec.Au fait Monseigneur Marion vient d'entrer à l'académie française. La morale moralisatrice paye toujours par les temps qui courent ! La phénoménologie comme nouveau costume du christianisme d'antan. Comme tu dis, ce n'est pas de la philosophie, c'est juste "une sorte de sagesse".

edgar 19/11/2008 14:05

Pour ne pas rester simple spectateur, il me semble que, dans ces échanges, il manque un sujet. c'est quoi la question ?Je suis plutôt très rationaliste, mais dans le domaine humain, il est difficile de mathématiser les relations. Par exemple l'inconscient vient empêcher que chacun soit totalement identique à un soi-même qui est problématique (fait d'un moi et d'un inconscient et d'un surmoi, le tout étant difficiel à définir justement).Je n'ai jamais lu lévinas parce que sans doute sa philosophie uniquement morale (en tout cas c'est comme cela que je l'ai perçue à travers ce que j'ai peu en lire) ne m'a jamais attiré. Comme la phénoménologie, ou des lignes de Jean-Luc Marion, cela m'a toujours paru recouvrir de l'étiquette "philosophie" une sorte de sagesse (laquelle n'est pas à rejeter, mais qui serait peut-être plus honnête présentée sous une forme littéraire). Mais je marque peut-être là peut-être plus mon ignorance qu'autre chose. Indépendamment de Lévinas, la remarque d'olivier m'a beaucoup plu : la folie d'une justice universelle ne me paraît pas raisonnable.

Fred 18/11/2008 19:23

Je ne comprends pas ta façon de lire un philosophe indépendamment de sa philosophie. je veux dire prendre les parties "actualités" de ses écrits, et dire "vous voyez c'est génial c'est lévinas qui l'a écrit". Le propos que tu citais est ultra banal : tous les journalistes réacs le tiennent. Donc soit tu dis "c'est un propos à prendre pour lui-même" (et alors le fait que ce soit Lévinas qui l'a écrit ,'ajoute rien), soit tu dis "c'et le grand philosophe Lévinas qui l'a écrit" et alors il faut le replacer dans toute la philo de Lévinas. Et alors je peux te dire qu'un type qui dit "pour ces salauds de modernes A n'est pas A", il y a de quoi rire parce que toute la philo de Lévinas ets anti logos et anti- A=A. Ou alors, tu sauves lévinas en disant que son attaque est histroiale comme le faisait Heidegger; c'est à dire qu'ils se place lui-même dans le mouvement qu'il critique, ce qui est déjà plus cohérent. Bon je ne sais pas si je m'explique bien, mais la philo expliquée en 10 lignes en chaque fois ce n'est pas facile

Fred 18/11/2008 19:17

@ Olyvier - Relis le commentaire plus haut : j'ai dit soit le propos de Lévinas est historial, soit il est bassement polémique (et dans les deux cas ça n'a pas d'intérêt). Mais de toute façon, du fait de sa philosophie, il ne peut pas être crédible quand il blâme ceux pour qui A n'est pas A, parce que c'est exactement ce à quoi conduit sa philosophie anti-rationaliste.

fred 18/11/2008 18:44

Je me rends compte qu ecet échange sur Lévinas est un peu vain parce qu'il faudrait expliciter en quoi tout le postkantisme continental dont Lévinas est l'héritier via Husserl et Heidegger est une mauvaise réponse aux questions que posaient l'empirisme anglais e la métaphysique classique, et en quoi l'épistémologie qui en dérive - en fait la non épistémologie - est précisément incompatible avec A=A. Dire aussi en quoi A=A est justement dénincé par Nietzsche et sa postérité comme l'invention de la modernité (à tort selon moi, à moins de reformuler la modernité dans le sens où je l'indiquais) bref, impossible de parler de ça sur un blog (une limite intéresant des blogs)

olyvier 18/11/2008 17:33

Non, Frédéric. Au lieu de porter une appréciation sur ce que j'avais exprimé, tu es "monté" avec une attaque sur la seule évocation de Lévinas.Un surgissement catégorique qui inter-dit d'entendre la chose pourtant simple qui se disait là.Et toutes les pirouettes ne changeront pas ce qui s'est passé là, précisément.