La lettre volée

Notes et idées : Politique, Bandes dessinées, Polars, Media, Actualité, Europe...

Weltanschauung libérale

"...comme une grande cité mondiale où se retrouvent les plus puissants et les plus pauvres. Leur trait commun est la fluidité.

Les puissants les maitrisent, tirent leur fortune de la bourse, des affaires, de leurs carrières, de leurs alliances. Les plus pauvres s'y coulent, en deviennent le lubrifiant.

Comme les médicaments, dans lesquels une forte proportion de matière neutre complète en principe le volume actif pour former la pilule, ces villes, cette unique ville mondiale éclatée en milliers de cités, comporte une masse humaine additionnelle.

Elle donne au noyau actif la dimension opérationnelle adéquate - le nombre voulu d'auxiliaires humains en tous genres. Cette masse est ajustée en permanence, par le haut, en fonction du besoin qu'on a d'elle et qui porte à  lui consentir une bribe de participation au festin, et par le bas, grâce au vide que creuse en permanence sous ses pieds la menace de déchoir vers le rang des miséreux, maintenus en l'état par le simple jeu des migrations.
"

In Hervé de Carmoy, l'Euramérique. Décidément un livre instructif.

Voilà. Résumé en un paragraphe lumineux de cynisme, le programme libéral : l'immigration comme armée de réserve, et une vision du monde où la masse humaine sert de paillasson à ceux qui se prennent pour les seigneurs de la guerre (ceux qui estiment qu'il ne faut pas faire voter le bon peuple qui ne comprend rien). Les riches comme glande pinéale d'une société-Léviathan. Beurk.






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Edgar

blogueur parisien depuis 2005

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Gus 17/06/2008 22:24

D'un point de vue théorique, la relance par la consommation (par les nombreux procédés différents imaginables) n'a rien de dangereux : c'est juste innefficace (selon la théorie). Ce qui n'interdit pas de l'utiliser comme soin palliatif d'une économie nationale sans que cela ait quelque influence significative sur l'économie globale : ce qui veut dire, notamment, que d'authentiques libéraux n'ont pas de raison de s'y opposer à l'échelle nationale du moment qu'ils gardent la liberté d'investir ailleurs. Le problème, dans le cadre du pacte de stabilité, c'est que le recours global au crédit d'une économie nationale est de facto plafonnée.

edgar 17/06/2008 20:59

Sauf que le remède contre l'anglo disease tel que préconisé par Jérôme est une bonne vieille relance de la consommation, aux allures toutes keynésiennes (ce qui me va très bien).merci en tout cas pour la référence.

Gus 17/06/2008 19:29

Pour aller au fond des choses, la doxa libérale prédit que même les plus pauvres des plus pauvres d'une société très inégalitaire comme celle décrite par de Carmoy seraient plus riches que les plus riches d'une société égalitaire collectiviste. C'est d'ailleurs le constat qui a condamné l'analyse de Keynes (Keynes constatait que l'économie capitaliste et à peu près libérale de son temps croissait bon an mal an de 2% par an : il en avait déduit que le niveau de vie des pauvres d'un siècle après son temps seraient aussi riches que les plus riches de son temps et en avait déduit que la prospérité n'était qu'une question de temps : les faits lui ont donné tort, parce que les attentes des humains croissent au moins aussi vite que l'économie)Daniel Cohen est à mon avis l'un des auteurs de culture française ayant poussé le raisonnement encore un peu plus loin. Notamment en remarquant que les images du "centre" (le nom de la cité mondiale chez ces théoriciens) se propagent à la périphérie et réduisent le sentiment de richesse subjective chez les plus pauvres.Pour ma part, je reste convaincu que l'illusion comptable de la croissance draine des ressources tellement considérables que le progrès n'est plus encouragé en occident (j'aime bien la théorie de l'"Anglo Disease" de "Jérôme à Paris" sur Eurotrib. Il l'est par contre en Inde et en Chine : ce qui veut dire que si un jour la cité-monde de de Carmoy nait, elle sera plus probablement asiatique qu'occidentale.