La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Vous reprendrez bien un peu de Tebucolazole ? C'est offert par l'Union européenne...

Un article bref dans le Canard Enchaîné hier matin...

Bruxelles a harmonisé les taux de pesticides et autres insecticides autorisés dans les fruits et légumes. Initialement, en 2005, les taux retenus devaient être les plus bas de tous les pays de l'Union. Quelques coups de lobbying plus tard, ce sont les plus hauts qui ont été retenus...

On pourra donc, selon le Canard, en France, manger des agrumes contenant 40 fois plus de Fénoxycarbe qu'avant. Malheureusement, on devra se contenter de dix fois plus de Cléthodime dans les tomates - un herbicide. Au rayon fongicide, on mangera à peine cinq fois plus de Cyprodynil dans le raisin de table, 2,5 fois dans les fraises, etc...

Voilà pourquoi l'Union européenne est néfaste :

1. grâce à elle, votre prochain enfant aura trois bras...

2. l'Union part de l'idée que la diversité des systèmes nationaux est néfaste. Ce serait vrai si le système offert par l'Union était plus performant (en gros, si l'histoire était finie et qu'un point de vue supérieur pouvait être tenu sur les affaires publiques). En réalité le système de décision européen est bien plus perméables aux lobbies que la plupart des systèmes nationaux qu'il prétend remplacer. D'où le remplacement de législations nationales parfois poussives et parfois excellentes par une réglementation toujours médiocre - avec en plus l'impossibilité de revenir en arrière compte tenu des processus de décision.


Il faudra donc sortir de ce carcan infernal. Quand la gauche s'éveillera...


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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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olyvier 11/09/2008 16:46

à Antoine BlockPardon Antoine de vous avoir fait attendre... et vous livrer une réponse au total un peu plate.Je ne suis pas forcément fermé à des initiatives communautaires (Frontex, par exemple qu'Edgar prise peu, mais aussi la politique de la pêche, et dans une certaine mesure la monnaie unique, pourquoi pas si...).J'ai en revanche acquis le sentiment que le credo européen, même chez les plus sincères, dissimulait mal une entreprise de destruction de la République sociale que nous avions construite à partir des combats de la Résistance; dès lors, je peux admettre des dispositions techniques de l'U.E, en comprendre les avantages, concéder ceci, cela... mais fondamentalement je me sens dans une situation d'adversaire de l'Europe.Comme les gosses, je vous dirais que c'est l'autre (l'européen à directives) qui a commencé.

Gus 06/09/2008 19:15

Il y a aussi le cas de la Norvège, qui, de fort longue date, collabora avec l'europe pour ce qui l'intéresse et pas pour le restehttp://www.paperblog.fr/562429/la-norvege-ne-prevoit-pas-dentrer-dans-lunion-europeenne/

edgar 05/09/2008 20:11

SAV, c'est amusant comme lespartisans de l'Europe en sont venus à s'imaginer que sans l'Europe il n'y a plus rien. Comme si le monde cessait d'exister en dehors de l'Europe. La France seule resterait bien évidemment ouverte sur l'extérieur, membre de l'OMC et du Conseil de l'Europe, entre autres organisations internationales, et participerait pleinement à ces organismes. Je ne vois pas où est la fermeture ?Vous pensez vraiment que passer 10 ans à bouger un taux de TVA de 15% à 5,5% c'est s'ouvrir sur le monde ?Alors dans ce cas les habitants dun immeuble de banlieue qui passent leurs temps à s'empailler sont ouverts surle monde alors qe celui qui décide d'aller voir la grande ville se replie sur lui ?Je ne comprends pas bien en réalité votre inquiétude...

sav 05/09/2008 18:39

Edgar, vous pensez honnètement si la France vivait repliée sur elle même hors de l'UE tout irait à merveille?Que vous souhaitiez moins d'Europe ou une UE différente, je comprends très bien, mais une sortie totale, j'ai un peu plus de mal.

olyvier 04/09/2008 23:45

Merci Antoine pour cette réponse précise. Je ne pourrai malheureusement vous répondre que Jeudi prochain. Rendez-vous dans une semaine donc.

edgar 04/09/2008 19:57

Antoine, c'est au Canard enchaîné qu'il faut faire confiance sur les seuils !"travaillons à changer cela" : là est le point. Qui est ce "on" ? Existe-t-il une envie citoyenne de faire de la politique en Europe ? A-t-elle les moyens institutionnels de s'exprimer, plutôt que la Commission par exemple. J'ai tendance à penser que l'expérience montre que non.Pour sortir de l'Europe, il suffit de dénoncer les traités qui nous en rendent membre. Cela suppose de sortir de l'euro, et de conclure des accords d'échange (libre ou pas, à voir) avec chacun des membres.Nous restons membres du Conseil de sécurité de l'ONU, nous reprenons notre place en direct à l'OMC, nous restons membres du Conseil de l'Europe, de l'OTAN (c'est un autre sujet, mais on peut aussi en sortir. La simultanéité n'est pas requise).Le Franc tanguera peut-être un peu, mais si l'on affirme dès le début qu'il ne s'agit pas de sombrer dans la facilité mais de reprendre notre liberté, une gestion un peu rigoureuse doit permettre de retrouver de la stabilité (par exemple en affichant dès le début un objectif de stabilité par rapport à un panier de monnaies : $, yen, yuan, €).Ce n'est ni la troisième guerre mondiale, ni la fin du monde civilisé.On peut même conclure des accords thématiques de coopération avec qui on veut, on gagnera au passage ce que nous coûte l'Union européenne, environ 8 Milliards d'euros par an, exactement le déficit de la sécu, régulièrement décrit comme "abyssal".Ca vous effraie ? 

