La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Pourquoi je ne suis pas gauchiste...

"Certaines attitudes telles que le pacifisme ou l'anarchisme qui, en surface, semblent impliquer une volonté de renoncer entièrement au pouvoir, ne font au contraire qu'encourager le goût du pouvoir. En effet, si vous adhérez à une foi qui paraît exempte de la saleté habituelle de la politique, une foi dont vous ne retirez aucun avantage matériel, cela vous confirme assurément que vous détenez la vérité. Et si vous détenez la vérité, il vous semble tout naturel de forcer les autres à penser comme vous."

George Orwell, cité par Simon Leys in Orwell ou l'horreur de la politique

L'Union européenne fonctionne d'ailleurs exactement de la même façon : elle se veut rejet du nationalisme et gardienne de la paix, et ses soldats s'enlisent et se déshonorent en Afghanistan.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Edgar

blogueur parisien depuis 2005

Commenter cet article

olyvier 11/09/2008 16:53

sur l'Afghanistan : ne dites pas à votre tonton européen que la France bombarde des fermes dans un pays de dénuement total et zigouille des gosses de 15 ans qui ne pensent pas tout à fait comme nous,votre tonton européen croit que la France est en train de défendre la liberté contre l'oppression.(il y a 30 ans, on pouvait dire la même chose avec "tonton communiste", "Union Soviétique" et "socialisme" - les fermes et les gosses de 15 ans eux n'ont pas changé)

Gus 11/09/2008 07:19

Personnellement, je trouve que la France de Villepin-Sarkozy a un petit côté "Ferme des Animaux" qui n'est pas sans m'amuser.Rien qu'à penser que je puisse croiser un mongolien fraichement armé d'un Tazer en bas de chez moi m'incite à ne plus jamais sortir qu'en dehors des heures de service de la pandorie de masse ou alors, uniquement au milieu d'une foule. Et aussi d'éviter de boire, ça rend trop euphorique pour l'époque.

edgar 10/09/2008 20:48

et pour les gauchistes, c'est la même chose : les patrons sont vilains, sanguinaires ec, comme le prolétariat est gentil et exploité, on met le prolétariat désintéressé à la place des patrons et tout va bien. Sauf que le prolétariat ne tarde pas à être intéressé, du moins en ses éléments lesplus éclairés. C'est le thème de 'excellente Ferme des animaux de Orwell justement...

edgar 10/09/2008 20:46

Je trouve que l'adhésion à l'Europe fonctionne comme un foi : les "zeuropéens" se veulent partageux, oublieux des frontières et des divisions, ayant renoncé à toutes les tentations du pouvoir et de la force.Ergo, ceux qui refusent l'Europe sont d'affreux tyranneaux en puissance qui n'attendent qu'une occasion pour envahir la Pologne.Le problème de ce désintéressement absolu des partisans de l'Europe c'est qu'il est tout d'abord manipulé, ensuite comme Dieu ne vient pas les récompenser de tout ce désintéressement en leur offrant la Sainte Europe, ils sont de plus en plus pressés.Les voilà qui bientôt se réjouiraient d'une bonne guerre avec les russes.bien à vous

Didier Goux 10/09/2008 20:31

Très belle citation (et Simon Leys est une grande conscience...). Je suis moins convaincu par la conclusion que vous en tirez. Je suis peut-être fatigué, mais je ne vois pas clairement le rapport...

balmeyer 10/09/2008 15:13

Quelle admirable citation !

Eric 10/09/2008 15:06

Ce raisonnement est intéressant, à conditon de ne pas le prendre pour une vérité, faute de quoi on tombe dans les travers que dénonce son auteur.

Gus 09/09/2008 13:51

Orwell, qui reste un auteur, est un peu dur lorsqu'il parle de "forcer". Mais il souligne assez bien l'idée selon laquelle il n'existe pas d'activité politique plus noble que le débat, débat dans le respect des opinions de chacun, et avec une certaine foi en l'homme pour que chacun puisse ensuite y retrouver les siens.J'entends depuis quelques semaines quelques blogueurs historiques se plaindre : notamment, du peu de respect témoigné par leurs commentateurs envers leurs personnes ou leurs idées. En ce qui concerne les commentaires envers les personnes, ils n'offensent guère que celui qui les énonce, et chacun mesurera l'importance du débat pour l'avenir de l'homme en ressentant dans sa chair la douleur provoquée par les propos des hommes qui faute de parvenir à vous contredire s'attaquent à votre image, déforment vos propos, vous assimilent à telle ou telle plaie de l'histoire ou de l'actualité. Mais, comme dit le poète "beaucoup de choses n'ont guère que l'importance qu'on veut leur accorder" : l'homme de progrès doit appendre à n'avoir que faire des propos d'autrui dès lors qu'autrui ne joue pas le jeu du débat.Quand au respect envers les idées, quel pourrait-il être ? Comme l'observait déjà Descartes en d'autres termes, s'il est bien une chose parfaitement répartie entre les hommes, c'est la capacité à avoir un avis : en effet, c'est à l'aune de celle qu'on possède qu'on estime le niveau de satiété, de suffisance. En choisissant de contredire autrui, publiquement ou non, c'est la valeur de ses propres idées qu'on rabaisse au rang de celles qu'on voudrait diminuer : charge alors revient à celui qui, en prenant l'initiative de s'exprimer, choisit de ne plus appartenir à l'immense majorité de ceux qui se taisent, d'établir, par le discours mais aussi la constance et l'exemplarité, la force des raisonnements qu'il tient et donc, qui l'anime.Si loin de ces idéaux de compétition rapide et de consommation...