Gus 04/09/2008 19:44

Cette "réforme" que vous appellez de vos voeux, Antoine Block, ne peut (en pratique) être faite qu'à une et une seule occasion : la révision périodique des traités.Ce ne peut donc être qu'en refusant les révisions imparfaites des traités qu'on l'obtiendra, et en militant systématiquement à chaque révision des traités, et, pourquoi pas, sur chaque directive de sorte à entretenir le débat de fond sur l'Europe auquel se refuse la classe politique européenne. A moins, bien entendu, de considérer que la règle de l'unanimité permettra, réellement, de revenir sur des aspects aussi débiles de l'Europe que la double localisation du Parlement et ses transhumances routinières pour 3000 collaborateurs, l'inscription du libre-échange mondialisé comme objectif de l'Union, etc.

Antoine Block 04/09/2008 18:41

@Olyvier :Dans mon post précédent, je précisais être noniste, pas ouiste.J'ai voté contre le traité constitutionnel et je ne décolère pas du coup de force opéré par Sarkozy sur ce point (mais bon, il avait prévenu avant les élections).Pourtant, comme Edgar, j'avais voté "oui" à Maastricht, peut-être en étant insuffisamment informé à cette époque et, probablement, parce que j'étais sensible au discours officiel ("plus de guerre en Europe", "plus de frontières", "monnaie commune", etc.).Aujourd'hui, je n'arrive pas à décider si je regrette ce "oui" à Maastricht. Je reste malgré tout très attaché à l'idéal (j'insiste) européen et c'est précisément parce que cet idéal me semblait s'éloigner à la vitesse d'un cheval au galop avec le traité consitutionnel que j'ai, cette fois, voté "non". Mais mon "non" n'était pas un refus de l'idée européenne, c'était seulement un refus de cette Europe-là, et une injonction à poursuivre la construction européenne, sur d'autres bases.En résumé, je reste un européiste (ça se dit, ça ?) convaincu, bien que le réel, comme vous dites soit parfois très décevant, pour ne pas dire plus. Je suis d'accord avec vous concernant le déficit démocratique des institutions européennes, comme sur le fait de reléguer les citoyens à de purs et simples consommateurs, et encore sur l'autoritarisme méprisant de beaucoup de ouistes.Là où je ne vous suis plus, c'est sur l'issue de ce constat : vous et Edgar êtes partisans de la table rase : parce que l'Europe n'est pas parfaite, il faut l'éliminer. Pour ma part, je préfère la voie — plus longue, plus ingrate, plus prosaïque — de la réforme.Sur les pesticides, si ce sont effectivement les seuils les plus hauts qui ont été retenus (personnellement, je n'en sais rien, mais je fais confiance à Edgar), c'est clairement un camouflet et une victoire des lobbies de l'industrie chimique. On ne gagne pas à tous les coups. Faut-il y voir pour autant la preuve de la malignité et du vice constitutifs du projet européen per se ? Je ne le pense pas. Travaillons plutôt à changer cela. Je sais bien que cette perspective n'a pas le charme lyrique des révolutions, mais il y a bien longtemps que je suis persuadé que le mieux se construit patiemment et qu'il n'existe nulle part de paradis tout constitué (ni avec l'Europe, ni hors d'elle).Vous dites que "le miracle qui ne se produit pas". C'est vrai, mais pour ma part, je n'ai justement jamais attendu de miracle et si j'ai la foi, c'est seulement dans le travail (au sens d'une entreprise de longue haleine, pénible, parfois peu exaltante, remise cent fois sur le métier), pas dans une Révélation ou un accomplissement soudains.Mais soyons concrets. Puisque votre religion est faite ;-) à tous deux, que préconisez-vous pour sortir de l'Europe. J'écrivais précedemment que cela ne me semble ni souhaitable, ni réaliste. Si c'est souhaitable de votre point de vue, comment comptez-vous le réalisez (à échéance humaine; comme Edgar je ne considère pas non plus que l'Europe ou l'OTAN soient le point final de l'histoire, mais essayons d'éviter la politique fiction, sans quoi je vous fais part des mes utopies de République idéale sur les lunes de la ceinture d'Orion, lorsque lhumanité aura essaimé à l'aide de nos frères de l'espace…) ;-) 

edgar 04/09/2008 18:27

Merci Olyvier, et pour ton attention critique (en l'écrivant je savais même que ce "personne ne me convaincra" voulait dire exactement l'inverse : j'aimerais tant être convaincu et devenir, enfin, "normal"), et pour ta réponse, à laquelle je souscris entièrement.En politique, il y a un accord commun, une affectio societatis, ou pas. On veut en inventer une européenne, de gré ou de force. Ce n'est pas une question de raison, mais de coeur : je me sens français, pas européen. Et je ne vois aucune raison positive de me rapprocher d'un être européen.

Gus 04/09/2008 18:05

Je me suis amusé à essayer de répondre à l'ensemble des points soulevés, y compris en commentaires (par exemple sur les conséquences réelles de REACH sur le sujet), sur Publius